Pourquoi les prix montent toujours ? (1)

Parce que la masse monétaire est en constante expansion

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Pourquoi les prix montent toujours ? (1)

Publié le 24 avril 2011
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L’inflation

N’est-il pas fascinant que les prix ne cessent d’augmenter, d’année en année ? Le phénomène de variation des prix est nommé inflation. Il est généralement mesuré par l’indice des prix à la consommation (IPC) qui est calculé en suivant la valeur d’un panier de biens dans le temps. Ainsi, si vous constatez que le taux d’inflation a été de 3% cette année, cela signifie que les prix de ce panier de biens ont, en moyenne, grimpé de 3%. Cela signifie aussi que le pouvoir d’achat du dollar a baissé de 3%, c’est-à-dire qu’il vous faudra dorénavant 3% plus de dollars que l’an passé pour acheter ce panier de biens. Si votre salaire est demeuré stable, cela implique que vous êtes maintenant 3% plus pauvre que l’an passé.

Sur le site de la Banque du Canada, on peut s’amuser à calculer la valeur d’un panier de biens de $100 de 1914 à aujourd’hui (2010). Il appert qu’un tel panier de bien coûterait aujourd’hui $1.971. Sur cette période de 96 ans, le taux annuel d’inflation moyen a été de 3,15%. Cela implique que le pouvoir d’achat d’un dollar a diminué de près de 95% sur cette période !

Avez-vous déjà entendu l’expression « l’argent lui brûle dans les poches » ? Lorsque l’inflation est positive, cette expression est tout à fait juste ! En fait, ce n’est pas la monnaie qui brûle, mais bien le pouvoir d’achat de celle-ci. Pour comprendre comment l’inflation se manifeste, il faut d’abord comprendre le rôle de la monnaie dans l’économie.

Encore l’île déserte

Supposons que trois naufragés sont sur une île déserte et se répartissent les tâches : l’un d’eux pêche du poisson à raison de 6 par jour, l’un d’eux transporte de l’eau douce d’une source au centre de l’île à raison de 6 portions par jour et l’un d’eux trouve des bananes à raison de 12 par jours.

Au début, les naufragés séparent les victuailles en trois parts égales. Cependant, leur problème est que leurs préférences sont différentes ; certains préfèrent plus de poissons alors que d’autres préfèrent plus de bananes. Afin de pouvoir échanger les victuailles selon leurs préférences, les naufragés décident d’utiliser une monnaie d’échange. Ils décident d’utiliser un petit coquillage plutôt rare sur l’île. Après avoir ratissé la plage, ils en trouvent 24, ce qui leur en fait 8 chacun au départ.

Chaque jour, les naufragés se vendent leur cueillette de la journée entre eux. Les prix s’établissent rapidement à 2 coquillages pour un poisson, 1 coquillage pour une banane et 2 coquillages pour une ration d’eau. Les denrées sont toujours vendues à la fin de chaque journée ; rien n’est gaspillé, mais les prix peuvent varier en fonction des préférences du jour.

Un beau jour, durant son périple quotidien vers le centre de l’île, le naufragé responsable du transport de l’eau douce tombe par hasard sur un petit tas de 4 coquillages. Excité par sa découverte, il se présente au marché le soir avec l’intention de dépenser ses coquillages sur une troisième ration de poisson.

Comme le pêcheur n’a pas pêché davantage de poisson que d’habitude (6), que le pêcheur veut se garder deux poissons et que le ramasseur de bananes en veut deux lui aussi, le porteur d’eau devra tenter de convaincre l’un des deux autres de consommer un poisson de moins qu’à l’habitude. Il offre donc au pêcheur 4 coquillages pour son troisième poisson.

Tout excité, le pêcheur accepte et utilise les deux coquillages supplémentaires pour s’acheter deux bananes pour compenser la perte alimentaire du poisson vendu. Cependant, le porteur d’eau désire toujours ses quatre bananes, tout comme le ramasseur de bananes. Le pêcheur devra donc convaincre l’un deux de diminuer sa consommation. Il réussit à obtenir les deux bananes supplémentaires en doublant le prix à 2 coquillages plutôt qu’un.

Si vous avez bien suivi l’histoire, vous aurez remarqué que 5 poissons ont été vendus pour 12 coquillages, ce qui fait un prix moyen de 2,40 par poisson, et que 10 bananes ont été vendues pour 12 coquillages, ce qui fait un prix moyen de 1,20. Ces nouveaux prix représentent une augmentation de 20% par rapport aux prix qui prévalaient auparavant.

Voici ce qu’il y a à retenir de cette petite histoire :

– Les nouveaux coquillages trouvés ont fait augmenter la quantité de monnaie en circulation ; ce qu’on appelle la masse monétaire. Le nombre de coquillages en circulation est passé de 24 à 28, soit une augmentation de presque 17%.

– La quantité de biens à vendre n’a pas augmenté ; donc une augmentation de la quantité de monnaie ne signifie pas qu’il y a plus de richesse dans la société. Créer de la monnaie ne permet donc pas de créer de la richesse.

– Cependant, l’apport de monnaie a modifié la répartition de la richesse entre les habitants de l’île. Le premier à avoir reçu la nouvelle monnaie est celui qui s’est le plus enrichi initialement ; le porteur d’eau a eu droit à 3 poissons, 4 bananes et 2 rations d’eau, d’une valeur totale de 14 coquillages si on utilise les prix initiaux. Après lui, c’est le pêcheur qui a bénéficié le plus de la nouvelle monnaie puisqu’il a consommé 1 poisson, 6 bananes et 2 rations d’eau, d’une valeur de 12 coquillages en utilisant les prix initiaux. Le ramasseur de banane n’a consommé que 2 poissons, 2 bananes et 2 rations d’eau, d’une valeur de 10 coquillages en utilisant les prix initiaux.

– L’impact principal de l’augmentation de la masse monétaire a été une augmentation des prix des biens sur le marché. Plus il y a de coquillages, plus les prix montent…

Vous aurez peut-être noté un détail à la fin : le ramasseur de bananes se retrouve avec les quatre coquillages supplémentaires. Il pourra donc les dépenser à sa guise le jour suivant. Cette situation est attribuable à la trop grande simplicité de mon histoire. Dans la « vraie » économie, il y a des millions de personnes qui transigent et des millions de biens et services à acheter. La nouvelle monnaie est donc répartie de façon plus diffuse que dans mon histoire.

Conclusion

Donc, pourquoi les prix montent : parce que la masse monétaire est en constante expansion.

(À suivre)

Pour en apprendre plus sur l’inflation :

La guerre et l’inflation
Le pétrole et l’inflation
Comment la Fed a gonflé la bulle
Comment les banques créent de l’argent
L’illusion de la monnaie et l’inflation
Stabilité des prix: qu’aurions-nous fait sans la Federal Reserve

Voir les commentaires (6)

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  • « Le phénomène de variation des prix est nommé inflation ».

    Non, il est nommé variation des prix, soit hausse des prix ou baisse des prix selon les situations, et c’est une conséquence de l’inflation, qui est toujours et partout un phénomène monétaire.

    L’inflation monétaire est assimilable à l’inflation d’un ballon de baudruche : plus on insuffle d’air, plus la baudruche gonfle, et plus on crée de monnaie, plus la masse monétaire est inflatée.

    L’inflation a toujours à un moment d’année, une conséquence sur le niveau de prix d’une ou de plusieurs classes d’actifs, et donc généralement l’inflation génère des hausses de prix.

    Parler d’inflation pour la hausse des prix n’a étymologiquement et contextuellement aucun sens, et revient à éliminer définitivement toute définition relatif à la création monétaire.

    La plus sérieuse conséquence de l’inflation monétaire, c’est qu’au fur et à mesure de la création de monnaie nouvelle, une plus grande quantité de monnaie chasse une quantité de bien qui n’évolue que modéremment, et donc forcément les prix montent.

    Cette conséquence ne serait par elle-même pas sérieuse si cette nouvelle monnaie étaient répartie équitablement entre tous les détenteurs d’actifs à hauteur de leurs avoirs, mais c’est tout le contraire qui se passe : la monnaie nouvelle passe de la banque centrale qui la crée désormais virtuellement à l’aide de ses presses à imprimer électroniques, aux primary dealers qui l’utilise à leurs propres fins, ou la multplie par le biais du crédit de circulation, en allouant des crédits préférentiellement aux créditeurs les plus solvables (donc a priori les plus riches).

    Ce sont en général les employés, les derniers récipiendaires de la monnaie nouvelle, qui bénéficient tout dernier lieu d’une revalorisation de leur salaire, alors que les prix ont déjà monté, d’où des difficultés accrues pour acquérir un logement, acheter des billets de train ou d’avion, du carburant à la pompe, régler ses factures de gaz, d’eau ou d’électricité, etc…

    L’inflation, phénomène monétaire, s’appuyant sur le monopole de la création monétaire par la banque centrale, l’interdiction légale des moyens de paiement concurrentiels, le monopole du crédit par les établissement s bancaires autorisés conduit à l’appauvrissement de l population en faveur des organismes habilité à sa gestion exclusive.

  • Mouais, c’est quand même une explication très rapide et simplifiée !!

    « Donc, pourquoi les prix montent : parce que la masse monétaire est en constante expansion. »

    L’exemple omet d’imaginer ce qui se serait produit si les agents avaient pu anticiper cette augmentation de masse monétaire. Le pêcheur aurait-il pêché un poisson de plus ?

    En fait, la création monétaire n’est inflationniste que si elle pas accompagnée de création de nouveaux moyens de production.

    Il est temps de mettre fin aux dogmes monétaristes qui aboutissent aux absurdités comme celle démontrée par philippulus plus haut.

    Sous prétexte de lutte contre l »inflation on défend une pyramide de ponzi géante dans laquelle il faut être le plus près possible du robinet de crédit : la BCE pour avoir accès au crédit le moins cher. C’est totalement injuste, antilibéral, antidémocratique.

    • la création monétaire entraîne toujours au augmentation des prix PAR RAPPORT A LA MEME SITUATION SANS CREATION MONETAIRE. Qu’il y ai augmentation de la production ne change rien. En effet si il a augmentation de la production les prix baisses.
      Il est illusoire de croire que l’on peu anticipé une création monétaire et produire plus car la production instantané ne peut être modifiée que marginalement (un bateau, une maison, une usine de voiture, une centrale à béton mettent des mois ou des années à être opérationnel).
      De quelle lutte contre l’inflation parlez vous? Le principale rôle des banques centrales est justement de maintenir artificiellement de l’inflation. 2 à 3% pour que les pauvre gens ne prennent pas peur mais c’est largement suffisant pour permettre aux états d’éponger à bon compte leurs dettes sur le dos de leur peuple et entretenir leurs amis (militaires, banques, grandes entreprises proche du pouvoir…)

  • je crois que vous n’avez pas saisi grand chose à mes explications…

  • On peut anticiper une création monétaire si celle-ci est convenue démocratiquement à la manière du crédit social : http://en.wikipedia.org/wiki/Social_Credit

     » Qu’il y ai augmentation de la production ne change rien. En effet si il a augmentation de la production les prix baisses. » –> mettez au clair vos propos !

    De quelle lutte contre l’inflation parlez vous?

    je parle du discours des monétaristes comme vous dont la vision me semble très restrictive. L’inflation peut être acceptable s’il tout le monde touche un revenu minimum garanti.

  • Les commentaires sont fermés.

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