Secret de la confession : au-dessus de la loi, la conscience

OPINION : sauf à faire des citoyens des moutons obéissant aveuglément, il est clair qu’il y a toujours au-dessus des lois la conscience des hommes.

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Secret de la confession : au-dessus de la loi, la conscience

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 12 octobre 2021
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Par Jean-Yves Naudet.

La récente polémique sur le secret de la confession et l’affirmation de la classe politique suivant laquelle il n’y a rien au-dessus des lois de la République méritent une réflexion sur ce grave sujet, d’autant plus que le problème a été soulevé à propos des crimes de pédophilie dénoncés par la commission Sauvé.

Il convient de distinguer le débat général (n’y a-t-il rien au-dessus des lois de la République) du cas particulier du secret de la confession.

Antigone face à Créon

Dire qu’il n’y a rien au-dessus des lois de la République est évidemment faux. Au-dessus de toutes les lois, il y a la conscience. Ce débat est vieux comme le monde et c’est celui d’Antigone face à Créon : elle veut enterrer son frère, les lois s’y opposent compte-tenu des circonstances de sa mort, mais elle veut quand même le faire, même si pour cela elle risque la peine de mort, parce que c’est une obligation morale d’enterrer son frère, au nom « des lois non écrites et immuables des dieux ».

Sans parler des États totalitaires, où la réponse est encore plus évidente, même dans des États de droit et des démocraties la question du conflit entre loi et morale ou conscience se pose, sans même évoquer le cas, soulevé par un président de la République, de la « force injuste de la loi ». La République a toujours accepté le droit à l’objection de conscience dans un certain nombre de cas, lorsqu’il y a conflit entre la loi et la conscience du citoyen. Après tout, bien des personnages que la République honore comme des héros se sont opposés à la loi, au nom de principes supérieurs.

Sauf à faire des citoyens des moutons obéissant aveuglément, il est clair qu’au-dessus des lois il y a la conscience des hommes. Bien entendu, pour être pacifique et harmonieuse, la vie en société nécessite qu’en règle générale les citoyens respectent la loi, mais il peut y avoir des cas où une conscience éclairée doit pouvoir aller au-delà de la loi et s’y opposer si la morale ou le droit naturel l’exigent. Les hommes politiques ont donc eu tort de répondre aux hommes d’Église qu’il n’y avait rien au-dessus de la loi de la République.

Le secret de la confession en question

Pour autant, les hommes d’Église ont-ils eu raison en opposant le secret de la confession aux lois de la République ? Le sujet est complexe et doit être abordé avec prudence. D’une manière générale, comme tout secret professionnel, le secret de la confession s’impose. Sauf exception prévue par la loi, trahir ce secret est d’ailleurs puni par le Code pénal.

Dans le cas de la confession, ce secret offre un espace de liberté et de dialogue, non seulement entre le confesseur et le pécheur, mais aussi entre le confesseur et le criminel : faire réfléchir celui-ci sur la gravité de son acte ne peut qu’être utile à la société, au-delà de l’aspect strictement religieux du sacrement de réconciliation.

La question n’est donc pas celle du principe général du secret de la confession, mais d’éventuelles exceptions, comme cela existe pour les autres secrets professionnels. En l’état actuel du droit canon, c’est interdit au confesseur, mais cela mérite réflexion.

Un premier cas est celui où c’est la victime, en l’occurrence un enfant, qui dénonce les violences dont il est victime dans le cadre d’une confession. Ici, le dialogue peut permettre de convaincre l’enfant de dénoncer publiquement ce crime. Mais si ce n’est pas le cas, au-delà de ce que pourraient dire les spécialistes du droit canon, il me semble que le secret concerne les péchés -les crimes en l’occurrence- avoués par l’auteur des faits. L’enfant qui vient se confier ne dénonce pas ses crimes, mais ceux de son agresseur. En toute logique, le secret de la confession ne devrait pas s’appliquer dans ce cas, et la priorité est de porter assistance à une personne en danger.

Reste le cas du pédo-criminel qui viendrait se confesser. Compte-tenu du principe du secret, on ne sait pas si le cas s’est produit, mais il est probablement rarissime : ce type de criminel a rarement conscience de son crime et doit probablement peu se confesser.

Là aussi le dialogue avec le confesseur peut aider. L’absolution n’étant pas automatique, elle peut être conditionnée au fait de réparer si possible sa faute (par exemple en rendant l’argent en cas de vol), ou de se dénoncer à la justice en cas de crime. Mais si ce n’est pas le cas ? L’Église avance alors le respect inconditionnel du secret.

Au contraire, la commission Sauvé prévoit de faire une exception unique, comme pour tout secret professionnel, dans le cas de violences sexuelles sur un mineur :

Recommandation N° 8 in fine

« Relayer, de la part des autorités de l’Église, un message clair indiquant aux
confesseurs et aux fidèles que le secret de la confession ne peut déroger à l’obligation, prévue par le Code pénal et conforme, selon la commission, à l’obligation de droit divin naturel de protection de la vie et de la dignité de la personne, de signaler aux autorités judiciaires et administratives les cas de violences sexuelles infligées à un mineur ou à une personne vulnérable ».

Comment résoudre cette contradiction entre le droit de l’Église et la proposition Sauvé ? Il me semble que celle-ci donne la solution en évoquant le « droit divin naturel de protection ». Car on se retrouve dans le même cas qu’évoqué ci-dessus à propos des lois de la République.

De même qu’il y a la conscience au-dessus des lois de la République, il me semble qu’au nom du droit naturel existe aussi la conscience de protection des plus fragiles, au-dessus du droit canonique.

Certes, pour les croyants l’Église est l’Église de Dieu, mais le droit de l’Église, lui, est rédigé par des hommes en lien avec leur foi et leurs croyances. Mais lorsqu’il y a, dans ce cas rarissime, une contradiction évidente entre le code de droit canonique et le danger gravissime pour l’enfant, s’impose alors ce que la commission Sauvé nomme alors le droit divin naturel : il faut sauver l’enfant.

Je sais que cela ne sera pas sans conséquences et détournera peut-être certains criminels de la confession, faisant perdre une opportunité de les faire réfléchir sur leurs crimes. Mais entre un danger réel et immédiat, certain, et un hypothétique inconvénient futur et incertain, encore une fois la conscience impose de sauver l’enfant en dénonçant le criminel.

Cela doit-il passer par la décision individuelle de conscience du confesseur ou par une dérogation exceptionnelle, au cas par cas, de la hiérarchie ou par une modification du code de droit canonique, comme le suggère la commission Sauvé, je ne sais pas. Cette analyse me vaudra sûrement de vives critiques de la part de certains de mes coreligionnaires. Mais je ne vois pas, en conscience, comment soutenir que la conscience est supérieure aux lois de la République et en même temps qu’elle ne serait pas supérieure au droit canonique !

Pour moi, la loi naturelle, a fortiori dans une conception religieuse, est supérieure à toute loi humaine, civile ou canonique, lorsqu’il s’agit des « lois non écrites et immuables des dieux ».

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  • Les églises, très impliquées dans le temporel, se situent toujours au-dessus des lois en se prévalant d’une légitimité divine : la monarchie était de droit divin ne l’oublions pas. Mais attention, comment contester la charia en admettant, dans le même temps, la suprématie de règles catholiques sur celles de l’État ?

    • Cépapareil, eux c’est les méchants.

      • L’Etat n’a à contester ni la charia, ni les rites de l’Eglise catholique, ni quelque croyance que cela soit. Il a simplement à défendre les droits fondamentaux des individus. Une personne a le droit fondamental de se taire, par contre, elle n’a pas le droit fondamental de battre son épouse sans son consentement.

  • Qu’en est-il du droit au secret des avocats ? Il faudra aussi l’abolir ?

  • Et si l’on discutait plutôt du principe même de la confession ?
    A quoi ça sert, sinon à aider à supporter le poids des remords ?
    Et donc a-t’on le droit moral de ne pas divulguer un crime lorsqu’on en a obtenu l’aveu ?

    • L’aveu n’est-il pas obtenu contre la promesse du secret ?

      • Non, il est obtenu contre l’absolution.
        Très pratique, pour soulager sa conscience à moindres frais, non ?

        • Un pharmacien vendra une substance euphorisante pour soulager un mal dont il ne connaîtra pas la cause.
          Faut-il remettre en cause ces marchés du mieux être ?
          Même sans les apprécier, cette volonté de notre ministre de fonctionnariser les pratiques des curés interroge…

      • Il est obtenu contre l’absolution ET la promesse du secret …

  • Si la garantie du secret est caduque, le délinquant qui se confesse ne se confessera plus et ne recevra plus les conseils qu’il recherche pour sortir du cycle infernal.
    Il appartient au confesseur de refuser l’absolution tant que le coupable n’a pas réparé, en l’occurrence en se dénonçant et en se faisant traiter.
    Si la victime se confesse, il appartient au confesseur de lui confirmer son innocence et de la convaincre de dénoncer l’agresseur ou à défaut de lui répéter son témoignage informellement (hors confession) pour qu’il puisse le révéler à qui de droit.

  • Je suis athée et je partage complètement ce point de vue. La liberté de conscience individuelle est au-dessus de toutes les lois : républicaines ou divines…

    • Chaque individu (à l’exception de quelques relativistes) défend la supériorité de son système de valeurs, mais le processus judiciaire ne peut en tenir compte sans s’annuler lui-même.

  • Il n’existe aucune loin non écrite et immuables des dieux. Les religions sont toutes basées sur la crédulité des gens. Et elles les exploitent.
    La conscience des hommes est indépendante de la religion : même une personne athée ou laïc a une conscience.
    Un religieux qui confesse un prêtre pédophile en se taisant, n’est absolument pas humaniste au sens religieux du terme. Surtout que ce silence n’a pour objectif que la protection de son institution et non celle de la victime.

    • Il existe pourtant bien des lois naturelles, sur lesquelles reposent toute la science.

      Et la conscience répond aussi à une logique que l’on peut retrouver plus ou moins dans toutes les civilisations.

      La confession catholique me pose aussi un problème moral, mais je trouverai encore plus immoral que l’Etat puisse forcer quelqu’un à révéler un secret, car après, vous ne pouvez plus vous opposer à la torture, dont c’était le but premier.

    • Oui, et pour ce qui est de la confession ce qui est exploité est non seulement la crédulité, ce qui ne serait pas si grave, mais c’est surtout l’hypocrisie …

      • D’autant plus que cela fait des siècles que les protestants ont dénoncé ces dérives. Mais, les papes n’en ont cure…

  • le secret de la confession est un point qu’il n’est tout simplement pas discutable :

    Catéchisme du Concile de Trente ». Chapitre 23 Section 6

    Mais comme il n’y a personne qui ne désire très vivement cacher ses crimes et la honte de ses fautes il faut avertir les Fidèles qu’ils ne doivent craindre en aucune façon que le Prêtre à qui ils se seront confessés révèle jamais à personne les péchés qu’ils lui auront fait connaître, ni qu’il puisse jamais leur arriver aucun mal par suite de la Confession. Les lois et décrets de l’Eglise veulent que l’on sévisse de la manière la plus rigoureuse contre les Prêtres qui ne tiendraient pas ensevelis dans un silence éternel et sacré tous les péchés qu’ils auraient connus par la Confession. Aussi lisons-nous dans les actes du Concile général de Latran: « Que le Prêtre tremble de jamais trahir le pécheur par un mot, -par un signe, ou de toute autre manière. »

    « Catéchisme de l’Eglise Catholique ».

    1467 Étant donnée la délicatesse et la grandeur de ce ministère et le respect dû aux personnes, l’Église déclare que tout prêtre qui entend des confessions est obligé de garder un secret absolu au sujet des péchés que ses pénitents lui ont confessés, sous des peines très sévères (CIC, can. 1388, §1; CCEO, can. 1456). Il ne peut pas non plus faire état des connaissances que la confession lui donne sur la vie des pénitents. Ce secret, qui n’admet pas d’exceptions, s’appelle le  » sceau sacramentel « , car ce que le pénitent a manifesté au prêtre reste  » scellé  » par le sacrement.

    C’est une des limites de cette CIASE : ne pas avoir d’ecclésiastique parmi ses membres (au moins un) : cela lui aurait évité de faire des recommandations inapplicables.

  • Les Confesseurs doivent respecter jusqu’à la mort le secret de la confession. C’est une prescription de l’Eglise, pas divine comme certains le disent. La possibilité de lever ce secret, comme le réclament les « théologiens » du ciase, autodétruirait la confession comme modalité d’application du sacrement de la Pénitence, puisqu’elle conduirait à dissuader chaque pénitent de se confesser. C’est donc inapplicable et néfaste.
    Par ailleurs, de quel droit ces membres du ciase proposent-ils des solutions allant jusqu’à la démission collective des évêques, qui seraient alors remplacés par qui? …des prêtres diocésains garantis non impliqués dans ces pratiques ?
    Je pense aussi que les chiffres de centaines de milliers de victimes ne correspondent pas à la réalité mais sont le résultat d’extrapolations statistiques de résultats obtenus par les méthodes des « quota ». Ils n’ont qu’une valeur indicative. Les seuls chiffres réels sont les nombres d’interviews réalisés. Finalement, il serait plus sérieux de présenter les différents degrés des atteintes sexuelles allant des simples caresses non sexuelles, aux attouchements de plus en plus précis, aux demandes de caresses diverses du pédophile et finalement au viol caractérisé. A partir de quel degré y a-t-il crime?

  • Cher Jean-Yves,
    Il me semble que la DSÉ (Doctrine Sociale de l’Église), sur laquelle tu as écrit un certain nombre d’ouvrages, éclaire formidablement le sujet que tu abordes.
    Pour mémoire, cette doctrine est composée de 6 principes et 4 valeurs (vérité, liberté, justice, amour).
    Le principe de base, socle de la doctrine, est le principe personnaliste, ou principe de la dignité de la personne humaine. Un de ses énoncés figure à l’article 135 du Compendium (i.e. résumé) de la DSÉ : L’homme ne peut tendre au bien que dans la liberté que Dieu lui a donnée comme signe sublime de son image: « La dignité de l’homme exige donc de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure » (Comp., 135, qui reprend la constitution pastorale « Gaudium et spes », 17).
    La DSÉ explique donc clairement que le recours à la contrainte ne respecte pas la dignité humaine. Le compendium enfonce le clou en ses articles 155 (« Tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit … ») et 421 (« Afin que cette liberté voulue par Dieu et inscrite dans la nature humaine puisse s’exercer, elle ne doit pas être entravée, étant donné que « la vérité ne s’impose que par la force de la vérité elle-même ». La dignité de la personne et la nature même de la recherche de Dieu exigent pour tous les hommes l’immunité de toute coercition (…) La société et l’État ne doivent pas contraindre une personne à agir contre sa conscience, ni l’empêcher d’agir en conformité à celle-ci ».
    Dès lors, il apparaît clairement, me semble-t-il, que la loi des hommes, mise au point et imposée par la contrainte, par quelques-uns d’entre eux, à la population, n’a aucune légitimité au regard de la DSÉ. Alors que ni le droit canonique, ni la confession ne sont imposés à quiconque par la contrainte.

  • de toute façon, il suffit d’utiliser les confessionnaux : le prêtre ne peut que difficilement reconnaître le pécheur qui peut ainsi être anonyme.

  • Le secret de la confession, heu, celui qui a inventé ça ne devait pas avoir toute sa tête, mais, est-ce que cela existe vraiment, l’église n’a t elle pas inventé ce truc pour contrôler ces ouailles ? Jadis, le cure, important personnage qui grace à ça était au courant de tout…. Et le secret des communications téléphoniques, par e-mail, même le courier est sous contrôle, ça existe ?

  • D’un point de vue libéral, le droit naturel d’un individu est le seul droit moral et donc légitime, alors que les droits positifs instaurés par les Etats sont illégitimes.

    Or, il est dans le droit naturel d’un individu de garder un secret, l’Etat n’a donc aucune légitimité à exiger de connaître le moindre secret d’un individu, même si cela serait soi-disant pour le bien collectif.

    Dans la pensée libérale, l’intérêt collectif n’est que la somme d’intérêts individuels, on ne peut donc pas opposer l’intérêt collectif à l’intérêt individuel. Dès lors que l’on viole un intérêt individuel, cela revient à violer l’intérêt collectif.

    Toute la stratégie des collectivistes est de tenter de justifier le viol du droit individuel au nom de l’intérêt collectif. Le problème, c’est qu’on ne peut jamais démontrer pleinement le bénéfice de l’intérêt collectif (ni pour le vaccin, ni pour la confession, ni pour l’écologie, etc), par contre, on peut facilement démontrer que le viol du droit individuel engendre toutes les dérives: spoliation (via les amendes, taxes et impôts), discrimination (via le passe), violences physiques (via l’obligation du masque, les limitations au droit de réunion), et certains appellent déjà au retour de la torture ou de la mise à mort.

    L’Etat n’a donc aucun droit de s’immiscer dans une confession entre deux personnes. Cela ne veut pas dire que je soutiens pour autant le rite de la confession catholique, car sans entrer dans un débat théologique, ce rite s’oppose à l’enseignement du Christ de demeurer dans la lumière, ce rite est un leurre pour le confessé, et une charge lourde à porter pour l’ecclésiastique.

    Enfin, pour ceux qui se posent la question, le droit naturel autorise aussi à un musulman de considérer que la charia est au-dessus de toute autre loi. Mais si en appliquant la charia, le musulman viole à son tour un droit naturel, là l’Etat peut le sanctionner pleinement, non pas parce qu’il a suivi la charia, ce qui ne sera pas non plus une circonstance atténuante, mais parce qu’il a violé un droit naturel.

    • La doctrine des droits naturels est une métaphysique, elle ne fait pas consensus au sein des libéraux.

      • La doctrine des droits naturels est la base du libéralisme classique. Sans cette doctrine, le libéralisme ne repose sur rien et peut alors désigner tout et n’importe quoi. D’ailleurs, c’est ce qui est arrivé de l’autre côté de l’atlantique où les démocrates sont appelés « libéraux ».

        • Il est vrai qu’historiquement les premiers auteurs libéraux adhèrent à la doctrine des droits naturels, ils sont aussi tous religieux.

          Cela ne signifie pas pour autant qu’une telle doctrine puisse nous préserver des dérives, ni que ce soit le seul fondement possible à la liberté.

          • Ce n’est même pas qu’ils aient adhéré à une doctrine, mais plutôt qu’ils avaient besoin d’une base rationnelle, fiable, objective et légitime pour savoir comment appliquer la liberté.

            Le droit naturel n’est pas le seul fondement possible, mais tous les autres fondements sont des droits positifs. Et les droits positifs ne sont ni objectifs, ni rationnels, ni fiables, ils changent au gréé des époques, des mœurs, des modes, etc, ils finissent tôt ou tard par être destructeurs.

            A l’inverse, le droit naturel va dans le sens de la nature, qui elle-même repose sur des règles immuables, grâce auxquelles la vie continue de perdurer. Le droit naturel évite les dérives par rapport à l’ordre naturel établi.

            Par contre, comme la nature n’est pas parfaite, le droit naturel ne permet que de maintenir un monde imparfait, il est donc bien moins séduisant que les droits positifs qui en échange d’une perte significative de liberté individuelle font miroiter un monde meilleur que le monde naturel. Évidemment, c’est de la pure utopie, et cela aboutit toujours à de la destruction.

  • Ton article dans Contrepoints de ce jour est vraiment remarquable d’une part sur le plan du raisonnement, de la logique, de la rationalité et de la compréhension de la nature dont l’être humain a été doté mais en outre au-delà de tous les textes du monde et arguties de catholiques sans coeur tu places au dessus de tout l’enfant à jamais blessé par le crime MONSTRUEUX d’un écclésiastique pendant que d’autres en sont à une pauvre exégèse des textes.
    Là où certains discutent un mot tu mets de l’humain et incorpore à la fois le chagrin des crimes commis par des représentants de Dieu ordonnés à cette fin, et la pitié que l’on doit aux victimes à côté de laquelle rien ne compte.
    En toute amitié,
    Serge Schweitzer.

  • Tout à fait intéressant. Merci pour cet article.

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