Le socialisme, adversaire de la tradition démocratique et libérale

Le socialisme est une régression par rapport au libéralisme, mais il a l’avantage d’être plus facilement compris par les masses et les instincts grégaires.

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Le socialisme, adversaire de la tradition démocratique et libérale

Publié le 25 octobre 2013
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Par Jean-Baptiste Noé.

imgscan contrepoints458 socialismeLa difficulté de compréhension du socialisme réside dans ses contradictions internes. Alors qu’il semble prôner une certaine forme d’anarchie politique et une indépendance des individus, il est très étatique et antilibéral dans les faits. Alors qu’il prône la compassion pour les faibles, il se montre très violent, soit dans sa rhétorique soit dans son agir. Ses contradictions internes, le fait qu’il puise à des sources d’inspiration très différentes, qu’il connaisse des courants multiples, des réalisations divergentes, fait de la doctrine socialiste une idéologie difficile à cerner et à circonscrire.

Nous reprenons ici les idées principales développées par Philippe Nemo dans son Histoire des idées politiques, livre que nous avions déjà commenté précédemment.

Rôle du facteur révolutionnaire

La question essentielle qui est posée par le socialisme est de savoir s’il représente un progrès ou une régression dans l’évolution culturelle de l’humanité. En niant la propriété privée, les conduites normées créées par l’État, en prônant la mise en commun des biens, le socialisme veut revenir à une configuration sociale antérieure à la naissance de l’État. Le socialisme est donc réactionnaire par essence. Mais, simultanément, il érige un État tout puissant, il développe le culte et le mythe du progrès, il veut arracher les individus aux déterminismes, notamment culturels et historiques. Le socialisme est l’idéologie de la reconstruction de l’homme par l’État. Il s’agit, d’abord, de déconstruire, et cela est notamment le rôle d’une école entièrement étatisée, puis, une fois la déconstruction aboutie, de rebâtir un nouvel homme, un homme nouveau. C’est le principe fondamental de la révolution, qui n’est pas tant politique que sociale.

L’idée de la révolution comme praxis de transformation sociale de l’individu et de la société a été développée par Tocqueville. Cette idée me semble fondamentale et lumineuse. Alors que beaucoup s’arrêtent au fait que la révolution est un processus de transformation politique, notamment des structures de gouvernement, Alexis de Tocqueville a clairement montré que le but premier de la révolution est d’opérer un changement social, notamment par la construction d’un homme régénéré. Cette idée est essentielle pour comprendre deux formes oubliées du socialisme, que sont le fascisme et le nazisme.

Socialisme et progrès

Marx et les autres socialistes ne veulent pas revenir au communisme primitif, ils veulent dépasser le capitalisme, c’est-à-dire conserver ce qu’il a apporté de bon, notamment concernant les techniques et l’industrie, mais établir une communauté primitive. Le problème, c’est que le socialisme réel a échoué. D’un point de vue technique, il a été dépassé par la société de liberté et de marché. C’est le propre d’un système idéologique : il ne peut pas se combattre par les idées ou par une autre idéologie, mais par les faits. Le réalisme est l’arme toute puissante de l’idéologie.

Socialisme et régression

Hayek montre comment, en supprimant la propriété privée et le système de liberté individuelle régulée par le droit, on retourne au tribalisme primitif. Comment les hommes peuvent-ils adhérer à un système qui détruit leurs conditions de vie, notamment en Occident, qui est le continent qui a le plus profité de l’essor matériel ? Parce que les transformations économiques et sociales dues à la liberté sont encore très récentes. Si elles ont changé la manière de vivre, elles n’ont pas modifié la façon de penser. En France, il faut attendre 1931 pour que la population urbaine soit supérieure à la population rurale. Cela laisse des traces importantes dans les représentations sociales. Nous sommes passés si vite de la société rurale et agraire, qui fut la société de toujours en Europe, à la société tertiaire et urbaine, avec la phase industrielle qui fut une transition, que les esprits n’ont pas eu le temps de prendre conscience ni de la transition, ni des changements opérés.

Le socialisme est une régression par rapport au libéralisme, mais il a l’avantage d’être plus facilement compris par les masses et les instincts grégaires. En tant que tel, le peuple adhère plus facilement à lui. Les instincts ataviques, le mimétisme, l’instinct grégaire des foules peuvent refaire surface à tout moment, d’autant plus qu’une idéologie prend des allures pseudoscientifiques pour les conduire. C’est la force de Karl Marx de pouvoir se prétendre grand économiste, en camouflant ses ignorances, et de développer des idées erronées à partir de principes faux. Le scientisme a servi de point d’appui du socialisme, alors même que sa densité scientifique est des plus restreintes.

Référence : Philippe Nemo, Histoire des idées politiques aux temps modernes et contemporains, PUF, 2004, 1428 pages.


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  • C’est tout à fait la situation actuelle dans laquelle nous sommes. Le gouvernement fait mine d’innové dans le droit du travail, pénal, fiscal… Pendant ce temps les socialos de droite ne font rien et l’extrême droite national-socialiste gagne du terrain.

  • Je partage chacune des lignes de ce qui a été écrit si brillamment! belle fin de journée,phb
    http://www.contrepoints.org/2013/03/06/117222-le-socialisme-est-un-cancer-de-la-democratie-abattons-le

  • Monsieur ,

    A travers mes recherches sur la perception du socialisme aujourd’hui , je suis tombé sur votre article.
    Il est toujours interéssant et révélateur de lire , regarder , écouter ce qui s’écrit , se filme et se dit autour de question comme celle ci.
    Et dans ce domaine comme dans les autres, les écrits les plus prolifiques et les plus « réactionnaires » pour vous reprendre, sont ceux qui ont la prétention de comprendre le sujet dont ils parlent; tandis que leurs écrits sont inexactes , vulgarisés au point de se demander si les textes ou les theories que vous citez sont les mêmes que ceux qu’on lit.
    Que vous soyez contre le socialisme, c’est entièrement votre droit. Néanmoins, je suis frappé par la médiocrité de ces articles. Ce n’est pas avec une telle qualité de démonstration que vous tirerez qui que ce soit vers le haut , puisque telle est votre prétention.

    Bonne journée

    • comme par hasard les pays qui s’en sortent le mieux sont les pays les plus libérales (autriche, pays bas,..) et les pays en crise sont les pays les plus socialistes socialistes (grece, espagne, france,..) . les pays dans le monde qui ont la meilleur situation économique et démocratique sont libéraux.

    • Les théories socialistes ont été démontées propre en ordre. Les économistes ont montré que ces théories n’ont aucune structure interne cohérente (lisez par exemple Bohm-Bawerk pour ne citer que lui), et qu’elles reposent sur des conceptions erronées, notamment de la valeur du travail, de l’échange, du capital ou du profit. Il n’y a pas un économiste sérieux qui défende les conceptions de Marx. Il n’y a pas une faculté d’économie où l’on enseigne son modèle économique comme on enseigne le modèle IS-LM, la théorie du consommateur, etc. Dans les facultés d’économie Marx fait partie de l’histoire des idées comme Freud en psychologie. Il a été montré mathématiquement que la planification de l’activité économique était moins efficace que l’économie de marché. Allez lire la démonstration de Barone 1908, c’est un bijoux. L’économétrie durant tout le 20ème siècle a massivement montré que les mesures socialistes (contrôle des prix, salaire minimum, etc.) ne permettent pas d’atteindre les objectifs souhaités et/ou produisent des effets secondaires qui sont plus problématiques que le problème qu’on essaye de solutionner.De même, les mesures comparatives montrent sans ambiguïté que plus les pays protègent la propriété, plus il y a de liberté économique, plus ces droits entrent en force dans la réalité grâce à un système de tribunaux efficaces, et plus à l’arrivée on a un revenu réel élevé par habitant y compris pour les plus pauvres. Allez lire par exemple De soto. En d’autres termes, l’économétrie a montré dans toute sorte de domaines économiques ce que les mathématiques avaient anticipé. Finalement, l’histoire a également montré que chaque fois qu’on a essayé le socialisme, et on l’a essayé plusieurs comme on répète en science une expérience pour voir la robustesse du résultat, ça finit très mal.

    • le socialisme ne marche pas meme la plupart des partis de gauches l’ont compris dans le reste de l’europe, c’est pour cela, qu’elles sont devenu social démocrate (qui est une sorte de nouveau socialisme, d’actualisation du socialisme) puis comme maintenant, ces partis en voyant l’échec de la social démocratie sont devenu social libéral (qui n’est pas du libéralisme mais un nouveau socialisme). en allemagne, la gauche est devenu social démocrate dans les années 50 puis dans les années 2000, elle est devenu social libéral. dans bcp de pays, la gauche est social libéral car elle a abandonné le socialisme et la social démocratie car c’étaient des idéologies complétement obselète. la gauche francaise est à la traine…..

    • le socialisme est une philosophie de l’échec, le credo de l’ignorance et l’évangile de l’envie. comme disait churchill: » Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses. La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère. » L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. Car, aujourd’hui comme autrefois, chacun, un peu plus, un peu moins, voudrait bien profiter du travail d’autrui. Ce sentiment, on n’ose l’afficher, on se le dissimule à soi-même; et alors que fait-on? On imagine un intermédiaire, on s’adresse à l’État, et chaque classe tour à tour vient lui dire: « Vous qui pouvez prendre loyalement, honnêtement, prenez au public, et nous partagerons. le socialisme: Si ça bouge, taxez-le. Si ça continue à bouger, régulez-le. Si ça s’arrête de bouger, subventionnez-le. L’erreur fondamentale du socialisme est de caractère anthropologique. En effet, il considère l’individu comme un simple élément, une molécule de l’organisme social, de sorte que le bien de chacun est tout entier subordonné au fonctionnement du mécanisme économique et social, tandis que, par ailleurs, il estime que ce même bien de l’individu peut être atteint hors de tout choix autonome de sa part, hors de sa seule et exclusive décision responsable devant le bien ou le mal. L’homme est ainsi réduit à un ensemble de relations sociales, et c’est alors que disparaît le concept de personne comme sujet autonome de décision morale qui construit l’ordre social par cette décision. De cette conception erronée de la personne découlent la déformation du droit qui définit la sphère d’exercice de la liberté, ainsi que le refus de la propriété privée. En effet, l’homme dépossédé de ce qu’il pourrait dire « sien » et de la possibilité de gagner sa vie par ses initiatives en vient à dépendre de la machine sociale et de ceux qui la contrôlent ; cela lui rend beaucoup plus difficile la reconnaissance de sa propre dignité de personne et entrave la progression vers la constitution d’une authentique communauté humaine. le socialisme croit que la société est mécanique alors qu’elle est organique.

    • bcp de dictatures dans le monde (en particulier, en afrique )sont socialiste, d’ailleurs certaines font partie de l’internationale socialiste. ben ali faisait parti de l’internationale socialiste. la tunisie comme les autres pays du magreb (lybie, égypte,..) est socialiste tout comme la syrie. le parti baas a meme servi de modèle au pasok (parti socialiste grecque) qui a dirigé sur la grece ces 30 dernières années et qui a mis en place un systeme basé sur le clientelisme et la corruption et qui est responsble de la situation de la grece actuelle… tous les pays du printemps arabe avait en commun d’etre socialiste. le socialisme n’est pas spécialement démocratique…. le socialistes ont tendance à pratiquer la pensée unique qu’ils veulent imposer à tout le monde et à etre contre la liberté (économique, d’expression,…).

    • c’est frappant le manque d’argumentation des socialistes

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