Émeutiers britanniques : enfants d’une classe dirigeante en faillite

Publié Par Dr Richard North, le dans Non classé

Suite aux émeutes à Londres, comme d’habitude, on ne décèle aucune once de reconnaissance du problème parmi « la classe politique et intellectuelle britannique ».

Par Richard North, depuis Bradford, Royaume-Uni

La mémoire collective de la nation est aussi courte, que les pensées de « la foule » sont superficielles. Les « défavorisés » donnent dans la violence, et les médias se déchaînent avec des « racailles » par-ci et des « racailles » par-là.

La police et les politiciens, qui précédemment faisaient l’objet de mépris, deviennent instantanément les héros du moment. La soif de sang se fait sentir et en quelques heures les commentateurs professionnels et le public se rejoignent. Ils bavardent allégrement pour savoir si l’on doit utiliser des canons à eaux dans la rue, ou si l’armée doit intervenir pour tirer sur les manifestants. Et les enfants tirent de cette expérience une admiration béate envers ceux qui devraient savoir pourquoi il arrive de telles choses.

Theodore Dalrymple nous offre une vision alternative rafraichissante. Il écrit : « Les émeutes à Londres et ailleurs en Grande Bretagne sont le revers de la médaille d’une torpeur intellectuelle bien installée, d’une lâcheté morale, de l’incompétence et de l’opportunisme carriériste de la classe politique et intellectuelle Britannique. » La suite de ses observations est encore plus savoureuse :

Cette partie de la société qui se révolte est relativement pauvre, mais possède néanmoins tous les équipements électroniques nécessaires à la poursuite des principales activités de la vie ; en résumé, les divertissements de la culture populaire. Et quel exemple peut-on rêver de mieux que la culture populaire Britannique !

Peut-être Amy Winehouse en fut son plus pur produit et la plus pure représentation, dans toute sa splendeur vulgaire, militante et idéologique, de ses gouts idiots, de sa conduite personnelle infecte et de cet absurde apitoiement de soi.

Sa vie sordide fut une longue baignade dans le vomi, littéralement et métaphoriquement, et pour laquelle l’exercice de son talent mineur n’offre ni excuse ni explication. Cependant, on ne pouvait distinguer un seul piaulement de dissidence de la part de notre classe d’intellectuels après la cérémonie de son décès qui a failli tourner à la canonisation, et cela parce que cette classe a depuis longtemps la colonne vertébrale d’un mollusque.

Mais, comme d’habitude, on ne décèle aucune once de reconnaissance du problème parmi « la classe politique et intellectuelle britannique », une classe qui fait le deuil du trépassement de News of the World, qu’elle décrit comme un « excellent journal ».

Il suffit seulement d’observer l’absurde Cameron, qui pontifie de sa chaire mise en place par son laquais au-devant du 10 Downing Street, pour savoir que tout ne va pas bien dans le monde. Cet idiot nous raconte que « nous avons détourné, depuis trop longtemps, notre attention du manque total de respect que ces groupes de voyous manifestent…» – complètement oublieux du fait incontournable que le respect, ça ne se donne pas, ça se gagne. Mais lui et ses acolytes n’ont rien fait du tout pour le gagner.

Un dirigeant qui manque autant de clairvoyance, délivrant des prières si directement stupides et superficielles à propos d’un problème qu’à l’évidence il ne comprend pas lui-même et qu’il a participé à créer, est un homme qui va faire empirer les choses.

Et on ne peut jamais assez le répéter : « la classe politique et intellectuelle » britannique n’offre pas la solution car elle fait partie du problème. Mais le plus grand problème, c’est qu’il y a tant de gens qui croient, ou se persuadent eux-mêmes à croire autrement.

Il me semble que les gens, autant que les politiciens, doivent devenir adulte. Le gout du sang n’est pas une réponse – arrêtez le reflexe autoritaire. Les politiciens eux-mêmes n’ont pas la réponse – et comme l’indique Raedwald, tous sont… étatistes. Les médias non pas plus la réponse : le pauvre Times nous bave : « La grande Bretagne est d’humeur morose. Nos politiciens doivent nous offrir une vision renouvelée de notre pays… », journal si représentatif de la corruption et de l’égoïsme de l’industrie médiatique.

On a besoin du pouvoir du peuple, d’adultes… vous voyez ce que je veux dire, ceux qui prennent en main leur propre destin. À l’heure qu’il est, une nation de mauviettes aux réflexions superficielles, qui va courir dans les jupons des politiciens à chaque fois qu’il y a un problème, récolte ce qu’elle a semé, et rien d’autre. Vous voulez une vision ? Allez la chercher chez Alain Afflelou. Mais si vous voulez résoudre des problèmes, il faudra s’y attaquer soi-même.

Comme un autre blogeur le faisait si bien remarquer : « On garde espoir dans ce pays. Mais on doit cesser d’aller le chercher au-dessus de nos têtes. Les politiciens sont à la pointe pour nous mener à notre perte ». Enfants grandissez enfin – dehors le monde entier nous attend, et la nounou ne va pas pouvoir tous nous tenir la menotte.

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Sur le web.
Traduction : JATW pour Contrepoints

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