L’Humanité veut faire effacer sa dette par voie législative

Publié Par Contrepoints, le dans Médias

huma_staline.jpgLe journal l’Humanité, qui fut longtemps et sans honte l’organe officiel du Parti Communiste Français est, on le sait, à la fois le journal le plus subventionné par numéro, et aussi l’un des plus endetté et probablement le plus près de la faillite.

Heureusement, il ne manque manifestement pas d’appuis dans les plus hautes sphères de l’État puisqu’un amendement vient d’être déposé pour que la dette qu’il a contractée auprès de l’État soit annulée par voie législative. Ce commode effacement de 4 millions d’euros (soit, grosso modo, plus de dix ouvriers payés au SMIC pendant 20 ans) est en effet  le but poursuivi par l’amendement n°410 (au Projet de Loi de Finance Réctificative 2013) qui propose de procéder ainsi :

Les créances détenues sur la Société nouvelle du journal L’Humanité au titre du prêt accordé le 28 mars 2002, réaménagé en 2009 et imputé sur le compte de prêts du Trésor n° 903‑05, sont abandonnées à hauteur de 4 086 710,31 euros en capital. Les intérêts contractuels courus et échus sont également abandonnés.

Autrement dit le contribuable qui paie déjà un lourd tribut de ses impôts pour qu’une presse — qui ne trouve pas de lecteurs et qui accumule déficits sur déficits — continue à survivre, va devoir encore une fois en être de sa poche pour effacer l’ardoise laissée par un journal qui atteint péniblement 50.000 exemplaires journaliers, en chute de plus de 7% sur un an (chiffres OJD). L’abandon de cette créance de 4 millions d’euros se pare bien sûr des oripeaux de la nécessaire pluralité de la presse.

Les raisons invoquées pour l’abandon d’une telle créance seraient cocasses s’il ne s’agissait pas de l’argent de contribuables alors que la crise touche de plein fouet les familles françaises :

Or, la Société nouvelle du journal L’Humanité ne peut faire face au remboursement de sa dette contractée auprès de l’État (prêt du fonds de développement économique et social – FDES), sur le capital et les intérêts, parce que ses résultats financiers sont très faibles et qu’elle ne possède plus d’actifs. Par conséquent, il est nécessaire d’abandonner cette créance détenue par l’État sur cette société.

En somme, l’État abandonne la créance parce que les débiteurs ne peuvent plus payer. Ce qui revient à être très charitable avec l’argent des autres, autres qui n’auront jamais la possibilité d’user d’amendements pour se sortir de passes délicates. On appréciera l’équité de la mesure.

Rappelons que Contrepoints, dont l’audience et la diffusion progressent de mois en mois, ne reçoit aucune subvention publique, ne coûte rien aux contribuables, et participe vraiment de cette pluralité en présentant les trop rares opinions libérales absentes des kiosques. Son fonctionnement est assuré exclusivement par des dons que vous pouvez faire en ligne ici.

  1. Non, ne dites pas 4 millions, même par souci d’arrondi, la créance est bien de 4 086 710,31€.
    Les 86 710,31€ représentent une masse considérable de contribuables ayant payé leurs impôts sur le revenu.

    En aparté, la démarche de Libé est légitimée par les créances des banques que les états ont couverts depuis quelques années, ce sont bien les contribuables qui payent les dérivent d’entreprises privées, non ?

    Remercions Libé de lever ce lièvre, et envoyons paître tout ce joli monde.

    Libé s’ils ne peuvent payer c’est qu’ils ne sont plus viables, en conséquence de quoi ils doivent soit trouver un repreneur, soit déposer le bilan.
    Rien de cruel, juste ce qui est appliqué au quidam moyen qui gère son entreprise, et encore, à celui la on va saisir jusqu’à ses biens si ce n’est ceux de sa famille.

    PS : Je fait mes comptes et normalement il doit rester un peu de cash pour une contribution Contrepoints, je vais même me fendre d’un courrier (si si !) au gouvernement en leur demandant de libérer la (maigre) côte part Libé en faveur de Contrepoints, entendu que ça et un coup d’épée dans l’eau…

    1. Cela ne change rien à la justesse de votre propos, mais notez juste qu’il s’agit ici du journal l’Humanité et non de Libération.

      1. Oups, merci de votre correction, je me suis fourvoyé !

        1. Libé mérite le même sort anyway

  2. Personnellement, dans ces conditions je me contenterais d’un prêt d’un petit million, ce qui fera quand même de substantielles économies pour le contribuable par rapport à ce journal. Dans 10 ans, constant mon incapacité à rembourser on me fait une remise de dette. Sympa !

    Blague à part (quoique…), pour assurer la pluralité de la presse, est-ce que « Minute » bénéficie du même traitement ? Aussi nauséabondes que puissent parfois être leurs « unes » (qui au passage sont de magnifiques coups éditoriaux quand même !), ils participent de la pluralité de la presse et à ce titre sont tout aussi importants que l’Humanité dans le paysage français. Bon, c’est vrai qu’ils n’ont pas été fondés par Jaurès, eux…

  3. Un sentiment complexe m’envahi : honte, rage, désarroi, sentiment d’impunité, incompétence des gouvernants, l’envie de ne pas y croire, l’envie de mettre le feu à l’Huma, l’envie de m’exiler sur une île déserte,… bref, la colère est en moi !

  4. Encore un portique que devraient bruler les Bretons…

    1. Pardon. Pas un, mais 4 au moins (Un portique, c’est 800K€, il me semble).

  5. L’huma : la nausée et les mains sales.

  6. les elections sont prochent et les voix des communistes seront les bienvenues à ce gouvernement qui a mis la France plus bas qu’à terre…juste une requete,comment faire pour que ce gouvernement efface ma dette de 200000€….

  7. L’équivalent de 1333 ans de mes impôts qui partent financer cet ersatz de source d’information, sans compter les subventions versées en amont. J’en ai la nausée.

  8. Il faut inscrire le droit à l’absurde dans la constitution.

  9. Quelles sont les critères pour que l’État Français annule une dette ?
    Quelle est l’instance (sa composition ) chargée d’annuler cette dette ?
    Quand a eu lieu cette délibération ?
    Quel est le communique officiel ?
    Où se trouve le formulaire administratif , afin que des personnes physiques ou morales puissent bénéficier de cette mesure. ?
    Pour la personnes physique, sous astreinte de payer les impôts, elle devra réduire son budget chauffage et alimentaire.
    Pour la personne morale, sous astreinte de payer les charges, elle devra ne plus se verser de salaire.
    L’huissier sera telle la seule réponse de l’État face aux interrogations de ces personnes, afin de saisir les biens acquis le long d’une dure vie de labeur.
    A la tête de l’État Français, ceux qui s’autorisent à penser, respirent, le bonheur n’était pas dans les promesses du candidat à l’élection présidentielle ( sauf erreur de ma part.. ).
    Le bonheur, en France, n’est pas dans ce bas monde, depuis la séparation de l’État et de de l’Eglise, le bonheur ne concerne pas l’État Français.

    1. Un abandon de créance n’est pas une annulation de dette : l’état de dette n’est pas annulé, ce n’est pas un cadeau fait au débiteur. Il s’agit en fait d’ôter des comptes une créance impossible à recouvrir : la garder dans les comptes serait insincère, cela reviendrait à tricher.

      L’abandon de créance est très fréquent, il touche de très nombreux citoyens ou personnes morales, il suffit d’assister à un conseil municipal par exemple pour en être familier. Ce n’est bien sûr pas le débiteur qui demande l’abandon de créance, c’est le gestionnaire qui, constatant l’impossibilité à être remboursé (après l’état de carence établi par l’huissier, etc.), le propose au vote.

      Compte tenu de l’état lamentable financier du journal l’Humanité, l’abandon de créance semble ici tout à fait légitime. Quand un actif est bidon, il faut le sortir des comptes. S’y opposer revient à réclamer que l’État se lance dans des malversations sur ses comptes.

      1. « Un abandon de créance n’est pas une annulation de dette : l’état de dette n’est pas annulé, ce n’est pas un cadeau fait au débiteur. Il s’agit en fait d’ôter des comptes une créance impossible à recouvrir : la garder dans les comptes serait insincère, cela reviendrait à tricher. »

        1+1=3

    2. Eviter d’écrire Etat français avec un « F » majuscule. L’Etat Français était le nom du régime politique de la France de Vichy.

  10. Il serait temps d’arrêter les perfusions de tout ce monde qui est à la botte de notre gouvernement. Ou il finiront de faire éclater la colère des contribuables.

  11. Bonjour,
    http://patrick-le-hyaric.fr/quel-est-le-but-de-cette-campagne-contre-lhumanite/
    Voici un article interessant de la part du directeur de l’humanité qui montre son point de vue. Je vous conseille de le lire avant de critiquer sans arguments valables.
    Vous remerciant,

  12. la distribution réelle de l’huma n’est évidemment pas celle que vous annoncez – l’OJD est un organe bidon. Cela fait des mois que les ventes réelles de Libé plafonnent à VINGT MILLE exemplaires (auxquels s’ajoutent ceux vendus à bas prix à Air France et ceux offerts aux Clubs de gym et autres lieux « culturels ») Quand à l’Huma, ses ventes réelles, hors abonnements institutionnels types CE d’EDF, STIF et mairies communistes, cela tourne autour de quelques milliers.

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