De la difficulté d’obtenir des réponses

la-derniere-une-du-news-of-the-world

Dans sa bêtise, son étroitesse, sa cruauté et ses méthodes, le News of The World fut une honte à l’égard de la presse libre

Dans sa bêtise, son étroitesse et sa cruauté, aussi bien que dans ses méthodes, le News of The World fut une honte à l’égard de la presse libre. Personne n’aurait dû le bannir, certes, mais personne ne devrait regretter sa perte. Ce qui sortait de ses rotatives fut une grande déception pour ceux qui croient aux marchés libres dans leur capacité à émanciper les gens.

 

Il serait facile de rejeter Charles Moore quand,  dans son dernier article, il demande : « La gauche aurait-elle raison au fond ? » En fait, c’est même extrêmement facile, car il relève les failles dans ce que la droite appelle « le marché libre », que la gauche considère en fait comme un coup monté.

Pour être plus précis, malgré ce titre étonnant, c’est un article incohérent qui, autant que je peux en juger, montre le chemin mais ne nous mène nulle part.

Ceci mis à part, le simple fait que la question soit posée est intéressant. Rien ne va plus dans l’esprit de Moore, et il se débat avec l’idée que certaines de ses croyances bien ancrées seraient fallacieuses, et même fausses.

Mais il ne va pas plus loin que cela. Ce qu’il ne parvient pas à voir est que nous n’avons ni démocratie ni marché libre. Les forces dominantes dans cette société sont l’étatisme et le corporatisme où, comme toujours, les gens ordinaires n’ont que très peu à dire sur la façon de diriger une nation ou sur la nature des biens et services apportés.

Dans toute sorte de domaine, nous devons prendre ce qu’on nous donne, à un prix fixé sans réelle influence du marché. Et si ça ne vous plaît pas… tant pis pour vous !

Mais on se doit d’applaudir les commentaires de Moore sur News of The World. « Cela m’a surpris », écrit-il, « de lire de fervents défenseurs de la presse libre exprimer combien ils regrettent la fin de News of the World. »

Il ajoute :

Dans sa bêtise, son étroitesse et sa cruauté, aussi bien que dans ses méthodes, ce journal fut une honte à l’égard de la presse libre. Personne n’aurait dû le bannir, certes, mais personne ne devrait regretter sa perte. Ce serait un peu comme si des partisans de la démocratie parlementaire se lamentaient de la chute du BNP [NdT :  le British National Party (ou BNP) est un parti politique nationaliste du Royaume-Uni].

Ce fut un grand jour pour la presse quand, 25 ans plus tôt, M. Murdoch vainquit les syndicats d’imprimerie à Wapping, mais globalement, ce qui sortit des rotatives fut une grande déception pour ceux qui croient aux marchés libres dans leur capacité à émanciper les gens.

La droite s’est discréditée elle-même en couvrant tant de brutalité.

Et là repose notre énigme. Si le propriétaire, M. Murdoch – champion de la droite – s’avère être un colosse aux pieds d’argile, que nous reste-t-il ? Cette question reste sans réponse, et ce manque de réponse ajoute à l’incohérence de l’article. Et si Moore a du mal à en trouver, c’est aussi notre cas.

Ce que cela nous indique probablement, en revanche, c’est que certaines des certitudes disparaissent. Rien que cela représente une forme de progrès. En réalité, il est possible que nous allions de l’avant.

—-

Article repris depuis EU Referendum avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Traduction : Virginie Ngo.

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.