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Sarah Palin s’attaque à la Fed !

Publié le 10 novembre 2010
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Traduction par Bernard Martoïa d’un article paru dans le Wall Street Journal du 8 novembre 2010

Sarah Palin s’attaque à la Fed ! par Sudeep Reddy

Plongeant dans un débat politique majeur une semaine après les élections à mi-mandat présidentiel, Sarah Palin s’est attaquée, lundi, à la Fed et a appelé le président Ben Bernanke à « arrêter » son programme d’achat de bons du Trésor visant à stimuler l’économie.

S’exprimant lors d’une conférence de presse à la chambre de commerce de Phoenix, le potentiel candidat à la présidentielle 2012 et la favorite du Tea Party, s’est dite « profondément préoccupée » par le rachat des obligations du gouvernement par la banque centrale. Mme Palin a déclaré : « c’est loin d’être certain que cela va marcher » et elle a laissé entendre que ce programme était une source d’inflation.

Sarah Palin se dit profondément inquiète du plan de la Fed d’acheter 600 milliards de dollars d’obligations américaines pour relancer l’économie. Alan Murray, Jerry Seib et Jon Hilsenrath ont expliqué pourquoi la Réserve fédérale est entrée dans l’arène politique.

Ces remarques exprimées, lundi, où Mme Palin donne son opinion sur un sujet complexe, suivent les critiques de Karl Rove, le stratège politique du parti républicain, qui a mis en doute sa capacité de gouverner après son apparition dans une émission de télé-réalité sur l’environnement en Alaska. D’autres républicains ont dit qu’elle aurait à répondre d’avoir quitté, à mi-mandat, son poste de gouverneur de l’Alaska.

Mme Palin a clairement fait savoir qu’elle a l’intention de se forger un profil politique en dehors de son image de célébrité. Au cours de l’été, elle a utilisé sa page Facebook pour commencer à se positionner sur des questions de politique étrangère. Lors de la parution dernière d’un magazine politique, elle a mis en garde les conservateurs de ne pas se compromettre avec M. Obama sur les dépenses. « Le GOP (Grand Old Party) subira le même sort que les whigs », a-t-elle indiqué.

La Fed a déclaré, la semaine dernière, son intention de racheter 600 milliards de dollars de bons du Trésor au cours des huit prochains mois, dans un effort pour abaisser le taux de chômage qui est actuellement à 9,6%, et pour empêcher que l’inflation, qui est inférieure à l’objectif de la banque centrale, ne se transforme en déflation. Les autorités étrangères ont critiqué cette initiative qui affaiblit le dollar et menace leurs propres économies par l’entrée de capitaux spéculatifs.

« Quand l’Allemagne, un pays qui en sait quelque chose sur le danger que représente l’inflation, nous avertit de réfléchir à nouveau, il est peut-être temps que le président Bernanke s’abstienne », a déclaré Mme Palin. « Nous ne voulons pas d’une croissance temporaire et artificielle achetée au prix d’une inflation durablement plus élevée qui diminuerait la valeur de nos revenus et de notre épargne. »

Les politiciens américains évitent, en général, de critiquer la Fed, en particulier sa politique monétaire, afin de maintenir son indépendance. Mais plusieurs législateurs républicains, ont attaqué , la semaine dernière, la décision de la Fed d’engager une nouvelle série de rachats d’obligations, connue sous le nom de code d’assouplissement quantitatif deux (QE2)

Les remarques de Mme Palin sont les plus acerbes de la part d’une personnalité politique. Elles font écho à des économistes de gauche ou de droite qui mettent en doute l’efficacité de la politique monétaire de M. Bernanke.

Le discours de Mme Palin intervient moins d’une semaine après les élections à mi-mandat présidentiel où de nombreux candidats, qu’elle a soutenus, ont gagné des courses clés et ont aidé le parti républicain à conquérir la majorité à la Chambre, bien que plusieurs d’entre eux, qui semblaient avoir une grande envergure, ont été défaits. Le discours de Phoenix (1) est un tournant sur une question majeure de politique monétaire qui divise la nation : la valeur du dollar et la façon de stimuler l’économie des États-Unis.

D’autres pays ont attaqué la Fed d’agir à quelques jours seulement d’un sommet international qui se tiendra en Corée du Sud. Le président Barack Obama a effectivement défendu la banque centrale américaine lors d’une conférence de presse à New Delhi, en notant que la croissance économique américaine est « bonne pour le monde dans son ensemble. » (2)

(1) Phoenix est le fief de John McCain, le sénateur de l’Arizona, qui a eu très chaud lors de la primaire en juin. Son adversaire du Tea Party l’a poussé dans ses retranchements. McCain est à la remorque de sa colistière. C’est peut être aussi çà le tournant politique de l’année 2010.

(2) La remarque de Barack Hussein Obama est une allusion à la phrase célèbre de Charlie Wilson, le président de General Motors, exprimée en 1955 : « Ce qui est bon pour la General Motors est bon pour l’Amérique. » Obama aurait mieux fait de se taire car ce qui est mauvais pour l’Amérique (la planche à billet) l’est aussi pour le reste du monde.

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  • D'accord pour adopter un ton neutre mais il faudrait franchement que cesse cette comédie au sujet de l'indépendance des banques centrales. En vertu de quoi une institution dont les membres sont rémunérés et choisis par le gouvernement et agissent directement en faveur ou en défaveur de celui-ci et des banques membres est-elle qualifiable "d'indépendante" ? Comment le pourrait-elle ? Dans quel monde fantasmé par les keynésiens et monétaristes de tout poil cela serait-il possible ?

  • Les commentaires sont fermés.

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