Quand l’État sabote le commerce

Encore un exemple dans lequel un commerçant doit payer pour avoir une concurrence frontale qui va le détruire. Charmant.
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Quand l’État sabote le commerce

Publié le 1 novembre 2012
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« L’État est là pour nous aider, on paye pour ! » Je suis toujours très surpris de constater qu’une majorité de Français croit encore ce gros bobard douillet dans lequel elle se réfugie d’ailleurs dès qu’on commence à discuter un peu de son emprise sur le quotidien. Régulièrement, ces éditos sont pour moi l’occasion d’illustrer pourquoi, précisément, l’État ne veut pas le bien des citoyens qu’il aurait la charge de servir. Aujourd’hui, c’est à Carcassonne que nous découvrons un de ces nombreux exemples d’aberration étatique.

On apprend, par une presse frémissante à l’idée de relater les péripéties locales de la mairie, qu’une nouvelle médiathèque est en cours de finition dans la ville de Carcassonne et qu’elle sera bientôt ouverte. Jusque là, rien d’anormal, puisque c’est la simple continuité des activités naturelles de l’administration locale qui consiste, comme chacun sait, à dépenser bruyamment et le plus visiblement possible l’argent des contribuables locaux dans des établissements rutilants destinés à leur apporter avec empressement ce qu’ils n’ont jamais demandé.

De nos jours, une municipalité digne de ce nom et des impôts fonciers prélevés ne se contente plus de ravaler les façades d’écoles ni d’entretenir avec des frais minutieusement calculés des bibliothèques aux livres un peu jaunis dans lesquelles quelques rayons histoire, géographie, culture locale et cuisine du cru côtoient un misérable rayon économie remplis d’ouvrages délicieusement marxistes. Non, décidément, les bibliothèques, c’est poussiéreux, et nous ramènent au début du XXe siècle. De nos jours, on fait dans la médiathèque qui, comme son nom l’indique, accumule les médias pour attirer le gogo contribuable l’usager.

Eh oui : on va donc ajouter à la traditionnelle procession de livres plus ou moins intéressants une quantité vaguement amortissable d’autres médias, comme la musique ou les films sous forme de DVD ou de Blu-ray. L’idée est simple : comme, soyons clairs, plus personne ne vient spontanément dans les bibliothèques, on va tenter de justifier la présence du bâtiment, les coûts des personnels salariés, des infrastructures et de leur maintenance en élargissant l’offre (et en obligeant les écoles publiques à venir y faire un tour régulièrement aussi ; après tout, il n’y a pas de petites victoires.) Il faut dire que la concurrence d’internet est particulièrement rude et les employés municipaux chargés de démontrer leur utilité indispensable rivalisent donc d’inventivité pour accroître la fréquentation de leurs locaux. Au passage, on trouvera quelques études (dont certaines réalisées jusqu’en 2006 par un Crédoc manifestement trop réjoui à l’idée que les chiffres seraient bons, mais si mais si) qui expliquent que les bibliothèques municipales continuent d’attirer du monde, même si la lecture attentive des rapports montre surtout que la population qui y vient régulièrement tend à vieillir, et que les établissements peinent franchement à attirer l’attention des jeunes dont une bonne partie n’y va que parce qu’elle y est contrainte scolairement.

C'est surprenant tout ce qu'on peut apprendre à la bibliothèque

Le bilan est d’ailleurs franchement grisâtre. Si la désaffection des bibliothèques reste encore modérée (encore que les statistiques ne laissent guère de doute), on ne peut arriver à la camoufler qu’après des torsions statistiques amusantes qui font un peu sourire lorsqu’on recoupe les informations sur internet. Par exemple, si les places de lecture en bibliothèque de l’enseignement supérieur passent ainsi de 115 000 en 2002 à 127 000 en 2008, les lecteurs inscrits passent, eux, de 1305 millions à 1211 sur la même période. Évidemment, le personnel employé passe lui de 5138 à plus de 5700 (halte aux cadences infernales, et tout ça). En pratique, plus de 70 % de la population française fait preuve d’une totale indifférence à ces services qui coûtent pourtant 20 euros par an et par habitant.

Le décor posé, revenons à Carcassonne où la nouvelle médiathèque va donc ouvrir, et même disposer… d’un espace dédié aux jeux vidéo. Ici, je cite la notule journalistique :

Les ados ont leur place, avec des jeux vidéos. « Cette offre est importante pour attirer les publics adolescents, qui fréquentent peu les bibliothèques, explique le directeur. Ils pourront à la fois jouer sur place et emprunter les jeux pour les amener chez eux »

Youpi, des jeux gratuits payés par le contribuable pour attirer le djeunz dans les filets de la municipalité ! Bien sûr, le djeunz ainsi serré ne sait pas qu’il est en réalité l’enjeu d’une bataille budgétaire pour justifier l’existence d’une dépense cossue dans sa ville, mais c’est sans importance : il va pouvoir dégommer du spetsnaz dans Call of Duty pour pas un rond et ça, c’est assez kewl, man.

Éthiquement, cependant, on peut comprendre que certains trouvent l’affaire un tantinet difficile à avaler. Je pense ici à un certain Laurent Pécal, le gérant de Logigames, qui se retrouve maintenant en concurrence frontale avec les services de l’État, et avec ses propres impôts. Pourtant, il y a un an, lors de l’ouverture de la petite médiathèque, les services de la mairie de Carcassonne avaient assuré le gérant qu’ils ne feraient pas de jeux vidéo et ne viendraient pas piétiner ses plates-bandes commerciales. Peine perdue, donc : la médiathèque proposera bien des jeux vidéo, disponibles à l’emprunt.

government : i'm here to helpLa réaction de Laurent Pécal est sans équivoque : « Ils se sont bien foutus de ma gueule. » Il est vrai que, du point de vue commercial, la situation n’est pas des plus aisées : « Ils sont gratuits. Je ne peux rien faire contre la gratuité. » D’autant que, question moyens, le service public, toujours prêt à pleurnicher pour en avoir encore plus, dispose ici d’un budget de 11,9 millions d’euros sur trois ans, à comparer au budget d’un cybercafé (ici, moins de 100 000 euros à l’année) qui n’a pas l’opportunité d’utiliser la force pour aller piocher dans la poche des contribuables.

On pourra m’objecter que la concurrence, prônée par les libéraux, a normalement du bon. Certes, mais cela suppose une concurrence un minimum équitable, et non le véritable dumping dont le gérant est ici clairement la victime : il n’aura jamais les moyens dont dispose la municipalité puisque, factuellement, pour vivre il devra facturer quelque chose à ses clients (et uniquement à ceux-ci) là où la municipalité, par le truchement de l’impôt, peut se permettre d’aller racketter aussi tous les habitants y compris ceux qui n’ont rien à faire des jeux vidéo.

Un concurrent normal (grande surface, autre cybercafé) sera toujours confronté à la nécessité de facturer ses services pour éponger une partie de ses coûts, chose dont les sévices publics peuvent se passer complètement de faire de façon directe. Non seulement ils peuvent reporter le coût sur des non-clients, mais ils ont aussi la facilité de crédit illimité que permet tout État muni de la coercition légale.

Mais plus profondément, sans même parler de la concurrence introduite ici aux forceps, on pourra rappeler, comme je le notais en introduction, que l’État n’est pas censé piétiner ainsi le travail des honnêtes gens. Tout d’abord parce qu’en bon gestionnaire, l’État doit comprendre que saboter ainsi le commerce, c’est se couper d’une source de financement. Et d’autre part, l’État a normalement pour mission l’exact opposé : favoriser la création d’emplois, ce que cette médiathèque détruit de façon évidente (eh oui : l’argent qui la fait fonctionner, il faut bien le trouver quelque part).

Bien évidemment, cet exemple peut paraître anecdotique. Il est en réalité parfaitement symptomatique du problème français : là où l’État devrait se faire humble et se contenter de ses missions régaliennes essentielles, il s’éparpille joyeusement dans des multitudes d’aventures colorées qui coûtent de plus en plus cher de façon directe (par les frais engagés) et indirecte (par les destructions de richesse et d’emplois inférées).

Non, les jeux vidéo gratuits disponibles à l’emprunt, ça n’existe pas. Et non, l’État ne vous veut pas du bien : il veut son propre bien, la pérennité de son existence avant tout et même si cela doit se faire au détriment de son hôte (vous).

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  • olivier chatelain
    1 novembre 2012 at 13 h 46 min

    J’ adore les éditoriaux de H16 que je trouve truculents, exacts et sensés.
    Je mettrai un bémol à celui-ci car il attaque les bibliothèques qui me sont chères. J’ ai déménagé plusieurs fois et à chaque fois je me suis inscrit à la bibliothèque de ma ville, lieu de convivialité et pour moi de travail. Ou peut on consulter des ouvrages d’ art fort chers, voir des vieux films classiques que l’ on ne trouve pas dans les videoclubs, compulser des archives ou des livres régionaux impossibles à trouver ailleurs que dans les bibliothèques. Alors c ‘est sûr que la politique génerale de la biblio-médiathèque doit être de ne pas concurrencer le secteur marchand mais c’ est tres souvent le cas. Concernant les statistiques énoncées dans l’ édito, s’ il faut payer plus cher l’ abonnement pour ne pas en faire subir le coût au contribuable non intéressé pourquoi pas. Mais mes enfants ne font pas de fautes d’ orthographe grâce aux nombreux livres et BD empruntés pendant des années dans les bibliothèques. Et plusieurs fois par semaine , je leur propose un bon classique du cinéma en empruntant un dvd. La télévision du service public ayant depuis longtemps rendu les armes sur ce plan là. Pour mémoire un bibliothécaire n’ accepte pas de dons d’ abonnés (dvd ou livres) alors que la demande est fréquente, car le prix demandé à l’ achat d ‘un livre ou d’ un dvd pour une bibliothèque est quasi doublé car il paye en plus des droits et des cotisations reversées aux auteurs pour leur sécu et leur retraite.
    Donc vive les bibliothèques enfin les bonnes et bien gérées.

    • Olivier, vous devez comprendre que les services publics, s’ils peuvent satisfaire quelques besoins, ne compensent jamais la destruction de richesse préalable à leur création et à leur entretien. Un service public détruit toujours plus de richesse qu’il ne pourra jamais en créer.

      Dans votre cas, il y a indéniablement création de richesse : la bibliothèque correspond à vos besoins. Toutefois, si vous êtes satisfait de la bibliothèque, c’est uniquement par l’effet d’un heureux hasard, puisque vous n’avez choisi ni le service offert, ni décidé volontairement de le financer, excepté la cotisation symbolique.

      Imaginez alors la frustration et le désarroi de l’immense majorité de ceux qui ne sont pas satisfaits ou, pire, pas du tout intéressés par le service rendu par la bibliothèque, mais qui doivent quand même la financer ! Pour eux, la destruction de richesse est absolue. Votre dernière remarque témoigne d’ailleurs d’une certaine frustration qui s’explique par le fait qu’on ne peut s’en remettre sérieusement au hasard pour satisfaire ses besoins.

      Vive les bibliothèques… privées et entièrement financées par leurs clients !

      • olivier chatelain
        1 novembre 2012 at 20 h 21 min

        alors, comme aux usa, faisons payer plus cher l’ acces aux bibliothèques et permettons aux plus démunis d’ y aller grâce à des actions sociales , privées, car excusez moi mais il y a des gens en france qui profitent quand même de l’ accès au savoir, même si ça coûte à ceux que ça n’ interesse pas; j’ ai des exemples en tête.

        • Olivier,

          Vous faites l’erreur commune et générale de confondre coût et financement. Ce n’est pas parce que le service est gratuit pour certains que son coût est nul. C’est tout simplement d’autres qui le financent. Rien ne dit que des bibliothèques privées couteraient au global plus chères, au contraire. En revanche, il est clair que les rats de bibliothèques comme vous paieraient le service plus cher que si d’autres payaient à leur place.

        • « qui profitent quand même de l’ accès au savoir »

          Une bibliothèque doit contenir actuellement 0.000001% du savoir quasi immédiatement accessible par un ordinateur ou un téléphone portable dont même les moins riches sont dotés. Les très pauvre eux ont bien d’autre soucis immédiat et lire Montesquieu ou le dernier Goncourt doit arriver péniblement à ce hisser à la dernière place de leurs priorités pour autant qu’il rentre dans le classement.

      • @bubulle

        Exact. J’ajouterai qu’en plus aujourd’hui, avec Internet, beaucoup de bibliothèques perdent de leur intérêt.

  • @olivier chatelain

    Bien entendu, vous avez raison de faire savoir aux 85% de gens (plus à plaindre qu’autre chose) qui ne sont jamais allés dans une bibliothèque ou une médiathèque, que pour emprunter des DVDs ou des CDs, il faut payer une cotisation chaque année. Donc l’emprunteur de DVDs, n’est pas un parasite qui « profite » de l’argent des autres.
    D’ailleurs quel rapport entre la culture et ces sempiternelles considérations « tiroir-caisse » « cling-cling », retour sur investissement ,compétition dont on nous rabat les oreilles à longueur de journée.
    Les gens ne sont plus citoyens, ils ont l’impression d’être tous concurrents d’une gigantesque course d’endurance avec vainqueurs et vaincus comme dans le film « On achève bien les chevaux » : film inconnu des élèves des écoles de commerce, cette élite qui voudrait avoir les pleins pouvoirs dès présent car elle prétend être la seule à connaitre comment fonctionne le monde !

    Pour en revenir à cet édito.
    Il me semble avoir entendu, il n’y a pas si longtemps, un discours « libéral » diamétralement opposé , pour dire que « c’est tant pis pour eux » si les commerçants vivant de la vente en boutiques de supports musicaux, coulent, à cause du teléchargement gratuit.(FNAC, par exemple)
    Donc maintenant s’acharner à défendre un commerçant qui pretend être en concurrence frontale avec une mediathèque. Comprend plus.

    Ensuite, qu’est ce qui prouve que la médiathèque va fournir, en prêt, les mêmes jeux que le commerçant carcassonnais propose à la vente ?
    Ce serait très étonnant.
    Entre un boutiquier qui fait des jeux video parce que c’est plus rentable que vendre des cravates, et une responsable de mediathèque, littéraire et intello, Bac+5, ce n’est pas la même culture ! !

    Alors, chacun son truc . Ce commerçant de Carcassonne cherche à entrer en situation conflictuelle avec sa mairie, pour, probablement, d’autres raisons qui ne sont pas exposées au lecteur.

    • Ohlala.

      Bon, alors déjà cette mode du « tout-gratuit », c’est de ça que parle l’article, faire croire aux gens que l’état et les collectivités territoriales sont là pour prendre en charge l’intégralité des services et loisirs lorsque l’individu ne peut pas se les offrir, pour X raison qui n’intéressent pas les organisateurs de ce type de sovkhoze culturel.

      Effectivement, l’offre commerciale de ce type de médiathèque est une concurrence déloyale et abusive, sa gratuité n’est qu’une façade destinée au socle électoral traditionnel des dirigeants politiques avides de ce type de structure à fort rendement électoral, en réalité, quelqu’un paye pour cela, nous.

      Encore un secteur ou les commerçants et prestataires de services privés doivent subir la Loi divine de la gratuité, car oui, désolé, l’offre est la même, mais le coût est largement supérieur pour le contribuable, la fraternité a des limites, elles se situent là où le terme justice sociale prend une signification abusive et sans contrepartie aucune, Carcassonne, c’est deux médiathèques, flambant neuves, flambante budgétairement parlant également, mais qu’importe, elles sont gratuites, et c’est tout ce qui compte non ?

      Peu importe que les mairies et communauté d’agglo soient en train de nous asphyxier, citoyens comme entrepreneurs, la gratuité fait loi, le socle électoral vote, le sourire aux lèvres, tout va bien pour lui, peu importe les autres, ils ne sont pas la majorité, ils ne font pas 50, vive les sovkhozes culturels, vive la gratuité !

    • « si les commerçants vivant de la vente en boutiques de supports musicaux, coulent, à cause du teléchargement gratuit. »

      Certains libéraux pensent qu’un bien réplicable n’est plus un bien marchandable et que tous devraient pouvoir l’utiliser sans payer. Le raisonnement qu’ils comprennent très bien ailleurs dans « ce qu’on ne voit pas » ne semble plus marcher ici.

      Il est vrai que le support bien souvent ne coute rien, c’est tout le travail en amont qui ne serait de facto plus payé. L’excuse c’est que les producteurs doivent trouver d’autres moyens de gagner leurs vie. Sur ces moyens, mystère. (Vendre des places de concert c’est moyen pour un film ou un soft)

      C’est un peu incompréhensible au premier abord mais ma théorie c’est que tout le monde pirate parce que c’est une augmentation facile et instantanée du niveau de vie et qu’ensuite chacun trouve les excuses qu’il peut pour garder intact l’image de soi. Pour certains ce sont les méchantes world company qui abusent, pour d’autres ça passe par des chemins plus tortueux. Demi vérités, rejet de la faute, stigmatisation etc. etc.

      Personne n’est parfait… Sinon l’article très bien.

    • @ satyr

      Ce n’est pas la seule et modique cotisation de l’emprunteur de dvd qui finance la construction et le fonctionnement de bibliothèques ou de médiathèques! En outre, il n’y a aucune raison pour que celui qui ne recourt pas à ces services soit forcé et contraint de les financer. D’autre part, que vous le vouliez ou non une médiathèque fait bien de la concurrence à certains commerçants. Ce que vous ne voyez pas, c’est que le commerçant en question est le dernier maillon d »une chaine et que s’il disparaît, faute de pouvoir vendre suffisamment, c’est toute la filière en amont qui sera mise à mal. Enfin, je trouve votre comparaison entre le boutiquier et le responsable de médiathèque particulièrement condescendante pour ne pas dire minable. Croyez-vous qu’à la FNAC il n’y ait pas de responsables qui ont un Bac+5 par exemple, voire mieux? Pensez-vous que tous les responsables de médiathèque aient un Bac + 5 en lettres et que ceux-ci soient forcément des intellos voire même des personnes intelligentes, qui sait? Drôle d’à priori.

      • « Pensez-vous que tous les responsables de médiathèque aient un Bac + 5 en lettres »

        Un bac + 5 qui reste bien souvent assis toute la journée dans le silence complet à voir trois pékins par jour. 🙂

        La France: une utilisation de plus en plus maximale des ressources humaine pour le redressement du bonheur humain dans la parfaite égalitude du désir d’avenir.

        Pour les DVD ça va être amusant dans dix ans d’avoir le « dernier » jeux bidule dépassé depuis 7 ans.

        Enfin bref, la médiathèque c’est un peu l’éolienne de la kulture. (ja)

    • @satyr
      Inutile de répondre ici à toutes vos élucubrations, l’auteur de cet article vous ayant déjà suffisamment ridiculisé sur son site.
      Je souligne tout de même l’immense mépris que vous affichez pour les « boutiquiers » coupables à vos yeux de n’être ni « littéraires », ni « intellos » ni dotés d’un « Bac+5 ».
      Si vous détestez tant que ça les petits commerçant, je vous invite à élire domicile dans les paradis cubain ou nord-coréen: la dékoulakisation que vous semblez appelez de vos voeux y ayant été perpétrée depuis belle lurette, nul danger dans ces édens du socialisme d’entendre le moindre « cling-cling ».
      Pour ma part, et si j’étais confronté à un tel choix, je préférerais un pays sans bibliothécaires que sans commerçants. Les deux sont certes utiles, mais un seul est vital.

  •  » les établissements peinent franchement à attirer l’attention des jeunes dont une bonne partie n’y va que parce qu’elle y est obligée scolairement  »

    Cette desaffection des ados est normale .Elle est liée à la sexualité.
    L’ado veut démontrer sa virilité devant ses copains en proclamant qu’il ne va pas volontairement dans ces endroits et qu’il préfère jouer à des jeux videos violents.

    • Pas l’ado, certains ados, ce n’est pas pareil.

    • « Cette desaffection des ados est normale .Elle est liée à la sexualité. »

      Les bibliothèques n’ont jamais été des lieu de grande affluence mais leurs plus grand score ont été réalisés à une époque ou les dizaines de biens audiovisuel moderne n’existaient pas dans les foyers.

      Vous n’allez plus vous même chasser dans les bois 6 heures par jour parce que vous avez un frigo à la maison qui ne vous coute que deux heures par semaine à remplir.

      …c’est ça ou alors c’est votre sexualité et votre virilité qui vous interdit de marcher dans les bois.

  • De toute façon, je suis contre les bibliothèque publiques.
    Pendant longtemps j’ai acheté des livres d’occasions et des jeux vidéo d’occasion, ainsi c’est win-win. Le commerçant qui trouve une nouvelle activité et le client qui peut avoir des produits à moindre coût sans taper dans le portefeuille des autres.
    Mais en effet le grand perdant c’est le politique qui n’a plus l’occasion de se montrer ‘grand seigneur’.

  • On va dire que je généralise mais il me semble quand même qu’avec le développement d’internet, l’information est accessible à peu de frais (voire pas du tout si on « triche » un peu) et sans trop d’efforts. La question c’est plutôt, le concept de bibliothèque a-t-il encore de l’avenir ? Peut-il être rentable ? Si non, il me semble évident que la survie de ces institution devra dépendre de la générosité privée, et rien d’autre.

    • C’est vrai pour les médiathèques municipales, dont la finalité se limite pour l’essentiel à proposer du loisir aux citoyens.

      En revanche, là où je ne suis pas d’accord avec l’article, c’est la généralisation du propos jusqu’aux bibliothèques universitaires. Il n’y a pas à se féliciter, comme le fait h16 ici, de la désaffection des BU par les étudiants. C’est même d’ailleurs l’un des symptômes de l’affaiblissement du niveau des diplômes universitaires. Une BU, ce n’est pas du loisir, c’est un fonds hyper-spécialisé de documents pour une grande partie introuvables sur internet. Et s’il y a bien UN truc de qualité dans l’université française, c’est bien son fonds documentaire exceptionnel accessible par n’importe quel étudiant.

        • j’aurais du me relire… en plus rue69 existe.
          Shame on me

        • « Pour les fac tout se fait sur le net. »
          Ben oui, c’est bien ce que je critique hein…

          • Et bien c’est tres bien que tout se fasse sur internet. Plus besoin de se déplacer. Si on veux un renseignement en dehors des heures ouvrables on a l’information.
            Bon d’accord la BU c’est super pour draguer les petites étudiantes….

      • Mon cher Raphaël, où vois-tu que je m’en félicite ? Je me contente de constater cette désaffection, et, partant, le mauvais emploi des ressources budgétaires limitées. C’est tout.

      • « Il n’y a pas à se féliciter, comme le fait h16 ici, de la désaffection des BU par les étudiants »

        Cà dépend des raisons. Si, comme je le crois, cette désafection est due au fait que les étudiants trouvent les mêmes ressources ailleurs et plus facilement, comme sur le net, ce n’est pas un problème.

        • A mon avis, tu crois mal. Je suis universitaire. Et ce que je constate c’est qu’une écrasante majorité d’étudiants se contentent, par facilité, d’articles mal boutiqués de seconde main, trouvés sur des pseudo-encyclopédies genre wikipedia. Les sources d’origine, lire les auteurs dans le texte… ça ne se trouve pas au bout du premier clic, donc ils ne connaissent plus.

      • A Paris-Descartes, ils ont accès à des « tonnes » de documents numérisés. La BU, c’est bien pour les livres entiers. Mais les extraits et les articles, c’est plus facile de les imprimer chez soi et de prendre des notes dessus.

        • 1) Ben oui, c’est tellement plus savant de citer des auteurs sans jamais les avoir lu ou juste un tout petit extrait…
          2) Quant aux documents numérisés intéressants, ce sont souvent soit une numérisation de la BU, soit un abonnement de la BU à des sortes de « bibliothèques scientifiques numériques en ligne ». Bref, dans les deux cas, c’est un travail de bibliothécaire.

          Notez bien que je ne défends pas le statut public des bibliothèques mais l’importance du travail de bibliothécaire pour l’enseignement supérieur, qu’il s’agisse de Bibliothèques physiques ou virtuelles (mais pour l’instant, concernant les secondes, le fonds documentaire numérique reste très limité).

          • 1) Quand on bosse sur un sujet – au hasard, les risques psychosociaux durant les périodes de changement dans les grandes structures – on a besoin de s’appuyer sur des gens qui ont déjà un peu traité le sujet, même de façon périphérique. Dans un travil universitaire de 10 pages, il peut donc y avoir une page complète de bibliographie. Et des travaux comme ça, il y en a plusieurs par mois. Si vous pensez qu’il est techniquement possible ET intéressant de lire une trentaine d’ouvrages complets pour traiter ce sujet, vous vous mettez le doigt dans l’oeil. Aucun prof ne demaderait ça.
            2) Je fournissais une explication à la désertification physique des BU. Ce qui ne veut pas dire, en effet, ques les services de la BU sont inutiles.

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