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mardi 7 juillet 2026

Sans néonicotinoïdes, la jaunisse menace les cultures de betteraves sucrières

Temps de lecture : 2 minutes

Fin avril – début mai, les acteurs de la filière de la betterave sucrière exprimaient leurs inquiétudes. L’institut technique de la betterave (ITB) faisait état d’une dynamique d’intensification des populations de pucerons, insectes qui propagent la jaunisse de la betterave, une maladie qui provoque des pertes sévères de rendement. La Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) évoquait une menace comparable à celle de 2020, année où la jaunisse a engendré une chute de 30 % de la production de sucre et une perte de 280 millions d’euros pour les betteraviers. Sur certaines exploitations touchées par la jaunisse, les rendements peuvent diminuer de plus de 50 % !

Début juin, des signes de la jaunisse apparaissaient progressivement dans les parcelles. Un agriculteur de Seine-et-Marne raconte au média terre-net.fr qu’en 2020, la jaunisse avait provoqué 80 000 € de pertes sur son exploitation. Il renchérit en expliquant que s’il n’y a plus de solutions, « on ne sortira pas les semoirs à betteraves en 2027 ». La CGB demande la réautorisation de façon ciblée de l’usage de deux néonicotinoïdes, l’acétamipride et le flupyradifurone qui sont autorisés dans tous les pays de l’Union européenne sauf… en France.

Le lobbying des militants écologistes, poussé par les médias, a fonctionné. La CGB recensait, avant l’apparition de la jaunisse cette année, une baisse en 7 ans de 6 % des surfaces de betteraves sucrières produites en France, tandis qu’elles sont en augmentation de 26 % en Pologne et de 14 % aux Pays-Bas. Cette baisse a entrainé la fermeture de six sucreries sur notre territoire.

L’interdiction franco-française de l’acétamipride et du flupyradifurone pourrait provoquer une catastrophe dans les champs de betteraves sucrières françaises cette année. La réautorisation de l’acétamipride, portée par le sénateur Laurent Duplomb provoque l’hystérie de tous les écologistes. Pourtant, et c’est l’INRAE qui le rappelle, il n’y a pas, à l’heure actuelle, d’alternatives à l’acétamipride ! Cela vaut pour les betteraves, mais aussi pour les noisettes. Des secteurs entiers sont mis en danger, sans justification sanitaire valable : en 2022, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) concluait qu’aucune donnée ne démontrait que l’acétamipride est susceptible de constituer un risque grave pour la santé humaine, la santé animale ou l’environnement. En 2024, l’agence avait analysé les études mises en avant par les écologistes pour interdire l’acétamipride : l’EFSA avait estimé que ces études présentaient un haut risque de biais, manquaient d’évaluation détaillée de l’exposition et utilisaient des points finaux non pertinents pour l’évaluation des risques.

Franck Sander, président de la CGB, demande aux responsables politiques de « ne pas abandonner cette belle filière et de changer la loi afin de redonner aux agriculteurs français les mêmes moyens de protection des cultures que ceux à disposition de nos concurrents européens ».  Le Sénat a adopté un amendement en ce sens. Espérons qu’il débouche sans tarder sur l’autorisation de ces produits vitaux pour certaines filières agricoles. .

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7 réponses

  1. La betterave fleurit au bout de deux ans, elle est récoltée bien avant, dès la première année, et les insectes pollinisateurs ne vont pas la butiner. Il est tristement amusant de voir que ceux qui prônent les biocarburants à base d’alcool de betterave sont les mêmes que ceux qui veulent interdire de protéger la betterave contre ses ravageurs. L’inculture scientifique de certains milieux est sidérante.

  2. Au nom de la vertu on tue les entreprises dans ce pays.
    On fait venir de Pologne ces betteraves imprégnées, remplies et nourries des produits interdits ici. Mais c’est pas grave ; « chez nous c’est interdit », disent-ils en bombant le torse ; un pied sur les cadavres des exploitants….. Ils se gargarisent d’ avoir gagnés. La populace en mange quand même ça vient d’ailleurs et ça tue nos entreprises ; mais c’est pas grave, ils ont gagnés. C’est pareil pour tout !

  3. Les écologistes sont incapables de raisonner à plus d’un coup d’avance. La moutarde consommée en France est désormais produite à partir de graines importées du Canada qui autorise l’utilisation d’un pesticide interdit en France, interdiction qui a mis un terme à la culture de graines de moutarde françaises. Il en sera de même avec la betterave, de sorte que la France importera des betteraves – ou les produits dérivés – produites par des pays où les pesticides – interdits en France – sont autorisés.
    Le consommateur ne sera pas plus protégé et les filières concernées auront été détruites avec les emplois qui s’y rattachent.

    1. La moutarde c’est le mauvais exemple. En effet la disparition de sa culture en France (en Bourgogne et en Champagne) date de la fin des années 1970 lorsque l’Europe (la CEE à l’époque) a décidé de subventionner les céréales destinées à l’export. La moutarde française qui est la moutarde « brune » n’en a pas bénéficié tout simplement parce qu’elle n’était pas exportée puisque seuls les moutardiers français utilisaient cette sous-espèce. Il en a résulté que les céréaliers français ont à l’époque abandonné sa culture et que les moutardiers ont dû chercher ailleurs des agriculteurs capables de les alimenter. Ils les ont trouvé au Canada dans des régions assez septentrionales où il était possible d’acclimater la moutarde brune et d’obtenir des coûts de production intéressants.
      Ce n’est que vers la fin des années 90 qu’un groupe de Bourguignons, emmenés par un certain Marc Désarménien tout jeune patron de la moutarderie Fallot à Beaune, ont relancé la culture de la moutarde brune en Bourgogne.
      Aujourd’hui, après bien des péripéties (dont la pénurie de 2022 qui les a bien aidé) la part de marché des agriculteurs bourguignons dépasse les 20 % pour la petite graine brune, le reste venant effectivement toujours du Canada.
      Il n’y a donc aucun problème d’histoire de pesticide interdit dans cette histoire.

  4. Il serait dommage de voir disparaître les immenses champs de betteraves de la Picardie… au nom de quelque idéologie verte mal pensée… (*)

    (*) : « idéologie verte mal pensée : désolé pour le pléonasme!

  5. La prolifération de pucerons à l’origine de la jaunisse n’est elle pas due à la destruction de leurs prédateurs naturels ?
    La France importe beaucoup de produits agricoles essentiels. On a qu’à laisser tomber le sucre et par exemple créer plus d’élevage qui permettent de fertiliser les champs qui seront tôt ou tard épuisés, de restaurer la biodiversité indispensable des sols, de créer des pâturages pour que les pollinisateurs se régénèrent plutôt qu’ils se droguent à la nicotine et disparaissent. De favoriser le retour des prédateurs des pucerons qui permettra de revenir à la betterave lorsque l’écosystème sera régénéré..
    Il faut rechercher un équilibre spatial et chronologique et non pas foncer tête baissée dans le cercle vicieux.

    1. Bonjour.
      Souvent, une phrase qui commence par « On a qu’à » introduit une gigantesque ânerie. Je ne suis pas déçu.
      Merci !

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