Ce que l’Islande et la Chine pourraient nous apprendre

Publié Par h16, le dans Édito

Comme j’ai pu l’écrire, et comme l’a fort bien expliqué le Pr. Naudet, l’année 2013 s’annonce économiquement et politiquement très difficile. Certains, loin d’être lucides, préconisent des solutions radicales, comme annuler la dette ou autres catastrophes économiques aussi populaires que populistes. Deux pays peuvent cependant servir à éclairer notre réflexion à ce sujet : l’Islande et la Chine.

Pour l’Islande, le plus délicat consiste à faire la part des choses, et à déterminer, du flot plutôt ténu d’informations qui nous parvient de cette petite île, ce qui s’y passe exactement et le bilan objectif qu’on peut tirer des expériences qui ont été menées.

On m’a à ce sujet fourni l’adresse du blog de Baldur Bjarnason, dans lequel il a écrit un billet assez long et argumenté dans lequel il revient en détail, justement, sur les différentes rumeurs et informations plus ou moins biaisées qu’on entend sur son pays et il tente de fournir un état des lieux. Par exemple, on trouve assez facilement des billets nous expliquant que les Islandais, lessivés par la crise des subprimes et le carry trade qu’ils avaient mené avec des banques anglaises, ne se sont pas laissés faire. Sur Agoravox, on brosse à gros pinceaux un tableau très optimiste :

Le bilan est donc positif, 3 ans après la faillite, l’Islande se porte encore une fois comme un exemple pour le monde.

Sur des médias un peu plus sérieux, le bilan est décrit de façon plus contrasté, mais le chapeau de l’article laisse place à un optimisme franc et massif :

En quasi-faillite il y a trois ans, le pays a refusé de renflouer ses banques et de régler ses dettes, à contre-courant de ses voisins européens. Un pari osé mais payant : la croissance sera de 3 % en 2012.

Cependant, d’après notre blogueur Baldur, il est nécessaire de revenir sur ces bonnes nouvelles. La réalité est, comme toujours, bien moins rose et plus difficile à vendre dans des journaux et des sites plus attirés par la quantité que la qualité. Ainsi, lorsqu’on lit que l’Islande aurait envoyé paître ses créanciers et le FMI, Baldur rappelle qu’il n’en est rien : le pays a bien suivi les recommandations du FMI à la lettre, et a même souvent été plus loin que ce que l’institution internationale lui demandait. Quant à ses créditeurs bancaires, elle ne les a pas envoyé promener, elle s’est simplement retrouvée dans la position de faillite qui l’a empêché, concrètement, de les rembourser : le rapport de la Commission Spéciale d’Enquête explique bien que le gouvernement aura absolument tout tenté pour sauver les banques, y compris demander des prêts intenables pour pouvoir rembourser les dettes contractées. Et si quelques banques ont dû s’asseoir finalement sur certaines dettes, cela est plus dû, selon Baldur, à l’incompétence du gouvernement qu’à une quelconque volonté de ne pas rembourser.

Un gouvernement incompétent… Est-ce si difficile à croire ?

Government Demotivator

Pour ce qui est de la « nationalisation des banques », cela s’est fait de bien piteuse manière : rapidement nationalisées, les trois banques les plus en difficulté ont été re-privatisées en temps record, et sont maintenant la propriété des créditeurs. Autrement dit, les banques islandaises sont maintenant la propriété d’étrangers. Plus intéressant encore, la description par le blogueur de la façon dont une partie de la dette a été « effacée » (celle des prêts portés par du carry trade) permet de bien se rendre compte que les Islandais sont toujours dans un marécage légal. Et que l’autre partie de la dette, assise sur l’inflation, est loin d’être annulée, d’autant que cette inflation n’est pas nulle, et ne l’a jamais été. Pire : l’effort d’annulation de la dette ayant porté sur les emprunts les plus risqués (en carry trade), ce sont ceux qui ont pris le plus de risque qui se retrouvent avec le moins de dette.

Quant à la reprise économique souvent vantée… elle est anémique pour le dire pudiquement : avec une inflation actuellement à 4% pour 2012 (inflation sur laquelle sont assis nombre d’emprunts, je le rappelle) et une augmentation du PIB de 2,7%, l’Islande fait, au mieux, du surplace (merci d’aller lire le paragraphe correspondant, détaillé, dans le billet du blogueur). Concrètement : les Islandais s’appauvrissent.

Bref : les « solutions » prônées par certains, solutions qui consistent à laisser filer la monnaie, ne pas rembourser la dette ou nationaliser les banques ont été tentées dans cette île, et très clairement, elles ne satisfont qu’une petite minorité fort vocale sur les bienfaits récoltés. Du reste, on ne s’étonnera pas de savoir que le gouvernement islandais est socialiste.

De l’autre côté de la planète à présent, regardons ce qui se passe en Chine.

C’est intéressant à plus d’un titre et notamment par le fait que le pays est dans une position diamétralement opposée à celle de l’Islande : il est massivement créditeur, dispose d’une croissance qui, si elle a été plus forte il y a quelques années, n’en reste pas moins supérieure à la croissance moyenne en Europe, et de très loin.

Devant ces constats, la Chine est souvent présentée comme l’exemple type de capitalisme turbolibéral, l’image ne s’embarrassant pas du régime politique clairement dictatorial, de l’absence de liberté d’expression et de la censure massive qui l’accompagne, et de la structure même du capitalisme en place dont on peine à dire, sans une mauvaise foi bien altercomprenante, qu’il puisse être néo, ultra ou turbolibéral.

C’est à ce sujet que je voudrais vous faire part d’un lien fourni par un lecteur : dans cet article d’un magazine anglo-saxon obstinément versé dans le journalisme d’investigation (par opposition à la presse française, mollement accoudée au bar/PMU du Copier-Coller), on découvre une corrélation — pas très étonnante — entre l’entregent des dirigeants d’entreprises chinoises vis-à-vis du pouvoir politique et le nombre de morts dans leurs entreprises. Surprise : plus un patron est « connecté », c’est-à-dire mieux il connaît les rouages du pouvoir et les « bonnes » personnes pour s’éviter les ennuis, plus son entreprise pourra enregistrer d’accidents tragiques au cours de son année. Inversement, moins il est connecté, plus l’entreprise sera sûre pour ses employés.

le capitalisme de connivence tue

Eh oui : le capitalisme de connivence, caractéristique typique d’un État centralisateur fort, d’une corruption importante et d’une éthique faible dans le milieu des affaires, ce capitalisme-là tue. Dans nos démocraties, cela se traduit plus indirectement, de façon diffuse, par des décisions hermétiques ou arbitraires, mais le mécanisme est le même. D’ailleurs, le travail qui a été fait par Fisman et Wang pourrait être fait dans d’autres pays et il n’y a guère à parier que la tendance serait la même.

Lingots d'orUn autre élément que je voudrais apporter à votre réflexion au sujet de la Chine est sa politique, discrète mais constante, vis-à-vis de sa monnaie, à l’opposé des manipulations compulsives qu’on observe aux États-Unis et dans les sociales-démocraties européennes : non seulement son inflation diminue, mais la Chine s’emploie très silencieusement à consolider sa monnaie. En l’espace de quelques années, le pays communiste a ainsi procédé à plusieurs actions assez spécifiques : d’une part, toute la production d’or du pays est maintenant immédiatement absorbée par la banque centrale chinoise. Dans le même temps, les quantités de métal précieux achetées par cette même banque centrale atteignent des niveaux records, dépassant l’Inde. Par dessus le marché, la Chine achète directement des mines étrangères, et incite à présent directement sa population à acheter de l’or, chose qui lui était auparavant strictement interdite.

Tout indique que la Chine s’approche du moment où elle va clairement adosser son Yuan à l’or, et ce d’autant plus facilement que cette manœuvre aura l’assentiment tacite (et joyeux) des Américains et des Européens, trop contents de voir s’évaporer leur monnaie et les dettes qui y sont attachées. Évidemment, un tel changement international ne serait pas sans conséquences extrêmement douloureuses pour toute une population baignée de dettes et d’habitudes économiques inappropriées (crédit facile, État social disproportionné etc.).

Au vu de ces éléments, on comprend que les solutions prônées par ceux qu’on entend le plus dans les médias, dont la démagogie s’y dispute souvent à la plus crasse des ignorances en matière d’économie de base, ont déjà été testées par d’autres, que les lieux communs sur les « réussites » économiques cachent souvent des réalités si nuancées qu’elles viennent contredire les belles évidences qu’on veut nous faire gober.
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Sur le web

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  1. H16 nous parle du blogger Baldur et de ces compétences économiques( au fait, c’est qui ?) tandis qu’il feint d’ignorer superbement, la declaration d’Olivier Blanchard directeur du département recherches au FMI qui a déclaré ce mois-ci, que les cures d’austérité imposées à des pays endettés ( cures que lui-même et ses amis liberaux jugeaient insuffisantes) n’étaient pas les bonnes mesures à adopter car elles conduisent à aggraver la situation.

    1. L’austérité, en Europe, c’est souvent l’augmentation des taxes et impôts pour, parfois, une baisse des dépenses.

      C’est l’austérité pour la population.

      Les libéraux réclament l’austérité pour l’État !

    2. h16h16 Auteur de l’article

      Blanchard n’en est pas à sa première connerie. Cela fait des années qui sévit. Et vous feignez d’avoir lu ce qu’il raconte, mais oubliez dans la même foulée tous les articles qui décrivent ici ce que « austérité » veut vraiment dire. Bref, vous vous posez en parfait cuistre.

    3. turnover: « que les cures d’austérité imposées à des pays endettés ( cures que lui-même et ses amis liberaux jugeaient insuffisantes) n’étaient pas les bonnes mesures »

      Donc quand on dépenses 30% de plus que ce que l’on gagne pendant 38 ans d’affiliée réduire les dépenses n’est pas une bonne méthode ?
      Quand on déjà est classé 162eme pays du monde pour les impôts les augmenter encore serait la bonne méthode…

      LOL !

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      Publicité:
      -Soignez votre alcoolisme à coup de gros rouge.
      -Sur-endetté ? Reprenez un crédit pour effacer vos dettes.

      1. L’austérité, pour vous, c’est mettre l’economie en hibernation et c’est justement ce que Blanchard dénonce comme un remède inapproprié et très dangereux.

      2. turnover: « c’est mettre l’économie en hibernation [..] dénonce comme un remède inapproprié et très dangereux. »

        Il n’y a que trois solution à un surendettement:

        1-Monter les impôts ce qui est dévastateur pour l’économie et va tarir les rentrées à terme. (La France est déjà au taquet de ce coté)
        2-Continuer à s’endetter comme si de rien n’était ce qui mène inévitablement à un effondrement.
        3-Réduire les dépenses progressivement mais efficacement. (Grosse marge de manœuvre pour la France, la cour des comptes pointe les gaspillages ubuesque depuis au moins 20 ans)

        La 3 est adoptées par des pays dont on parle très peu en France, leurs dette se réduit, leurs chômage est souvent en dessous des 5% ils vont s’en tirer parfaitement bien (nonobstant l’effondrement des grandes économies)

        La 1 et la 2 est adoptée par la France et certains états du Sud de l’Europe. Ça va très mal finir !

    4. Olivier Blanchard et « ses amis libéraux »… Amusant ! Parle-t-on bien du même Olivier, celui qui, il n’y a pas si longtemps, préconisait joyeusement l’inflation pour nous sortir de la dette publique ? Le keynésien qu’il est doit avoir les oreilles qui sifflent.

      1. Il est clair qu’il ne peut s’agir d’ une traduction de google translate, et cet article n’est illisible que pour les illettrés. If the cap fits, wear it.

      2. Si vous avez des critiques à faire, soyez un peu plus constructif. Cette traduction m’a pris beaucoup de temps et l’anglais du Monsieur n’est pas toujours des plus élégants ni des plus évidents ;) Montrez-moi, je tâcherai de me corriger si ça ne m’écarte pas trop du texte initial.

  2. « Tout indique que la Chine s’approche du moment où elle va clairement adosser son Yuan à l’or ».

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    Que les dictateurs chinois soient tentés par cette hypothèse, c’est possible, mais c’est voué à l’échec. L’étalon-or est un outil de destruction massive de l’économie, surtout lorsqu’il est employé sous régime dictatorial et en l’absence de concurrence monétaire sur le territoire où il est imposé par la force.

    Il faut relativiser le développement spectaculaire de la Chine, dont une bonne partie est fondée sur des statistiques à l’évidence manipulées par le pouvoir central. On ne doit pas se laisser aveugler par l’éclatante prospérité, au demeurant indéniable, de quelques villes. C’est un simple effet de concentration des capitaux dans les mains des tenants du pouvoir politique. Il y a également un effet de masse lié à la dimension du pays comparativement aux nôtres. La prospérité chinoise tient en partie de l’illusion d’optique.

    Tant que le yuan ne flottera pas librement, puisqu’il est obstinément lié au dollar contre toute logique économique mais par la nécessité de la politique dictatoriale socialiste, la moindre exportation chinoise se traduira par de l’inflation interne. Si le prix du yuan nous paraît fixe en raison de la parité imposée avec le dollar, il perd de sa valeur un peu plus chaque jour pour les Chinois. En effet, quand un exportateur chinois rapatrie un dollar de marge nette, ce dollar est converti d’autorité en quelques yuans supplémentaires qui n’ont aucune contrepartie matérielle dans le pays. Pendant ce temps, les Américains ont beau jeu de dévaluer leur monnaie. Ils n’en subissent pratiquement pas les conséquences habituelles, notamment grâce au commerce international, mais transfèrent l’inflation à leur partenaires commerciaux, c’est-à-dire principalement à la Chine, histoire d’accélérer le processus d’auto-destruction mené par le pouvoir chinois qui est péniblement camouflé par l’exacerbation nationaliste ou le racisme anti-janonais.

    Ce n’est pas un hasard si les principaux dictateurs du pays délocalisent leur avoirs (et leurs familles) hors de Chine : ils ont bien compris à quoi mène la politique monétaire qu’ils imposent à leur pays.

    1. Cavaignac : « On ne doit pas se laisser aveugler par l’éclatante prospérité, au demeurant indéniable, de quelques villes. »
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      La prospérité de la Chine ne se résume pas à « quelques effets optiques ». Elle se mesure par le nombre de voitures achetées, la consommation énergétique, la quantité d’infrastructures construites ( des dizaines de centrales nucléaires, des lignes de TGV, des autoroutes, des zones aéroportuaires, des gratte-ciels), les chiffres des exportations, le taux d’équipement en téléphones, le nombre de voyages à l’étranger, la détention des bons du trésor des USA ou de l’Europe, les achats de pinards français…
      Ce sont tous des indicateurs fiables et facilement vérifiables.
      Pour affirmer le contraire, il vous faudrait autre chose que des effets de manche et des affirmations gratuites.

      1. PIB Chine 2011 : 8400 dollars en moyenne par habitant en PPA, 117e mondial, tout en sachant que seule une minorité de la population dispose d’un niveau de vie proche de celui des Européens, ce qui fausse totalement la réalité économique du reste de la population. Ceci n’est pas un effet de manche et il y a bien une illusion d’optique sur la prospérité chinoise. Quand les « nouveaux riches » chinois achètent plus de voitures ou de téléphones que n’importe quel autre population au monde, c’est un simple effet de base. Il n’en reste pas moins qu’un milliard d’individus restent confinés dans la pauvreté entretenue fermement par la dictature socialiste. Quant aux « nouveaux riches », leur prospérité est temporaire car l’inflation importée imposée par la dictature va les laminer.

        1. @Cavaignac
          Il ne s’agit pas de comparer le PPA du Chinois à celui de l’Européen mais à celui du Chinois d’il y a 10, 20 ans. Et ce que vous oubliez de dire, c’est que la « minorité » de Chinois qui ont le niveau de vie européen est de plusieurs fois la population française, chose qu’évidemment vous balayez sous le tapis comme tout ce qui ne va pas dans le sens de votre propagande.

          Du reste le Chinois « riche » ne va pas s’acheter 10 voitures ou 10 téléphone ou utiliser toute l’électricité d’une nouvelle centrale nucléaire, bref ces faits réfutent totalement vos théories à deux balles. Bref, votre rhétorique du « riche » qui fleure bon la propagande marxiste repose sur du vent.

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          Cavaignac : « Quant aux « nouveaux riches », leur prospérité est temporaire car l’inflation importée imposée par la dictature va les laminer. »
          ————————-
          Et on plus, il sait lire dans l’avenir ! Ah bah oui, si la théorie est contredite par le présent, c’est qu’elle sera forcément confirmée prochainement. Pour un brasseur de vent, c’est pile je gagne, face tu perds.
          Et vous prédisez quoi d’autre, les revers de fortune, les chances en amour et les numéros du prochain loto ?

          1. « Propagande marxiste » ? Amusant : on m’avait qualifié de pas mal de façons différentes (facho de gauche, anar de droite), mais celle-là on ne me l’avait jamais faite ! Au détail, je ne balaye rien sous le tapis : je répète donc que la minorité chinoise prospère est plus grande que la population française mais elle reste une minorité dépendante du pouvoir socialiste et c’est bien cette illusion d’optique qui vous aveugle. MiniTAX, vos commentaires sont souvent pertinents mais ici, vous vous égarez complètement. « Il sait lire dans l’avenir » : bof, l’inflation produit toujours les mêmes effets, en Chine comme ailleurs.

      1. @MIA Mis à part le bidonnage statistique, il n’y a pratiquement aucun moyen pour lutter réellement contre les conséquences inflationnistes de l’enfermement des changes et de la parité avec le dollar, un des piliers de la dictature du parti.

        ph11 : qui détermine l’étalon-or sinon l’Etat ? C’est la concurrence monétaire (y compris l’or) qui permet de contraindre l’étatisme, pas l’or en soi.

        1. Cavaignac : « Mis à part le bidonnage statistique, il n’y a pratiquement aucun moyen pour lutter réellement contre les conséquences inflationnistes de l’enfermement des changes et de la parité avec le dollar,  »
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          La Chine fait partie de l’OMC depuis plus de 10 ans, donc votre histoire de « bidonnage statistique », vous la sortez du chapeau. De même pour la soit-disant parité avec le $, c’est de la crétinerie en barre : il suffit de deux secondes pour trouver le cours du Yuan et constater qu’il s’est apprécié de 10% en deux ans par rapport au $.

          Bref, votre histoire est toute pourrie et ce n’est pas parce que vous finissez par croire que c’est vrai à force de la répéter comme perroquet qu’elle serait vraie ! On ne remplace pas l’inculture crasse par des affirmations gratuites et des effets de manche à deux balles.

          Soit dit en passant, en matière de finance, les Chinois sont parmi les meilleurs, les plus grandes places financières de la planète sont Hong kong et Shangai. Economiquement, les autorités ont piloté les surchauffes de la croissance, les banques et la monnaie de la meilleure façon qu’on puisse imaginer, en défiant tous les pronostics de catastrophes que les experts de salons ont émis depuis des années (ce qui ne veut pas dire qu’ils en sont immunisés). Il suffit de lire un bon bouquin sur la manière dont la Chine a intégré l’OMC pour réaliser à quel point ses administrations sont pointues dans le domaine. Donc votre ignorance et vos avis péremptoires sur le sujet seraient à la rigueur drôles… s’ils n’étaient pas aussi pathétiques.

          1. Tiens, un étatiste admirateur des plans quinquennaux ? Cette déclaration d’amour aux autorités chinoises frise le ridicule, surtout lorsqu’elle s’accompagne de la négation obstinée des conséquences évidente d’un contrôle des changes qui confine à la prison. Le plus amusant, c’est la croyance aveugle dans les statistiques officielles chinoises « travaillées » amoureusement par les administrations « compétentes » (rires). La Chine, c’est ce merveilleux pays où le PIB est publié avant même que la période étudiée soit terminée et jamais corrigé ensuite. La Chine, c’est ce pays extraordinaire, pas du tout industriel, qui réussit l’exploit d’augmenter son PIB de 7% avec une croissance nulle de sa consommation d’énergie ! Si, si, des champions, on vous dit ! Sérieusement, à part l’Argentine, aucun pays bidonne ses statistiques avec autant de fougue que les Chinois. Qui a parlé de propagande marxiste ?

        2. @MIA

          En stérilisant la masse monétaire en excédent on peut la réduire et donc l’inflation également.ça a un coût assez important (différentiel entre les taux des titres émis et celui des placements en dollars) mais ça contient bien l’inflation.

          La Chine peut également mettre en place des gels sur certains prix réglementés. Je ne suis pas fan du change fixe (mis à part dans le cas d’une Union Monétaire) mais les chinois sont loin d’être des incompétents en ce qui concerne la gestion de leur monnaie. Je suis d’avantage inquiet sur leurs banques pourries par leur crise immobilière imminente.

          1. Oups, et moi je présente une légère dyslexie sur mon clavier ;)

            Concernant la stérilisation, l’opération consiste généralement à refiler le bébé inflationniste à un institutionnel qui va le cacher le plus longtemps possible dans ses comptes. Ceci explique peut-être la situation des banques chinoises que vous évoquez et la bulle immobilière en serait un symptôme.

            Mais tôt ou tard, il faudra bien relâcher la pression. Et cela risque d’être plutôt rapide : on ne peut pas afficher longtemps une inflation officielle de moins de 3% (2012), avec une croissance de plus de 7% et des salaires qui progressent de 10 à 15% par an. Voilà encore un miracle statistique des géniaux gérontes du comité central du PCC qui croient pouvoir s’affranchir des lois économiques avec leurs chiffres bidonnés ! Ils pilotent tellement bien leur économie, avec cette sorte de finesse artistique que le monde entier leur envie, qu’on devraient leur confier le gouvernement du monde séance tenante, tiens. Que dire ? LOL ?

  3. L’austérité c’est quand la politique ne sait pas dans quel sens l’économie va évoluer.

    Pour la croissance ou inflation, c’est pareil la politique n’y est toujours pour rien. Et oui même si on croit que la politique décide, elle n’est qu’un acteur faible du système.

  4. Ouais, pour moi cette histoire d’étalon or m’inquiète. on va assurer la supprématie définitive des pays qui ont de l’or au détriment du reste du monde. je ne sais pas je ne le sens pas. Faire reposer la croissance du monde sur les capacités extractives d’un métal précieux à l’heure de l’économie de l’intelligence ne me semble pas adapté. Et puis il faudrait rapporter les stocks d’or de chaque pays au nombre d’habitants pour se donner une idée de la richesse relative de chaque pays, non ? Ou suis-je hors sujet ?

    1. h16h16 Auteur de l’article

      Heu. La question n’est absolument pas de savoir ici si l’étalon or est pertinent ou non. Si un pays le choisit, c’est un fait. Ce pays commet peut-être une erreur, mais c’est une erreur avec laquelle il faut compter, quoi qu’il arrive. Et comme la Chine, c’est à peu près 1.8 milliards d’humains, si elle choisit un panier de monnaies ou le seul yuan, le tout adossé à l’or, alors il faudra en tenir compte, même si c’est « pas adapté ».

      1. Il me semble quand même qu’il y a un problème avec un yuan adossé à l’or : depuis des années la Chine renforce sa compétitivité en sous-évaluant volontairement le yuan. Si les Chinois adossent leur monnaie à l’or, sa valeur relative par rapport aux autres va s’envoler… la Chine ne perdra-t-elle pas alors toute compétitivité face à l’Europe et aux USA (comme une partie de l’Europe a souffert de l’Euro trop fort) ? N’est-il donc pas suicidaire pour la Chine, après avoir passé des années à sous évaluer sa monnaie, d’en faire une des plus fortes du monde en l’adossant à l’or ?

  5. @Cavaignac

    C’est une théorie intéressante. Je vous avoue que j’ai toujours été dubitatif sur l’inflation chinoise qui me paraît bien faible. Après, l’inflation dans un contexte de forte croissance économique est tout à fait normal.

    Je vois plutôt une internationalisation croissante du yuan avec ouverture graduelle du secteur financier. Les achats en or continueront parce qu’ils se déprécient moins que le dollar. S’ils parviennent à bien maîtriser la masse monétaire, je pense que le yuan pourrait s’imposer à l’international (sur le marché de la dette par exemple). Il n’empêche qu’ils passeront sans doute par une grave crise financière avant.

    1. Mettre le yuan en position de remplacer le dollar comme monnaie internationale de référence (le renforcement de leur stock d’or fait probablement partie du plan) pourrait bien être un des objectifs des dictateurs chinois. Pour espérer parvenir à remplacer un jour le dollar, il faudrait qu’ils cessent de manipuler leurs statistiques : ce n’est pas bon pour la confiance, surtout lorsque les manipulations sont aussi évidentes. Mais surtout, les Chinois sont confrontés à un problème politique insurmontable : la fin du régime politique actuel est la condition nécessaire pour que le yuan devienne une monnaie internationale crédible. Tant que la Chine sera une dictature, personne ne lui fera confiance, surtout pas en matière monétaire.

      Compte tenu de l’affrontement Chine/USA pour l’hégémonie économique, diplomatique et militaire, c’est plutôt l’Europe qui aurait intérêt à rétablir l’étalon-or dans la zone euro, histoire de mettre tout le monde d’accord. Mais il faudrait d’abord que les Etats européens arrêtent de s’endetter comme ils le font. La route sera longue…