« Esthétique de la liberté » de Philippe Nemo

L’étude de Philippe Nemo interroge pour la première fois le lien entre la vérité du libéralisme et la beauté.

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« Esthétique de la liberté » de Philippe Nemo

Publié le 21 novembre 2014
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Par Francis Richard.

richardLors de La 33e Université d’été de la nouvelle économie à Aix-en-Provence , fin août 2012, Philippe Nemo avait annoncé la parution de son livre Esthétique de la liberté pour l’automne 2013… Il est enfin paru cet été 2014 et c’est l’essentiel.

En octobre 2011, l’auteur était intervenu, à la demande du Pr Héritier, sur ce thème, dans un séminaire consacré à l’anthropologie de la liberté, qui se tenait à Dogliani dans le Piémont, thème qui avait suscité son intérêt d’abord, « une vraie passion ensuite » :

« Cet angle original s’est révélé fécond pour aborder la question de la valeur des sociétés humaines. »

Le loup et le chien

Dans ce livre très dense, l’auteur reproduit dans son introduction la fable de La Fontaine, Le loup et le chien, qui, mieux que de longs discours, fait le lien entre liberté et beauté et que, comme lui, je ne peux m’empêcher de reproduire in extenso :

Un Loup n’avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
L’attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l’eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l’aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu’il admire.
« Il ne tiendra qu’à vous beau sire,
D’être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d’assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l’épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. »
Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?
– Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. »
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
« Qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi ? rien ? – Peu de chose.
– Mais encor ? – Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
– Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?
– Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »
Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

Philippe Nemo commente : « La fable ne laisse aucun doute: le loup est plus beau que le chien, sa vie est plus brillante, plus prestigieuse. »

Il ajoute : « Le propos du présent ouvrage est de savoir si La Fontaine a raison. Le lien qu’il établit entre liberté et beauté est-il une vérité philosophique permanente et universelle? Beauté et liberté sont-elles dissociables ? »

Beauté et liberté du point de vue anthropologique

Au début de la première partie de son livre, Situation de la beauté et de la liberté dans une anthropologie philosophique, il reformule ces deux questions : « 1) Beauté et liberté sont-elles des réalités « empiriques » ou « transcendantales » ? 2) Sont-elles corrélées entre elles, et avec d’autres idéaux comme le vrai et le bien, ou sont-elles disparates, vouées à être souvent, voire toujours et par principe, en conflit ? ». Et il commence par passer en revue les réponses que leur donnent la tradition naturaliste, la tradition idéaliste et la tradition biblique.

Il montre « qu‘il existe une contradiction massive entre les conceptions philosophiques et bibliques, les unes axées sur la forme, les autres sur l’infini, chacune faisant valoir des aspects différents de la beauté et de la liberté. » Il met surtout en évidence « comment Rome a changé les données du problème en créant un droit de la propriété privée qui a abouti à valoriser plus que jamais auparavant la personne humaine individuelle et ses libres réalisations. »

Les effets anthropologiques de cette création seront immenses et irréversibles. Car les sociétés humaines avaient surtout été holistes jusque-là. Elles le deviennent de moins en moins dès lors.

La pensée occidentale va longtemps hésiter entre deux conceptions : « D’une part, héritant des sciences rationnelles grecques et romaines, elle continuera à explorer les formes de la nature et à estimer qu’il convient de les respecter et de s’y conformer. D’autre part, le christianisme lui suggérera d’envisager le dépassement possible des formes et de souligner les capacités créatrices et réformatrices de Dieu et de l’homme. »

Philippe Nemo évoque alors quelques jalons qui vont lui permettre de construire l’anthropologie philosophique dont il a besoin pour répondre aux deux questions posées. Ces jalons sont Grégoire de Nysse, saint Augustin, la doctrine médiévale des transcendantaux, saint Thomas d’Aquin et Pic de la Mirandole :

« Les chemins de la beauté ne seront ouverts qu’à un homme « inquiet » [sans repos], ayant le sens du mystère, désireux d’explorer toutes les formes sensibles de la nature et de l’art, et de poursuivre le vrai et le bien autant que le beau. S’il doit être en mesure de mener une telle recherche, il devra jouir non seulement de la liberté intérieure chère aux platoniciens et aux mystiques, mais de toutes les libertés qui lui permettront d’agir dans le monde, tant pour le découvrir que pour y imprimer sa marque. »

En complément à ces jalons posés, il fait appel à des auteurs modernes qui apportent leur pierre à cette anthropologie philosophique : à Kant, pour qui « le sublime met l’esprit en mouvement, « l’ébranle », à Proust, qui « professe une foi en l’immortalité de l’âme », foi inclassable, cependant explicite, à Heidegger, pour qui « l’oeuvre d’art est un événement ontologique à part entière », à Gadamer, pour qui « l’oeuvre d’art, loin d’être une projection de la subjectivité humaine, dévoile l’être du monde » et à Castoriadis, qui explique la « haine affirmative du Beau » qui caractérise le communisme, percevant inconsciemment le danger, mortel pour lui, que représente la véritable oeuvre d’art.

Tous ces apports permettent à Philippe Nemo de formuler une réponse aux deux questions posées au début, qu’il résume ainsi, avant de la développer point par point :

« Nous pensons, d’une part, que chaque fois qu’un être humain est témoin de l’apparition du bien, du vrai, du beau et de la liberté, dans le monde empirique, il touche un absolu. À cet être humain, « Dieu vient à l’idée » – pour reprendre, en étendant son sens, la formule d’Emmanuel Levinas. D’autre part, nous pensons que les idéaux de l’esprit qui, logiquement, psychologiquement et socialement, sont disjoints et potentiellement en conflit, convergent en cette transcendance même. »

Peut-être la phrase la plus importante de son développement est-elle celle-ci :

« Pas de charité sans liberté, pas de vérité sans liberté, pas de beauté sans liberté. Par suite, ce quatrième idéal est lié par essence aux trois autres. »

Laideur du totalitarisme

orwell credits Paul Vera-Broadbent (licence creative commons)Dans la deuxième partie d’Esthétique de la liberté, intitulée Laideur de la servitude, trois livres, auxquels se réfère Philippe Nemo, montrent amplement que les totalitarismes, qu’il s’agisse du communisme ou du nazisme, enlaidissent l’homme :

1984 de George Orwell
Les origines du totalitarisme d’Hannah Arendt
La Route de la servitude de Friedrich Hayek

Les totalitarismes ne sont pas les seuls à enlaidir l’homme. Les socialismes le font également, même si c’est à un moindre degré.

Il est trois conceptions de l’intérêt général, selon Philippe Nemo :

– assurer l’ordre public et prélever l’impôt qui le permet (le principe juste serait d’en diviser la charge en parts égales) ;
– assurer les biens et services collectifs (qui sont utiles à tous, mais qui ne peuvent être fournis de manière adéquate par le marché) et de prélever l’impôt pour les financer (la justice veut qu’il soit proportionnel) ;
– réduire les inégalités sociales et répartir les richesses en prélevant l’impôt chez les uns pour donner à d’autres, sans qu’il n’y ait de prestation en contrepartie.

Cette dernière conception est propre aux socialismes. Deux fautes l’entachent :

– c’est une erreur économique: on amoindrit un capital qui ne sera pas reconstitué, avec pour conséquence un appauvrissement à terme de toute la société ;
– c’est une faute morale : en prenant l’argent des uns (pour le donner à d’autres) sans contrepartie, on les vole, tout simplement.

La fiscalité socialiste enlaidit l’homme, parce qu’elle le mutile en le volant de manière permanente.

Dans une troisième partie, intitulée Beauté de l’existence libre, Philippe Nemo fait l’éloge du voyage, symbole de l’existence libre, celle du loup de la fable. Le voyage a en effet bien des vertus :

– il réserve à celui qui s’y adonne des surprises géographiques et des découvertes de sociétés inconnues ;
– il l’oblige à se découvrir lui-même en le faisant abandonner ses habitudes ;
– il lui fait prendre conscience qu’il n’est pas possible d’embrasser le monde d’un seul regard et que sa propre vie est elle-même un voyage, ce dont témoignent la littérature et la vie créatrice des artistes.

Quelle société permet ce voyage, cette existence où la beauté et la liberté s’appellent l’une l’autre ?

Dans nos pays, il subsiste trois modèles de sociétés :

– les traditionalismes : pour eux il existe un ordre naturel dont il ne faut pas s’écarter, ils se défient de l’innovation et de la liberté ;
– les socialismes : pour eux l’ordre social doit être organisé, construit, ils redoutent la liberté individuelle qui pourrait le menacer ;
– les démocraties libérales : pour elles l’ordre social est spontané et la liberté est « une valeur principielle ».

La place de la démocratie libérale

Pour Philippe Nemo, seules les démocraties libérales conduisent à la beauté morale. Pour le démontrer, il passe en revue les vertus naturelles qui, dans de telles sociétés, illustrent cette assertion :

– la justice : la loyauté dans les échanges, le respect de la propriété et des contrats obligent et rendent juste ;
– la véracité : celui qui dit la vérité ne court pas de risques inconsidérés ;
– la libéralité (la bienveillance) : pour donner, il faut avoir ;
– l’esprit de paix : le sort des citoyens dépend de leurs succès et de leurs réussites et non pas de violences faites à autrui ou de faveurs de l’autorité ;
– la tolérance : la liberté n’est pas concevable sans celle d’être différent, ce qui suppose le respect de la différence des autres et celui de sa différence par les autres ;
– la prudence : d’être guidé par les données objectives de la réussite et de l’échec y incite ;
– la tempérance, la force : la responsabilité individuelle incite à les développer.

Dans une société libre, l’homme, bien sûr, prend en compte l’environnement administratif et juridique, respecte les formalités, cultive les relations sociales, mais « il s’intéresse bien plus au travail bien fait, à l’innovation scientifique, technique, aux nouvelles demandes sociales à satisfaire, aux « nouvelles frontières » qui se dessinent à chaque époque ».

Au terme de ce livre, Philippe Nemo ose quelques réflexions au sujet des vertus théologales, foi, espérance, charité. Il dit que la foi et l’espérance vivent peut-être mieux dans une société libre qui, d’une part, reconnaît l’incomplétude du savoir humain et qui, d’autre part, reconnaît le rôle créateur de la liberté humaine. A contrario la charité est incompatible avec les sociétés où la propriété privée et la liberté individuelle sont réduites à une peau de chagrin :

« La charité […] est le fait d’aimer autrui unilatéralement, sans rien exiger de lui en retour, de venir à son secours et de vouloir son bien inconditionnellement. Il est clair qu’elle est usurpée et défigurée par la prétendue solidarité collectiviste prenant la forme d’impôts redistributifs. »

Être charitable avec le bien d’autrui est de fait contradictoire avec le concept même de charité…

Philippe Nemo, dans sa conclusion, évoque la formule de Friedrich Nietzsche selon qui « nous voulons toujours revivre en oeuvre d’art » :

« L’homme doit forger sa vie de telle sorte que, puisqu’elle doit revenir éternellement, elle soit à jamais une oeuvre d’art parfaitement belle. Je crois cette idée de Nietzsche en harmonie avec la doctrine chrétienne des fins dernières qui dit que chaque homme sauvé ressuscitera avec sa pleine et riche personnalité, avec tout ce qu’il a fait de bien dans sa vie. »

Philippe Nemo enfin fait part, dans cette même conclusion, d’une thèse indémontrable à laquelle je souscris :

« Dieu a créé l’homme libre, or le concept même de liberté comporte la création du Nouveau, donc de l’imprévisible. Il faut ainsi admettre, contre saint Augustin et son incompréhensible théorie de la prédestination, qu’en créant l’homme, Dieu a accepté a priori d’être surpris par ce que la liberté humaine créerait. »

Philippe Nemo, Esthétique de la liberté, PUF, 200 pages.

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  • Nous ne sommes esclaves que de nous mêmes.

    Dans beaucoup de culture il s’agit de chasser ses propres démons.
    Être libre ne dépend pas de l’Etat ou des autres.
    Être libre est un acte volontaire et souvent coûteux. Combien de gens sont ils capables de se remettre en question ?
    La plupart des gens fonctionnent sur des certitudes toute leur vie.
    La beauté de la liberté est comme Jésus nous l’enseignait:
    Regarder le monde avec des yeux d’enfants. C’est le prix de la beauté de la liberté sans taches.

    Mais qui est capable de cela aujourd’hui ? Chacun de nous étant (c’est bien connu) meilleur que son voisin. Plus intelligent, plus riche, plus plus…..

    Le loup was a wise animal.

  • J’ai eu la chance d’avoir Philippe Nemo comme professeur sur ce thème, et je conseille vivement aux lecteurs de Contrepoints de lire son livre.
    Si cet article vous donne envie d’approfondir les liens entre liberté et beauté, vous ne serez pas déçus par le développement magistral de ces thèmes au fil du livre.

  • Je vois dans cette fascinante étude un plaidoyer pour l’abolition du ministère de la Culture avec, en corolaire, l’institution d’un véritable mécénat.
    La Beauté et la Charité, marchant main dans la main, sous les étendards de la Liberté.

  • La Liberté, toujours la Liberté…
    Et la Vérité, Capitaine Nemo?

    • Le besoin de vérité est PLUS SACRE QU’ AUCUN AUTRE(Simone Weil, l’Enracinement? coll. folio p 53).
      Quant à la liberté: « ce n’est celle ni du libéral, ni du libertin, ni du libertaire » (P. BOUTANG).
      On peut ajouter, « ni du libertarien ».
      Mais tout cela, ce n’est pas du goût de la plupart des abonnés à Contrepoints…

      • Philippe Nemo parle également de la vérité dans Esthétique de la Liberté.
        Vous avez le droit d’avoir un avis différent de celui des « abonnés de Contrepoints », mais la moindre des choses avant de venir critiquer un ouvrage, c’est de l’avoir lu.

        • Liberté et vérité, la question peut sembler du même ordre que celle de la poule et de l’œuf. Orwell en fait faire le tour à Winston: Lisez 1984, on ne peut être plus clair sur le rapport entre liberté et vérité. Il n’y a pas de recherche de la vérité possible sans liberté d’expression.
          La poser en termes de hiérarchie suscite l’attention et la méfiance de tout « vrai » libéral. La relation de la liberté avec la vérité est réciproque et non hiérarchique, alors que l’égalité devient nécessairement liberticide quand elle est placée en tête, comme le font les idéologies totalitaires dérivées du marxisme. Leurs sycophantes ont dénaturé le rapport à la vérité en niant l’existence d’une vérité objective. Ils conforment la réalité à leurs idées, contrairement aux libéraux qui font l’inverse. Hannah Arendt a analysé ce rapport en partant de ce qu’elle nomme la « vérité de fait. »
          “Les faits sont la matière des opinions, et les opinions, inspirées par différents intérêts et différentes passions, peuvent différer largement et demeurer légitimes aussi longtemps qu’elles respectent la vérité de fait. La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat”.
          C’est la liberté qui protège la vérité, non l’inverse, et Condorcet avait théorisé dans ce paradigme le principe de la liberté de l’enseignement, la seule susceptible de former une « raison commune », ciment essentiel de la démocratie. Le rôle de l’instruction publique n’est pas d’enseigner des vérités tombées du ciel « comme les Tables de la Loi », disait-il sinon elle endoctrine, elle n’instruit pas et viole le principe de la laïcité scolaire. Celui-ci découle de la liberté et il est au fondement du principe d’égalité. Ils interdisent tout enseignement de nature cléricale, c’est à dire sectaire, religieux ou séculier.
          En 1792, le dernier philosophe des Lumières avait mis la vérité comme « la première condition de toute instruction » en dessinant une architecture scolaire et des méthodes fondées sur les canons de la pensée libérale. Elles étaient destinées à distinguer le savoir de la croyance et du doute, lequel est n’est qu’une autre forme de croyance quand il est un paramètre du relativisme, une idéologie dérivée de l’égalitarisme.

      • Vous employez le mot  » sacré » qui est tombé en désuétude allez savoir pourquoi
        Je n’ étais pas d’ accord avec cette affirmation mais en y réfléchissant oui

        Un individu qui souffre a besoin de ne pas etre trompé ou de se tromper sur l’ origine du mal , il a besoin de savoir la vraie cause de sa souffrance afin d’ y remédier cela peut etre une question de vie . Vérité prime donc sur
        Liberté laquelle donne le choix d’ avoir aussi accès à des fausses informations ou au spécialiste qui se trompe

        • La souffrance individuelle n’est pas un critère utile pour définir la relation entre liberté et vérité
          Pour guérir un malade ne doit pas faire de l’automédication mais compter sur son médecin, par définition censé être plus savant que lui. Ce n’est pas un problème de vérité, (dans le sens opposé au mensonge.)
          Le besoin de vérité, lui, est général et votre remarque souligne qu’il est lié à la fonction émancipatrice du savoir. Historiquement, c’est la généralisation de l’instruction publique qui a libéré l’individu des superstitions et des préjugés. Elle a mis un terme à la LA DEPENDANCE de l’ignorant envers plus instruit que lui. C’est donc bien la liberté qui doit primer pour assouvir le besoin de vérité.

        • Si vous aviez la Vérité sans la Liberté, qu’en pourriez vous faire ? Rien, et plus encore, votre souffrance liée à la privation de Liberté n’en serait que plus aiguë.
          Si vous avez la Liberté sans la Vérité, qu’en pourriez vous faire ? Peu de choses car elle serait désorientée inefficace, perdue. Cependant vous n’en souffririez que peu, ignorant que vous seriez de même être privé de Vérité.

          Ainsi, les deux sont intimement liées mais la Liberté est opérative dans la recherche de Vérité, la Vérité n’étant qu’une condition d’un bon usage de la Liberté (mais elle ne définit pas directement la Liberté). On pourrait donc dire, s’il devait s’établir une hiérarchie entre Liberté et Vérité que la Liberté est première (et que finalement elle conduit plus généralement à la Vérité que toute autre chose).

          • +1
            Le raisonnement vaut aussi pour l’égalité. Elle doit être seconde par rapport à la liberté, sinon elle est liberticide, mais elle n’est pas secondaire pour autant, loin s’en faut.

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