Les déclarations idiotes de Benoît Hamon sur le crédit renouvelable

Les déclarations socialistes se suivent et se ressemblent. C’est un fait que déjà Valéry Giscard d’Estaing avait constaté en son temps, les socialistes ont une furieuse tendance à s’arroger les vertus les plus humanistes, faisant même de la morale leur monopole.

Les déclarations socialistes se suivent et se ressemblent. Aussi agaçantes et de mauvaise inspiration que les tubes passant en boucle à la radio. Ce courant musical faisant saigner les oreilles est plus connu sous le terme galvaudé de « moralisation ». Car c’est un fait que déjà Valéry Giscard d’Estaing avait constaté en son temps, les socialistes ont une furieuse tendance à s’arroger les vertus les plus humanistes,  faisant même de la morale leur monopole.

Par Matthieu Loonis.

François deuxième du nom, son équipe, ainsi qu’une partie considérable de son électorat vivent dans la nostalgie de cette époque bénie du socialisme. Dès lors, rien d’étonnant au fait d’assister au retour de la morale (sauce socialiste évidemment) dans ce monde de brutes. À vrai dire, dès qu’une frange de la population s’accorde sur la nocivité de telle ou telle activité, aussitôt il suffit d’y ajouter un peu de morale (pour ceux qui n’ont pas fait option socialiste au collège : morale est synonyme d’asphyxie. Cela signifie que l’État arrive pour faire trépasser cette satanée liberté). Moralisation de la vie politique, moralisation du système financier, moralisation des condamnations, moralisation des salaires, moralisation de la prostitution, moralisation du dialogue social, moralisation de la moralisation… socialisation du pays en fin de compte.

« Quelle côte ne connait pas encore notre sang ? » Benoît Hamon a trouvé la réponse aux lamentations d’Horace : les sociétés de crédits pleines de fric !

Les déclarations à l’encontre du crédit renouvelable de la part de Benoît Hamon,  ministre délégué chargé de l’économie sociale et solidaire, soleil éternel de la nation, n’ont pas manqué de faire déjà réagir (on aura démasqué facilement la raillerie du titre d’inspiration Nord Coréenne. Jamais un socialiste français n’aurait utilisé le terme « nation », c’est bien trop vilain ! À la rigueur « peuple » ou encore « jeunes » mais là, ça frise la stigmatisation…).

Pourtant, le crédit renouvelable (ou encore appelé revolving) est-il si dangereux que cela pour mériter tant de haine ?

Au-delà de l’aspect hautement comique de la situation du membre du gouvernement pourfendeur de l’endettement des ménages, alors qu’il est lui-même aux commandes d’un pays ayant une dette de 1 789,4 milliards d’euros, soit 89,3 % de son PIB et ne proposant rien de convaincant, hormis une « moralisation des agences de notation » [1], histoire de s’endetter pour moins cher.

Alors, le crédit renouvelable est-il vraiment cette abomination, cet engrenage infernal de l’endettement des ménages ?

Très clairement non, bien que sa relative [2] facilité d’obtention puisse conduire à des comportements irresponsables. Encore une fois, le socialisme n’aime pas faire confiance au libre arbitre des individus, ni à leur sens des responsabilités. Car il est de la responsabilité de chacun de savoir gérer son budget et de ne pas recourir au crédit avec frivolité. Question de bon sens en somme, pourtant le gouvernement semble croire qu’il faudrait considérer le consommateur comme un majeur incapable, lequel placé sous tutelle demanderait à la sainte administration l’autorisation d’avoir une réserve d’argent. Cette dérive est une tendance forte en droit de la consommation, le consommateur est infantilisé, ça n’est même plus une protection c’est une ingérence dans le droit à consommer. On a connu le « responsable mais pas coupable », désormais c’est « pas responsable, juste totalement incapable ».

L’autre reproche récurrent qui est fait au crédit renouvelable concerne ses taux d’intérêts. Or ces derniers en plus d’être parfaitement en règle avec le taux d’usure légal en France, correspondent à une spécificité du crédit renouvelable. En effet, il faut savoir que les sociétés de crédits ne sont pas des banques, elles vivent donc exclusivement des taux d’intérêts et des assurances facturées aux clients, et c’est souvent une armée d’employés qui travaille pour ces sociétés. L’autre justification réside dans le coût du risque, puisqu’on retrouve souvent parmi les clients du crédit renouvelable, des clients à la solvabilité moindre que celle des clients d’une banque. Un crédit qui coûte relativement cher est-il pour autant illégal ?

Le crédit renouvelable, c’est le surendettement !

Non, en vérité le nombre d’impayés temporaires est très faible de l’ordre de 2 à 4% des clients. Et il faut également savoir que dans ce chiffre, il n’y a pas que des impayés pour manque de fonds suffisants. On y retrouve, les problèmes techniques (changement de banque, opposition, autorisation de prélèvement incorrecte…). Et dans la portion des impayés pour manque de provision, seule une part infime dépose effectivement un dossier de surendettement débouchant sur une recevabilité de ce dernier.

Mais alors à quoi peut bien servir le crédit renouvelable si ça n’est pas pour engraisser ces immondes capitalistes ?!

Eh bien, mon cher Benoît Hamon, le crédit renouvelable c’est le crédit du pauvre, tu sais, ta soi-disant base électorale que ta politique ne cesse de faire croître. Je m’explique, le crédit renouvelable est une réserve d’argent dans laquelle on peut puiser (tournant en général autour de 5.000€), ensuite on rembourse et on peut à nouveau piocher dedans. Parfois adossé à des cartes de crédits, il permet de payer ses articles en plusieurs fois. Comme je le disais plus haut, le crédit renouvelable s’adresse aux personnes exclues du circuit classique du crédit pour riches comme F. Hollande a sûrement pu en bénéficier pour acheter ses biens immobiliers par-ci par-là, en sa qualité de spéculateur normal. Bien que cette réalité n’a pas dû souvent toucher notre classe dirigeante de privilégiés bienpensants, il y a des gens vivant avec très peu. Imaginons que cette population tombe en panne de voiture, je sais que ça n’arrive pas avec la DS5, mais avec les tacots pluri-décennaux de l’industrie automobile française, ça arrive tout le temps à ces clients, ou alors que leur machine à laver tombe en panne. Eh bien puisqu’il n’y a pas encore d’allocation « réparation de voiture » ou « remplacement de machine à laver » (même si les assistantes sociales peuvent débloquer des fonds), les gens doivent trouver de l’argent pas par lubie consumériste débridée, mais parce que c’est un besoin. Alors en interdisant le revolving, c’est avant tout les classes les plus modestes qui subiront une exclusion totale du circuit de la consommation à très court terme.

Par ailleurs, notre pays a grand besoin d’emplois et de consommation en cette période pour le moins morose (mais je sais que parler de cycle économique et de croissance c’est au-delà de ce que le socialiste normal peut comprendre, je n’insisterai donc pas).

Le vrai fléau de notre temps, le mauvais payeur. (Moi non plus je ne peux pas résister à l’envie de chercher un bouc émissaire…)

C’est à tort que l’opinion dominante considère les mauvais payeurs comme une manne providentielle pour les sociétés de crédits ou banques, qui peuvent ainsi les matraquer de frais en tout genre. En vérité, le recouvrement d’impayés coûte très cher [3]. Je dirais même que de manière générale, l’impayé coûte très cher à toutes les professions (médecins, artisans, bailleurs…), et que si une moralisation était souhaitable, cela serait bien celle qui concerne l’impayé. Être dans son bon droit ne suffit plus, le contrat perd de plus en plus de sa force obligatoire, au profit du mauvais payeur naïvement perçu comme une victime innocente de méchants oppresseurs avides.

Ne créons pas de lois liberticides au profit d’une infime portion de la population. Ce clientélisme bien que conforme aux chimères socialistes est totalement contre productif. La liberté est notre bien le plus précieux, et s’il faut tout de même imposer des symboles aux Français pour faire bonne figure, alors je n’en souhaiterais qu’un seul : sur ma fiche de paye, l’augmentation, autonome du brut, de mon salaire net. Mais là je rêve, non ?

 

  1.  « La meilleure façon de protéger la France, c’est de faire l’effort de redressement dans la justice et de mettre en place au niveau européen les instruments pour vaincre la spéculation. Dans cet esprit, je relancerai l’idée d’une agence publique européenne de notation. » F.Hollande dans le Monde le 16 janvier 2012.
  2. Dans la société pour laquelle je travaille, seul 1 dossier de candidature sur 8 bénéficie d’un financement.
  3. Dans ma société, il faut retrouver 8 clients bons payeurs pour rembourser le coût d’1 seul mauvais payeur.