Journal d'actualité libéral
|
lundi 6 juillet 2026

Plus d’aides, moins d’industrie : le paradoxe français

Temps de lecture : 2 minutes

Dans son dernier rapport, plutôt dense, l’OCDE s’est intéressée à la situation économique de la France qui, comme nous le savons, connaît de trop nombreuses difficultés. Le rapport nous rappelle que « Depuis 2023, la croissance est restée modeste, d’environ 1.4 % en moyenne », que « La dette publique a augmenté régulièrement depuis deux décennies, passant de 65 % du PIB en 2007 à 115.5 % du PIB en 2025 » (pouvant même atteindre 203 % du PIB en 2050), ou encore que « Les dépenses publiques ont atteint 57.2 % du PIB en 2025 soit 7.4 points de pourcentage de plus que la moyenne de la zone euro ».

L’OCDE fait également un focus sur la compétitivité industrielle de la France et souligne ses nombreux problémes structurels.

Le premier constat est celui d’une désindustrialisation plus marquée que dans la plupart des pays de l’OCDE. Fin 2025, l’industrie manufacturière ne représentait plus que 11,2 % de la valeur ajoutée nationale et 9,1 % des emplois salariés, soit une baisse de près d’un tiers depuis le début des années 2000. À titre de comparaison, et bien que la baisse se soit généralisée dans l’ensemble des pays, la moyenne des pays de l’OCDE demeure sensiblement plus élevée, à 15 % de la valeur ajoutée et 13 % de l’emploi.

Cette évolution s’accompagne d’un affaiblissement de la position commerciale française. Sur la dernière décennie, le déficit commercial a atteint en moyenne 3,8 % du PIB, principalement en raison des contre-performances de l’industrie manufacturière, notamment dans les biens d’équipement et l’automobile. Si des secteurs comme l’aéronautique, la chimie, le luxe ou encore la pharmacie demeurent excédentaires, ils ne compensent plus les pertes enregistrées ailleurs. Par ailleurs, l’OCDE explique que « la France présente également un déficit structurel dans les nouvelles technologies de l’information et des télécommunications ».

Le « paradoxe » est que cette dégradation intervient alors même que la France figure parmi les pays développés qui soutiennent le plus leurs entreprises. Selon l’OCDE, les dépenses de politique industrielle (comprenant les subventions, les dépenses fiscales et les aides au financement) représentaient près de 3 % du PIB en 2023, contre 2,5 % en moyenne dans les pays comparables. Autrement dit, la France dépense davantage que la moyenne pour soutenir son industrie, alors que celle-ci pèse de moins en moins dans l’économie, et moins que dans les pays comparables de l’OCDE.

Ces chiffres enseignent un fait important : l’aide publique ne garantit pas des résultats positifs. Alors que la France consacre davantage de ressources à sa politique industrielle que la plupart des pays comparables, le recul de son industrie s’est poursuivi. Si la désindustrialisation résulte en partie de mutations économiques profondes, la réponse ne se trouve sans doute pas dans une multiplication des aides publiques, mais dans la levée des freins qui pèsent sur les entreprises.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


4 réponses

  1. Je n’ai jamais compris pourquoi en France on aide plus les entreprises pour derrière les taxer plus
    Ce serait plus simple et compréhensible de remettre tout à zéro
    C’est peut-être être pour donner du travail à nos nombreux fonctionnaires

    1. L etat impose, taxe beaucoup les entreprises puis il se rend compte des gros inconvénients de cette politique et va saupoudrer qq aides

  2. cette façon d’analyser les choses est un constat de situation en valeur crée
    et en poids d’effectifs. un jeu de chiffres. en abstraction totale.
    C’est porté un jugement sans ne rien comprendre des raisons de la situation
    Le plus intéressant c’est de lire le commentateur écrivant de son bureau confortable de l’OCDE que « le paradoxe est que l’industrie française est celle « qui soutient » le plus ses entreprises !! (les cadeaux aux patrons)Oui et ce que ce brave fonctionnaire n’a pas encore compris c’est que les gouvernements depuis 40 ans ont multiplié les taxes, les impôts (notamment de production) les contrôles , les charges sociales (50% plus élevées qu’en Allemagne, par exemple)et les réglementations abusives qui ont effondré les marges de nos industries françaises.
    Ce faisant et pour apparaître les sauveurs de la situation ils font des exonérations de charges , des « cadeux » ici ou là ,exactement là ou il ne faut pas
    Heureusement que la France dispose de nombreuses et excellentes entreprises mondiales, souvent leaders mondiaux qui sont actives sur les marchés du monde entier mais les fonctionnaires n’aiment pas ce qui leur échappent et n’en parlent pas. Les journalises non plus car ils ignorent les structures complexes des entreprises françaises mondialisées.

  3. C’est avec consternation que je lis tous ces articles sur la mauvaise situation de la France : trop d’impôts, trop de charges, de complexité administrative… pour que jamais rien ne change !
    Alors faisons l’économie de toutes ces études inutiles.
    Le PDG du groupe pour lequel j’ai occupé des responsabilités se plaisait à dire « une information qui ne débouche pas sur une décision est une information inutiles ! »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.