L’enfer carcéral d’un dissident chinois

Yan Jianli, dissident

Yang Jianli eut l’idée de composer des poémes dans sa tête, et de les mémoriser

Yang Jianli, réfugié politique aux États-Unis, fondateur du mouvement de résistance « Initiatives pour la Chine », m’a expliqué comment il a pu survivre à sept années de prison en Chine, de 2000 à 2007, dont dix-huit mois dans un isolement total : pas de contact, silence, interdiction d’écrire et de lire.

Comment reste-t-on un être humain doué de raison face à la déshumanisation organisée par la dictature chinoise? Yang Jianli eut l’idée de composer des poémes dans sa tête, et de les mémoriser. Aprés ce temps d’isolement, la contrainte fut allégée sous la pression du Congrés des États-Unis. Du papier et un crayon furent donnés à Yang pour qu’il rédige sa « confession » politique, un rite dans les régimes communistes, depuis Staline. Yang saisit l’occasion pour transcrire la centaine de poémes qu’il avait à l’esprit (le cerveau comme clé UBS virtuelle) : avec la complicité d’un geolier, les textes furent transmis à un éditeur de Hong-Kong.

Yang est souriant, affable et indestructible, comme son ami Liu XiaoBo qu’il avait rencontré Place Tian Anmen en 1989. On doit écouter Yang, essayer de comprendre mais sans y parvenir tout à fait : son expérience est intransmissible. On comprend que le Parti communiste chinois craint tant ces Fils du Ciel hors du commun.