Les taxes se déchaînent au Bisounoursland

Taxe Toubon, taxe Marini : on n’en finit pas d’utiliser Internet comme une vache à lait

Dans la grande famille des insupportables Bisounours qui veulent notre bien coûte que coûte, vaille que vaille et que périssent les opposants dans les flammes du fisc, il serait dommage d’oublier Jacques Toubon. Rappelez-vous : il s’agissait de l’un de ces turbo-neuneus qui fut placé en potiche à la Culture histoire de grignoter des petits fours et s’y faire oublier mais qui avait eu l’initiative regrettable d’une loi qui porte encore son nom et nous fait passer pour des ringards sur le reste de la planète. Sortant de sa léthargie de sénateur bedonnant, il récidive dernièrement avec une nouvelle taxe.

Le secteur de la publicité est un secteur déjà largement investi par les Créateurs de Taxes Possibles. Le sous-secteur de la publicité en ligne est, lui, en pleine expansion et mordille généreusement dans les profits au point que les petits bruits de mâchoire ont sonné comme une alerte aux oreilles de notre législateur.

Suivant l’adage qui veut que tout ce qui prospère doit être taxé, on s’est donc employé à vite écrire un petit bout de loi pour calmer les bruits de mastication joyeuse. Le but ici est de suffisamment taxer pour occire une bonne fois pour toute la publicité en ligne et les entreprises qui en vivent pour, ensuite, les subventionner généreusement afin d’en sauver les emplois en passe d’être perdus.

Evidemment, on ne va pas cogner tout de suite avec de la grosse taxe à 20%. On va commencer piano, avec un petit pourcent de rien du tout. Mais vous verrez, dans quelques années, une fois la ponction confortablement installée, on pourra monter en puissance et mettre en route le compresseur d’appoint, et le gicleur avec turbine intégrée, ainsi que le grill multi-focale et l’arbre-à-cames ici et là. Un délice.

Tax Day

L’idée est donc ici de … bon… disons que l’idée exposée laisse dubitatif :

« Il faut faire prévaloir l’équité entre les différents supports de publicité. La publicité à la télévision comme dans la presse papier est soumise à taxation. Le statu quo entraînerait une distorsion de concurrence. »

Ben voyons. L’état ne pouvait pas laisser tranquille la pub en ligne puisqu’il cogne sur ses petits camarades, par ailleurs massivement subventionnés par ce même état qui les ponctionne – ami lecteur, trace au bic rouge le circuit de l’argent des poches des uns vers les poches des autres puis retour aux premiers et enfonce toi ensuite le bic dans l’œil.

Bien sûr, pour le sidéral abruti auteur de ce commentaire, « la taxation des annonceurs est la seule solution« , compte tenu de « la localisation hors de France des principaux vendeurs d’espaces publicitaires en ligne, tels que Google« .

Et qui diable a sorti ce vieil argumentaire moisi de trépané en roue libre ?

Philippe Marini !

Oui, le même Marini qui proposait il n’y a pas deux semaines d’instaurer la Taxe Orditernet de Redevance et de Gabelle Sur Les Appareils de Computation Moderne.

Le doute n’est pas permis : il y a des gens, en France, qui sont gravement dérangés et qui ne vivent que par et pour la taxation, qui ne souhaitent rien tant qu’aller piocher dans le portefeuille des autres. Il y a des gens dont le modus vivendi consiste à sniffer de la taxe à longueur de journées, taxoïnomanes impénitents qui s’en barbouillent le plastron sans même plus y faire attention, et qui n’ont plus aucune prise ni sur la réalité, ni sur eux-mêmes. L’œil fou et la bave aux lèvres, ils utilisent la totalité de leurs piètres capacités cervicales pour se lancer à l’assaut des possibles et trouver de nouveaux espaces où exprimer leur créativité taxicole.

On comprend que Toubon ait applaudit des deux mains : des idées pour collecter de l’argent gratuit, comme ça, sans effort, c’est du pain bénit pour un petit bonhomme jovial qui, comme beaucoup de ses compères, n’a jamais obtenu d’argent autrement qu’en allant le prendre dans la poche des autres.

Tiens, pour rappel, voici à quoi servent vos impôts :

A la limite, je vous proposerai bien de boycotter quelque chose, mettons cette cochonnerie de presse franchouille qu’on taxe et qu’on subventionne en même temps, par exemple, mais zut de zut de bordel de foutre de pompe à merde, on n’a plus le droit de boycotter non plus dans ce pays de loose infinie.

Ce pays est foutaxé.

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