Conférence Surfin’ Bitcoin à Biarritz

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Il ressort de cette conférence que Bitcoin est le genre de révolution dont nous avons besoin et qu’elle est bel et bien en cours. Explorations.

Par Brice Rothschild.

En cette fin de mois d’août, des centaines de bitcoineurs du monde
francophone étaient rassemblés jeudi et vendredi dernier à Biarritz à
l’occasion de la conférence Surfin’ Bitcoin organisée par StackinSat. Un
événement s’adressant aussi bien aux entrepreneurs, qu’aux experts et
aux débutants.

En voici quelques morceaux choisis en toute subjectivité.

Réseau Lightning

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En ouverture, Yorick de Mombynes a commencé par la face nord avec une
explication du très complexe réseau Lightning, technologie permettant de
passer Bitcoin à l’échelle pour être capable de gérer des milliers de
transactions par seconde.

À cette fin, Yorick a utilisé l’image du boulier symbolisant un canal de paiement où les boules s’échangent entre ses utilisateurs sans que la chaîne de blocs de ces échanges de boules (vous me suivez ?) n’en soit encombrée. Enfin, c’est un réseau de ces bouliers qui permet un jeu de compensation de proche en proche entre des millions de participants.

Si vous n’avez rien compris à mon résumé, ce n’est pas grave car Nicolas
Burtey a montré combien il était facile d’utiliser le réseau Lightning,
d’une part par une démonstration en direct d’une transaction entre deux
téléphones et d’autre part par le récit de sa contribution à
l’utilisation de Lightning au quotidien par toute une ville du Salvador.

Le Salvador qui fait maintenant le pari de l’adoption de Bitcoin dont
l’intérêt pour sa population largement non bancarisée est double :
faciliter les paiements et développer l’épargne.

Sur un aspect plus fondamental, Gilles Cadignan nous a expliqué en quoi
Bitcoin était un animal si spécial dans la jungle des cryptomonnaies.
Pour spécial, il l’est car il le compare à un Tardigrade, animal peu
spectaculaire mais résistant aux assauts incessants d’un milieu d’une
hostilité extrême.

En effet, Bitcoin fait peu de choses mais le fait bien, limitant sa surface d’attaque par un code aussi simple et stable que possible. Ceci contraste avec Ethereum sur lequel Kevin Loaec est brièvement revenu. Il a illustré l’instabilité de cette cryptomonnaie
pourtant très en vue, par l’annonce sur un ton sarcastique qu’elle venait de connaître un nouveau hard fork, c’est-à-dire un changement de ses règles de consensus sans rétrocompatibilité.

Ferghane Azihari a contextualisé Bitcoin dans l’histoire de la monnaie en attirant l’attention sur l’abus de l’État dans les affaires monétaires. Faisant un panorama de la gloire perdue des monnaies privées et de l’étalon or, à la décadence rapide des assignats et celle plus lente mais réelle de l’euro, Ferghane cite Mirabeau : « Tout
papier-monnaie est une orgie du despotisme en délire ! ».

Il conclut que ce qui change avec Bitcoin, c’est que « l’environnement institutionnel sûr » nécessaire à une monnaie est en quelque sorte intégré au protocole Bitcoin. Cela fait écho aux propos de Julien Guitton quand il parle de cryptographie comme réglementation plus puissante que la réglementation étatique.

Richard Détente, de Grand Angle, a fait un passage pour montrer qu’après étude des autres placements possibles, Bitcoin était à placer dans son portefeuille y compris dans celui de votre mamie.

D’autres experts en finance, tels que Philippe Herlin et Nicolas Chéron y ont vu également un investissement de long terme à considérer, soulignant l’extraordinaire danger des politiques des banques centrales pour l’épargne.

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Une partie de la conférence a été consacrée aux enjeux écologiques en
vertu desquels Bitcoin est sur le banc des accusés à cause de sa
consommation énergétique.

Sébastien Gouspillou et Pierre Noizat ont rétorqué que l’industrie du minage de bitcoins était au contraire un bienfait écologique car en ciblant l’achat des surplus de production électrique pour lesquels elle peut obtenir un bon prix, elle crée un
prix plancher de l’électricité, ce qui est particulièrement intéressant pour la rentabilité des énergies renouvelables qui sont souvent intermittentes. Aussi, le minage est opérationnel et rentable dès aujourd’hui alors que les technologies de stockage énergétiques ne le sont en général pas, malgré les fantasmes qu’elles suscitent.

Enfin, Olivier Babeau a raconté les grandes révolutions technologiques
de l’histoire de l’humanité, de l’agriculture à l’informatique en
passant par l’écriture et l’imprimerie. Il conclut en citant Victor Hugo
: « Le progrès n’est rien d’autre que la révolution faite à l’amiable ».

Il ressort de cette conférence que Bitcoin est en effet le genre de
révolution dont nous avons besoin et qu’elle est bel et bien en cours.

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