La révolution robotique est en marche

C’est maintenant une certitude, la révolution robotique est lancée. Beaucoup d’emplois occupés aujourd’hui par des humains vont être confiés aux machines dans les années et décennies à venir. Nous allons devoir trouver de nouvelles façons d’occuper nos journées et d’obtenir des revenus satisfaisants. Petit tour d’horizon.

C’est maintenant une certitude, la révolution robotique est lancée. Beaucoup d’emplois occupés aujourd’hui par des humains vont être confiés aux machines dans les années et décennies à venir. Nous allons devoir trouver de nouvelles façons d’occuper nos journées et d’obtenir des revenus satisfaisants. Petit tour d’horizon.

Par Aymeric Pontier.

La révolution robotique va d’abord concerner les travaux que les humains ne peuvent pas faire ou qui leur sont très difficiles à réaliser, mais qui ne posent aucun problème aux robots. Ainsi que les emplois que les machines savent d’ores et déjà faire mieux que nous, mais que les humains continuaient d’exercer car le coût du passage aux robots était jugé trop élevé. Dans le secteur industriel, le coût horaire d’une machine (achat, besoin énergétique et entretien compris) sera d’ici peu inférieur à celui d’un salarié chinois ou asiatique. Dès lors, on peut envisager une« robotcalisation » temporaire de l’industrie, soit un rapprochement des zones de production et de consommation. Je prends bien soin de préciser et d’insister lourdement sur le fait que ce sera temporaire, puisqu’à partir de 2030 plus de 60% de la classe moyenne mondiale vivra en Asie. Il faudra en profiter tant qu’on peut…

Ensuite, les machines vont bien évidemment pouvoir occuper de plus en plus d’emplois au fur et à mesure de leur perfectionnement, et de l’abaissement de leur coût de production (grâce aux économies d’échelle). Chaque jour ou presque, de nouvelles applications inédites sont envisagées, de nouvelles possibilités incroyables s’ouvrent. Bref, le potentiel de remplacement des humains par les machines semble infini à cet instant.

Ne pas lutter contre l’inéluctable robotisation de l’économie, mais apprendre à travailler avec les machines

Le vrai défi sera d’apprendre à travailler avec ces machines. Comme le dit si bien Kevin Kelly, dans un monde pas si éloigné, « nous serons payés en fonction de notre capacité à travailler avec les robots ». Notre capacité d’adaptation sera donc plus importante que notre savoir-faire. La révolution robotique, c’est ainsi l’occasion pour tous les humains de se ré-inventer.

En confiant aux machines les tâches les plus pénibles et répétitives, les emplois ingrats vont disparaître de nos vies. Mais une autre question se pose, quels emplois pour les êtres humains de demain ? Où trouver de nouvelles sources de revenus pour assurer notre subsistance ?

Si certains s’inquiètent – c’est bien normal – des pertes d’emplois que cela va générer, d’autres nous rappellent que l’automatisation de l’agriculture a créé davantage d’emplois qu’elle n’en a détruit. Eh oui ! L’arrivée de tracteurs et de faucheuses dans les fermes a permis l’émergence de nouveaux emplois dans le secteur industriel. Puis, la première phase de l’automatisation des usines (la seconde s’ouvrant maintenant) s’est traduite à son tour par une profusion d’emplois nouveaux dans les services. Il est plus que probable que ce phénomène soit réitéré avec l’automatisation des emplois au sein des entreprises de services. Et que nous inventerons à notre tour de nouvelles activités pour occuper nos journées, et monnayer notre savoir-faire (après formation sans nul doute).

Et surtout, ces millions de robots, il faudra bien les concevoir ! Déterminer les matériaux pour les construire. Se procurer les outils nécessaires à leur assemblage. Inventer les codes informatiques et les rouages mécaniques dont ils ont besoin pour se mouvoir. Les commercialiser et les livrer dans chaque entreprise ou domicile. Mettre en place des entreprises locales de réparation et d’assistance. Développer des filières de recyclage pour leurs composants. Et je me contente ici d’imaginer toutes les activités engendrées directement par la nouvelle économie robotique. Je ne parle même pas des activités indirectes qui seront sûrement bien plus nombreuses encore !

Mais ne nous laissons pas emporter, il existe une barrière (humaine) irrémédiable au tsunami robotique

Il faut ici rappeler une limite importante et je dirais même indépassable concernant le remplacement partiel des humains par les machines. Les humains ont besoin… de contact humain. Tout simplement.

Je veux bien imaginer des usines avec des robots gérant les lignes de production, mais il faudra toujours des humains pour négocier et signer les contrats. Je veux bien imaginer des blocs opératoires dotés de robots chirurgiens, mais les patients auront toujours besoin d’humains comme médecins traitants. Je veux bien imaginer des robots techniciens de surface dans les offices, mais il faudra bien des humains pour discuter autour de la machine à café.

Pour parler d’un sujet qui me concerne en particulier, moi qui suis rédacteur indépendant, je veux bien imaginer des logiciels de narration capables d’écrire des articles sportifs ou financiers à partir d’informations précises trouvées en ligne. Mais le robot capable de partager et de décrire une émotion humaine dans un texte tout en la comprenant, bref capable de transmettre un ressenti, n’est pas encore arrivé ! À moins de la copier-coller…

Ce besoin de contact humain, on le voit encore aujourd’hui avec l’essor des services à la personne. Selon la Dares, la majorité des emplois créés en France d’ici 2020 concernera en priorité « les métiers de soins et d’aide aux personnes fragiles ». Conjonction du vieillissement de la population et de l’isolement subi ou choisi, la dépendance des personnes âgées va devenir un élément majeur du débat politique. Comment financer ces besoins et emplois nouveaux ? Eh bien justement, en faisant des gains de productivité substantiels dans les autres secteurs, grâce à l’automatisation. Rien ne dit donc que l’arrivée massive des machines sur nos lieux de travail va forcément atténuer le lien social. Peut-être qu’en fin de compte ce sera l’effet inverse qui se manifestera…


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