Bio, un choix discutable

Bio, fausses promesses et vrai marketing, un livre de Gil Rivière-Wekstein

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Bio, un choix discutable

Publié le 19 avril 2011
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Gil Rivière-Wekstein, Bio : fausses promesses et vrai marketing, Le Publieur, préface de Jean de Kervasdoué.

 

Fruit d’une longue enquête, le dernier livre de Gil Rivière-Wekstein fait voler en éclats certaines idées reçues sur l’agriculture biologique. Oui, l’agriculture biologique utilise des pesticides. Oui, elle a recours à des molécules préoccupantes. Oui, certaines pratiques dans le bio peuvent contribuer à la mort des sols.

Le terme bio renvoie à une image de produit naturel et sain. Il est ainsi paré de toutes les vertus et, fort logiquement, ponctue les discours des politiques, des publicitaires et des associations écologistes. Pas un propos lié à l’environnement où il ne soit question de bio. Il faut manger, vivre et penser bio. Plus surprenant, il n’y avait pas encore eu d’enquête approfondie sur ce sujet.

Le livre de Gil Rivière-Wekstein comble cette lacune et passe au crible les trois promesses du bio :

  1. Il serait meilleur pour la santé
  2. Il respecterait davantage l’environnement
  3. Il encouragerait le développement de la petite agriculture

Les conclusions de l’auteur, à contre-courant de l’écologiquement correct, sont sans appel : le bio n’est pas à la hauteur de ses promesses, pourtant claironnées par une véritable campagne de marketing. Même les qualités gustatives ne sont pas au rendez-vous. Comme le rappelle Jean de Kervasdoué dans sa préface,

en aveugle, même les experts avertis ne font pas la différence entre un produit bio et un produit qui ne l’est pas. L’auteur souligne d’ailleurs en passant que, pour le vin notamment, le label bio ne garantit en rien les qualités gustatives de ce précieux nectar.

Mais Gil Rivière-Wekstein a poussé son investigation plus loin.

Pendant plus de deux ans, il a réuni les différents éléments pour retracer les origines du bio qui remontent bien avant le Grenelle de l’Environnement. Il révèle que les racines du bio s’enfoncent dans une terre bien sombre. Avant de prendre des accents altermondialistes, le bio a en effet longtemps été l’apanage des milieux agrariens réactionnaires et hygiénistes dans les années trente, des adeptes de « la terre qui ne ment pas » dans les années quarante, puis du poujadisme dans les années cinquante. C’est dans cette plongée au cœur de ses fondements historiques et idéologiques, mêlés de théories ésotériques sur de mystérieuses « forces vitales », que nous emmène Gil Rivière-Wekstein.

 

Bio : fausses promesses et vrai marketing  par LeLivreBio

Avec Bio, fausses promesses et vrai marketing, Gil Rivière-Wekstein ouvre un débat nécessaire alors qu’il semble tellement naturel de consommer bio à tout prix.

L’agriculture biologique doit se sauver d’elle-même, de son idéologie comme de son cahier des charges de production, aujourd’hui obsolète. L’évolution de la réglementation sur les pesticides naturels utilisés en agriculture biologique conduit les producteurs bio dans des impasses techniques et économiques.

Dans le même temps, la société industrielle, que les pionniers de l’agriculture bio rejetaient, profite aujourd’hui de son développement. Elle pourrait aussi l’enterrer prématurément. Or, l’agriculture biologique a sa place sur l’échiquier agricole : celle d’une production de qualité, à l’image de certains labels, ou d’une production plus spécifique de produits hors du commun. L’avenir du bio s’écrit aujourd’hui. Il pourrait passer par les biotechnologies…

Plus qu’un livre polémique, l’ouvrage de Gil Rivière-Wekstein cherche à réconcilier toutes les agricultures, sans sectarisme ni a priori.

 

 

Gil Rivière-Wekstein est le fondateur de la revue mensuelle Agriculture et Environnement. Spécialiste des questions agricoles et environnementales, il a déjà publié Abeilles, l’imposture écologique. Il est membre de l’Association française des journalistes agricoles.

Jean de Kervasdoué est professeur d’économie au Conservatoire national des arts et métiers et membre de l’Académie des technologies. Ingénieur agronome de l’institut national agronomique Paris-Grignon, il est également l’auteur de La peur est au-dessus de nos moyens, et Les prêcheurs de l’apocalypse, pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires.

 

 

 

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  • Que le bio soit un marketing, certes, mais c’est comme la viande hallal, les yaourts au bifidus et les rasoirs à 12 lames enduites d’aloé vera. Etrangement, ces derniers exemples ne donnent pas lieu à des polémiques où l’on voit voler des « réactionnaire », « poujadisme » et autres « totalitarisme ». Sur le fond, le bio a été validé par le marché, puisque la demande est en hausse constante depuis plusieurs années.

  • les yaourts au bifidus et les rasoirs à 12 lames, eux, ne se font pas subventionner par l’argent public, contrairement au bio.
    Et le yaourt bifidus a fait des allégations santé mensongères qui ont été sanctionnées et retirées, contrairement au bio, qui continue de colporter des mensonges en toute impunité (sur les prétendus « plus de goût », « meilleur pour la santé », « préserve la planète »…).

    S’il y a une pullulation de bifudus ou de rasoirs à 12 lames, on ne risque pas grand chose, à part plus de chiasse et moins d’écorchure (oui, on risque moins de se couper avec un rasoir à 12 lames vera-aloés qu’avec un rasoir à 1 lame non lubrifiée). S’il y a une pullulation du bio, ce sera un trou de plus dans la poche du contribuable et du consommateur et un gros désastre pour l’environnement vu qu’il va falloir défricher de nouveau pour produire la même quantité vu le rendement déplorable du bio.

    Mais à part ça effectivement, le bio, c’est du marketing pareil que le reste.

    • Le bio est plutot moins subventionné que l’agriculture « classique » (et surtout à une moindre échelle). Et réduire la question de l’impact environnemental à la taille des surfaces est c’est fuir le débat (l’agriculture intensive peut fatiguer les sols et polluer les nappes phréatiques). D’ailleurs ce débat ne se limite pas au bio: d’une manière générale, les meilleurs produits sont fabriqués de manière plus extensive (il faut plus de place pour faire du poulet fermier, de la viande argentine ou du Pata negra que de la bidoche en batterie). Donc avec votre raisonnement si la demande en produits de qualité augmente, c’est mauvais pour l’environnement.
      Perso je suis plutôt d’accord avec l’affirmation que le bio est loin d’être la panacée pour résoudre les questions environnementales, et je n’en achète moi-même qu’avec précaution. Mais ça reste une voie intéressante pour certains produits et certaines filières, notamment la vente directe des exploitants. Ca mérite un débat serein et non de monter sur ses grands chevaux.

      • Ah, et le rasoir à X lames perso je trouve que c’est effectivement de l’arnaque, il ne rase pas mieux que mon 2 lames d’il y 15 ans (pour lequel j’ai le plus grand mal à trouver des lames) mais le prix a augmenté de manière exponentielle par rapport au nombre de lames. Si ça marche, je crois que c’est surtout que la sensibilité de la peau des hommes s’est accrue. Ca doit être à force de lire des magazines féminins pour mecs.

  • Hello !
    Je suis au 3/4 d’accord avec les affirmation faites.

    Par contre, Je connais une quinzaine d’exploitants bio qui touchent pas un cent de subventions car trop petits pour pouvoir en percevoir. Et dans le même rayon (en kilométres) j’en connais 2 qui en touchent, ils ont des hectares de terres qu’ils n’exploitent pas (facile je suis en limite zone montagne au moins ils ont du bois pour ce chauffer).
    Donc ne mettons pas tout le monde dans le même sac.

    Sinon, le goût c’est parfois décevant en effet, par contre qui peut me dire quel est le goût d’une vraie tomate ou d’une vraie fraise. Il ne faut pas oublier que notre goût a été formé depuis notre plus jeune âge donc on se base sur des critères totalement subjectif.

    Le prix, oui, c’est cher même trop cher d’ailleurs que ce passera-t-il si un jour l’alimentation passe en tout bio ? Les prix vont baissés ? Ou c’est la quantité de personnes décharnées qui va augmenter ?
    Et pourtant, autour de moi, ils travaillent pour que les prix restent correct par rapport à notre position géographique et au décalage climatique (nous avons presque un mois de retard par rapport à la plaine), aux prix pratiqués à la « grande ville » voisine.

    L’outil marketing, et bien ça me gonfle au plus haut point de voir bio-ci, bio-ça, et le bio industriel c’est pour moi un moyen de tuer le bio et de s’en mettre plein les poches.
    C’est tellement bien le bio, que l’on peut retrouver des carcasses de porc pourries dans des terrines, des élevages infectes, et qui circulent en toutes légalités. Heu, au fait le gars avait fait de fausses attestations Ecocert, pour vendre ça merde (dixit un reportage vu sur la 5 il y a plus d’un an). En même temps qui se souvient qu’une grande marque d’huile avait mélangé par erreur (c’est jamais sciemment de l’huile de friture avec de l’huile de vidange, et ça aussi c’était vendu en grande surface (peut-être pas en France je m’en souvient plus mais quand même !).

    Et puis les extrémistes sont de tous bords, j’en connais aussi dans le bio qui me gonflent bien aussi avec leurs prêchis-prêchas à deux sous c’est pas pour autant que le reste des chosent qu’ils racontent ne sont pas intéressantes.
    [troll : off]

    • Bien d’accord, au niveau industriel il y a les fraudes aux certifications et puis il y a les vraies arnaques légales. Une enseigne discount bien connue s’est ainsi lancée depuis quelques années dans la vente de produits bios (biscuits, céréales etc.) à prix très concurrentiels pour une raison très simple: l’huile de tournesol non-bio y a été remplacée par de l’huile de palme (bio, mais ça nous fait une belle jambe -pardon, de beaux artères). Et puis il y aussi ces horripilants légumes bio sous triple blister plastique expédiés par avion depuis l’autre bout de la planète.

  • C’est intéressant de voir qu’il y a un livre qui nous dit autre chose que : « Tout ce que vous mangez (sous-entendu l’alimentation ordinaire) est mauvais ». C’est bien si un bouquin nous en dit davantage sur le bio qu’on nous montre comme « la grande solution » face à la soi-disante apocalypse alimentaire. Un peu plus d’infos sur le bio est bienvenu.

    +++ « le bio a en effet longtemps été l’apanage des milieux agrariens réactionnaires et hygiénistes dans les années trente, des adeptes de « la terre qui ne ment pas » dans les années quarante, puis du poujadisme dans les années cinquante. » Elle est bonne celle-là ! Je ne sais pas si les mouvements écologistes vont s’en remettre !

  • Ok, les tout petits producteurs genre 1ha de terre et labourer avec des ânes ne touchent pas de subventions… mais bcp de fermiers passent en bios, touchent bcp plus de primes que les producteurs conventionnels et maintenant raisonnés… ils ne savent pas vendre en filière bio et innondent alors la filière conventionnelle avec leurs produits sur-subventionnés… c’est dingue mais habituel….

  • Les commentaires sont fermés.

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