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dimanche 19 juillet 2026

Les complémentaires santé sont dans le collimateur de l’État… une nouvelle fois !

Temps de lecture : 5 minutes

Les complémentaires santé sont régulièrement accusées de tous les maux. Un récent rapport de l’Inspection générale des affaires sociales ne fait pas exception. Et si elles étaient plutôt la solution à la déliquescence de l’Assurance maladie ?

Ils sont nombreux ceux qui voudraient supprimer les assurances santé complémentaires (couramment appelées « mutuelles ») et les fondre dans une super assurance maladie. Pour faire advenir cette « Grande Sécu », réclamée aussi bien par Jean-Luc Mélenchon que par Olivier Véran, l’ancien ministre de la Santé, Emmanuel Macron, Marine Tondelier, le Parti socialiste ou encore l’association Que Choisir Ensemble, les complémentaires santé sont attaquées de toutes parts.

Les complémentaires santé toujours plus pressurées

Ces dernières années, les gouvernements successifs s’en sont tous pris aux complémentaires. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a, par exemple, taxé les assureurs santé à hauteur d’un milliard d’euros (Md€), transféré des dépenses jusqu’alors prises en charge par la Sécu et gelé leurs tarifs. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé aux assureurs mi-juin 2026 qu’elle souhaitait poursuivre dans cette voie l’année prochaine en augmentant le ticket modérateur sur les transports sanitaires et les médicaments.

La ministre a aussi, au début de cette année, commandé un rapport à trois experts sur l’articulation entre l’Assurance maladie et les complémentaires. Il devrait lui être remis dans les prochains jours. En attendant, c’est l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) qui relance les hostilités. Dans un document daté d’octobre 2025 mais rendu public le 26 juin 2026, elle s’attaque principalement aux exonérations de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu, estimées à 7,4 Md€, dont bénéficient les entreprises et les assurés.

L’Igas propose de rogner les exonérations, voire de les supprimer, notamment parce que les garanties des complémentaires sont « anti-redistributives (du fait de leur tarification non liée au revenu), inflationnistes (en particulier l’inclusion de « médecines alternatives » dont l’intérêt thérapeutique, voire l’innocuité, sont sujets à débat), et génèrent des externalités négatives pour les autres usagers du système de santé. En matière de dépassements d’honoraires notamment, elles rendent solvables les personnes couvertes, au détriment des personnes non ou mal couvertes, augmentant ainsi les inégalités. »

Les auteurs du rapport suggèrent aussi que les soins qui ne sont pas pris en charge par l’Assurance maladie soient définitivement exclus des contrats d’assurance complémentaire. Ils voudraient, par ailleurs, interdire « la possibilité de proposer des garanties non responsables sous forme de surcomplémentaire ou d’options par le biais du contrat collectif de l’entreprise ». Mais leur grand rêve, c’est d’éliminer les prestataires privés actuels (quel que soit leur statut) et de les remplacer par un régime obligatoire (sur le modèle existant en retraite) piloté par les partenaires sociaux. Une étape, sans doute, sur la route de la « Grande Sécu » qui fait saliver la gauche.

Le cas du Canada

Une étude de l’Institut économique de Montréal (IEM), think tank libéral, montre au contraire que le recours au privé et à la concurrence permet d’améliorer l’offre de soins et, par conséquent, la santé de tout un chacun.

Les auteurs de la note, Conrad Eder et Emmanuelle Faubert, rappellent d’abord que les patients canadiens ont vraiment besoin de l’être (patients) : « attendre des semaines pour voir un spécialiste, des mois pour une intervention chirurgicale et parfois des années pour obtenir un médecin de famille » est chose courante, alors que le Canada affiche l’un des ratios dépenses de santé/PIB les plus élevés de l’OCDE (à l’instar de la France).

Mais dès qu’il s’agit de débattre de l’amélioration du système de santé, on entretient la confusion entre l’objectif d’universalité (selon lequel tout le monde bénéficie d’une couverture pour un panier de services défini) et celui d’unicité (où un seul assureur public finance tous les services couverts).

Pourtant, les chercheurs de l’IEM ont observé que « la plupart des systèmes de santé universels très performants ne reposent pas exclusivement sur un modèle de payeur étatique unique » et que « Des pays comme l’Australie et le Danemark combinent couverture publique et assurance privée complémentaire (ou “en double couverture”), permettant ainsi de couvrir des services déjà inclus dans le régime public. Ils autorisent également les médecins à exercer une pratique mixte, leur permettant d’offrir des services tant aux patients couverts par le régime public qu’à ceux disposant d’une assurance privée. »

La concurrence permet d’améliorer la santé

L’étude d’Eder et Faubert montre clairement que les personnes disposant d’une assurance privée complémentaire, en Australie et au Danemark, bénéficient d’un accès plus rapide aux soins et d’un plus grand choix de prestataires, notamment parce qu’ils ont accès à des hôpitaux ou des cliniques privés.

Par ailleurs, un marché de l’assurance complémentaire crée les conditions permettant aux prestataires privés de contribuer de manière significative à la capacité globale du système de santé. « En mutualisant les risques et en facturant des primes prévisibles, l’assurance privée réduit effectivement le coût des soins privés, élargissant ainsi considérablement le bassin de patients pouvant se les offrir. Cela accroît à son tour la clientèle des cliniques privées, des centres de chirurgie et des établissements de diagnostic, rendant commercialement viable la construction, la dotation en personnel et l’équipement d’infrastructures privées qui, autrement, n’existeraient pas. La concurrence renforce ces effets, car les assureurs qui se disputent la clientèle sont motivés pour proposer des produits d’assurance plus personnalisables à différents niveaux de prix. »

Parallèlement, les prestataires de soins, en concurrence pour attirer les patients, sont incités à innover dans la prestation, l’organisation et la dispense des soins. À terme, les innovations fructueuses du secteur privé peuvent se diffuser au sein du système public, générant ainsi des gains de capacité globaux dont profitent tous les patients.

Notons aussi que les établissements privés absorbent une partie de la demande des patients, contribuant ainsi à réduire les délais d’attente dans le système public. Enfin, ils servent de soupape de sécurité au système public lorsqu’il est engorgé.

A l’heure actuelle, six provinces canadiennes sur dix interdisent concrètement l’assurance maladie privée pour les services déjà couverts par le régime public. Les quatre autres ne l’interdisent pas formellement, mais aucun marché significatif d’assurance privée complémentaire ou de soins privés ne s’y est développé en raison d’obstacles réglementaires et de la faible taille de la population.

Alors que 1,4 million d’interventions n’ont pas pu avoir lieu en 2025 au Canada faute de places et de personnel disponibles dans le secteur public, que 17% des Canadiens n’ont pas de médecin traitant, que le délai médian entre l’orientation vers un spécialiste et le traitement était de 28,6 semaines, que 105.000 Canadiens se sont rendus à l’étranger pour recevoir des soins médicaux, que près de 24.000 patients sont décédés en attendant des soins, il serait peut-être temps de changer de système. L’IEM enjoint le gouvernement canadien à prendre exemple sur l’Australie et le Danemark pour permettre aux assurances complémentaires et aux établissements de soins privés d’opérer.

Mettre l’Assurance maladie en concurrence

Si la France n’est pas citée en exemple par nos collègues de Montréal, c’est sans doute que notre secteur privé – assurances complémentaires et cliniques – est en grande difficulté. L’État et la Sécurité sociale ne cherchent qu’à faire des économies sur son dos. Pourtant, sans lui, notre système de santé serait encore plus déliquescent.

Comme le Canada, la France a besoin sur ce plan – comme sur bien d’autres malheureusement – de se réformer en profondeur. L’IREF-Contrepoints propose de rétablir les assurances sociales : chacun percevrait l’intégralité de son salaire (charges comprises) et s’assurerait auprès de l’organisme de son choix, dans un cadre légal minimal. Sans nécessairement supprimer l’assurance publique, il s’agirait de laisser ceux qui le souhaitent s’assurer ailleurs. Il conviendrait aussi de réserver la gratuité aux plus démunis et relever le reste à charge pour responsabiliser les patients (à l’image des franchises suisses et néerlandaises), de privatiser les hôpitaux publics déficitaires et d’aligner la prise en charge public/privé.

Seule la concurrence permettra d’améliorer la qualité des soins et de réduire les coûts du système. Le monopole public est toujours délétère.

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15 réponses

  1. « L’Igas propose de rogner les exonérations, voire de les supprimer, notamment parce que les garanties des complémentaires sont « anti-redistributives (du fait de leur tarification non liée au revenu) »

    On retrouve ici la malédiction qui pèse sur l’assujetti à l’IR. Celui-ci ne paie jamais assez. Toujours plus d’impôts toujours pour les mêmes, telle est la devise socialo-écolo-macroniste.

  2. et si on supprimait les ARS au profit des régions pour les CHU, les conseils départementaux pour les CHD, supprimait les titres de séjour pour soins , facturait les frais de secours, de transport, d’hospitalisation, de soins et arrêts de travail pour tout accident suite à imprudence avérée, excés de vitesse emprise d’alccool ou de stupéfiants au volant ou au travail, réglements de compte et c’est pour quand une véritable RGPP et la suppression de tous les machins et comités et Théodule, l

  3. Je n’arrive pas à comprendre comment la France a pu s’enfoncer de plus en plus dans la voie des réglementations débiles et de la taxation à tout va pour nous mener dans un régime communiste de plus en plus rigide qui étouffe le pays et le fait dangereusement péricliter … les idées de gauche sont un vrai cancer

    1. La technocratie gauchiste a tout les niveaux de la société est responsable du désastre français , on réglemente a tour de bras, on rembourse tout et n’importe quoi sous la pression de certains groupes de pression et on oublie soigneusement de mettre en place des contrôles permettant d’éviter les dérives et abus de certains.
      Ne parlons pas du tourisme médical de certains pays du Maghreb et d’Afrique qui « oublie » de régler la facture en partant , et c’est le contribuable français qui doit payer ensuite.

  4. Est-il légitime que l’affiliation à la sécu soit obligatoire ?
    L’État est le plus mauvais des gestionnaires et il étend progressivement son action à toutes les affaires privées, détruisant ainsi non seulement les services publics, mais des services qui seraient rendus plus efficacement par le privé.
    Cette volonté de maîtriser la société se masque sous un slogan électoraliste que le technocrate en chef se plaît à répéter : « L’État protège les français ».
    Le pire est que la majorité des français croit encore béatement que le salut est dans l’État, alors qu’il les étouffe à petit feu…

  5. Du fait de sa mauvaise gestion, l’état obèse cherche du pognon et va essayer de pomper le fric par tous les moyens et à tous les endroits sous couvert d’inégalités comme dab !!

  6. Dans l’expression « Assurance maladie », il y a deux mots magiques : Assurance, et Maladie.
    L’assurance suppose d’aligner la cotisation sur le risque, ce qui n’est pas le cas, puisque c’est le Revenu individuel qui fixe la cotisation.
    La Maladie, ce n’est ni les Accidents (de la route, de sport, …), ni les comportements anormaux (abonnés du samedi soir aux urgences pour coma éthylique, MNA ayant échangés de coups de kalachnikov,…), ni les caprices sociétaux (IVG de confort, circoncisions rituelles, transitions de genre).
    Et puis, comment peut-on s’en prendre aux mutuelles, quand en même temps, on délègue de plus en plus les remboursements à ces organismes, tout en offrant à l’inverse les soins gratuits aux non-français (étrangers bénéficiaires de l’AME ou de visas pour soins, britanniques et américains de la PUMA, dirigeants étrangers qui oublient systématiquement de régler leurs factures)

  7. Tout cela est bien beau et gentil mais encore de l’incompétence. Si l’Etat était moins boulimique on aurait pas besoin d’autant de complémentaires, en France taxées comme il se doit par la République qui deviennent de plus en plus cher et de moins en moins à la portée de tous. Quel que soit le problème en cette France d’aujourd’hui les origines sont toujours les mêmes la boulimie publique et politique qu’il ne faut pas oublier.

  8. Je n’ai pas de mutuelle, pour une raison très simple. En prenant ma retraite, j’en ai cherché une, et j’ai aussi fait le bilan des remboursements de la mutuelle de l’entreprise sur 3 ans. Je n’ai pas trouvé une seule offre de mutuelle qui soit moins chère que la somme des remboursements . Conclusion : je paierai plus à n’importe quelle mutuelle que ce qu’elle me remboursera, calcul lissé sur 3 ans bien sûr parce que le coût de la santé qui reste à charge est variable, donc une mutuelle est inutile. Ce résultat est statistiquement prévisible et valable sur la durée pour n’importe qui. Une mutuelle utilise les cotisations pour rembourser bien sûr, mais aussi pour payer les taxes dont l’État hypocrite se gave, ses bénéfices et ses frais de fonctionnement. Largement impossible qu’elle ne rembourse plus qu’elle ne perçoit. Je refais le calcul tous les 3 ans et le résultat est identique, j’ai payé moins en reste à charge de soins que ce que me coûterait une mutuelle correcte même en supposant qu’elle rembourserait intégralement ce reste à charge, ce qui n’est pas gagné. J’ai quelquefois des dépenses supérieures à une cotisation mais aussi des mois sans dépenses ; les cotisations ne connaissent pas, elles, de mois vide. Toutes les grosses dépenses, hôpital, maladies chroniques, etc..sont prises en charge par la Sécu, donc une complémentaire n’est que cela, un complément. Quand j’annonce n’avoir pas de mutuelle, on me regarde avec surprise en me prenant pour un attardé du siècle dernier. Je demande alors à la personne si elle a jamais fait un bilan de ce qu’elle paye et ce qu’elle reçoit. Aucune ne l’a fait mais presque toutes sont convaincues qu’elles y gagnent. Deuxième conclusion, il est facile de pigeonner beaucoup de Français. Mais le problème vient aussi des entreprises qui sont obligées par la loi de payer une mutuelle à leurs salariés, ce sont elles qui se font obligatoiremenr pigeonnées tout en donnant à leurs employés le sentiment qu’une mutuelle est rentable et donc indispensable.

  9. Il serait peut-être temps de faire comprendre à l’électorat que la prospérité de tous résulte de la libre concurrence compétitive et que l’inégalité en est un sous-produit inévitable, que cela plaise ou non.
    En luttant obstinément contre les inégalités on renonce à la prospérité.
    Il est plus que temps que l’état se mêle de ses affaires et cesse d’ensabler les rouages qu’il ne comprend pas.

  10. En d’autres termes , l’IREF comme tant d’autres préconise que l’Etat se limite au régalien et nous laisse surtout nous occuper du reste . Quant à l’IGAS , encore un troupeau d’improductif nourrit au caviar et qui se caressant le ventre cherche la prochaine cible à emmerder.

  11. D’accord avec la proposition de l’IREF. Un pays dont beaucoup de nationaux vivent et travaillent en France, propose 2 systèmes qui peuvent être complémentaires, le Portugal. Publique et Privé.
    La médecine y est d’excellente qualité. Quasi gratuite mais avec de l’attente dans le publique. Payante et réactive dans le Privé. A chacun de voir où sont ses priorités d’investissement.

  12. supprimer l’AME et toutes les aides aux clandestins est primordial, une évidence, un bon sens que le « Mozart de l’économie » ne détient pas

    1. La vous vous heurter au mur de la gauche pour qui c’est aux français de payer pour les clandestins ; depuis longtemps nous aurions du avoir un gouvernement responsable qui aurait mis fin a cela et renvoyer chez eux tout les profiteurs .

  13. Un ministre de la santé qui commande un énième rapport sur ces assurances complémentaires donne juste à penser qu’il ne connaît pas grand chose aux affaires de son ministère ce qui , d’ailleurs n’est pas un scoop, les ministres sont tellement incompétents qu’ils sont interchangeables. L’idée de la gauche d’une « grande sécu » n’est rien d’autre qu’une réminiscence d’un système soviétique e quand je vois comme est gérée la sécu avec le déficit qu’elle accumule je me dis simplement qu’il faudrait plutôt mettre de l’ordre dans tous ces organismes de santé que n’épargne pas la redondance : ministère de la santé, ARS, agence du médicament, haute autorité de santé… Je crains qu’il grenouille dans ces machins un nombre indéterminé de parasites. Je ne parle même pas de la cmu largement accordée à n’importe qui pour faire « soigner » n’importe quoi car en matière de traitements de confort il y a sûrement beaucoup à dire. C’est là qu’il y a du ménage à faire, les assurances complémentaires sont gérées en tant qu’entreprises commerciales et maîtrisent leurs bilans nonobstant les ponctions que leur impose le gouvernement , ponctions répercutées sur les assurés. Messieurs et dames de la Cour des Comptes soyez neutres et objectifs…

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