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dimanche 7 juin 2026

Trop d’impôts tue l’impôt :  la preuve par trois exemples

Temps de lecture : 3 minutes

Les décideurs politiques n’ont toujours pas compris que hausse de fiscalité signifie fuite des entrepreneurs et baisse des rentrées fiscales pour l’Etat. Voici quelques preuves.

L’IREF-Contrepoints ne cesse de rappeler la fameuse courbe de l’économiste Arthur Laffer qui montre  qu’une augmentation de la pression fiscale conduit à une baisse des recettes de l’État, car la hausse du taux de l’impôt est plus que contrebalancée par la réduction de son assiette. Trop de taxes incitent les agents économiques à moins travailler ou à émigrer dans des environnements moins taxés. C’est une leçon que les politiques en général ne parviennent  pas à assimiler. A moins qu’ils ne le veuillent pas. La France n’est pas le seul pays à souffrir de ce blocage.

Au Royaume-Uni, les riches… filent à l’anglaise !  

Un exemple très récent nous vient du Royaume-Uni. Selon les données de l’Office for National Statistics dévoilées il y a quelques jours, le pays enregistre le solde migratoire le plus bas depuis la pandémie : 171 000 personnes. C’est une bonne nouvelle pour ceux qui soutiennent une politique de l’immigration plus stricte. Mais ce solde concerne aussi les départs de Britanniques. Si leur nombre s’est maintenu à environ 250 000 par an ces dernières années, celui des retours au pays diminue sensiblement. Il est tombé à 110 000 l’année dernière, contre jusqu’à 170 000 par an auparavant. Aujourd’hui, selon le Wall Street Journal, ce sont les jeunes actifs et les entrepreneurs qui s’installent à l’étranger pour bénéficier d’une fiscalité avantageuse, et ils ne reviennent pas très vite. Ils ne sont pas les seuls. Le classement annuel des plus grandes fortunes britanniques, publié tout récemment par le Sunday Times de Londres, a révélé un véritable exode. Une personne sur six figurant sur la liste il y a deux ans est partie à l’étranger et 111 des 350 citoyens recensés vivent dans des pays plus cléments fiscalement. Pourquoi ces départs ? C’est très simple. Depuis l’automne 2024, les principaux taux d’imposition des plus-values sont passés de 10 à 18 % pour les contribuables à taux de base, et de 20 à 24 % pour les contribuables à taux plus élevé. De plus, divers abattements accordés précédemment ont été considérablement réduits. Et ce n’est pas fini : il y une semaine, Wes Streeting, ancien ministre de la Santé, qui espère bien succéder à Keir Starmer comme Premier ministre, a proposé un nouvel impôt sur la fortune, sous la forme d’une augmentation du taux d’imposition des plus-values, aligné sur celui de l’impôt sur le revenu. Ce taux peut atteindre 45 % pour toute personne gagnant plus de 125 140 £. Sauve qui peut ! Si le pays le suivait dans cette voie, il risquerait de connaître le même exode fiscal qu’a subi la France dans les années 1980.

L’Etat irlandais taxe deux fois moins les entreprises que la France mais encaisse presque deux fois plus

Un autre exemple, a contrario celui-là, est donné par l’Irlande, pays où le taux de prélèvements obligatoires est le plus bas de l’Union européenne, à 22,4% du PIB, plus deux fois inférieur à celui de la France. En 2025, les recettes fiscales y ont atteint 105,7 milliards d’euros, soit une progression de 8,6 milliards (+8,9 %) par rapport à 2024. Dans le détail, l’impôt sur le revenu a rapporté 36,6 milliards d’euros. Mais ce qui nous intéresse le plus c’est l’impôt sur les sociétés. Il a, lui, généré 32,9 milliards d’euros (5.4 % du PIB), alors que son taux est l’un des plus bas d’Europe, à seulement 12,5 %. En France, les recettes de l’IS ne représentent que 2.9 % du PIB alors que le taux d’imposition est à 25 % !

En France, la surtaxation et la surimposition ne remplissent pas les caisses de l’Etat

La France, la grande championne de la fiscalité, parlons-en maintenant. En 2024, malgré les surtaxes d’impôts (surtaxe d’impôt sur les sociétés et contribution exceptionnelle des plus aisés), Bruno Le Maire a reconnu qu’il manquait 7,8 milliards d’euros (Md€) de recettes par rapport aux prévisions : -4,4 Md€ pour l’impôt sur les sociétés, -1,4 Md€ pour la TVA et -1,4 Md€ pour l’impôt sur le revenu. Mais il s’est bien gardé d’incriminer en quoi que ce soit  la pression fiscale. Un an après, Bercy a eu la même surprise avec la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Cet impôt, instauré par le gouvernement Barnier et maintenu par celui de Bayrou, qui s’ajoute à l’impôt sur le revenu pour les contribuables (célibataires) dont le revenu fiscal de référence (RFR) dépasse 250 000 € (500 000 € pour un couple), vise à assurer une imposition minimale de 20%. Il devait rapporter 2 Md€. En réalité, son rendement n’a été que de… 400 millions d’euros. Rappelons aussi la fameuse taxe sur les yachts. Une grande trouvaille qui devait rapporter entre 10 et 20 millions d’euros par an. En réalité, le montant total recouvré n’a été que « de 60 000 euros en 2022, 135 000 euros en 2023 et 60 000 euros en 2024.

Moins on taxe, plus les rentrées fiscales augmentent. Plus on taxe, moins l’Etat encaisse et plus les acteurs économiques souffrent. La preuve a beau être faite, et évidente, nos politiques s’obstinent. C’est ce qu’on appelle la passion égalitariste, elle est absurde, aveugle et contreproductive, mais c’est la France…

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16 réponses

  1. La surtaxe, les contraintes et l’exemple que donne la gouvernance et le monde public, par lassitude, découragement et assistanat fabrique un pays fainéants qui attend que les choses continuent ainsi tant pis pour ceux qui suivent même si ce sont leurs enfants.

  2. On peut rajouter à la liste des impôts dissuasifs la taxation du capital que représente l’IFI macronien. En effet, le petit épargnant/propriétaire se garde bien de développer son patrimoine au delà du seuil fatidique de 1 300 000€. Il tend même à le faire revenir en dessous de ce seuil. La construction de logements, le marché locatif dégringolent ? Qu’importe, « l’honneur est sauf ». Au passage il serait bien intéressant de connaître le rapport prévu de l’IFI et son rapport réel…

    1. Si l’IFI n’existait pas mon patrimoine immobilier locatif serait le double de ce qu’il est. Ce qui m’aurait permis de loger deux fois plus de gens. Nous sommes gouvernés par des imbéciles.

  3. Est-ce que cette hausse des encaissements en cas de faible fiscalité ne vient pas surtout du fait que cela provoque une forte attractivité pour des contribuables périphériques ?
    Si tous les pays baissent leur imposition ce sera moins vrai… Bon en attendant qu’on y arrive de l’eau peut couler sous les ponts !
    J’adore la conclusion de l’article :
    « la passion égalitariste, est absurde, aveugle et contreproductive, mais c’est la France… »

  4. Vous avez oublie l’IFI veritable impot confiscatoire auquel sont soumis les contribuables possedant,par exemple, un appartement de plus de 100M2 a Paris. L’Etat a de surcroit instaure une obligation declarative de cet IFI pour les « concubins notoires (!) », le patrimoine de l’un allant s’ajouter a celui de l’autre pour abonder les caisses vides…
    A quand la Police des moeurs ?

    1. Mais elle existe c’est La Brigade de Répression du Proxénétisme (BRP) ex Brigade des Mœurs . Par contre si c’est la version pays arabe , cela risque de voir le jour en France Rapidement avec la population actuel de certaines cités.

      Les technocrates de ce pays ne savent pas gérer les finances de la France, au moindre pb c’est une nouvelle taxe qui est sortie du chapeau .

  5. Certes cette passion égalitariste est ruineuse à terme pour tout le monde mais elle n’est pas si absurde pour le politicien moyen passionné par son élection: en augmentant les taux de contributions obligatoires de la minorité des « riches » et des entreprises qui ne peuvent pas voter ils s’achètent les suffrages favorables de la majorité qui croit naïvement profiter des largesses de la redistribution promise.
    Après 46 ans d’alternance entre les socialistes à gauche et les crypto-socialistes à droite on comprend bien que la réalité de l’effet Laffer pourtant évident n’a aucune chance de s’imposer à une masse électorale soigneusement privée de tout esprit critique.

  6. J’aimerais connaître le chiffre de l’émigration due à la fiscalité appliquée en France. Auparavant on était ancré dans un pays. Une adaptation à l’étranger était laborieuse. Mais aujourd’hui parce qu’on est bilingue plus couramment et parce que la mondialisation semble unifier nos modes de vie, on ne semble plus « étrangers » nulle part. Autrement dit, on a vraiment intérêt à « fidéliser » sur notre territoire, les « moteurs » du pays au risque de les voir fuir.

    1. Oui et comme le dit Laurent46 plus haut, on doit aussi ajouter ceux qui ne partent pas mais qui se contente d’une petite vie au lieu de réaliser leurs projets.

    2. en France aussi on « fidélise une certaine clientèle internationale »… malheureusement, c’est pas vraiment des entrepreneurs innovants… Oui, on se dirige probablement vers un exil des intellectuels, des entrepreneurs, des gens qualifiés, et tous simplement des gens assoiffés d’une certaine liberté perdue. Comme lorsque les Huguenots sous la monarchie, ou les libéraux sous la terreur et l’empire, ont préféré partir. Bref, on va finir comme dans certains pays du tiers-monde qui voient leur intelligentsia partir.

  7. déjà sous Louis XIV, Pierre de Boisguilbert expliquait que la sur-taxation détruit l’économie et ruine l’état… et déjà à l’époque ça dérangeait les capitalistes-de-connivence et les ministres… Boisguilbert a été persécuté et exilé… il a été obligé de brûler ses livres !!! … Quant à la pauvre Angleterre, elle est aujourd’hui sous le joug d’un roi islamo-écologiste complètement incompétent et d’une classe politique démagogique.

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