Aucoffre.com lance une carte de crédit adossée à l’or

Publié Par Alexis Vintray, le dans Monnaie et finance

Aucoffre.com, société de placement en or physique, lance en France la Veracarte, la première carte de crédit adossée à l’or.

Par Alexis Vintray.

Veracarte, Veravalor et lingots

Dans le contexte actuel de forte incertitude économique, les Français continuent à faire confiance à l’or selon un sondage réalisé en novembre 2012 par l’Ifop pour la société Aucoffre.com. L’or, dont les Français détiendraient environ 3.000 tonnes, restent une valeur refuge en temps de crise pour 83% des personnes. Surtout, l’or attire plus comme investissement que les produits classiques proposés par les banques puisque seuls 57% des français font confiance à leur conseiller bancaire.

Un contexte favorable à l’or, qui a poussé Aucoffre.com à lancer la première carte de crédit adossé à de l’or, la « Veracarte« . Une « première mondiale » pour le président de la société, Jean-François Faure, même s’il y a une ressemblance certaine avec la Gold Debit Card d’Euro Pacific Bank (Peter Schiff) ou d’autres. La différence se situant essentiellement dans le fait que l’or est alloué dans le cas de la Veracarte, et donc récupérable en cas de faillite de l’entreprise.

La société entend par là remédier au problème d’image de l’or, perçu comme compliqué à acheter et, plus encore, à vendre en cas de besoin (problème de liquidité). Selon le sondage Ifop/Aucoffre, les Français sont ainsi de plus en plus nombreux à considérer que l’or est un produit inaccessible, réservé aux plus riches (66% en novembre 2012, contre 60% en février 2012). La carte permettrait de remédier à ce souci.

Pratiquement, la carte se présente comme une Mastercard classique, utilisable dans tous les points de vente acceptant ces dernières, avec les garanties et assurances usuelles. Pas de plafond de retrait ou de paiement tant que le compte est suffisamment approprié, et également une solution contre les interdits bancaires, puisque tout retrait ou paiement doit être approvisionné (pas de découvert).

La transformation du montant en euros en or est faite sur la base du cour de l’or au moment du paiement. Autrement dit, est prélevé sur votre compte Veracarte l’équivalent en or du montant que vous avez dépensé/retiré. Outre la cotisation annuelle de 110€, les frais sont de 3% au versement. Pas de frais au paiement mais des frais de retrait sont à prévoir. La fiscalité de 34,5% sur les plus-values réalisées concerne uniquement ceux effectuant plus de 5000 € d’achats par mois, et est dégressive jusqu’à 0% au bout de 12 ans.

Visée intéressante, la carte permet, dans une certaine mesure, de sortir du système bancaire classique. « Avec un tel outil, on peut se « débancariser », non pas encore en totalité, [mais au moins partiellement]«  note ainsi Charles Sannat, directeur des études économiques d’Aucoffre. Jean-François Faure, fondateur d’Aucoffre déclarait quant à lui en conférence de presse :  »Nous espérons que, avec cette carte, les gens se réapproprient l’or comme monnaie. Nous ne souhaitons pas que l’or redevienne une monnaie gérée étatiquement, mais une monnaie open source, libre de droits ».

Reste toutefois à savoir quelle est la taille du public qu’une telle carte pourrait intéresser, sur le créneau déjà encombré des cartes secondaires. Aucoffre n’annonçait pas d’objectif de ventes à ce stade.

Aucoffre.com, lancé en 2009, revendique plus de 10 000 membres et 35 millions de prévision de chiffre d’affaires pour 2012.

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  1. Intéressante initiative qui permet de banaliser l’usage de l’or comme monnaie concurrente à l’euro. Mais…

    « Outre la cotisation annuelle de 110€, les frais sont de 3% au versement. Pas de frais au paiement mais des frais de retrait sont à prévoir » : dommage, c’est totalement prohibitif. Est-ce négociable ?

    « Pas de frais au paiement mais des frais de retrait sont à prévoir » : un paiement est par nature un retrait, non ? Ce n’est pas très clair.

    Au vu de la description, il ne s’agit pas d’une carte de crédit mais d’une carte de paiement. Pas clair non plus.

    1. Concernant la cotisation annuelle, je me demande si le système bancaire n’est pas une concurrence déloyale. En effet, les monnaies papier n’ont pas à souffrir du coût d’un bien de contrepartie, et n’existeraient pas sans l’intervention de l’État…

      1. « Les monnaies papier… n’existeraient pas sans l’intervention de l’État ». On a du mal à imaginer qu’une monnaie existe sans agrément collectif entre les parties pour déterminer sa valeur. L’intervention de l’Etat est néfaste lorsqu’il interdit la concurrence monétaire mais il a un rôle à jouer pour une détermination transparente de la valeur des monnaies, y compris pour l’or. Comme d’habitude, le problème n’est pas l’intervention de l’Etat en soi mais la nature de cette intervention.

        « Souffrir du coût d’un bien de contrepartie » : c’est un des avantages des monnaies papier sur les monnaies physiques qui dépendent de la disponibilité instantanée du bien utilisé.

        1. L’état ne définie pas la valeur de la monnaie, les prix sont libres.
          1€ est défini comme étant 1€, rien de plus. Ce sont les gens qui valorisent leur bien dans cette unité de compte ultérieurement.

          1. « L’état ne définie pas la valeur de la monnaie » : idéalement, non. Mais du fait du monopole monétaire, l’Etat impose un prix et une quantité artificiels à la monnaie par l’intermédiaire de la BC. « 1€ est défini comme étant 1€ » : vrai uniquement à l’instant, pas dans le temps. La valeur d’un bien (la monnaie étant un bien comme un autre) est relative aux autres biens et jusqu’à lui-même dans le temps. Avec certitude, le vrai prix d’un bien apparaît uniquement si les prix et les quantités sont libres. En cas de monopole, on aura seulement un « tarif » déterminé par un fonctionnaire au bénéfice exclusif du monopole contre le reste de la population.

          2. Je ne suis pas sur de comprendre votre commentaire, je vais donc y réagir phrase par phrase. Corriger moi là ou nos avis divergent.

            >> »L’état ne définie pas la valeur de la monnaie » : idéalement, non. <>Mais du fait du monopole monétaire, l’Etat impose un prix et une quantité artificiels à la monnaie par l’intermédiaire de la BC. <> »1€ est défini comme étant 1€ » : vrai uniquement à l’instant, pas dans le temps. La valeur d’un bien (la monnaie étant un bien comme un autre) est relative aux autres biens et jusqu’à lui-même dans le temps. <>Avec certitude, le vrai prix d’un bien apparaît uniquement si les prix et les quantités sont libres. <>En cas de monopole, on aura seulement un « tarif » déterminé par un fonctionnaire au bénéfice exclusif du monopole contre le reste de la population.<<
            Je pense qu'on parle du monopole monétaire, donc oui, cela recoupe ce que j'ai dis plus haut, le stock de monnaie perd de sa valeur, mais tu es libre de considérer la monnaie comme digne de stocker de la valeur ou non. Si tu prend l'exemple de cette carte de crédit adossée sur l'or, tu peux traverser une hyperinflation les doigts dans le … mettons dans le nez, c'est un peu moins sale :)

            En résumé : l'état définie la variation de la valeur de la monnaie, mais tu es libre de te protéger contre ces variations en stockant ta valeur dans une autre forme (si tu estimes que ces variations risquent d'être supérieur au coûts de transactions)

            Je pense qu'on peut tomber d'accord la dessus, non ? :)

          3. Pas grave pour la forme ;)

            Pas de problème avec votre résumé. Le procédé d’Aucoffre semble répondre au besoin de protection de la valeur. Du moins en première lecture. Il serait plus pertinent s’il n’imposait pas des frais astronomiques. Du coup, la « monnaie » d’Aucoffre ressemble à une monnaie fondante. Un comble pour de l’or censé conserver la valeur !

            Il ne faut pas oublier que l’or ne rapporte rien tandis qu’un placement peut procurer un revenu qui compensera l’inflation. Autrement dit, pour que l’or devienne rentable, il faut espérer une plus-value supérieure aux coûts de transaction achat/vente + inflation + revenu d’un placement en monnaie fiduciaire : ce n’est pas impossible comme on l’a vu ces dernières années, mais ça commence à faire beaucoup.

          4. Zut ! « moins » l’inflation, c’est mieux. Quant au risque d’hyperinflation, pourquoi pas ? De nombreux commentateurs parlent plutôt d’un risque de déflation.