Étude économique de la Nouvelle-Zélande 2011

La récession a mis en lumière la nécessité de procéder à des réformes structurelles

La reprise a marqué le pas en 2010 en Nouvelle-Zélande, malgré des termes de l’échange qui n’ont jamais été aussi favorables et en dépit du déploiement de mesures de relance. Les ménages, les entreprises et les agriculteurs essaient actuellement de reconstituer leurs finances à la suite de l’emballement du marché de l’immobilier. Les conséquences de deux tremblements de terre dévastateurs retarderont encore la reprise et rendent les perspectives très incertaines.

La récession a mis en lumière la nécessité de procéder à des réformes structurelles. Avec l’envol du marché immobilier observé au cours de la dernière décennie, financé grâce à des emprunts contractés à l’étranger par le secteur privé par le truchement du système bancaire, les engagements extérieurs nets ont fini par atteindre des niveaux qui rendent l’économie vulnérable à tout revirement brutal du sentiment des investisseurs. L’économie se trouve aujourd’hui confrontée à des difficultés dues à l’association des déficits extérieurs et un endettement international importants, un taux de change surévalué, un coût du capital élevé et une croissance déséquilibrée.

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Pour accélérer la croissance, des progrès sont nécessaires dans un large éventail de l’action publique. Cela suppose notamment un assainissement budgétaire plus hardi sous la forme de coupes dans les dépenses, associé de réformes de la fiscalité et des retraites afin de doper l’épargne nationale. Ces mesures permettraient de maintenir plus longtemps des taux d’intérêt bas et donneraient une certaine latitude pour l’assouplissement du taux de change, ce qui faciliterait le nécessaire rééquilibrage de l’économie et stimulerait la production de biens et services échangeables.

Le traitement fiscal favorable accordé à l’immobilier et les mesures réglementaires inefficientes limitant l’offre devraient être abrogés. Ces distorsions ont exagéré la hausse des prix des logements, ce qui a provoqué une aggravation des inégalités de patrimoine et amené les ménages à dépendre fortement de leurs positions financières à long terme sur des biens immobiliers à la valeur très fluctuante. Les pouvoirs publics devraient avoir pour priorités de poursuivre les réformes fiscales pour que les décisions d’épargne et d’investissement s’inscrivent dans un cadre de règles du jeu plus équitables et d’améliorer parallèlement l’efficacité des politiques d’utilisation des terres et le système global d’urbanisme.

Revenir à des pratiques exemplaires en matière de réglementation et améliorer la gestion du stock considérable d’actifs détenus par l’État pourraient contribuer à doper la croissance. La Nouvelle-Zélande, qui a longtemps tenu la corde en matière de réglementation des marchés de produits, s’est vu distancer au cours de la dernière décennie. Le cadre institutionnel de la réglementation devrait être renforcé pour améliorer le contexte global de l’investissement ; parallèlement, un mouvement de privatisation, totale ou même partielle, des actifs commerciaux contrôlés par l’État permettrait d’accroître la discipline du marché et la transparence.

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