Cette sécurité sociale que le monde nous envie

Publié Par h16, le dans Édito

La situation économique en France est décidément de plus en plus tendue. Et pendant que le petit Pépère du peuple achève son périple dans les eaux agitées du Pacifique, que son gouvernement, de maladresses en approximations, se fait pilonner par une majorité outrée, tout semble aller au pire et le moral des Français dégringole. Allons. Franchement. Ressaisissons-nous ! Il y a pourtant au moins une bonne raison de nous réjouir : notre système de sécurité sociale que le monde entier nous envie, évidemment !

Et notre système actuel de sécurité sociale, c’est vraiment tout un poème.

jesus vs socialistsLongtemps, ce système d’assurance collectiviste a été habilement confondu avec le système de soins français, longtemps parmi les meilleurs du monde mais qui, après des années d’errements et de budgétisations hasardeuses, n’est plus que l’ombre de lui-même : urgences désorganisées, déficits réguliers comblés à la petite semaine par des expédients, médecins démotivés corvéables à merci et devenus de véritables fonctionnaires d’un système orwellien, patients devenus la dernière roue d’un carrosse qu’on peine à sortir de l’ornière, tout est rassemblé pour que l’assurance santé française se transforme en une délicieuse aventure pleine de rebondissements.

Des rebondissements, il y en a, régulièrement, à tel point que ces colonnes n’ont aucun mal à en trouver pour alimenter la chronique. Et sans ça, on ne saurait vraiment pas quoi trouver à reprocher à ce système que le monde nous envie donc tant.

Ainsi, sans ce génial système de sécurité sociale collectivisé à outrance, qui serait là pour ruiner des parents ? Par exemple, quel système, sinon un organisme collectiviste tentaculaire, mal géré et kafkaïen en essence, prétendrait s’occuper de tout le monde et assurer chacun contre les accidents de la vie tout en laissant sur le bas côté, avec une décontraction assez inouïe, un nourrisson atteint d’une maladie de longue durée ? Histoire rocambolesque dans laquelle le même nourrisson, eut-il été soigné à Paris, aurait été entièrement couvert mais traité à Nantes, parmi les gueux provinciaux, se voit adressé une facture de 9000 euros.

Ainsi, sans ce superbe système collectiviste où tout le monde cotise à fonds perdus pour une caste de privilégiés toujours moins nombreuse, qui finirait en retraite avec 1.07 euros par mois ? Quel système de retraite, sinon celui que le monde nous envie, pourrait ainsi se permettre de ponctionner chaque cotisant de centaines d’euros tous les mois pour ne leur donner qu’un euro en retour, une fois la retraite arrivée ? Heureusement, le plus scandaleux des organismes de sécurité sociale, le Régime Social des Indépendants, le RSI, relève très facilement le défi.

Ainsi, sans ce magnifique système collectiviste qui prétend à l’égalité de traitement, qui pourrait se permettre des traitements très différents entre les salariés, les commerçants et les professions libérales ? Qui pourrait d’un côté nous tympaniser d’une solidarité étendue, effective et chevillée au corps de ces organismes et de l’autre écrabouiller certains de ponctions de plus en plus iniques, pour des services en retour toujours plus mauvais voire inexistants, au point de les pousser au suicide ?

URSSafAinsi, sans ce formidable système collectiviste qui en est réduit à fliquer les entreprises pour éviter leur fuite désespérée d’une ponction toujours plus grande, qui aurait l’idée d’introduire des cartes professionnelles toujours plus farfelues (maintenant, c’est le bâtiment !) pour bien compter le cheptel ? Si l’URSSAF n’était pas là, qui s’occuperait de faire grossir les coûts de main-d’oeuvre dans des proportions invraisemblables ? Et s’il n’était pas là, combien d’entreprises, soudainement capables de payer une main-d’oeuvre pour un travail donné, soudainement plus encombrées de paperasseries idiotes, de formulaires débiles et de petites cartes professionnelles plastifiées à faire renouveler régulièrement, pourraient alors embaucher et inverser (enfin) la courbe du chômage ?

la secu te taxe

Et ainsi, surtout, sans notre magnifique système de sécurité sociale que le monde nous envie, comment Frédéric Lefebvre ferait parler de lui ?

Il faut dire qu’il a un boulevard devant lui avec un tel sujet, et que les primaires des Républicains s’annoncent bientôt. Autant trouver un bon angle d’attaque, et tant qu’à faire une récupération politique évidente, au moins, la proposition qu’il fait n’est pas l’énième nuage de fumée qui consiste à se proposer ingénument comme médiateur en promettant d’améliorer le système.

En effet, prenant fait et cause contre le Régime Social des Indépendants, le politicien semble vouloir remettre en question l’affiliation automatique à ce régime pour les indépendants et, plus iconoclaste dans un pays où la solidarité n’est pas autre chose qu’obligatoire, totale et sans retour arrière possible, il veut leur permettre de choisir librement leur régime de protection sociale. Dans une pétition adressée au gouvernement, le voilà qui écrit hardiment :

« Pour faire face aux problèmes récurrents des petites entreprises face au RSI , soutenez qu’elles bénéficient pour l’avenir de la liberté d’affiliation au régime de leur choix »

Oh. Voilà qui décoiffe quelque peu de la part de l’auteur d’un Zadig et Voltaire devenu culte : demander ainsi que les indépendants et les commerçant puissent librement choisir leur affiliation, c’est osé. Et s’il propose cette liberté en donnant l’exemple d’indépendants qui pourraient alors choisir de s’inscrire à la sécurité sociale des salariés, il évoque aussi la possibilité pour eux de choisir une assurance étrangère.

Autrement dit, le député Lefebvre vient de se prononcer, de façon indirecte mais sans aucun doute possible, pour une vraie liberté d’inscription à une assurance santé, et pas forcément dans le giron de notre étouffant système de sécurité collectiviste que le monde nous envie mais se garde bien de nous copier. C’est suffisamment remarquable pour le noter, voire en parler et relayer aussi bruyamment que possible son initiative.

Malheureusement, il ne faut pas se leurrer. En termes de coups médiatiques, le politicien n’en est pas à son premier essai et cette initiative a tout d’une tentative d’amener à lui les désabusés du désastre actuel qu’est devenu le RSI et, plus largement, la sécurité sociale. S’il peut peut-être se faire entendre pendant cette période des primaires, son manque de parrainages mettra bien vite fin à son exposition médiatique.

Et outre cet écueil d’appareil politique dans lequel il joue le modeste rôle d’un petit trublion, il reste celui, bien plus gros, de l’écueil social que représente l’attaque frontale de la sécurité sociale. Même si, chaque jour qui passe, les appels de cotisations délirants, les dossiers perdus, les paperasseries débiles, les courriers iniques ou tout simplement grotesques, les envois d’huissiers, même si tous ces éléments provoquent chaque jour des faillites et du chômage, même si des commerces ferment directement à cause de l’incurie du RSI ou de l’incompétence de ses services, même si des individus mettent fin à leurs jours de n’avoir jamais pu trouver de solutions aux problèmes kafkaïens que la Sécu provoque régulièrement, les Français ne voudront jamais entendre que ce système est, de la base au sommet, de long en large et de droite à gauche, complètement pourri, vermoulu sous des années de gabegies, d’incompétences, de mauvaise gestion paritaire et de compromis boiteux.

Sécurité sociale

Le système de Sécurité Sociale à la française n’a plus rien d’un système répondant à des lois : ce n’est plus qu’un État dans l’État, qui répond exclusivement à son propre besoin de rester en vie, en pompant sans cesse sur des cotisants captifs pour ses besoins toujours plus grands. Dès lors, tout changement drastique ne pourra pas venir de lui.

Sauf à le mettre à bas, définitivement, il perdurera. Quitte à tuer son hôte.
—-
Sur le web

  1. Ayant été atteint d’une maladie très gênante (incapacité de mener une vie normale), je peux confirmer de l’inutilité de la sécurité sociale. Non seulement ça m’a coûté cher après les maigres remboursements, mais l’organisation de la sécurité sociale a fait que j’ai été soigné beaucoup plus lentement et ai du coup plus de séquelles.

    Avec un système comme celui de l’Angleterre je serai probablement mort.

    1. @aaaaaaaaa

      Ouiiii jeeeee comprendssssssssss
      __________
      Blague à part, vous faites un sophisme, personne ne dit que le système anglais est mieux que le français.
      A l’origine de cette légende urbaine il y avait la réforme de Thatcher en 1991 qui a donné l’impression de faire une médecine de riches et une médecine de pauvres. Mais on ne change pas un système avec des sous-investissements en 5 ou 6 ans. En effet le changement de majorité (en 1997, 5 ans après donc) avec Tony Blair a mis à bas les réformes démarrées et les anglais ont encore une fois augmenté les cotisations avec un système encore plus étatisé qu’avant.

      1. La médiocrité du système de santé anglais datent de bien avant Tatcher tout le monde s’accorde là dessus (sauf les ignorants qui accusent Tatcher de tous les maux).
        En vérité, c’est depuis la nationalisation du système de santé anglais qu’il est aussi médiocre.
        Tatcher n’a justement pas réformé le système de santé, elle n’a pas eu le temps de le réformer et c’est bien malheureux

        1. C’est qu’est ce que je dis !

    2. Vous voulez dire qu’en Angleterre, les gens meurent, faute de soins ? Par pitié, epargnez nous ce sophisme qui affirme qu’il est impossible de se soigner correctement hors de France !

      1. Il n’a pas tort, la médiocrité du système de santé anglais augmente le taux de criminalité. Si le système anglais était moins médiocre, moins de gens mourraient.
        L’exemple anglais montre juste à quel point l’étatisation du système de santé est une catastrophe.
        Le système de santé anglais est l’un des système de santé les plus étatisés en Europe (encore plus qu’en France)

        1. Vous présupposez qu’un mort par manque de soin est un crime.
          On connaissait les crimes sans victime, vous venez d’inventer les crimes sans responsable.

    3. Et en Suisse?

      1. En Suisse: l’assurance maladie obligatoire de base (Lamal) comprend des franchises différentes et donc la prime en conséquence. Les assureurs sont nombreux et chacun affiche des primes différentes. L’assuré est libre de choisir l’assurance qu’il veut et peut en changer. Contrairement à la France, chaque personne s’assure, par exemple un couple avec 2 enfants paie 4 primes. Les complémentaires ne sont pas obligatoires.
        http://www.assurance-info.ch/assurance-maladie-base-lamal/

        1. En Suisse, j’y vis, nous avons cependant un gros problème. Avant 1996 l’assurance maladie était complètement privée. Depuis, nous avons semi-étatisé. Certes il y a de multiples assurances et l’individu choisi, mais les prix sont contrôlé, l’individu est obligé de s’assurer, etc.

          Résultat: cela devient de pire en pire, et les politiciens comme les électeurs vont vers plus d’état, étape par étape. La dernière en date: nous avons des franchises de 300 à 2500 francs, montant que l’assuré sort de sa poche pour ses soins avant d’être remboursé. Plus la franchise est haute, moins coûte la cotisation.

          Comme la gauche se plaint que seuls les gros revenus prennent de grosses franchises, ils veulent les supprimer. Résultat garanti: avec une petite franchise tout le monde surconsommera. D’une part parce que la consommation personnelle sera plus rapidement gratuite si la franchise est basse, d’autre part parce que la cotisation étant plus élevée, les gens auront l’impression de devoir en recevoir plus pour leur argent.

          Ils ont déjà essayé aussi de supprimer la multitude d’assureurs avec l’introduction d’une caisse unique, bien sur étatique.

          Grosso modo, nous suivons le même chemin que la France, juste avec 30 ou 40 ans de retard (d’avance?) mais nous suivons le même chemin, celui du tout à l’état.

          Et oui, que voulez-vous, nous aussi nous avons des socialistes.

    4. Le NHS est encore plus un leviathan que la sécu française. Effectivement vous auriez eu encore plus de problème en Angleterre, parce que l’administration y est encore plus lourde.

      1. Je ne suis pas sûr que ça vous rassure mais MST est en train de mettre en place un système assez proche du NHS, mais avec sécu et mutuelle obligatoires pour tous.

        1. Avec mutuelles, sur-mutuelles, sur-sur-mutuelles, … il faut que tout le monde en croque pour cette lobbyiste patentée.

    5. Le système anglais est mauvais car il est encore plus étatisé qu’en France. Les médecins anglais sont des fonctionnaires. Le NHS n’a malheureusement pas été réformé par Tatcher car elle n’en a pu le temps.
      La GB est un pays plus libéral que la France sauf pour ce qui est du système de santé où la GB est plus socialiste.

      http://blogs.telegraph.co.uk/news/danielhannan/100110930/britain-is-a-remarkably-dangerous-place-to-fall-ill/

    6. Cameron a fait une réformette du NHS qui consistait juste à donner plus de responsabilités aux médecins traitants et à donner plus d’indépendance du NHS envers le pouvoir politique. Pourtant, les débats ont été longs (plus de 14 mois) et houleux.
      Le NHS, selon le mot de l’ancien chancelier de l’Échiquier, Nigel Lawson, est l’équivalent d’une religion nationale. Y toucher soulève immédiatement les passions

  2. Comme les  » 35 heures  » personne ne l’a copié

    1. Tout le monde voudrait mais ils n’ont pas le talent!

  3. Ce sont des signes prometteurs. Même s’il ne s’agit que d’attirer quelques voix, il y a quelques années, cela aurait fait perdre plus probablement. Et si indépendants obtenaient cette liberté, ne serait-ce pas une brèche dans le système? Espérons.

    Belle conclusion, effrayante!

  4. Bastiat avait vu venir tous les problèmes. Voici ce qu’il dit au sujet des sociétés de secours mutuels:
    « Que sera devenue la moralité de l’institution quand sa caisse sera alimentée par l’impôt; quand nul, si ce n’est quelque bureaucrate, n’aura intérêt à défendre le fonds commun; quand chacun, au lieu de se faire un devoir de prévenir les abus, se fera un plaisir de les favoriser; quand aura cessé toute surveillance mutuelle, et que feindre une maladie ne sera autre chose que jouer un bon tour au gouvernement? Le gouvernement, il faut lui rendre cette justice, est enclin à se défendre; mais, ne pouvant plus compter sur l’action privée, il faudra bien qu’il y substitue l’action officielle. Il nommera des vérificateurs, des contrôleurs, des inspecteurs. On verra des formalités sans nombre s’interposer entre les besoins et les secours. Bref, une admirable institution sera, dès sa naissance, transformée en une branche de la police.

    L’Etat n’apercevra d’abord que l’avantage d’augmenter la tourbe de ses créatures, de multiplier le nombre des places à donner, d’étendre son patronage et son influence électorale. Il ne remarquera pas qu’en s’arrogeant une nouvelle attribution, il vient d’assumer sur lui une responsabilité nouvelle, et j’ose dire, une responsabilité effrayante. Car bientôt, qu’arrivera-t-il? Les ouvriers ne verront plus dans la caisse commune une propriété qu’ils administrent, qu’ils alimentent, et dont les limites bornent leurs droits. Peu à peu, ils s’accoutumeront à regarder le secours en cas de maladie ou de chômage, non comme provenant d’un fonds limité préparé par leur propre prévoyance, mais comme une dette de la Société. Ils n’admettront pas pour elle l’impossibilité de payer, et ne seront jamais contents des répartitions. L’Etat se verra contraint de demander sans cesse des subventions au budget. Là, rencontrant l’opposition des commissions des finances, il se trouvera engagé dans des difficultés inextricables. Les abus iront toujours croissant, et on en reculera le redressement d’année en année, comme c’est l’usage, jusqu’à ce que vienne le jour d’une explosion. Mais alors on s’apercevra qu’on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d’avoir perdu jusqu’à la notion du Droit, de la Propriété, de la Liberté et de la Justice. »

    1. Quand je lis Bastiat, je me demande si ce mec n’a pas triché en faisant un voyage dans le temps tellement il décrit bien la situation actuelle.

      1. Oui c’est saisissant d’actualité. Et en plus c’est très bien écrit. La clairvoyance + le talent, c’est beau 🙂

        Bastiat n’est pas le seul à avoir prévu l’évolution de la société. Je viens de finir « La Grève » d’Ayn Rand (1953) et certains passages sont étonnants d’actualité. Un exemple parmi beaucoup d’autres:

        Vous me dites que le fort produit de l’argent au détriment du faible, n’est-ce pas ? Mais de quelle force s’agit-il ? Ce n’est pas celle des armes ni des muscles. Ce qui produit de la richesse, c’est la capacité de l’homme à penser. Pour autant, l’inventeur du moteur gagne-t-il de l’argent au détriment de ceux qui ne l’ont pas inventé ? Est-ce que l’homme doué d’intelligence gagne de l’argent au détriment des sots ? Le capable au détriment de l’incompétent ? L’ambitieux au détriment du paresseux ? Quand il est n’est pas détourné ou pillé, l’argent est le fruit des efforts de tout homme honnête, chacun dans la limite de ses capacités. L’homme honnête sait qu’il ne peut pas consommer plus qu’il n’a produit.

        1. Vous venez de rappeler le credo de tout bon socialiste …

      2. Vous connaissez l’effet Mandela ?

    2. Le passage est extrait de quel texte?

      1. « Les harmonies économiques » sauf erreur de ma part.

      2. Du chapitre sur les salaires dans les Harmonies Économiques.

        Outre ce passage, son exposé sur les rapports de services à services que se rendent les salariés, les entrepreneurs et les capitalistes est d’une clarté difficilement égalable. 🙂

  5. La sécu est en effet un état dans l’état, cumulant les 3 pouvoirs : pouvoir législatif et exécutif avec le code de la sécurité social et le pouvoir judiciaire avec les tribunaux des affaires sociales.

    1. Plus exactement, le seul système dans lequel le plaignant, le juge et le bénéficiaire sont la même personne.

  6. la dernière phrase est la définition du parasite.

    1. Le mauvais parasite! Le bon sait qu’il doit laisser en vie son hôte….

      1. La stratégie « gagnante » des virus est de ne pas tuer son hôte AVANT qu’il ait eu le temps de contaminer d’autres hôtes.

        Il est donc extrêmement important pour le virus que le monde nous envie.

  7. En France, on est quand même assez bien soigné quand on bénéficie de la Sécu et quand on choisit avec un peu de discernement, l’hôpital ne coûte pas très cher, les soins sont quand même de qualité, mais bien sûr quand c’est presque gratuit il est de bon ton de se plaindre.
    Le vrai problème est que pour assurer 60 € de soins, l’état pompe 100 € au contribuable qui n’a pas le choix, et encore, selon ses revenus, donc certains payent peu ou pas et d’autres beaucoup, ce qui déresponsabilise bien des bénéficiaires. Le reste se perd en gabegie, gaspillages, corruption et favoritismes divers. Mais peu de gens réalisent que ce rendement est aussi désastreux, ils ne le perçoivent que lors d’un examen inutile ou d’une ordonnance trop généreuse, sans voir toutes les autres sources de pertes. Si la Sécu était bien et honnêtement gérée, sans participation de syndicats pourris, alors peut-être que notre système serait un modèle enviable.

    1. Ne pas confondre impression de gratuité et impression de qualité.
      Tout d’abord, être affilié à la SS n’est plus suffisant. Il faut une mutuelle pour couvrir la totalité des soins et bientôt une sur-mutuelle, l’obligation faite à l’employeur de payer une mutuelle à ses salariés conduisant quasi-automatiquement l’employeur à choisir une mutuelle bon marché (donc médiocre en offres de remboursement). Cela va dans le sens du gaspillage dont vous parlez sans amélioration de la qualité des soins.
      Ensuite, question qualité du système de santé, si la France était en n°1 sur le rapport de l’OMS en 2000, elle oscille entre la 8è et 9è place actuellement selon les critères choisis. Il y a donc une dégradation. Mais qui s’en rend réellement compte? Le traitement qu’on vous propose à l’hôpital ou ailleurs en France, est-il le meilleur ou plutôt celui choisi par nos administratifs car financièrement « acceptable » par le système… la SS est un système égalitariste: tout le monde au même régime. La rigidité est telle que même si vous souhaitez avoir le meilleur soin et que vous êtes près à payer de votre poche (ex: un modèle de prothèse de hanche haut de gamme à 10-20000E) ce sera très difficile même dans une clinique privée, cette dernière étant payée au forfait pour un acte chirurgical (forfait incluant le montant de la prothèse). Seule solution pour certains traitements, s’expatrier et payer de sa poche (si vous avez les moyens) . L’essentiel pour nos politiques est que le bon peuple ne s’en aperçoive pas et pense toujours être le mieux soigné du monde.

  8. l’explication la plus simple est parfois la meilleure : si longtemps durant le monde nous a envié ce système, c’est peut-être qu’il ne fonctionnait pas si mal. Et si pour le reste il croule aujourd’hui sous les maux dont un certain nombre sont ici dénoncés c’est aller un peu vite que de les mettre au compte du « collectivisme » : le déficit par exemple ne se porterait que mieux, si l’argent de la Sécu n’était utilisé à alimenter les très-capitalistes bénéfices de l’industrie pharmaceutique…
    Autre exemple, de détournement de fait, dont j’ai été témoin il y a une quinzaine d’années (peu avant le passage à l’euro).
    Une chirurgien dermato de l’hôpital Tarnier m’avait fait un travail de couturière, sans cicatrice aucune, pour une opération d’un point noir sans autre gravité, sur la lèvre : j’estime que 700 NF, prix d’époque et que je cite de mémoire, ce n’était pas cher facturé.
    Mais pour le séjour -ici obligatoire- dans une salle de repos où je suis entré le matin et resorti à 14 heures : la Sécu a été facturée d’environ dix fois plus, 6 ou 7 000 NF !
    Certes la gestion « hotelière » d’un hôpital n’obéit pas aux mêmes règles que celles d’un palace 5***** mais il est certain qu’avec de pareilles pratiques on finit tôt ou tard par exploser le trou de la Sécu et je vois mal ici encore en quoi, à moins de vouloir se faire plaisir en pourfendant le soi-disant « collectivisme », on pourrait incriminer cette notion.

    1. La facturation d’une journée d’hospitalisation est définie par la Sécu elle-même selon des critères très généraux (soins de jour, journée d’hospitalisation en service clinique, journée d’hospitalisation en service de réanimation, …etc) sans aucune modulation selon le geste réellement effectué. Une clinique privée conventionnée est obligée de s’y conformer. Voici les conséquences d’un système dirigiste étatique et collectiviste justement.
      « le déficit par exemple ne se porterait que mieux, si l’argent de la Sécu n’était utilisé à alimenter les très-capitalistes bénéfices de l’industrie pharmaceutique… » Arrêtons la propagande bien gaucho contre l’industrie pharmaceutique bien pratique pour expliquer les misères financières de notre SS. Les médicaments sont globalement peu chers en France. Avez-vous remarqué dans notre pays les problèmes itératifs d’approvisionnement de certains médocs? Les médias généraux en parlent peu voire pas du tout (car politiquement incorrect sans doute). Article de 2014 dans le Quotidien du Médecin sur le sujet: 50% de ces ruptures d’approvisionnement sont dues à des « problèmes logistiques ». En gros, les labos alimentent en priorité les pays payant leurs médocs plus cher. Une connaissance travaillant comme commercial pour un labo me l’a confirmé à demi-mot. Comme 80% des labos produisant les médicaments vendus en France sont basés à l’étranger (contre 20% il y a 30 ans), l’Etat n’a aucun recours mais préfère toujours agiter le drapeau des « méchant labos » et des médicaments « trop chers ». Ça marche toujours. Arrêtons de tomber dans le panneau.

      1. 1) votre amalgame entre étatisme et… collectivisme relève de la confusion mentale, à moins bien sûr de prendre pour collectivisme ce qui n’est que privatisation-des-bénéfices et socialisation-des-pertes.
        2) vous êtes bien seul à nier les fabuleux profits de l’industrie pharmaceutique, même s’ils ne sont qu’une des causes du trou de la Sécu. Mais si c’est faire de la « propagande bien gaucho » que de les rappeler, il ne nous reste plus qu’à tous devenir gauchos (du moins, pour ceux qui ne l’étaient pas déjà à vos yeux) !

        1. La tarification des journées d’hospitalisation en service médical, chirurgical ou autre est décidée par la SS. C’est un système rigide par forfait qui ne permet pas l’application de techniques trop couteuses (ou avec parcimonie, sur des critères économiques donc) et qui n’est pas un reflet exact du service offert (cf certaines hospitalisations en CHU servant à faire de l’occupation de lit sous prétexte de faire quelques examens aux patients, examens qui auraient pu être faits en externe pour un moindre cout). La tarification des actes cliniques et techniques est également décidée par la SS. Cela ne répond en rien aux règles du marché (cad du cout réel de la technique) mais uniquement à l’argent que la SS est prête à donner en fonction du nombre d’actes identiques réalisés en France (le prix étant régulièrement abaissé si la technique en question est de plus en plus utilisée). Cela encourage l’utilisation de techniques ou d’actes avec une forte marge et empêche l’utilisation de techniques sous-évaluée financièrement ou même non remboursées (sauf à demander au patient de payer de sa poche). Nous sommes donc dans un système de santé étatique, dirigiste, mené par une vision égalitariste de la santé pour le bien (évidemment) de la collectivité.
          Il n’y a pas de confusion mentale. Je vous remercie d’ailleurs de cette petite touche de dénigrement de votre contradicteur, dénigrement assez typique de la personne à court d’arguments.
          Par ailleurs, les labos pharmaceutiques font des bénéfices ? Diantre, et alors ? Personne ne le nie. Et des bénéfices fabuleux ? Horreur absolue dans notre bonne République Populaire de France où le bénéfice doit être modéré et de bon aloi (quand il n’est pas absent, ce qui est de plus en plus fréquent). Les gentils labos devraient limiter leurs bénefs pour aider notre bonne SS. Ben voyons ! Mais soit, suivons votre raisonnement : expliquez-nous alors comment font les Pays-Bas et l’Allemagne pour avoir un système de santé plus efficient que la France (Pays-Bas n°1 et Allemagne n°7 en Europe), en équilibre financier (et même bénéficiaire pour l’Allemagne), tout en payant des médocs globalement plus chers que la France ? Ce doit encore être de la « confusion mentale » de ma part selon vos propres termes. Il est vrai que les labos sont d’excellents boucs émissaires pour tous ceux qui ne veulent se poser les bonnes questions, celles qui dérangent…

          1. la seule personne à court d’arguments c’est… vous -et doublement.
            1) votre longue litanie qui commence par « La tarification des journées d’hospitalisation en service médical, chirurgical ou autre est décidée par la SS. C’est un système rigide par forfait qui ne permet pas l’application de techniques trop couteuses (etc.) » ne contredit ni de près ni de loin ce que je rappelais -bien au contraire.
            2) libre à vous d’approuver, et même de glorifier, le fait que les laboratoires pharmaceutiques fassent des bénéfices fabuleux : volià toutefois qui nous éloigne -et en un sens, je m’en réjouis- de votre précédente tentative d’en nier l’existence.

      2. « le déficit par exemple ne se porterait que mieux, si l’argent de la Sécu n’était utilisé à alimenter les très-capitalistes bénéfices de l’industrie pharmaceutique… »
        « Arrêtons la propagande bien gaucho contre l’industrie pharmaceutique bien pratique pour expliquer les misères financières de notre SS. »
        Le fait que la sécu soit une source de profit pour l’industrie pharmaceutique n’a rien d’une propagande gauchiste. Elle est également dénoncée par des sites libéraux :
        http://ordrespontane.blogspot.fr/2012/04/saoulez-vous-citoyens.html

    2. La très capitaliste société pharmaceutique dont vous parlez n’est pas si capitaliste que ça :elle pratique l’étato-capitalisme de connivence. C’est à dire qu’elle demande l’aide de l’état qui lui accorde volontier parce que un et l’autre y trouvent leur compte (font des profits sur le dos des contribuables à travers une sorte de corruption qu’on appelle le lobbying). Pour un libéral cela n’a donc rien à voir avec du capitalisme sur un marché libre non gangrené par l’état.

      1. l’expérience montre que le « marché libre non gangrené par l’Etat » est une vue de l’esprit : et le capitalisme ne devient pas « moins capitaliste » pour autant lorsque soit sous l’effet de la corruption, soit sous le poids de la nécessité il bénéficie de l’aide étatique.

        1. Nous ne disons pas qu’il devient moins capitaliste, nous disons qu’il devient moins libéral.

  9. Sur la face obscure du RSI , un modeste témoignage de gérant d’une holding parallèlement au poste de DG de la société opérationnelle donc salarié et indépendant , le pire des scenario ouvrant la voie à toutes les confusions et aux faits du prince .
    Si le salaire de la fonction opérationnelle SA est bien rester dans l’assiette URSSAF , les avantages en nature ont tous été réintégrés dans l’assiette RSI : caisse chômage dirigeant , assurance décès emprunteur pour l’ acquisition d’immobilier de production …..bref 150000€ versés en 10 ans le temps de sortir de la nasse RSI , deux procédures Tribunal SS gagnées , tout cela pour constater zéro avantage de couverture sociale puisque déjà au régime salarié et une retraite dont l’attestation est encadrée dans mon bureau : 14,97 € / mois , les avantages en nature ne produisant pas de points mais seulement cotisations bien sur ….!
    Méfiance pour les entrepreneurs qui pensent s’en sortir en créant une SAS , elles sont dans le collimateur et un deal URSSAF / RSI vise à réintégrer d’office les SAS à faible capitalisation dans le giron RSI
    Seul scénarii pour l’entrepreneur/ euse, oublier salaire ou indemnité , bénéficier du régime salarié de l’epoux ou de l’épouse ( encore mieux s’il ou elle est fonctionnaire , cotiser volontairement pour la famille sur une bonne mutuelle choisie et vivre de ses dividendes ….

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