François Hollande : le Président des 4 chocs

Choc fiscal (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

La présidence de François Hollande fait subir à la France quatre chocs, aux conséquences lourdes.

Par Jérôme Dubus.

hollande-ayrault-4_406264320%. C’est le pourcentage qui retient l’attention de tous les commentateurs, celui de la cote de popularité du chef de l’État, historiquement basse dans l’histoire de la Vème République. 20, c’est aussi le nombre de mois qu’auront passé François Hollande et son équipe au pouvoir, en décembre prochain. En 20 mois, beaucoup de chiffres auraient pu affoler les commentateurs. La chute du pouvoir d’achat des Français, suite à la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires. La hausse inexorable des impôts – et ce n’est qu’un début. Un chômage des jeunes dont la baisse semble une blague de mauvais goût, tant il semble condamné à planer au-dessus des 25% ? Et tant d’autres encore ! Qu’on s’intéresse à la protection sociale, aux retraites ou encore à l’immigration, les faits sont là : en 20 mois, la France a subi une série de chocs marquants, forts, impactants dans la vie des Français.

Tout d’abord un choc fiscal sans précédent : avec 45 milliards de prélèvements fiscaux supplémentaires, les entreprises et les ménages ont subi des ponctions en pleine crise économique, à un moment où la conjoncture hésitait entre reprise et rechute. Cet « assommoir » fiscal a cassé la confiance encore timide en déstabilisant les acteurs économiques. Résultat : des entreprises qui n’embauchent plus ni n’investissent ; des ménages dont le pouvoir d’achat est amputé, ce qui fragilise la consommation et la croissance.

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Ensuite un choc économique : l’appareil productif français a accéléré sa chute depuis 18 mois. Jamais la production automobile française n’a été aussi faible et ce sont des pans entiers de notre industrie qui continuent de disparaître, faute d’une compétitivité qui poursuit sa dégradation. Nos exportations reculent encore et la très légère amélioration du déficit de la balance commerciale ne s’explique que par le recul des importations dû lui-même au recul de la consommation. La France continue de perdre des parts de marché, dans une compétition mondiale de plus en plus exacerbée où chaque erreur de politique économique se paie « cash ». Résultat immédiat de l’augmentation des prélèvements obligatoires : des taux de chômage jamais atteints malgré les milliards d’euros dépensés pour créer des emplois fictifs et virtuels. Les vieilles recettes socialistes du traitement social du chômage sont ressorties des greniers de l’histoire économique : les mêmes causes produisant les mêmes effets.

C’est la compétitivité, c’est l’envie de réussir, de produire, de vivre mieux en France par le fruit de son travail que le pouvoir a stoppé net. Mais ce pouvoir a également fragilisé les fondements même de notre société en divisant profondément les Français.

Le choc sociétal : des pigeons aux bonnets rouges, comment accepter la richesse, quand on ne peut plus gagner davantage par son travail ? Comment rassembler, quand les uns ont moins et d’autres beaucoup plus ? Comment conduire une politique d’immigration, une politique extérieure positivement ouverte sur l’Europe quand la politique économique donne envie de se replier sur ses acquis, de défendre son essentiel, de ne pas partager davantage ? De même, les réformes à caractère sociétal ont contribué à fragiliser le ciment qui unit nos concitoyens en heurtant une majorité de Français.

Ces « réformes » procèdent de lobbys bien organisés à l’œuvre au sein des partis de gauche et qui ont imposé leurs vues. La faiblesse de l’exécutif leur a ouvert un boulevard qu’ils exploitent dans leur volonté de transformer irrémédiablement la société actuelle : ils sont déjà prêts pour imposer demain le droit de vote des étrangers, dans une tentative dérisoire pour ressouder la majorité actuelle sur des faits sociétaux.

Le résultat est là aujourd’hui : un choc politique. Un choc que traduisent parfaitement ces 20%, cette morosité ambiante, cette absence de confiance dans le politique. Un choc que François Hollande et son équipe lui-même subissent de plein fouet, eux qui ont perdu toutes les élections depuis mai 2012, eux dont les candidats aux municipales, et pas des moindres, comme Anne Hidalgo, à Paris, se démarquent savamment et peu courageusement de la ligne politique de l’exécutif. Où s’arrêtera le choc ? Que faut-il de plus à l’exécutif pour changer de cap, pour comprendre que le nerf de la guerre, c’est la compétitivité de nos entreprises ? N’attendons pas que nos jeunes générations s’exportent davantage qu’elles ne le font déjà, emportant avec elles les talents, les compétences et la seule chance de la France de sortir de la crise.

Il y a urgence : le péril du déclassement définitif n’est plus un vain mot.