Perte de compétitivité française dans le secteur des technologies de l’information

Il nous manque une vraie stratégie, une vraie volonté de développer ce secteur capital de notre économie.

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Perte de compétitivité française dans le secteur des technologies de l’information

Publié le 7 octobre 2012
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Il nous manque une vraie stratégie, une vraie volonté de développer ce secteur capital de notre économie.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Profitons de ce que Fleur Pellerin ait reçu en fin de semaine les entrepreneurs de start-up pour regarder comment se situe la France dans la compétition mondiale des entreprises de technologie de l’information. Vient de paraître l’édition 2011 de l’Index mondial de la compétitivité dans les technologies de l’information  de The Economist Intelligence Unit, la Business Software Alliance  (BSA). Cette étude révèle que la France n’arrive plus que 21ème et perd quatre places par rapport à l’édition précédente. Le classement analyse la situation de 66 pays sur la base de 5 leviers de compétitivité reflétant les bases essentielles de l’innovation informatique : la conjoncture économique, l’infrastructure informatique, les ressources humaines, l’environnement de recherche et développement (R&D), l’environnement juridique et les aides publiques au développement du secteur informatique.

Si les États-Unis restent la nation la plus compétitive au monde, la Finlande arrive en première position des pays européens, la France n’occupant qu’une modeste 11ème place en Europe ! Les premières places du classement 2011 mettent à l’honneur les États-Unis, la Finlande, Singapour, la Suède et le Royaume-Uni.

Les points positifs de la France, les secteurs où elle a progressé, sont, à l’inverse de ses voisins allemands et britanniques, l’infrastructure informatique où la France affiche une forte progression, gagnant 3 places pour occuper le 16ème rang. La France gagne du terrain sur le marché du haut débit avec un tiers de sa population qui dispose à présent d’une telle connexion. Simultanément, la France s’améliore légèrement dans la catégorie de l’environnement légal depuis 2009 (classement et score), notamment en raison de sa ratification en 2009 des Traités de l’OMPI sur le droit d’auteur (WCT) et sur les interprétations et exécutions et les phonogrammes (WPPT). Le pays obtient également une évaluation globale positive dans les domaines de la signature électronique, de la confidentialité des données et de la législation sur la cybercriminalité. En la matière, la France rejoint la Norvège à la 11ème position du classement.

Parmi les points qui plombent la performance de la France en 2011 (classement et score), vient en premier le déclin des recrutements de diplômés de l’enseignement supérieur et des filières scientifiques et techniques. En effet, si le nombre de postes dans l’informatique reste relativement stable depuis 2009, la France propose nettement moins de postes dans l’informatique que d’autres marchés similaires tels que le Royaume-Uni. Au niveau R&D, malgré des améliorations, en particulier dans le dépôt de brevets informatiques, la France perd 3 places pour se classer 19ème. Ceci est dû à la progression plus rapide enregistrée par des pays tels que le Danemark, la Suisse ou l’Autriche.

Il y aurait donc beaucoup à faire pour développer le secteur des TIC. Souvenez vous, lorsque l’on nous a annoncé l’abandon des grosses industries traditionnelles en France, la sidérurgie, le textile, les mines, on nous expliquait que tout cela serait remplacé avantageusement par des activité de haute technologie, en particulier dans le domaine des technologies de l’information. Et bien ce n’est pas le cas. Il est urgent de relancer ce secteur. Pour autant, aucun des pays chez qui cette branche de l’économie est florissante ne pratique l’investissement d’État ni même la mise à disposition de moyens aidés. Non, ils se contentent de laisser les entrepreneurs faire, sans les assassiner fiscalement, sans les mépriser, en les donnant comme exemple aux plus jeunes. En France, il nous manque une vraie stratégie, une vraie volonté de développer ce secteur capital de notre économie Et si Fleur Pellerin allait voir ailleurs comment ça se passe ? Un petit périple aux USA, en Finlande, à Singapour, en Suède, au Royaume Uni lui ferait, je pense, le plus grand bien.

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