La France en état d’alerte rouge fiscale : cachez vos économies !

Publié Par Thibault Doidy de Kerguelen, le dans Fiscalité

Ça y est, nous avons basculé. Les rentrées fiscales sont en baisse, le déficit s’accroît, la France plonge ! L’état d’alerte fiscale est là.

Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Les « Rap Tout Vampires » du fisc interprétés par les Inconnus

Vous connaissez la courbe de Laffer. Vous savez qu’il arrive un moment où l’augmentation des taux provoque une diminution de la valeur absolue (ce qu’un précédent Président, qui avait retenu la musique mais pas compris les paroles, traduisait par « l’impôt tue l’impôt »).

Les recettes fiscales ne sont pas au rendez vous

Eh bien, il semble que nos ministres (et parlementaires) idéologues soient de nouveau rattrapés par la dure réalité économique ! De janvier à avril 2013, les recettes fiscales nettes de l’État sont quasiment stables par rapport à la même période en 2012. Celles-ci n’augmentent que de 0,5% à 88,364 milliards d’euros sur quatre mois. Or sur l’ensemble de l’année 2013, les encaissements de l’État devraient augmenter de 11,2% à 298,616 milliards d’euros selon le Budget initial fixé par la dernière loi de finances.

On ne tond pas un œuf

Les services de Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé du Budget, reconnaissent une « faiblesse des rentrées fiscales » depuis le début de l’année. Si les recettes d’impôt sur le revenu (IR) sont en forte hausse, de plus de 10%, celles de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) et de la TIPCE (taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers, ex-TIPP) sont en forte baisse. Le manque à gagner par rapport à 2012 se monte à 1,069 milliard d’euros pour la TVA et à 262 millions d’euros pour la taxe sur les carburants. La TVA reste tout de même le principal prélèvement fiscal de l’État. À fin avril, elle rapporte 44,709 milliards d’euros, soit la moitié des recettes fiscales (50,6%).

Qui de sensé peut s’en étonner ? Tout ce que les impôts directs ont ramassé ne circule plus, donc ne crée plus de valeur ajoutée sur laquelle la taxe du même nom devient inefficiente. La fiscalité sur les produits pétroliers rend ceux-ci tellement onéreux que la consommation s’en ressent… au détriment de l’impôt.

La situation risque d’empirer d’ici la fin de l’année

« L’évolution globale des recettes fiscales nettes présente un aléa baissier par rapport aux prévisions présentées dans le programme de stabilité, débattu au Parlement mi-avril », commente-t-on à Bercy. Autrement dit, le risque de dérapage est plus grand que la probabilité d’une bonne surprise. Bercy, avec son langage codé prévient que les prévisions de recettes d’ici à la fin de l’année, au regard de l’activité et des perspectives économiques sont négatives. Soyons clair, le gouvernement aura du mal à faire porter la responsabilité de cette situation à son prédécesseur. Cette situation, parfaitement prévisible puisque nous l’avions prévue, est le résultat des choix et des décisions fiscales prises depuis un an. Nous sommes dans la phase descendante de la courbe de Laffer, l’augmentation faciale des impôts et des taxes génère un baisse des montants collectés.

Attention aux réactions de nos socialo-énarques

Cette faiblesse des rentrées fiscales contribue au creusement du déficit de l’État français. Celui-ci s’est aggravé de 6,9 milliards d’euros au 30 avril 2013 par rapport à l’arrêté au 30 avril 2012. En cumulé sur quatre mois, le déficit atteignait en avril 2013 66,8 milliards d’euros, contre 59,9 milliards un an plus tôt, et 61,4 milliards à fin avril 2011. Or, comment nos énarques, particulièrement socialistes, réagissent-ils dans de telles situations ? Ils ne connaissent qu’une seule solution : l’augmentation de la pression fiscale. Vous le savez, lorsque l’assiette est inférieure aux estimations, nos « hauts fonctionnaires », tous formés à la même école n’ont qu’une seule attitude, pallier les absences de l’assiette par les taux.

Autrement dit, aussi stupide que cela puisse être, il est fort à parier que nos gouvernants vont nous tenir un discours vague dont le thème central sera « la récession en zone euro provoque une dégradation de la situation en France » pour ensuite expliquer que « à cause de la situation » le déficit de la France risque d’être supérieur aux 3,6% du PIB que Bruxelles a plus ou moins autorisé et que donc, un appel « extraordinaire » à contribution va être lancé. Autrement dit, planquez vos sous, l’ogre, je le répète, par sa faute, en raison des décisions stupides et anti économiques qui ont été prises depuis un an, risque de vous imposer forfaitairement.

En fait, il n’y a pas trente six solutions…

Cet avertissement n’est pas un cri lancé au hasard par quelque oiseau de mauvais augure. Dans la mesure où aucune décision visant à la réduction du coût de fonctionnement de l’État n’ayant été prise et aucune décision prise aujourd’hui ne pouvant avoir d’effet cette année, si l’État ne ponctionne pas directement les contribuables avant la fin de l’année, il explosera son objectif de déficit et ne pourra pas tenir ses engagements à l’égard de Bruxelles. Aussitôt que cette situation sera actée, l’État, bien obligé d’emprunter sur les marchés pour assurer son fonctionnement, sera identifié comme de moins en moins fiable et verra ses taux d’emprunt augmenter. La dette s’accroîtra alors de manière considérable, plombant encore plus les comptes de la Nation, ses possibilités d’arbitrage.

La ponction autoritaire fera encore des dégâts dans les familles, dans les entreprises, dans les chiffres de la consommation mais sera moins douloureuse à terme que le choix de faire défaut à nos engagement de déficit. C’est pour cela que je pense que le gouvernement va, probablement pendant l’été, nous concocter une petite opération de solidarité citoyenne comme les socialistes les adorent…


Sur le web.

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        1. A propos des taux donnés par ce lien:
          J’ai fait un achat de 45 euros sur internet en payant avec ma carte COFIDIS.
          Ces enc… au lieu de me débiter de 45 euros au comptant sur mon compte bancaire, m’ont prélevé des mensualités de 5 euros avec un taux de 19,6%.
          Comment se prémunir contre des escrocs comme COFIDIS qui vous impose les paiements d’achats à crédit ?

  1. Quelle forme prendra le prélèvement « exceptionnel » ?
    - prélèvement d’un poucentage de tous les comptes en banque
    - prélèment d’un pourcentage sur les seuls livrets A (après avoir augmenté les plafonds ce serait indiqué)
    - Majoration exceptionnelle du solde de l’IR
    - Avance à décembre 2013 du premier tiers 2014 de l’IR
    Nos politiques n’ont que l’embaras du choix.

  2. J’ai rencontré il y a quelques temps un avocat fiscaliste de Paris. Un monsieur charmant qui nous avait dit que Bercy avait plusieurs pistes pour prendre de l’argent. Dont une Chypriote mais légèrement différente: prendre un pourcentage sur toute somme de plus de 30 000 euros sur les comptes mais sous forme d’emprunt. En effet l’emprunt serait sur 20 ans à un taux de 3%. La piste pourrait donc être un emprunt forcé avec l’assurance qu’ils ne rembourseront jamais!

    1. @ Silent T Bob

      Ton avocat fiscaliste a probablement raison; car tu es trop jeune , peut-être pour le savoir,mais sous le gouvernement Mauroy quand le franc était à la dérive et l’économie « à la rue », les socialistes ont fait voter un emprunt obligatoire pour tous les gens imposables.
      Il a fallu prêter, sous peine de sanctions pénales, une somme proportionnelle à son patrimoine pendant 8 ans à un taux d’intèrêt de 7% à l’époque.
      Heureusement à la date de fin du prêt, la droite avec Balladur, était revenue au pouvoir et le prêt (+ les intérêts) a été remboursé à tout le monde.
      Mais si les socialistes avaient gagné les législatives de 1986, que ce serait-il passé à la date du remboursement ?
      Personne ne le saura jamais.

  3. Depuis un certain nombre de mois, je répète dans mon blog que ma retraite va être tronquée. Je suis retraité de l’Etat en tant qu’ancien contractuel non titulaire du CNRS et je dispose d’une pension de la CNAV et d’une retraite complémentaire de la CDC. Je m’attends à voir ma pension amputée d’au moins 10 % comme cela s’est passé en Grèce et au Portugal. Comme je n’ai pas de compte en banque en France, je ne risque rien ! L’amputation des retraites est une des voies très probablement explorées par Bercy. Mais est-ce possible pour les retraités du secteur privé, je n’en sais rien …

    1. Les retraites du « privé » n’ont de privé que le nom. Quand Hollande veut amputer les retraites, il s’agit avant tout de réformer celles du « privé ». Les retraites du « privé » sont incluses dans les dépenses « publiques ». Quel indescriptible bordel, le socialisme !

      1. Vous n’y êtes pas… On commence à parler de « vrai » argent là…

        L’emprunt obligatoire ce sera pour plus tard. Il ne faut pas brûler les étapes.

        D’abord ils vont utiliser les leviers classiques. Ils sont programmés pour cela.

        Et le seul instrument à leur disposition, car sournois mais massif… c’est bien sûr la TVA.

        Ils vont augmenter la TVA.

        Avec d’autres prélèvements taxes, certes, mais le plus gros morceau sera la TVA.

        1. Les socialistes vont tenter une combinaison de hausse des cotisations patronales, de hausse de la TVA, un alignement de la CSG et la désindexation des retraites de l’inflation. Accessoirement, ils menaceront les syndicats d’aligner le secteur public sur le privé, avant de se rétracter à la dernière minute histoire de désamorcer la contestation.

          1% de TVA pour tous spolie quelques 9 ou 10 milliards ; 1% de désindexation des retraites ou 1% de CSG sur les retraites, c’est un vol de 2 et 3 milliards chacun ; 1% de cotisations patronales en plus, c’est un braquage à moins de 2 milliards… Ceci dit, ces détournements de fonds sont théoriques car :

          « si l’effet Laffer est fort, les fonds fuient et la fiscalité faiblit ». Pfff !

          Les nouvelles ponctions seront votées en pure perte. Dans un an ou deux, il faudra recommencer. Les socialistes n’arrivent pas à comprendre qu’ils ont atteint la limite de l’autodestruction. S’il veut sauver sa peau, le parasite étatique obèse doit rendre le flouze à son hôte épuisé.

      1. Mais je ne paye pas d’impôts à Tenerife, je suis locataire et un locataire ici est un « pauvre » puisque le loyer est totalement déductible du revenu. Ne sont locataires que les récents immigrés d’Amérique latine (trois millions et demi régularisés par Zapatero) car les banques ne prêtent pas à des gens qui gagnent péniblement 600 euros par mois et ne prêtent pas non plus à des retraités désargentés comme moi. La baisse des pensions de retraite, je le répète, me paraît inéluctable et le gouvernement sait très bien que les retraités n’iront pas manifester dans les rues, les manifestations ce n’est pas le truc des septuagénaires dont je ferai partie dans deux ans, ouf ! Je rappelle aux lecteurs de Contrepoints que le coût global du fonctionnement de la classe politique est de 15 milliards d’euros par an. Question à 5 milliards d’euros, les députés et sénateurs vont-ils voter une réduction de leur propre retraite et de celles de leurs collègues (Chirac perçoit cinq retraites différentes), j’en doute. Ce pays est fout comme le dit si bien H16

        1.  » Mais je ne paye pas d’impôts à Tenerife »
          Et bien moi j’en paye dans mon propre pays.
          C’est pour quelles raisons que vous nous dites ça ?
          Pour se foutre des Français vivant en France, par nécessité ?

  4. Patron d’une TPE, j’ai moi même limité mon activité pour ne pas payer encore plus d’impôts sur l’année 2012 .. En 2013, j’embauche moins qu’en 2012 et 2011, les charges m’asphyxiant ! Et franchement je n’ai pas envie de faire d’efforts, si ceux-ci ne bénéficie qu’aux assistés et parasites … Et nous sommes nombreux dans ce cas, à faire le dos rond en attendant que l’autre truffe et sa bande de bras cassés dégagent !!!

    1. @shklonk

      Vous dites être patron de TPE et vous parlez d’embaucher moins en 2013 que vous ne l’avez fait en 2011 et 2012.
      Donc vous embauchez malgré tout, et à ce rythme vous n’êtes plus TPE mais PME, non ?

  5. Avant l’entrée en crise majeure, ou au cœur du délitement, les politiques français sont souvent déconnectés des réalités, une situation qui leur convient très bien. Ils disent qu’ils ont des solutions à la crise : ils rassurent les électeurs en disant que des moyens existent où seront mis en place le moment voulu.  » Les trente glorieuses sont devant nous  » disait en 2011 Karine BERGER l’actuelle représentante du pouvoir socialiste ! Il serait temps de se rendre compte qu’ils sont complètement dépassés par l’actuelle crise sans précédent, de surcroît qu’ils n’ont pas les aptitudes pour solutionner quoi que ce soit. Cependant, jusque-là, ils ont su se satisfaire amplement de la situation sociale et de la position sociétale qu’ils occupent.

     » Dieu rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes  » disait à ce sujet Jacques BOSSUET.

    Toutefois, la condition actuelle de délitement des Etats-nation et des populations n’est pas fortuite, n’en déplaisent aux naïfs, aux incrédules, aux insouciants, ceux-là-même qui ne veulent pas approfondir la situation.  » Le pire ennemi de la connaissance n’est pas l’ignorance, mais l’illusion de la connaissance  » Stephen HAWKING.

    Pour voir à qui l’on a vraiment à faire en matière de gestion des biens privés et des biens publics, voir ici, c’est édifiant et parfois hilarant : la gestion du pays par les ENARQUES -
    Cette vidéo vérité : http://www.youtube.com/watch?v=ppXzHy_AhpY