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dimanche 12 juillet 2026

Le statut de fonctionnaire n’est pas adapté au contrôle aérien

Temps de lecture : 2 minutes

Dans son dernier rapport sur « La gestion des ressources humaines de la Direction générale de l’aviation civile », la Cour des comptes n’y va pas par quatre chemins : la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), « administration de l’État, dispose d’un statut peu adapté à sa mission de prestataire de services aux compagnies aériennes. La majorité des contrôleurs aériens en Europe ne sont pas fonctionnaires. Leurs rémunérations sont parfois plus élevées mais en contrepartie leur temps de travail effectif peut être supérieur. Leur performance opérationnelle en termes d’écoulement du trafic est meilleure qu’en France. »

La Cour est particulièrement critique sur le protocole social couvrant la période 2023-2027. Il prévoit, en effet, une hausse mensuelle moyenne du salaire de 1500 euros (+16%) pour les ingénieurs du contrôle de la navigation aérienne (ICNA), déjà très bien payés.Cette catégorie d’employés capte 77% des 95 millions d’euros (M€) annuels de dépenses supplémentaires à l’horizon 2027 prévues dans le protocole.

Les magistrats financiers doutent que les économies annoncées (notamment les fermetures de 20 à 25 tours de contrôle sur 79 d’ici 2034) soient réalisées dans les temps impartis et s’inquiètent des retards et surcoûts des programmes de modernisation des outils techniques. Ils rappellent, par ailleurs, que le temps de travail effectif reste inférieur à la norme de 1420 heures, « laquelle est déjà en décalage par rapport à la norme de 1607 heures en vigueur dans la fonction publique ».

En résumé, les contrôleurs aériens en France travaillent toujours moins (984 heures de contrôle effectif par an par personne), sont payés toujours plus (110.000€ brut en moyenne par an), font toujours plus grève (25% des agents opérationnels étaient grévistes les 3 et 4 juillet 2025 engendrant près de 1850 vols annulés pour 200.000 passagers en Europe) et rendent un service de plus en plus dégradé (« la France est devenue le plus mauvais élève de l’Europe pour les retards d’avions toutes causes confondues »).

C’est pourquoi la Cour propose d’engager « une réflexion sur un changement de statut » et recommande de faire de la DGAC un établissement public. Cela ne suffira pas. S’ils restent dans le giron public, même s’ils ne sont plus stricto sensu des fonctionnaires, les contrôleurs aériens continueront à se comporter comme tels (cf. la SNCF, La Poste…) et à user et abuser de leur pouvoir de nuisance qui fait que l’État acquiesce à toutes leurs revendications.

Comme l’IREF-Contrepoints le propose depuis des années, il faut privatiser ce service. Le Canada l’a fait, tout comme le Royaume-Uni et l’Espagne avec des modalités différentes. Il serait plus que temps de s’en inspirer.

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11 réponses

  1. Avez vous vu une esquisse dans un programme électoral pour 2027 de privatisons ????? Meme D Lisnard ne s y rique pas
    Malheureusement la tronçonneuse restera au chômage jusqu au dérapage incontrôlable
    Rappelons nous Berlusconi obligé de démissionner en 2012 sous la pression de la BCE quand l italie foncait allègrement dans le mur

  2.  » font toujours plus grève (25% des agents opérationnels étaient grévistes les 3 et 4 juillet 2025… »
    Je crois me souvenir de ce genre de grève aux USA. Ronald Reagan avait pris le taureau par les cornes et fait licencier tous les contrôleurs….Soudain l’église revint au milieu du village !

  3. Bonne recommandation, mais essayez donc de les privatiser et de les faire travailler un peu plus : plus aucun avion ne volera en France pendant 3 mois.

  4. Il faut d’abord changer le management. Comment peut on laisser à la dérive une telle organisation faite d’ingénieurs, c’est incompréhensible. Il doit y avoir des irritants qu’il faut traiter (outils informatiques, horaires…) et ensuite faire le nettoyage et enlever les contrôleurs irrécupérables. Cette organisation est une honte pour notre pays.

  5. Le statut de fonctionnaire (tel qu’il existe en France) est adapté à quoi ? A part à avoir créé une caste d’irresponsables privilégiés qui peuvent nuire en toute impunité, à part à avoir scindé la France en deux irréconciliables clans , à part à avoir bloqué la France rendant les réformes impossibles ? Les pays nordiques , dont certains fonctionnaires vantent les succès (avec l’imbécilité qui les caractérises , ou le cynisme , ou les deux ) , ont alignés les statuts dès les années 90 .

  6. Le problème est que dans l’inconscient des Français, on a instillé depuis longtemps que le statut « normal », c’est salarié. Et parmi eux, le modèle indépassable, c’est fonctionnaire. Or statutairement, sa seule façon d’améliorer sa condition est d’en faire le moins possible, ou de faire faire le travail par les autres (comme les banques, par exemple, pour superviser les mouvements de capitaux…)

  7. Le statut des contrôleurs aériens est un véritable scandale… Une rémunération hors cadre pour des durées de travail dérisoires !

  8. Ces messieurs et dames pensent avoir tous les droits et agissent en conséquence, je propose comme l’a fait Ronald Reagan, un licenciement collectif de ce club de paresseux.

  9. Surtout qu’avec les outils actuels (IA), le statut et l’existence même des contrôleurs aériens dans les conditions actuelles sera remis en question assez vite.
    Soit ils s’adaptent, soit ils disparaissent.

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