France Inter en grève : écoutez la différence

Le regard de René Le Honzec.

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Bon, je ne vais pas faire de commentaires sur ce qui m’intéresse le plus dans les médias, l’info, sur France Inter. Le fameux slogan « écoutez la différence » ayant parfois été brocardé en « écoutez la déférence ». Chacun sait que Patrick Cohen peut donner des leçons d’objectivité -de gauche, pléonasme- comme par exemple à l’innommable Taddéï, qui invite des personnalités que Cohen désapprouve. A titre personnel, je regrette la disparition de Daniel Mermet, qui, avec son archéo-communisme me rappelait la raison de mes engagement. Mais, bon, nous autres libéraux, comme vous le savez, sommes à fond pour les médias d’État, que celui-ci possède radios et chaîne télés est le signe de la robustesse de la liberté culturelle en notre doux pays ultra-libéral.

Non, je vais réagir, bêtement, en contribuable joyeux de l’être, pénétré de la justesse de nos 241 taxes et impôts (chiffres 2006) pour engraisser une armée de fonctionnaires avides de nous servir. Et là, je suis un peu déçu : d’après le rapport de la Cour des Comptes (mon livre de chevet avec les Fables de La Fontaine), quelques sous se seraient égarés dans les mille bureaux et 67 studios d’enregistrement sur 100 000 m2. Ne mégotons pas, faut ce qu’il faut : 640 millions de budget. D’autant que la qualité est au rendez-vous, avec ces émissions que le monde entier nous envie, mais moins les auditeurs français qui sont toujours aussi accrocs à NRJ. Tant qu’à écouter des konneries…Mais est-il normal d’apprendre que le PDG de Radio France était logé dans un gourbi qu’il a fallu retaper pour 100 000 euros ? c’est dire l’indigence dans lequel le malheureux trimait ! Sans doute parce qu’il n’est guère aimé par ses ouailles,dit-on, ils l’auront relégué dans un cul-de-fosse.

Les chiffres, vous les trouverez chez des confrères compatissants. Je me contenterai de relever que les dépenses ont augmenté de 30% en 10 ans, celles de France Inter de 43 millions à 53. Signe d’une bonne santé économique basée sur la saine dilapidation des 90% de taxes qui alimentent le pactole. La qualité remarquable des émissions s’explique par l’embauche d’une armée mexicaine de de CDI et de CDD, journaliste et intermittents.

Allons, j’arrête. Radio France, c’est un bordel organisé qui vise à dilapider l’argent pour entretenir des corporatismes (115 attachés de production pour un besoin évalué à 59 ; binôme des techniciens dépassé, deux fois plus nombreux à France Inter qu’à France info), une bureaucratie et une irresponsabilité érigée en système. Citrouille sur le gâteau : personne ne sera inquiété pour les « réparations » de la maison Radio France, passée de 175 millions à 584 millions, et ce n’est pas fini…

Radio France, comme son nom l’indique, c’est l’État français, avec tous ses défauts et ses dérives.