Deux visages de La Havane

Beaucoup d’habitants de La Havane ont trouvé dans de nouveaux quartiers réhabilités un ilot de confort et de beauté, loin de la réalité si dure, si étouffante

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Deux visages de La Havane

Publié le 28 septembre 2011
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Beaucoup d’habitants de la Havane ont trouvé dans de nouveaux quartiers réhabilités un ilot de confort et de beauté : une nouvelle Havane, loin de celle si dure, si réelle, si étouffante.

Par Yoani Sánchez, depuis La Havane, Cuba

Basílica menor San Francisco

Une amie me raconte que lorsqu’elle se sent accablée par le quotidien, elle se rend dans la Vieille Havane. Elle prend son sac et se dirige vers ces rues réhabilitées qui lui rappellent Barcelone, où ses deux fils ont émigré il y a vingt ans. « Je reste là à regarder les clochers et les palais en m’imaginant que je ne suis plus ici » explique-t-elle un peu mélancolique. Mais immédiatement elle me dit en souriant : « Est-ce que tu as remarqué que même les vendeurs des rues du quartier disent ‘pop corn’ au lieu de ‘maïs grillé’ et crient ‘les news’ et non ‘le journal’ ? »

Comme elle, beaucoup d’habitants de la Havane ont trouvé dans ces nouveaux quartiers réhabilités un espace pour se promener, amener ses enfants, s’asseoir à l’ombre d’un bougainvillier. Ce qui n’était il y a dix ans qu’une zone en ruines est aujourd’hui un ilot de confort et de beauté, même si autour des milliers d’habitants transportent encore l’eau dans des seaux ou vivent entre les madriers qui soutiennent leur toit.

Avant-hier je me suis rendue dans cette ville coquette et touristique, avec partout des églises et des rues pavées. Je suis restée quelques heures dans un de ses lieux les plus remarquables : la basilique mineure du couvent de Saint François. Salle voutée où les instruments de musique résonnent comme s’ils étaient dans notre tête. L’endroit était plein à craquer et à six heures précises a débuté le Concerto en mi mineur pour violon et orchestre de Bach. Ensuite les excellents musiciens de l’orchestre de chambre de la Havane ont joué Mozart et terminé avec la Simple Symphonie de Benjamin Britten. Le clou de l’après midi a été la présence du violoniste Evelio Tiels qui arrivait juste, plein d’énergie, de Tarragone où il habite et compose.

Quand je suis rentrée de ce voyage dans une autre dimension, mon immeuble de modèle yougoslave m’a paru encore plus laid et gris. Les cris des gens sur les balcons sonnaient faux et au lieu des tours du XVIIIe siècle c’est l’énorme réservoir d’eau de béton qui masquait la vue. J’ai pris l’ascenseur en essayant de garder en tête les dernières notes de la contrebasse et du violoncelle et la direction brillante du chef d’orchestre. Je me suis souvenue des échappées de mon amie et puis la porte s’est ouverte sur le 13eme étage : « des œufs, qui veut des œufs ! » criait une vendeuse illégale et j’ai réalisé que j’étais de retour dans mon autre Havane, si dure, si réelle, si étouffante celle-là.

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Sur le web
Traduction de Jean-Claude Marouby

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