L’économie au service de qui ?

L’opposition entre « travailleurs » et « capitalistes » esrt d’ordre rhétorique et non pas logique

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L’économie au service de qui ?

Publié le 23 mars 2011
- A +

Qu’est-ce que l’homme ?Qu’est ce que le Droit naturel ?La vie en société fonde-t-elle des droits innés ?Comment passe-t-on de la prédation à l’échange ?Quels sont les principes d’un droit humain ?Qu’est ce qu’une économie de services mutuels ?L’économie n’est-elle pas le champ de bataille des intérêts ?L’homme est-il captif des phénomènes économiques ?

Par Raoul Audouin

À l’ancienne vision de la vulgate marxiste, qui opposait les « capitalistes » et les « travailleurs », s’est substituée une vision où l’économie est accusée de ne fonctionner que pour elle-même, en fonction de sa propre rationalité. Cette conception n’est pas plus justifiée que la précédente. Pour s’en dégager, il suffit de reprendre la définition des facteurs de production, héritée des physiocrates.

Leur trinôme — terre, capital, travail — reflète l’économie encore agraire pour l’essentiel, au milieu du 18e siècle. La « terre » est vue comme le substrat, tant minéral (matière) que végétal (vie), que l’homme peut améliorer mais qu’il ne crée pas. Le « capital », c’est le cheptel (force motrice), les outils et les provisions — y compris la monnaie — nécessaires pour attendre la récolte suivante ; laquelle fournira les denrées (pouvoir d’achat réel) et les semences (réinvestissement). Aujourd’hui comme alors, le capital est du travail antérieurement immobilisé dans des moyens de production, lesquels n’ont pu être créés qu’au moyen d’une épargne, c’est-à-dire en renonçant à une part de la consommation possible.

(Illustration René Le Honzec)

 L’analyse classique, toujours valable, doit être généra­lisée en fonction de la réalité plus complexe de l’économie industrielle. On peut la résumer sous forme d’équation : P = R + (T x M)

Production égale Ressources plus Travail multiplié par Machine

Il convient de noter que, dans cette formule, le mot « machines » est chargé de la fonction de coefficient. On ne peut en effet augmenter rapidement, ni la masse des ressources brutes sur lesquelles s’exerce le travail humain, ni ce travail lui-même. En revanche, lorsque le travail est équipé de façon à utiliser l’énergie, son efficacité est multipliée. C’est le secret de la productivité.

Quant au mot capital, il désigne trois formes de richesses lorsqu’elles interviennent dans la production. D’abord les ressources que sont le sol, les bâtiments, les sources d’énergie, les matières premières… Ensuite, les réserves financières, constituées des encaisses et des créances ; enfin, les équipements mécaniques. À propre­ment parler, ne sont « capitalistes » que les propriétaires des ressources et des réserves. Mais celles-ci ne devien­nent productives industriellement que lorsqu’elles sont investies.

Or, à partir du moment où elles le sont, ces richesses ne sont plus commandées par leur propriétaire, mais par leur utilisateur, qui en cette qualité, est un travailleur d’un genre particulier : l’entrepreneur.

Par conséquent, l’opposition entre « travailleurs » et « capitalistes », qui régna si longtemps et qui menace sans cesse de resurgir, était d’ordre rhétorique et non pas logique. Ce n’est pas elle, en tout cas, qui peut définir deux formules distinctes de l’économie industrielle moderne. Celle-ci, par la force des choses, est fondamentalement une économie d’entreprise. L’économie contemporaine est partout fondée sur du capital, des machines, et de la main-d’œuvre dirigée par des dépositaires de la fonction de commander un cycle de production.

La différence des régimes réside dans le mode d’accession à la direction des entreprises, et pas ailleurs. En économie de marché, ce sont les consommateurs qui décident (même si c’est par un suffrage très indirect !) sinon ce sont les détenteurs du pouvoir politique.

(À suivre : Peut-on déterminer un juste prix ?)

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • Et c’est qui qui s’arroge le droit de fixer le nombre de licences ? Et ne me dites pas que vous ne trouvez pas ça abusif, ce coup là.

    • Et qui s’arroge le droit de fixer le « prix » de ces licences, « prix » qui n’est rien d’autre qu’une taxe anticipée sur l’activité que rien ne justifie ?

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L’âge de la retraite semble avoir beaucoup d’intérêt pour les candidats, il n’en a pratiquement pas pour les retraités actuels et futurs.

Certes l’âge de la retraite est désormais au cœur de la campagne électorale. Dans son allocution de lundi soir le Premier ministre a annoncé non seulement son soutien inconditionnel au candidat Macron (ce qui était surprenant et courageux) mais aussi sa certitude que les tout premiers jours du nouveau président (« reconduit » a-t-il dit avant de corriger pour « réélu ») seraient consacrés à la réform... Poursuivre la lecture

Par Philbert Carbon. Un article de l'IREF Europe

La « grande démission » n’arrête pas de faire couler de l’encre. Dans Les Échos du 8 septembre, Jean-Marc Vittori, s’appuyant sur les données de la Dares (ministère du Travail), affirme qu’un million de Français ont abandonné leur CDI en six mois, « 20 % de plus qu’avant l’épidémie ».

 

« Attention, vos salariés deviennent des mercenaires »

Reprenant les propos des chercheurs de la Dares, Vittori souligne que ce taux de démission « est élevé mais pas inédit ». Rien qu’... Poursuivre la lecture

5
Sauvegarder cet article

Le Secrétaire national du Parti communiste français (PCF) Fabien Roussel a clairement décidé de jouer les trublions au sein de la toute nouvelle toute fragile union de la gauche. On savait déjà qu’il n’hésitait pas à se moquer des obsessions écoféministes hallucinées de Sandrine Rousseau, s’affichant volontiers en train de savourer un splendide steak grillé ou lui rétorquant récemment à propos de la polémique sur le virilisme coupable du barbecue qu’il n’avait que faire des discours sur « le sexe des escalopes » !

Comme si une telle hé... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles