Libéralisme et anti-libéralisme

Publié Par Institut Coppet, le dans Non classé

Par Vladimir Vodarevski

Le libéralisme est accusé de tous les maux. Les licenciements, la pauvreté, la crise financière, la destruction de la planète, c’est la faute au libéralisme. Le libéralisme serait l’encouragement à la cupidité, et au renoncement aux valeurs humanistes, qui mettraient l’être humain au cœur de l’économie.

Pourtant, nous ne sommes pas dans une économie ultra-libérale, ni qui tendrait vers l’ultra-libéralisme. Ainsi, la dépense publique représente en France plus de la moitié de la richesse créée chaque année dans le pays. Tous les pays développés, toutes les économies de marché dans le monde ont d’ailleurs des niveaux de dépenses publiques élevés.

D’autre part, l’interventionnisme est visible. Ne serait-ce qu’en matière monétaire. Les taux d’intérêt sont devenus un vecteur important d’interventionnisme aux USA. C’est ainsi que ce pays a soutenu la croissance économique par la création monétaire, en maintenant les taux d’intérêt bas, pour favoriser le crédit. Malgré la bulle immobilière, ils n’ont pas remonté ces taux, de peur de casser la croissance. Ce qui a causé la crise financière.

Et pourtant, c’est encore et toujours le libéralisme qui est accusé. On en vient même à parler du retour du keynésianisme, alors que la politique de relance par les taux, qui a conduit à la crise, est inspirée du néo-keynésianisme !

D’où vient l’antilibéralisme ? Que lui reproche-t-on ? Je me propose dans cet article, d’analyser et de définir l’origine de l’antilibéralisme. Pas l’origine historique, ce qui serait un énorme travail. Ce qu’on pourrait appeler l’origine conceptuelle de l’antilibéralisme. Je tenterai de montrer ce que traduit l’antilibéralisme, ce qu’il signifie.

Par antilibéralisme, j’entends : les différents reproches qui sont fait au libéralisme, et les différentes conceptions qui lui sont opposées. L’antilibéralisme n’est pas une théorie, ni une idéologie. Cependant, par cet article, je vais un peu théoriser l’antilibéralisme, puisque je vais en dégager les caractéristiques, en le comparant au libéralisme.

Je commencerai par les idées fausses sur le libéralisme, et l’origine de celles-ci. Puis, je traiterai du social, grand reproche fait au libéralisme. Ensuite, j’aborderai ce que je définirai comme le caractère normatif de l’antilibéralisme. Enfin, je tirerai les conséquences de cette confrontation.

Capitalisme et libéralisme

 

Haro sur le capitalisme

Le capitalisme est considéré comme une doctrine qui favorise les grands groupes, et les riches, les possédants, au détriment des salariés et aussi des consommateurs et des citoyens. De mépriser l’être humain, de prôner la course au profit.

C’est ce qu’on appelle aussi le capitalisme, ou encore aujourd’hui l’ultra-libéralisme. L’ultra-libéralisme n’est pas un terme économique. On l’emploie uniquement pour stigmatiser le libéralisme. Il fait partie de la rhétorique politique. (En économie, et en politique, il y a le terme libertarisme, ou libertarianisme)

Le terme capitalisme est plus difficile à définir. Il fait référence à l’accumulation de capital nécessaire avant de créer une entreprise. Il correspond à l’époque des grandes entreprises industrielles. Mais il a le même sens que libéralisme. L’économiste Joseph Alois Schumpeter a intitulé son principal ouvrage fini (il en a écrit un plus important mais inachevé) Capitalisme, socialisme et démocratie. Par capitalisme, il entend ce qu’on appelle plus aujourd’hui libéralisme.

Mais, dans le langage commun, capitalisme désigne la domination du grand capital sur la société, et le fait de faire passer le profit avant toute chose.

Cette idée est renforcée par ceux qui défendent le libéralisme, ou le capitalisme. Ce sont les grandes entreprises, les banques, les riches, les « bourgeois » en fait. A l’origine, ce sont ces bourgeois, par opposition aux nobles, qui ont défendu les débuts du libéralisme en France. Aujourd’hui, au nom du libéralisme, les représentants du patronat demandent des réglementations en faveur des entreprises.

La vraie nature du libéralisme

Cette conception du libéralisme est fausse. Le libéralisme ne défend pas les patrons, ni particulièrement la grosse entreprise, ni la finance, ni ne considère qu’il faut favoriser les entreprises. C’est d’une manière abusive que le patronat se réclame du libéralisme pour exiger des mesures qui le favorise.

Le libéralisme ne favorise personne. C’est sa nature même. Le libéralisme, c’est la liberté. Il favorise la libre entreprise. Ce qui signifie que n’importe qui peut venir concurrencer une grosse entreprise. Il ne donne aucun argument pour favoriser une entreprise.

Le libéralisme condamne par ailleurs les ententes, la concurrence déloyale. Il condamne tout usage de la force pour obtenir un avantage économique. C’est même sa plus grande hantise.

Le but du libéralisme est que chacun puisse vivre comme il l’entend, sans nuire à autrui. Au-delà de l’économie, c’est un concept politique. Philosophique peut-être aussi. Il y a de nombreuses écoles au sein du libéralisme, qui prônent plus ou moins d’État. Mais la principale justification de l’État, dans le libéralisme, c’est justement la Justice. C’est d’éviter la domination de quelqu’un sur une autre personne. Ce n’est pas parce que la réalité n’est pas conforme à l’idéal qu’il faut condamner l’idéal. A certains égards, le libéralisme mérite plus le titre d’utopie que le marxisme.

Quant aux motivations des gens, le libéralisme, chantre de la liberté, n’en impose aucune. Ni le profit, ni une autre. Si l’on considère donc que dans une société libérale, c’est le profit qui en vient à mener le jeu, c’est que l’on considère que c’est naturellement la motivation des gens.

Le social

 

Négligence du social chez les libéraux.

Le libéralisme est critiqué pour les licenciements, provoqués par ce qu’on appelle le laisser-faire. Les entreprises licencient pour leur survie, ou, selon les opinions, pour maximiser les profits. Le libéralisme néglige les problèmes sociaux. Sa réponse étant le développement économique, qui permet de donner emploi et revenu à chacun. D’autre part, face au montant impressionnant, et en augmentation, de la dépense publique, les libéraux, en bons gestionnaires, réclament une maîtrise de celle-ci. Ce qui renforce les accusations d’aller à l’encontre du social.

Cette description est exagérée. En fait, le sujet du libéralisme est avant tout la liberté. Les libéraux théorisent à l’envie sur les meilleurs moyens de la préserver. Ils ne considèrent pas que le sort des défavorisés n’est pas à prendre en considération. Mais ce n’est pas le cœur de la réflexion. Le social, c’est de la gestion, en quelque sorte. Les libéraux poursuivent un idéal.

Ceci dit, les libéraux ont quand même fait des propositions en matière de social. Curieusement, ce sont même les seuls qui ont fait des propositions concrètes. Ainsi, la prime pour l’emploi est une adaptation de l’impôt négatif, pour compenser des bas revenus. De même, Milton Friedman propose un système de vouchers, des bons, pour les services publics, comme l’éducation. Ces bons seraient distribués aux parents, qui pourraient choisir l’école pour leurs enfants.

L’idée étant à la fois que la collectivité doit financer les services publics, mais ne doit pas forcément les réaliser elle-même. L’idée étant aussi d’introduire la concurrence dans la gestion des services publics.

D’autres libéraux, plus conservateurs, ou traditionalistes, selon mon opinion, font confiance à la solidarité pour assurer une vie décente aux plus défavorisés. Solidarité dans le sens où des organisations caritatives privées aident les défavorisés.

Tout ceci pour montrer que les libéraux ne se désintéressent pas totalement du social ; mais il s’agit de la gestion de l’argent public. Le but de leurs réflexions est comment garantir au mieux la liberté pour chacun.

Le paradoxe de l’antilibéralisme

Les antilibéraux, au contraire, font du social, leur principale revendication. Cela va de la dénonciation des licenciements, en passant par la condamnation des bonus des traders, à la réclamation d’une augmentation du salaire minimum. Les antilibéraux se préoccupent de la répartition des richesses.

L’antilibéralisme est par conséquent un bon argument électoral, par ses revendications de justice sociale. Il trouve donc sans problème ses soutiens dans la politique. Cependant, on peut se demander pourquoi le libéralisme, réputé ainsi contraire à la justice sociale, n’a pas totalement disparu au profit de l’antilibéralisme. C’est ce que j’appelle le paradoxe de l’anti-libéralisme.

Le problème, c’est que les antilibéraux s’attachent à la répartition des richesses, mais pas à leur création. Il n’y a pas de concept sur la dynamique de l’économie, sur l’origine de la création de richesse, sur ce qui fait croître l’économie.

La dynamique de l’économie, dans la théorie libérale, c’est ce que j’ai décrit dans un précédent article sous l’expression « schéma de base de l’économie ». Le principe, c’est que chacun peut librement proposer quelque chose sur le marché. C’est le fait de laisser les gens produire et proposer cette production, et aussi déterminer, en tant que consommateurs, à travers le marché, les types de production qui se vendent, et les prix, et donc la rémunération du travail.

L’antilibéralisme n’a pas conceptualisé une telle dynamique. Qui fonctionne du moins. L’antilibéralisme est focalisé sur la répartition. C’est ainsi que les propositions contre le chômage sont le partage du travail.

C’est peut-être de là que viennent finalement les propositions d’un indicateur pour remplacer le PIB. L’antilibéralisme ne conçoit pas la dynamique de l’économie. Or, le PIB mesure cette dynamique.

Le caractère normatif de l’antilibéralisme

 

Un discours normatif

Le discours antilibéral peut être qualifié de normatif, dans le sens où il réclame des normes pour la société. Ce sont des normes sociales : limitations des bonus, augmentation du salaire minimum, interdiction des licenciements, etc.

Mais aussi des normes qui tiennent plus d’un mode de vie. Favoriser le commerce de proximité, les petits producteurs, le commerce équitable, le secteur associatif, l’agriculture biologique, lutter contre l’économie de consommation, favoriser la décroissance, etc. Les justifications sont diverses, sociales ou écologiques souvent. Elles ont pour point commun de désigner le libéralisme, ou le capitalisme, comme responsable de l’écart par rapport à la norme proposée.

Par exemple, le libéralisme peut être accusé d’encourager les OGM. Et c’est vrai que le libéralisme est favorable à l’innovation. Par un raccourci, les OGM sont considérés comme étant imposés par le libéralisme à cause de l’obsession du profit.

L’antilibéralisme est plus un ensemble de normes qu’une mouvance idéologique unifiée. Différents groupes défendent différentes normes. Et chacun demande que ses normes soient imposées, ou favorisées, par l’État. Dans l’intérêt général de tous.

Libéralisme : la cohabitation des normes

La démarche du libéralisme est totalement différente. D’abord, aucune norme n’est imposée. En dehors de l’obligation de respecter la liberté d’autrui. Chacun peut vivre comme il l’entend.

D’autre part, les normes de vie peuvent cohabiter. Le libéralisme n’impose pas un modèle unique. Si des personnes veulent créer une coopérative, elles le peuvent. Si un groupe veut faire du troc, c’est possible. Le libéralisme ne condamne ni ne critique aucun mode de vie. Il critique le fait d’imposer un mode de vie, ou de production. Un mode de vie, ou de production, peut devenir dominant, mais s’il est majoritairement choisi par les gens. Et il peut toujours voir se développer d’autres modes à ses côtés.

Enseignement de la confrontation libéralisme-antilibéralisme

 

Des aspirations à prendre en considération

On remarque que l’antilibéralisme cristallise les peurs sociales. Ce sont les peurs face au licenciement, la peur de ne pas trouver un emploi équivalent, la peur de l’avenir causé par les évolutions technologiques et leurs effets sur l’emploi, la peur face au déficit de la sécurité sociale et l’éventualité d’être moins bien soigné (il y a une grande inégalité dans les soins en fonction du niveau de revenus).

Les libéraux ne répondent pas à ces peurs, ce qui est un tort. Ils sont trop obnubilés par la recherche de la liberté, oubliant que c’est l’efficacité économique et sociale qui a permis au libéralisme de s’imposer. Il faut donc répondre à ces craintes, et pas seulement en répondant qu’il suffit de laisser faire, de ne pas intervenir.

Répondre, c’est d’abord fustiger la récupération du libéralisme. Le libéralisme, ce n’est pas le Medef. C’est ne pas se contenter du laisser-faire, mais proposer des politiques économiques, donner un coup de pouce au laisser-faire.

Enfin, répondre, c’est proposer des solutions de gestion des services sociaux. Actuellement, le débat se focalise sur le niveau des dépenses : soit on diminue, soit on augmente. Les antilibéraux ne proposent pas un moyen de mieux gérer, ne serait-ce que pour proposer un meilleur service pour le même coût. Les libéraux se focalisent sur la mise en concurrence, qui crée des craintes d’inégalités. Il faut sortir de cette confrontation stérile, pour réduire la peur en l’avenir que peuvent ressentir les gens en période de mutation économique. Il faut mettre les mains dans le cambouis en quelque sorte.

 

Les normes de vie

Qu’en est-il des autres normes, qui ne répondent pas à ces peurs sociales ? Toutes ont leur justification pour ceux qui les défendent. Cependant, peut-on par exemple supprimer la publicité, en considérant qu’il ne faut pas encourager les gens à consommer, ou doit-on considérer que les gens ont leur libre arbitre, et que c’est à eux de décider s’ils tiennent compte de la pub dans leurs comportements? Sachant que l’opinion à ce sujet est relative. Il y a des pays où les gens reconnaissent un contenu informatif à la pub.

Autre exemple : l’écologie. Faut-il, au non de l’écologie, favoriser l’agriculture bio, ou l’agriculture raisonnée, ou les OGM ? Faut-il condamner les grandes surfaces ou est-ce seulement un prétexte, de la part d’un groupe de gens qui n’aiment pas les grandes surfaces (ce qui est leur droit) et préfèrent de petites boutiques de proximités ? Faut-il interdire les grandes surfaces ou, pour limiter les transports, développer les grandes surfaces en ville ?

Dans beaucoup de cas, il y a controverse. Il y a des arguments pour et contre. Il y a des raisons cachées parfois. Bref, tous les problèmes d’une discussion humaine mais à très grande échelle !

Le libéralisme propose un mode de fonctionnement, en laissant les gens proposer leurs modèles. On peut imaginer que les adeptes du bio créent des associations pour se fournir, rendre disponibles, ou même cultiver ces produits. Ce qui se fait déjà plus ou moins je crois. Et ce modèle se développerait si les gens y adhèrent. S’ils n’y adhèrent pas, c’est qu’ils ne sont pas d’accord.

On peut imaginer la même chose pour le commerce de proximité. Bref, des initiatives privées, à but lucratif ou non, pour proposer et promouvoir les normes de vie. Le modèle associatif fait partie du libéralisme. C’est une initiative privée.

On peut imaginer la même chose pour les services sociaux. Par exemple, un site internet qui recueillerait des témoignages sur des expériences de gestion efficaces de crèches, d’aide en matière d’éducation, d’insertion, afin de diffuser les pratiques efficaces. Là encore, c’est du libéralisme.

Conclusion : un débat peut-être plus politique qu’économique

 

En conclusion, il y a de nombreuses idées fausses sur le libéralisme. Cependant, une partie des critiques qui lui sont adressées viennent des peurs que ressentent les gens face au chômage, à l’incertitude de l’avenir. Les libéraux devraient répondre plus précisément à ces peurs.

De même, libéraux, et antilibéraux, devraient s’intéresser concrètement à la gestion du social. Que ce soit la protection sociale, l’éducation, le logement. On peut renvoyer dos à dos tout le monde, dans un débat qui se focalise uniquement sur le fait de baisser ou augmenter la dépense publique, et non sur les moyens concret d’améliorer le service rendu, au moins à coût stable. Je suis persuadé que cette démarche générerait des économies d’ailleurs.

Enfin, en ce qui concerne ce que j’appelle les normes de vie, le débat est finalement plus politique qu’économique. Peut-on décider de la direction que doit prendre la société ? Comment en décider ? Jusqu’où décider de la vie des gens ?

Le libéralisme propose un mode de fonctionnement. Qui s’est développé car il se révèle efficace. Pas seulement sur le plan économique. Il permet de faire cohabiter plusieurs modes de vie. Il permet de faire cohabiter des solutions différentes, d’en faire émerger une qui convient au plus grand nombre, par la méthode de l’expérience et du tâtonnement. C’est son plus grand atout face aux questions ci-dessus : peut-on décider de la direction de la société, comment en décider, jusqu’où décider de la vie des gens ?

Le modèle collectiviste du communisme s’est lui révélé catastrophique. Sur le plan économique et social. Mais aussi écologique. L’un des atouts du libéralisme, c’est aussi la liberté d’expression. Quand quelque chose va mal, on a le droit de le dire. Et donc de parler des dégâts écologique. Ce qui n’est pas le cas dans le communisme.

En matière écologique, l’innovation est aussi un atout du libéralisme.

Un autre modèle pourrait-il être efficace ? Peut-être. Le débat doit exister. Les arguments, les théories doivent être mis à l’épreuve. Il n’y a ni réflexion, ni progrès sans débat. Je n’ai pas de certitudes. Je présente ce qui n’est qu’une opinion, en fonction des éléments dont je dispose à ce jour, et de l’état actuelle de ma réflexion.

NB : J’ai entrepris dans cet article une démarche risquée, un peu folle, d’essayer de caractériser l’antilibéralisme aujourd’hui. J’ai fait la démarche d’essayer de comprendre l’opposition des deux camps, qui me semblaient parfois ne par traiter des mêmes sujets. La démarche est peu commune, et difficile, tant il y a d’antagonismes en économie, et tant les voies suivies par les économistes divergent. Je me suis peut-être complètement égaré dans ma démarche. J’ai peut-être apporté des éléments de réflexion. J’aurais essayé, en tout cas.

Mon entreprise est aussi certainement biaisée par le fait, ce qui est clair dans l’article, que je suis plus favorable à la démarche libérale.

  1. très bon article. Je rajouterai que la confusion sur ce qu’est le libéralisme est alimentée par des gens (politiques ou non) qui se disent libéraux mais qui agissent en anti-libéraux.
    Le fait que l’on me disent que Sarkozy est ultra-libéral en est un parfait exemple.

  2. « Le libéralisme condamne par ailleurs les ententes, la concurrence déloyale ».

    Non. Libre entreprise et condamnation des ententes sont deux notions anti-nomiques. Je ne vois pas au nom de quoi on devrait m’interdire de m’entendre avec un ou plusieurs concurrents.
    Libres aux autres de profiter de cette entente pour tirer leur épingle du jeu. C’est cela la concurrence, c’est cela la libre entreprise.

    Quant à la « concurrence déloyale », elle ne peut s’exprimer que dans un contexte régulé où certains sont avantagés par rapport à d’autres. (barrières à l’entrée artificiellement mis en place par la législation (normes, par exemple)).
    Dans un contexte libéral, la notion de concurrence déloyale, n’a aucun sens.

    1. « Dans un contexte libéral, la notion de concurrence déloyale, n’a aucun sens. »

      Dans un contexte utopique, surtout. C’est bien pour ça que l’article prend ce sens: il sera in fine plus libéral de faire 2 ou 3 règles permettant d’éviter les monopoles ou la concurrence déloyale que prétendre laisser faire et s’en retrouver avec bien plus.

      On peut appeler ça néo-libéralisme si on veut, mais c’est plus pragmatique que de prétendre nier l’existence de la concurrence déloyale ou les tendances aux économies d’échelle, par exemple.

      Très bon article, sinon. J’ai le sentiment qu’il n’est pas complet, sans doute le sujet est-il trop vaste, mais la tentative de comprendre l’antilibéralisme me semble en adéquation avec ce que j’en vois, et la prise de recul concernant les propres défenseurs du libéralisme (qui sont souvent poussés à refuser le pragmatisme en faveur de l’idéologie bête et méchante par les préjugés qu’ils se prennent dans la tronche) est de bon aloi.

  3. Vous avez raison. La liberté n’autorise pas d’interdire les ententes.
    Pour préciser les choses, disons que le libéralisme interdit la violence (par exemple, une entente pour réclamer des avantages réglementaires). Ensuite, la question des ententes est un sujet de débat.

  4. Totalement d’accord. Il faut que les vrais libéraux se réapproprient le libéralisme. Mais il faut atteindre les médias pour cela.
    J’ajouterai qu’entendre même des professeurs d’économie employer le terme « ultra-libéral », qui n’a aucune signification en théorie économique, est décevant, pour ne pas dire plus.

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