Bitcoin: une première carte de paiement bientôt disponible

Publié Par Charles Sannat, le dans Monnaie et finance

Cette semaine on a été un peu surpris d’apprendre que d’ici deux mois devrait voir le jour une carte de paiement pour Bitcoins. La chose sera proposée par la société BitInstant (un service qui permet le transfert de fonds entre monnaies virtuelles et étatiques).

Par Charles Sannat.

Nous traitons régulièrement sur l’or et l’argent des monnaies virtuelles (Les monnaies virtuelles : une alternative aux monnaies fiduciaires ?La monnaie virtuelle est une hérésie pour l’or) : le sujet nous intéresse forcément car il traite de systèmes de paiement alternatifs qui échappent au système bancaire.

Comme nous avons eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises, même s’il s’agit à l’origine d’une bonne initiative (les monnaies virtuelles sont libres, ne sont régulées ni par les États, ni par les banques et offrent une forme d’anonymat), les monnaies virtuelles ne restent pas sans défaut :

Elles sont en fait, au même titre que toute monnaie papier, soumises à la spéculation, elles posent de sérieuses questions en termes de sécurité (piratage), et on est en droit de s’interroger sur la stabilité et pérennité de tels moyens de paiement…

Bref, toujours est-il qu’on aime tout de même suivre l’actualité des monnaies virtuelles. Et cette semaine on a été un peu surpris d’apprendre que d’ici deux mois devrait voir le jour une carte de paiement pour Bitcoins, la plus connue des monnaies dématérialisées. La chose sera proposée par la société BitInstant (un service qui permet le transfert de fonds entre monnaies virtuelles et étatiques).

Le loup bientôt dans la bergerie de Bitcoin ?

L’annonce est surprenante car le lancement de cette carte de crédit et débit de Bitcoins se ferait en partenariat avec « une grande banque internationale » (dont on ignore encore l’identité…).
Avec le lancement d’une telle carte de paiement, qui ferait le lien entre virtuel et réel, Bitcoin serait finalement rattaché au système bancaire. Un virage en tête d’épingle pour la monnaie virtuelle ?

Ce partenariat est un non-sens d’un côté comme de l’autre : Bitcoin semble se tirer une balle dans le pied et perdre en crédibilité auprès de ses utilisateurs en s’adossant à une banque internationale, et on peut également s’interroger sur les motivations de la banque en question : les banques ont jusque là été très hostiles à l’égard de bitcoin et ses transactions anonymes, quasi intraçables…

Finalement, le grand gagnant dans cette histoire (si tant est que l’offre fonctionne auprès des utilisateurs) serait bien BitInstant, le fournisseur de la carte : la carte de paiement couterait 10 dollars et les commissions à la transaction s’élèveraient à 1 % !

Cette annonce n’a fait que renforcer notre scepticisme envers les monnaies virtuelles, Bitcoin semble avoir perdu ici le seul intérêt (paiement alternatif qui échappe aux banques) qu’on pouvait bien lui prêter…

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  1. Je ne partage pas la conclusion de l’article.

    Petite précision d’abord, ce sera une carte de débit, pas de crédit. La réversibilité des transferts est impossible avec le bitcoin, ce qui rend trop risquée la gestion d’une carte de crédit.

    La sortie d’une carte de ce type n’invalide pas le fonctionnement actuel du bitcoin; elle ne fait qu’ajouter une méthode alternative, plus user-friendly. Ceux qui souhaitent conserver leur anonymat (relatif d’ailleurs) peuvent le faire avec les clients actuels, pour ordi ou pour mobile.

    C’est certainement trop tôt pour le dire, mais la réaction des 2 banques concernées peut aussi être évaluée autrement: « if you can’t beat them, join them ». Bitcoin est une monnaie p2p, et on sait à quel point cette technologie est résiliente malgré les innombrables tentatives de l’éradiquer. Il ne s’agit de toute façon pas d’une acquisition, ce qui est impossible. Le bitcoin continuera ou non à vivre, indépendamment de la position des banques.

    1. Je doute que ne serait-ce qu’une seule « banque internationale » en soit déjà a l’étape de résignation face a un tout petit petit challenger.

      Le systeme bancaire est pourri jusqu’a l’os, gangréné. Si bitcoin s’y rattache ils ont tout a y perdre.

      Le délivrement d’une carte de débit veut dire que dorénavant il y’aura une interface entre bitcoin et les banques traditionnelles, or la force de bitcoin est justement de vouloir en finir avec le systeme monétaire traditionnel. Accepter un compromis c’est plutôt un aveu de faiblesse de bitcoin qu’une victoire …

  2. Il y a pas mal de confusion dans cet article.
    Le bitcoin est une monnaie détachée des monnaies traditionnelles. Une carte de payement permettra de faire la transition entre le bitcoins et les achats dans d’autres monnaies. cette carte va permettre une utilisation plus grande des bitcoins, c’est donc un point positifs pour cette monnaie.

    Bitcoin ne serait pas du tout « rattaché au système bancaire ». C’est juste une entreprise privée (bitinstant) qui refera le changement des bitcoins vers des euros si le marchand ne propose pas le payement directement en bitcoin.

  3. Je veux pas être méchant mais il serait bien de se renseigner un peu mieux avant de faire un article sur un sujet.

    Ok, let’s got:
    « Elles sont en fait, au même titre que toute monnaie papier, soumises à la spéculation, elles posent de sérieuses questions en termes de sécurité (piratage) »

    En quoi la monnaie bitcoin est plus soumise à la spéculation que l’or ou l’argent (ou l’euro,…)? Non vraiment.
    On peut voler de l’or ou un portefeuille, on peut pirater des bitcoins et les voler, même chose, où est la différence?

    « Ce partenariat est un non-sens d’un côté comme de l’autre : Bitcoin semble se tirer une balle dans le pied et perdre en crédibilité auprès de ses utilisateurs en s’adossant à une banque internationale, et on peut également s’interroger sur les motivations de la banque en question : les banques ont jusque là été très hostiles à l’égard de bitcoin et ses transactions anonymes, quasi intraçables… »

    Bitinstant est une compagnie qui fournit aux utilisateurs le service de faciliter l’échange entre la monnaie Bitcoin et les autres monnaies étatiques. Elle ne représente pas Bitcoin, elle l’utilise comme nombre d’autres compagnies.
    Pour prendre une anologie avec l’or, c’est comme si une compagnie vous permettait d’envoyer de l’or à leur adresse, et se chargeait d’instantanément convertir cet or en monnaie étatique pour que vous puissiez dépenser cet or chez des marchands qui n’accepte que la monnaie officielle locale. Evidemment ce n’est pas possible avec l’or qui a une existence physique, mais c’est possible avec les bitcoins qui sont une représentation digitale transmissible par internet.

    Autrement dit, ce que fait Bitinstant n’est que d’augmenter la valeur des bitcoins en tant que monnaie, en facilitant leur utilisation auprès de n’importe quel marchand dans le monde. Combiné aux autres propriétés des bitcoins (à savoir une quantité totale en circulation future fixe, déterminée à l’avance ), un fonctionnement en P2P qui le rend immune aux attaques des gouvernements (pas de « point of failure » central) contrairement à l’or, et un anonymat possible qui fait que les bitcoins sont un paradis fiscal à eux seul, et vous n’aurez pas de mal à imaginer le future brillant qui attend Bitcoin.

    Si vous voulez plus d’information à propos des bitcoins afin d’éviter de débiter des bêtises à l’avenir, contacter moi raphbot at gmail dot com

  4. Intéressant.
    Je doute que bitcoin arrive à trouver un intérêt pour un public plus large que celui des libertariens technophiles et des consommateurs de drogues, mais qui sait ?

  5. « Bitcoin serait finalement rattaché au système bancaire »;
    « Bitcoin semble se tirer une balle dans le pied ».

    Inepte.

    Si une banque se lance dans le commerce de l’or, direz-vous également:

    « L’or serait finalement rattaché au système bancaire » ?
    « L’or semble se tirer une balle dans le pied » ?

    Vous n’avez même pas cherché à savoir de quoi vous parlez.

  6. Votre article, de part les âneries qui sont débitées, fait grand tort à l’image de Contrepoints.
    D’ordinaire on vous pardonne à peine votre promotion à peine dissimulée de votre société « AuCoffre.com » (heureusement au milieu d’autres éléments intéressants), mais là, c’est une étape de plus qui est franchie. Vous tentez de discréditer un concurrent (le système bitcoin) sur des arguments fallacieux, qui pourraient tout autant s’appliquer à votre propre carte de paiement basée sur l’or que vous avez lancée en grande pompe (avec des frais de transaction beaucoup plus élevés à 3%, un dépôt étant presque forcément réalisé dans l’optique d’une transaction sur ce type de carte).
    J’espère que le comité éditorial de Contrepoints saura prendre les mesures qui s’imposent pour ne pas sombrer dans la nullité journalistique des grandes publications nationales. Ce serait dommage, vu les articles de grande qualité que j’ai tant plaisir à y lire, de h16, Baptiste Créteur, Vincent Bénard et George Kaplan en particulier.