L’allongement de la durée de vie met en exergue la difficulté de la fin de vie de nombreuses personnes. Faut-il pour autant légaliser l’euthanasie ?
L’Assemblée nationale a voté le mardi 30 juin, en troisième lecture, à 295 voix contre 232, la proposition de loi créant un « droit à l’aide à mourir ». Après un ultime vote au Sénat début juillet la loi repassera définitivement à l’Assemblée nationale pour un vote solennel en principe le 15 juillet.
Une loi sans nuance ni prudence
Cette proposition de loi consacre « le droit à l’aide à mourir » comme « le droit pour une personne qui en a exprimé la demande d’être autorisée à recourir à une substance létale et accompagnée […] afin qu’elle se l’administre ou, lorsqu’elle n’est physiquement pas en mesure de le faire, qu’elle se la fasse administrer par un médecin ou par un infirmier ». La personne doit remplir cinq critères d’éligibilité : être majeur, être de nationalité française ou résider de façon stable en France, souffrir d’une affection grave et incurable qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, éprouver une souffrance réfractaire aux traitements ou insupportable, et être capable d’exprimer sa volonté de façon libre et éclairée.
Après avoir vu un médecin qui doit l’informer des autres options qui s’ouvrent à elle, notamment les soins palliatifs, la personne doit formaliser sa demande. Le médecin consulte au moins un confrère, compétent sur l’affection dont elle souffre, et un auxiliaire médical ou un aide‑soignant qui intervient dans son traitement. Puis il notifie sa décision à la personne qui peut, quarante-huit heures plus tard, confirmer au médecin qu’elle demande l’administration de la substance létale et fixer avec lui le lieu, la date et l’heure de l’exécution. Le texte n’a pas beaucoup changé depuis 2024 sinon que le délit d’entrave en a été retiré.
Un « droit créance »
Ce « droit à mourir » est déjà contestable comme droit-créance, un droit sur les autres et aux frais des autres : les frais et honoraires de l’opération sont d’ailleurs pris en charge par la Sécu. Le problème n’est pas bien sûr le coût de ces interventions, mais les méfaits de l’Etat providence qui étend sa toile en distribuant des droits alors qu’il n’a déjà plus les moyens de satisfaire à ses engagements comme celui par exemple d’offrir à tous la possibilité de bénéficier de soins palliatifs.
Dans le principe, l’homme se distingue des animaux par sa liberté et sa responsabilité par lesquelles il est capable d’exercer ses droits de personne singulière à la recherche de ses propres fins. Ses droits de penser, d’agir ou non, de créer… sont des « droits de », des « droits libertés » en ce sens qu’ils sont indissociables de la responsabilité qu’il doit en assumer en tant que personne humaine. Des « droits à », ou droits-créance, peuvent être accordés à ceux qui, appelés au bénéfice de la dignité qu’exige leur nature humaine, ne sont pas capables d’exercer ces droits pleinement par eux-mêmes eu égard à leur âge ou leur déficience. Ainsi en est-il du droit à la vie de l’enfant à naître ou de ceux qui sont inaptes à s’assumer, ou du droit au secours de la personne en danger ou des handicapés. Mais ces droits-créances ne peuvent être établis à l’encontre du bien commun conçu comme l’ordre juridique sur lequel repose la coexistence de la société.
La banalisation
Or l’euthanasie lézarde le bien commun en banalisant le geste mortel. La loi, en l’état, prévoit que le professionnel de santé qui accompagne la personne dans l’absorption de la substance létale n’a pas l’obligation de rester ensuite à ses côtés sinon le temps de s’assurer qu’il est bien mort. Donner la mort devient un job comme un autre. Par ailleurs, pour échapper aux clauses assurancielles qui ne couvrent pas les suicides, il est prévu que « L’assurance en cas de décès couvre le décès résultant de la mise en œuvre de l’aide à mourir », c’est-à-dire qu’elle est traitée comme une mort naturelle et comme une petite affaire ordinaire. Les magistrats prennent souvent des mois après l’audience pour délivrer leur jugement en matière pénale – ils ont besoin de réfléchir. Mais il n’est imposé aux personnes souhaitant absorber une potion létale qu’un délai de réflexion de deux jours ! Et sont admises à bénéficier de l’aide à mourir les personnes qui font l’objet d’une mesure de protection juridique avec assistance ou représentation, ce qui signifie en principe qu’elles n’ont plus tout leur discernement contrairement aux critères d’éligibilité requis par la loi. Certes, sont admis des délais de recours, mais trop brefs (deux jours) pour être exercés aisément.
La loi s’est accaparé un domaine qui ne lui appartient pas et qui relève de l’intimité des personnes. Déjà il y a 50 ans en autorisant l’avortement, elle a commencé à normaliser la possibilité de mettre fin aux jours d’un enfant à naître. La loi Léonetti de 2016, pleine d’humanité, a, malgré ses bienfaits pour permettre d’éviter la souffrance des mourants, légitimé l’intervention de l’Etat dans ce qui relevait jusque-là de la relation personnelle entre le patient, sa famille et les soignants. Le coup de grâce est l’euthanasie.
Une ingérence dangereuse
Toutes les grandes religions font du respect de la vie un principe essentiel, du taoïsme au bouddhisme et à l’hindouisme comme dans les trois religions juive, musulmane et chrétienne qui s’en tiennent à la loi biblique : « Tu ne tueras point ». Cette règle absolue fut sans doute importante pour permettre au monde d’espérer pouvoir sortir de la barbarie. A l’inverse, quand une société perd le repère de cette interdiction fondatrice, elle risque de croire bientôt, et à tort, qu’aucune limite ne s’impose à la loi. C’est le commencement des totalitarismes.
Il ne s’agit pas de méconnaître l’imperfection humaine, ni de refuser béatement qu’il faille tuer parfois par légitime défense ou qu’il soit possible d’aider ses proches à mourir en les calmant au point de rapprocher leur heure dernière. Mais il faut savoir maintenir les bornes érigées au long des siècles pour contenir les turpitudes de la nature humaine. Et il faut éviter de livrer nos consciences et notre intimité à l’Etat qui a tôt fait de transformer les personnes en rouage de la grande machine sociale. La société se croît déjà chargée de quantifier notre alimentation, de dicter nos comportements écologiques et de réguler les naissances. Si la loi sur la fin de vie est adoptée, elle administrera demain, aussi pour des raisons économiques, le tempo de nos vies en attendant de décider de nos amours et de nos espérances. Cette loi nous astreindra plus qu’elle nous libérera.
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39 réponses
Les paradoxes d une société qui abolit la peine de mort et promeut le droit a mourir
Peu de condamnés à mort souhaitaient mettre fin à leurs jours.
Comparer la peine de mort, qui exprime un désir de vengeance de la société, à une manifestation du libre arbitre de l’individu me paraît pour le moins hasardeux
Je mets simplement en exergue une des nombreuses contradictions qui traversent notre société
Voyez aussi comment le terrorisme moyen oriental peut être célèbre en occident alors que c est un outil qui porte la mort par excellence
La différence entre les 2 est pourtant évidente. Les gaulois que vous fustigez à longueur de commentaires (sauf celui-ci, ça nous fait des vacances) la voient parfaitement.
Il ne s agit pas de faire une comparaison mais seulement de s interroger sur nos contradictions inhérentes a nos sociétés
Le suicide est condamné par les chrétiens
Difficile d’être plus en désaccord avec ce texte que je ne le suis
A quatre-vingts ans et avec deux cancers, je suis très heureux de la possibilité qui m’est offerte, en Belgique, de décider de pouvoir exercer mon droit à « mourir dans la dignité », lucide et conscient, et non comme une épave souffrant le martyre bien que gorgée de morphine
Épave qui n’apporte bien sûr plus rien au « bien commun », sauf des frais médicaux totalement inutiles et, bien plus grave, des souffrances indicibles à ses proches, forcés de suivre la lente déchéance d’une personne qu’ils aiment et qu’ils respectent
J’en ai bien sûr discuté depuis très longtemps avec mes enfants, qui me supportent dans mon choix, et avec mon médecin, qui l’avalise
Votre commentaire est intéressant car votre mention à la Belgique pourrait peut-être expliquer le fait, que malgré un coût horaire du travail encore plus élevé qu’en France, les EHPAD belges en moyenne deux fois moins chers que les EHPAD français?
Cette loi restera comme une insulte à la raison. Il faut cesser d’être hypocrite, la mort a été « administrée » nombre de fois par amour pour celui qui souffrait au delà du supportable. Cela s’effectuait en silence dans l’intimité. Bien sur la loi ne le permettait pas, elle ne l’imposait pas non plus, elle se taisait et c’était bien ainsi.
Cette volonté de tout régenter jusqu’aux limites du supportable est insupportable.
Mais, sans loi et sans encadrement, cet acte de simple humanité était et reste punissable.
Il me semble indispensable que la volonté des patients soit clairement exprimée et corroborée par plusieurs personnes, ce qui la protège d’abus de faiblesse, tout en respectant la liberté de certains médecins de ne pas vouloir donner la « bonne mort », – en français, l’euthanasie – puisqu’il y a deux parties dans ce contrat
Et les autres ? Tout ceux qui veulent partir pour X raison. On a le droit d’ en avoir assez. Il ne reste que le suicide donc. Rien ne change. Il faut toujours anticiper…. Je pars du principe que chacun à le droit de décider du moment de sa mort. On est pas obligé de vouloir « survivre » jusqu’à point d’ âge ! On est pas obligé de subir une fin de vie dégradante et insipide parce que la bien pensance en a décidé ainsi ! Laissez les gens décider et arrêter de vous immiscer dans la vie intime ! !
Le pb ce sont les interdictions fortes sur les substances létales « douces » et leurs nécessaires gestions sécuritaires pour limiter les assassinats-empoisonnements.
La mondialisation étant ce qu’elle est, il n’y a presque plus de problèmes pour tirer sa révérence sans aller en Suisse ou en Belgique. Des associations fonctionnent bien pour permettre l’exercice de cette LIBERTÉ. Tout le monde n’a pas envie de trainer en déclin ou inconscient ou hyperdépendant de ses proches ou de la société, au dépens des jeunes d’avenir.
En organisant l’euthanasie avec cette législation très contraignante, en pratique, la société protège les personnes qui ne sont plus autonomes et n’ont pas pris les devant « avant » la perte d’autonomie.
« Le libéralisme est un courant de pensée qui prône la défense des droits individuels ». Ce n’est pas à l’état de décider si, qui, quand , l’individu a le droit et le choix en pleine conscience de quitter cette vie lorsque qu’il estime que le moment est venu.
Mais il est vrai que l’humain a la faculté de se dédouaner en parquant ses aînés dans des mouroirs lucratifs, et là cela ne s’appelle plus du libéralisme, mais de la libération pour les enfants
Cet article en reste aux généralités philosophiques du libéralisme, qu’à priori nous partageons si nous sommes abonnés à Contrepoints…. Mais il y a un gouffre entre généralités, philosophie libérale et réalité crue de la fin de vie en situation de déchéance physique ou intellectuelle. Pour mémoire, « euthanasie » veut dire « bonne mort » et non pas donner la mort : chacun peut et doit prétendre à l’EU-thanasie. Pour une majorité, celle-ci leur sera procurée par les soins palliatifs dont on sait qu’ils sont malheureusement loin d’être accessibles partout en France. L’aide médicale ou paramédicale à mourir est un autre problème car elle fait intervenir un tiers dont le libre arbitre doit être respecté. Reste le suicide assisté, voulu, consenti, préparé comme l’évoque Baeten. Comme chirurgien, j’ai pu voir de mes yeux le spectacle atroce d’une balle dans la tête ou d’un corps désarticulé après une chute de 20 mètres : de ce point de vue, je considère que la liberté de s’administrer à soi-même « proprement » une substance létale, à un moment décidé librement, est un progrès humaniste et respectueux de mes convictions libérales.
Comme la personne atteinte de 2 cancers, vous avancez 2 cas effectivement dramatiques mais la majorité des situations sont nettement moins faciles à définir pour déterminer l issue car le mental de la personne atteinte a aussi une influence déterminante dans la décision
Puisque vous me mentionnez, je voudrais souligner que j’avais établi et fait enregistrer mes souhaits de fin de vie bien avant les découvertes successives des cancers, comme beaucoup d’autres personnes en bonne santé, en Belgique.
Et ce, dans le cadre d’une loi passée en 2002, après de longues discussions entre les différents partis, et qui n’a pas soulevé beaucoup d’objections dans le public, ni dans le corps médical ( la loi prévoyant l’objection de conscience des médecins qui ne souhaitaient pas pratiquer l’euthanasie, des garanties d’objectivité et la présence d’une commission de contrôle )
A noter que cette loi a été passée la même année que deux autres lois, l’une concernant les droits des patients et l’autre les soins palliatifs
A la campagne, les suicides avec le fusil de chasse étaient monnaie courante et c’est un des facteurs à l’origines du durcissement de la législation sur les armes à feu car si l’impact est nul sur la criminalité, il est par contre significatif sur le nombre de suicides.
LE MANDAT PRESIDENTIEL RESTERA EN MEMOIRE —EUTHANASIE PROGRAMMEE!!! ??? OU COMMENT FAIRE DES ECONOMIES DANS TOUS LES DOMAINES SOCIAUX —-SOINS MEDICAUX – RETRAITES –ETC !!!
Les 2 mandats du PR se seraient singularises par des économies dans la dépense sociale
Dans ce cas expliquez nous les 950 miliards de dépenses sociales en 2025 soit 32% du pib en hausse de 2,2%
Les 2 mandats du PR se seraient singularises par d importantes économies sur la depenses sociales
Pouvez vous nous expliquer les 950 milliards de dépenses sociales en hausse de 2,2 % en 2025???
Merci à l’auteur de cet excellent article aux arguments probants.
En troisième lecture, la proposition de loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté a été adoptée par l’Assemblée nationale par 295 voix « pour » et 232 voix « contre ».
Un vote marqué par l’absence de consensus et montrant un large accord des forces supposées « progressistes » pour cette loi dont il faudrait tirer un soi disant « bénéfice »(Sic!!!)
En 2005, la loi Leonetti traitant de la fin de vie avait été adoptée par 548 voix sur 551 députés. Cette loi interdisait l’acharnement thérapeutique et cherchait à encourager le développement des soins palliatifs.
C’est une des rares lois de la République à avoir été adoptée à l’unanimité des voix exprimées.
-Faut-il rappeler que ce résultat tranche avec celui du vote du 30 juin à l’Assemblée nationale ?
Il existe ainsi une fracture entre les partisans et les opposants au suicide assisté et à l’euthanasie.
Plusieurs parlementaires ont repris dans les débats la notion d’une prétendue « exception »,s’agissant de situations « exceptionnelles », dans des cas spécifiques de douleurs réfractaires à tout traitement,même si une étude précise estime le nombre de personnes « éligibles »(!) à environ 1 million.
Il reste évident que la notion » d’affection grave et incurable, avec un pronostic vital en phase avancée », permet ainsi de LARGES interprétations comme l’ont souligné plusieurs députés dont il faudra retenir les positions sur un sujet de société en rien comparable à d’autres, sans cesse ressassés par les partisans de l’euthanasie (loi Veil,mariage pour tous,etc…)
-Comment par ailleurs ignorer la responsabilité du personnel soignant qui serait en charge de répondre à la demande de mort assistée ?
Comme par hasard, les partisans de l’euthanasie n’ont fait aucune confiance aux soignants quand ceux-ci, en nombre, ont manifesté leur désaccord avec ce texte.
La prochaine étape au Sénat laisse éventuellement espérer un sursaut de sagesse souhaitable de la part des autorités de l’Etat pour éviter une défaite de la fraternité en cas d’adoption définitive de ce texte, véritable procédure administrative qui se met en place, consacrant la toute puissance médicale.
« POUR MOURIR TAPER 1 »!!! , est le titre évocateur du livre de l’avocate Élise Rojas contre le suicide assisté…….à méditer !!!
Le raisonnement est particulièrement faible. Une fausse liberté ? Non, puisque la situation actuelle permet l’intervention de l’Etat dans le rapport entre l’individu et sa mort. L’Etat interdit de faire appel à autrui pour quitter ce monde. La nouvelle loi l’autorisera. Il s’agit donc bien d’un recul de l’interventionnisme étatique. C’est une évidence.
L’opposition des monothéismes dans ce domaine est une constante. Ils ont toujours, une fois installés, utilisé le pouvoir politique pour imposer leur philosophie à la société tout entière. Permettre aux non-croyants de ne plus être soumis aux diktats des monothéismes est également un progrès de la liberté.
Je suis libéral, mais mon libéralisme ne se résume pas à la dimension économique, ce qui est le cas chez la plupart des rédacteurs de Contrepoints. Mon libéralisme est global.
Il n’est pas certain que l’on puisse parler de « recul de l’intervention de l’État » de manière aussi évidente.
Il semble plutôt qu’il s’agisse d’un changement de forme : on passerait ainsi d’une interdiction générale à un encadrement très précis, avec des critères, des procédures et des contrôles. Dans ce sens, l’État n’interviendrait pas forcément moins, mais DIFFÉREMMENT, en accompagnant et en régulant des situations individuelles.
Par ailleurs, lier principalement l’opposition à l’euthanasie aux religions paraît réducteur. Le débat dépasse largement ce cadre et soulève des questions éthiques, médicales et sociales qui peuvent être abordées indépendamment de toute référence religieuse : le rôle du médecin, la protection des personnes vulnérables ou encore les effets à long terme d’une telle législation.
Il semble donc utile de recentrer la discussion sur ces enjeux de fond, afin d’en examiner sereinement les implications, au risque d’ouvrir une boîte de Pandore en envisageant l’avènement d’un contrat social reposant sur de nouvelles valeurs civilisationnelles.
Je repense à Vincent Humbert.
Je repense surtout à cette femme dont une maladie déformait tellement le visage que ses yeux s’exorbitaient et lui causaient des douleurs atroces que rien ne calmait.
Tous deux n’étant pas en fin de vie, hors de question de bénéficier des soins palliatifs permettant l’endormissement jusqu’à la mort, ou d’une quelconque autre aide à mourir discrète « en silence, dans l’intimité ».
Car il n’y a pas que des personnes en fin de vie qui peuvent avoir besoin d’en finir, ce qui est souvent été occulté lors des discussions sur ce sujet.
Pour eux, je suis contente que cette loi soit passée, qu’il soit désormais possible dans de telles situations de bénéficier d’un accompagnement à la mort autre que se tirer une balle ou se pendre (tout le monde n’a pas ce courage et… petite pensée à celui qui découvre le corps et qui sera traumatisé et certainement soupçonné de meurtre s’il n’a pas d’alibi) ou prendre une tonne de médicaments que tout le monde n’a pas à sa disposition.
Et puis préparer son départ comme l’avait fait cette dame (en Belgique) avec ses proches, beaucoup parler, se rendre accompagné dans le centre spécialisé, partir entouré en laissant ses proches apaisés, c’est tout de même mieux pour soi et pour eux. Finalement, c’est aussi une bonne définition de partir « dans la dignité ».
Ce que vous exprimez touche à une réalité incontestable : la souffrance extrême interroge profondément notre humanité. Mais précisément, elle exige sans doute autre chose qu’une réponse immédiate, aussi compréhensible soit-elle.
Parce que certaines vies deviennent insupportables à vivre,faudrait-il pour autant en conclure que la société devrait reconnaître et organiser la possibilité d’y mettre fin ?
Ce passage n’a rien d’évident car Il engage une certaine conception de l’homme, de la liberté et de la responsabilité collective.
Par ailleurs que devient la médecine lorsqu’elle franchit un tel seuil ?
-Est-elle encore ordonnée à soigner, soulager et accompagner, ou bien introduit-on en son sein une autre finalité, celle de donner la mort ?
Ce déplacement, même encadré, n’est pas neutre : il modifie en profondeur la relation de soin et la confiance qui la fonde.
« la souffrance extrême interroge profondément notre humanité. Mais précisément, elle exige sans doute autre chose qu’une réponse immédiate, aussi compréhensible soit-elle »
Quelle autre réponse ? Quelle réponse apportiez-vous à Vincent Humbert, tétraplégique, aveugle et muet à 20 ans ?? Mettez-vous ne serait-ce qu’une seule journée dans sa situation ?
Pourquoi supposez-vous une réponse immédiate ? Vous croyez vraiment que la personne qui prend la décision d’en finir le fait facilement et d’un claquement de doigts ? Des garde-fous, oui, du temps pour que la décision soit mûrie, oui, la reconnaissance de la liberté des soignants de refuser, oui, mais pas d’entraves.
Notre humanité est de ne pas imposer aux autres ce qu’on ne supporterait probablement pas soi-même. Juger et écrire de grandes belles phrases est toujours facile quand on n’est pas concerné.
La médecine, dans mes exemples, accompagne en effet le malade vers l’ultime et unique solution qui reste à ceux qui souffrent à un point que ni vous ni moi ne connaissons. « Lorsque certaines vies deviennent insupportables à vivre » évidemment que la société doit répondre à la demande des personnes concernées, la société c’est nous tous ensemble, rien d’autre, et parmi nous, nombreux sont ceux qui comprennent cette demande.
Peut-être sont-ils plus empathiques que ceux qui, à travers de grandes phrases, cherchent à faire croire qu’ils le sont.
Je vous remercie pour votre retour et précise que pour un sujet aussi grave il ne s’agit aucunement de présenter de simples sophismes agrémentés de « belles phrases » de vitrine ,mais d’apporter des arguments objectifs afin de progresser dans la réflexion.
J’ai accompagné hélas plusieurs de mes proches dans un bien triste contexte de soins palliatifs, et il ne saurait question pour moi d’aborder avec désinvolture cette question qui ,plus ou moins nous concernera tous, s’agissant d’une simple question de temps.
Votre propos exprime une indignation compréhensible face à des situations de souffrance extrême, et personne ne peut y rester insensible. Mais précisément, c’est parce que ces situations sont tragiques qu’elles exigent autre chose qu’une réponse dictée par la seule émotion ou par des cas particuliers, aussi bouleversants soient-ils.
Vous invoquez le cas particulièrement désespéré de Vincent Humbert.
Son histoire est en effet profondément marquante. Mais une société ne peut pas construire une norme générale à partir de situations limites sans s’exposer à des conséquences qui dépassent largement ces cas exceptionnels. Même si l’émotion qu’ils suscitent est légitime ; elle ne suffit pas à fonder une règle applicable à tous.
Vous contestez l’idée d’une réponse « immédiate ». Pourtant, la question n’est pas tant la rapidité de la décision individuelle que son irréversibilité. Même réfléchie, même encadrée, une telle décision s’inscrit toujours dans un contexte de vulnérabilité extrême : douleur, dépendance, sentiment d’être une charge, voire altération du jugement. Peut-on alors parler d’une » LIBERTÉ » pleinement intacte ? Rien n’est moins sûr.
Vous affirmez également que la médecine doit accompagner vers « l’ultime solution ». C’est précisément là que se situe un basculement majeur. La vocation de la médecine est de soigner, de soulager, d’accompagner, non de provoquer la mort.
Introduire une telle possibilité transforme profondément la relation de confiance entre le patient et le soignant, et modifie la nature même de l’acte médical.
Quant à « l’autre réponse », elle existe : elle réside dans le développement des soins palliatifs, dans la prise en charge effective de la douleur, dans l’accompagnement psychologique et humain, dans la lutte contre l’isolement et la perte de dignité ressentie. Autrement dit, dans tout ce qui vise à rendre la vie supportable jusqu’à son terme, sans faire de la mort une SOLUTION.
Enfin, affirmer que notre humanité consiste à ne pas imposer à autrui ce que nous ne supporterions pas nous-mêmes est une formule forte, mais incomplète car :
Légaliser l’aide à mourir, c’est aussi introduire, même implicitement, l’idée que certaines vies pourraient ne plus valoir d’être vécues,avec le risque d’ exercer une pression silencieuse sur les plus fragiles.(Exemples avérés de patients atteints de dépressions nerveuses pouvant être facilement manipulés par leur entourage pour de sordides raisons)
La prudence que vous critiquez n’est pas un refus de l’empathie. Elle peut au contraire en être une forme plus exigeante : celle qui refuse les réponses simples à des réalités complexes, et qui mesure les conséquences collectives d’un choix irréversible.
Par ailleurs,il n’aura échappé à personne que des sommes considérables (« véritable pognon de dingue », pour reprendre une expression moderne connue), sont utilisées dans bien d’autres circonstances……. loin d’être vitales !
Il semble donc peu cohérent que l’investissement pour le développement des unités de soins palliatifs ne soit pas considéré comme une cause nationale, à contrario du concept d’euthanasie changeant radicalement la donne compte tenu des situations individuelles les plus diverses.
La loi Cleys- Leonetti constitue à cet égard une référence majeure car elle a affirmé le droit de refuser l’obstination déraisonnable, reconnu le droit à une prise en charge de la douleur, renforcé l’accompagnement du malade et placé la dignité de la personne au cœur de la décision médicale.
Elle rappelle une exigence essentielle : face à la souffrance, notre première responsabilité collective n’est pas de considérer la mort comme une réponse, mais de faire en sorte que personne ne soit abandonné, isolé ou privé d’un accompagnement humain et médical digne.
La véritable humanité d’une société se mesure peut-être d’abord à sa capacité à entourer les plus fragiles, à soulager leurs souffrances et à leur témoigner, jusqu’au dernier instant, qu’une vie diminuée par la maladie ou la dépendance conserve toute sa valeur.
Pour conclure écrire ses directives anticipées permettant d’exprimer par avance sa volontés sur les soins et la fin de vie ne contredit en rien l’esprit de la loi Cleys-Leonetti dont l’originalité est d’avoir cherché un équilibre : ni acharnement thérapeutique, ni abandon du malade.
En France, moins de 18% des personnes ont rédigé leurs directives anticipées, selon une enquête récente. Cette situation montre qu’être sensibilisé sur la nécessité de rédiger ces documents ne va pas de soi,tant il est humain d’oublier pour les biens portants que leur vie est avant tout éphémère.
Bonjour REMI,
Je vous remercie pour cet échange très intéressant.
Je comprends tout à fait votre raisonnement qui est sauf erreur de ma part général et exclu de fait tous les cas particuliers. Or ils sont très nombreux.
Vous parlez de « prise en charge effective de la douleur » mais cela n’existe pas dans les faits. La douleur de la femme dont j’ai parlé n’était calmée par rien. Et que dire de la situation dramatique de Vincent Humbert ? Bien sûr que la 1ère réponse doit être psychologique, ne pas laisser seul etc. Sa mère avait réussi à développer un moyen de communiquer avec lui, ce qui était déjà en soi extraordinaire. Certains auraient repris espoir avec la sortie de l’isolement, auraient envisagé de rédiger un livre peut-être, ou divers projets. Et pour d’autres c’est inenvisageable, ce qui peut se comprendre à 20 ans…
Quand je critique les belles phrases, c’est parce que vous parlez de développer « tout ce qui vise à rendre la vie supportable jusqu’à son terme », mais comment quelqu’un d’extérieur peut-il juger ce qui est « supportable » ? Et de ce fait, vous retirez aux gens comme Vincent Humbert le droit de juger que leur vie est insupportable. Il avait parfaitement le droit de considérer que rien ne pouvait rendre supportable cette vie dans le noir et la dépendance totale pour des années et des années. Concrètement, comment lui rendre la vie supportable ? Bien sûr que tout a été tenté pour l’accompagner (enfin j’espère puisque dans la réalité mêmes les soins palliatifs ne sont pas développés partout et on sait parfaitement que nous manquons de soignants dans nombre de régions…). Le principe de réalité percute les belles intentions ; il va de soi que cette situation est inadmissible mais c’est la réalité.
Il est évident que les premières étapes sont d’accompagner la personne, de l’entourer, mais quand cela ne suffit pas ? Après moults garde-fous, le collectif doit s’effacer car la vie de chacun de nous n’appartient qu’à chacun de nous, pas à la collectivité. Ce n’est pas à la collectivité de juger à la place de celui qui vit si sa vie vaut la peine d’être vécue.
Bien sûr que cela risque d’entraîner une certaine pression sur certains d’entre nous, mais pour autant ceux qui font le choix de vivre ne doivent pas être responsables d’une obligation de vie pour ceux qui n’en veulent plus. C’est là où les garde-fous doivent être bien définis.
Vous évoquez le fait que la décision ne relève pas d’une liberté pleinement intacte puisque prise dans un contexte de vulnérabilité extrême… en même temps comment voulez-vous qu’il en soit autrement ? Une personne saine de corps et d’esprit n’envisage pas de mourir à l’instant T et ne se projette pas volontairement ; pour autant posez la question autour de vous : si vous vous retrouviez dans la situation de Vincent Humbert ou en totale dépendance avec cerveau dégradé, voudriez-vous l’acharnement thérapeutique ? 90% des gens vont refuser l’acharnement. Ils sont pourtant parfaitement libres de leur réponse. Alors pourquoi discréditer la parole de celui qui l’affirme lorsqu’il est dans la situation dramatique ?
Enfin vous citez le fait que 18% seulement des gens ont rédigé des directives anticipées (il serait intéressant de vérifier si ma théorie de 90% des gens qui souhaiteraient alors en finir est confirmée) ; ne pas oublier qu’à l’hôpital, lorsque vous êtes encore conscient et sain, le corps médical vous demande vos directives.
P.S. : N’ayant pas vérifié correctement mon texte ,veuillez m’excuser pour cette phrase lourde comprenant la répétition du mot « QUESTION » :
» et il ne saurait question pour moi d’aborder avec désinvolture cette question qui ,plus ou moins nous concernera tous, s’agissant d’une simple question de temps.
Il s’agissait de lire tout simplement :
« et il ne saurait question pour moi d’aborder avec désinvolture ce type de problème «
Je me demande si les auteurs de cet article qui préconisent ou revendiquent les soins palliatifs pour tous, ont vraiment été confrontés au protocole de ces soins. J’ai malheureusement plusieurs proches en fin de vie qui ont du subir (et le mot n’est pas trop fort !) ces soins et je peux vous assurer que c’est intenable pour la famille.
On laisse « crever à petit feu » pendant des jours voir des semaines le malade selon sa résistance avec des doses de morphine tout en diminuant (ou supprimant) son alimentation et en l’empéchant de boire, et ce jusqu’à ce que le corps et le coeur lâchent. A aucun moment, on ne sait quel est l’état de conscience du malade, et les médecins se veulent rassurant en prétextant que ce dernier n’est plus lucide. Qu’en savent-ils vraiment ? C’est tout simplement insupportabble de voir un proche agoniser pendant des jours ou des semaines.
Si c’est cela pour vous « mourir dans la dignité », alors je préfère nettement pouvoir choisir le moment de ma mort plutôt que de souffrir, faire souffrir les proches au lieu « de crever comme une bête » (et encore même aux animaux on n’inflige pas ce traitement !).
La liberté individuelle commence par le droit de chacun à choisir sa façon de mourir dans la dignité, tant qu’il est lucide et dans le cas d’une issue fatale irrémédiable.
Merci pour cet article qui expose parfaitement le sujet. J’en retiens surtout ce passage qui décrit l’impuissance publique dans son incommensurable vacuité :
« Ce « droit à mourir » est déjà contestable comme droit-créance, un droit sur les autres et aux frais des autres : les frais et honoraires de l’opération sont d’ailleurs pris en charge par la Sécu. Le problème n’est pas bien sûr le coût de ces interventions, mais les méfaits de l’Etat providence qui étend sa toile en distribuant des droits alors qu’il n’a déjà plus les moyens de satisfaire à ses engagements comme celui par exemple d’offrir à tous la possibilité de bénéficier de soins palliatifs. »
Mon épouse atteinte d’un affreux cancer a eu la possibilité de mourir très bien accompagnée dans le cadre légal actuel avec des soins palliatifs car nous avons eu la « chance » d’avoir eu accès à un centre exemplaire qui nous a accompagnés tant médicalement qu’humainement et psychologiquement.
Cela ne devrait pas être une « chance ».
Si on pouvait fermer toutes les ARS, réduire le staff administratif des hôpitaux, réduire ce monstre pourri qu’est l’administration de notre « état providence », on pourrait sans doute faire bénéficier le plus grand nombre d’une telle fin, digne et humaine.
Et par pitié, stopper l’inflation des « droits à » développés par des imbéciles impuissants et prétentieux qui n’ont pour ambition que de donner leur nom a encore une nouvelle loi !
Merci pour cet article !
Et que l’accès à des soins palliatifs dignes de ce nom, avec un accompagnement humain à la hauteur d’une civilisation développée ne soit pas une « chance » !!!
Je partage votre point de vue sur le fond, sans avoir à solliciter les religions qui ne sont que des constructions intellectuelles fragiles… Par contre, comme je l’ai indiqué par mail à Philippe JUVIN, soyez proactif et proposez les conditions d’une fin de vie digne. Les progrès médicaux ont altéré la fin de vie naturelle de l’Homme en permettant de prolonger considérablement la vie. C’est une belle chose mais, par cet acte, il modifie les lois naturelles et donc, parallélisme des formes, il faut permettre de corriger les dérives d’une telle poursuite de la vie dans des conditions qui ne seraient plus dignes aux yeux de ceux qui en bénéficient.
Il y a beaucoup d’autres sujets à débattre. celui de l’euthanasie est trop complexe.
Sachez que cela se pratique déjà. soit à l’etranger, et parfois dans les hôpitaux ou des médecins bravent l’interdit, en accord avec les proches . Ces médecins sont des héros , ils font passer l’humain avant la loi.
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39 réponses
Les paradoxes d une société qui abolit la peine de mort et promeut le droit a mourir
Peu de condamnés à mort souhaitaient mettre fin à leurs jours.
Comparer la peine de mort, qui exprime un désir de vengeance de la société, à une manifestation du libre arbitre de l’individu me paraît pour le moins hasardeux
Je mets simplement en exergue une des nombreuses contradictions qui traversent notre société
Voyez aussi comment le terrorisme moyen oriental peut être célèbre en occident alors que c est un outil qui porte la mort par excellence
D’une manière générale, les Occidentaux aiment bien les combats de David contre Goliath.
La différence entre les 2 est pourtant évidente. Les gaulois que vous fustigez à longueur de commentaires (sauf celui-ci, ça nous fait des vacances) la voient parfaitement.
Il ne s agit pas de faire une comparaison mais seulement de s interroger sur nos contradictions inhérentes a nos sociétés
Le suicide est condamné par les chrétiens
Reste à définir ce qu’est la vie. Mais c’est vrai que l’on a pas besoin d’une loi pour l’euthanasie à l’instar du suicide.
Le problème de ce genre de loi est dans les abus qui peuvent en découler, où sont les limites et qui en décide
Difficile d’être plus en désaccord avec ce texte que je ne le suis
A quatre-vingts ans et avec deux cancers, je suis très heureux de la possibilité qui m’est offerte, en Belgique, de décider de pouvoir exercer mon droit à « mourir dans la dignité », lucide et conscient, et non comme une épave souffrant le martyre bien que gorgée de morphine
Épave qui n’apporte bien sûr plus rien au « bien commun », sauf des frais médicaux totalement inutiles et, bien plus grave, des souffrances indicibles à ses proches, forcés de suivre la lente déchéance d’une personne qu’ils aiment et qu’ils respectent
J’en ai bien sûr discuté depuis très longtemps avec mes enfants, qui me supportent dans mon choix, et avec mon médecin, qui l’avalise
Votre commentaire est intéressant car votre mention à la Belgique pourrait peut-être expliquer le fait, que malgré un coût horaire du travail encore plus élevé qu’en France, les EHPAD belges en moyenne deux fois moins chers que les EHPAD français?
Cette loi restera comme une insulte à la raison. Il faut cesser d’être hypocrite, la mort a été « administrée » nombre de fois par amour pour celui qui souffrait au delà du supportable. Cela s’effectuait en silence dans l’intimité. Bien sur la loi ne le permettait pas, elle ne l’imposait pas non plus, elle se taisait et c’était bien ainsi.
Cette volonté de tout régenter jusqu’aux limites du supportable est insupportable.
Mais, sans loi et sans encadrement, cet acte de simple humanité était et reste punissable.
Il me semble indispensable que la volonté des patients soit clairement exprimée et corroborée par plusieurs personnes, ce qui la protège d’abus de faiblesse, tout en respectant la liberté de certains médecins de ne pas vouloir donner la « bonne mort », – en français, l’euthanasie – puisqu’il y a deux parties dans ce contrat
Et donc, oui, il faut des textes légaux
Et les autres ? Tout ceux qui veulent partir pour X raison. On a le droit d’ en avoir assez. Il ne reste que le suicide donc. Rien ne change. Il faut toujours anticiper…. Je pars du principe que chacun à le droit de décider du moment de sa mort. On est pas obligé de vouloir « survivre » jusqu’à point d’ âge ! On est pas obligé de subir une fin de vie dégradante et insipide parce que la bien pensance en a décidé ainsi ! Laissez les gens décider et arrêter de vous immiscer dans la vie intime ! !
Le pb ce sont les interdictions fortes sur les substances létales « douces » et leurs nécessaires gestions sécuritaires pour limiter les assassinats-empoisonnements.
La mondialisation étant ce qu’elle est, il n’y a presque plus de problèmes pour tirer sa révérence sans aller en Suisse ou en Belgique. Des associations fonctionnent bien pour permettre l’exercice de cette LIBERTÉ. Tout le monde n’a pas envie de trainer en déclin ou inconscient ou hyperdépendant de ses proches ou de la société, au dépens des jeunes d’avenir.
En organisant l’euthanasie avec cette législation très contraignante, en pratique, la société protège les personnes qui ne sont plus autonomes et n’ont pas pris les devant « avant » la perte d’autonomie.
« Le libéralisme est un courant de pensée qui prône la défense des droits individuels ». Ce n’est pas à l’état de décider si, qui, quand , l’individu a le droit et le choix en pleine conscience de quitter cette vie lorsque qu’il estime que le moment est venu.
Mais il est vrai que l’humain a la faculté de se dédouaner en parquant ses aînés dans des mouroirs lucratifs, et là cela ne s’appelle plus du libéralisme, mais de la libération pour les enfants
Cet article en reste aux généralités philosophiques du libéralisme, qu’à priori nous partageons si nous sommes abonnés à Contrepoints…. Mais il y a un gouffre entre généralités, philosophie libérale et réalité crue de la fin de vie en situation de déchéance physique ou intellectuelle. Pour mémoire, « euthanasie » veut dire « bonne mort » et non pas donner la mort : chacun peut et doit prétendre à l’EU-thanasie. Pour une majorité, celle-ci leur sera procurée par les soins palliatifs dont on sait qu’ils sont malheureusement loin d’être accessibles partout en France. L’aide médicale ou paramédicale à mourir est un autre problème car elle fait intervenir un tiers dont le libre arbitre doit être respecté. Reste le suicide assisté, voulu, consenti, préparé comme l’évoque Baeten. Comme chirurgien, j’ai pu voir de mes yeux le spectacle atroce d’une balle dans la tête ou d’un corps désarticulé après une chute de 20 mètres : de ce point de vue, je considère que la liberté de s’administrer à soi-même « proprement » une substance létale, à un moment décidé librement, est un progrès humaniste et respectueux de mes convictions libérales.
Comme la personne atteinte de 2 cancers, vous avancez 2 cas effectivement dramatiques mais la majorité des situations sont nettement moins faciles à définir pour déterminer l issue car le mental de la personne atteinte a aussi une influence déterminante dans la décision
Puisque vous me mentionnez, je voudrais souligner que j’avais établi et fait enregistrer mes souhaits de fin de vie bien avant les découvertes successives des cancers, comme beaucoup d’autres personnes en bonne santé, en Belgique.
Et ce, dans le cadre d’une loi passée en 2002, après de longues discussions entre les différents partis, et qui n’a pas soulevé beaucoup d’objections dans le public, ni dans le corps médical ( la loi prévoyant l’objection de conscience des médecins qui ne souhaitaient pas pratiquer l’euthanasie, des garanties d’objectivité et la présence d’une commission de contrôle )
A noter que cette loi a été passée la même année que deux autres lois, l’une concernant les droits des patients et l’autre les soins palliatifs
A la campagne, les suicides avec le fusil de chasse étaient monnaie courante et c’est un des facteurs à l’origines du durcissement de la législation sur les armes à feu car si l’impact est nul sur la criminalité, il est par contre significatif sur le nombre de suicides.
Ultime Liberté est sur internet
LE MANDAT PRESIDENTIEL RESTERA EN MEMOIRE —EUTHANASIE PROGRAMMEE!!! ??? OU COMMENT FAIRE DES ECONOMIES DANS TOUS LES DOMAINES SOCIAUX —-SOINS MEDICAUX – RETRAITES –ETC !!!
Vous recentrez le débat sur l’essentiel, soigneusement évité par la plupart de médias pour d’évidentes raisons!
Les 2 mandats du PR se seraient singularises par des économies dans la dépense sociale
Dans ce cas expliquez nous les 950 miliards de dépenses sociales en 2025 soit 32% du pib en hausse de 2,2%
Les 2 mandats du PR se seraient singularises par d importantes économies sur la depenses sociales
Pouvez vous nous expliquer les 950 milliards de dépenses sociales en hausse de 2,2 % en 2025???
Merci à l’auteur de cet excellent article aux arguments probants.
En troisième lecture, la proposition de loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté a été adoptée par l’Assemblée nationale par 295 voix « pour » et 232 voix « contre ».
Un vote marqué par l’absence de consensus et montrant un large accord des forces supposées « progressistes » pour cette loi dont il faudrait tirer un soi disant « bénéfice »(Sic!!!)
En 2005, la loi Leonetti traitant de la fin de vie avait été adoptée par 548 voix sur 551 députés. Cette loi interdisait l’acharnement thérapeutique et cherchait à encourager le développement des soins palliatifs.
C’est une des rares lois de la République à avoir été adoptée à l’unanimité des voix exprimées.
-Faut-il rappeler que ce résultat tranche avec celui du vote du 30 juin à l’Assemblée nationale ?
Il existe ainsi une fracture entre les partisans et les opposants au suicide assisté et à l’euthanasie.
Plusieurs parlementaires ont repris dans les débats la notion d’une prétendue « exception »,s’agissant de situations « exceptionnelles », dans des cas spécifiques de douleurs réfractaires à tout traitement,même si une étude précise estime le nombre de personnes « éligibles »(!) à environ 1 million.
Il reste évident que la notion » d’affection grave et incurable, avec un pronostic vital en phase avancée », permet ainsi de LARGES interprétations comme l’ont souligné plusieurs députés dont il faudra retenir les positions sur un sujet de société en rien comparable à d’autres, sans cesse ressassés par les partisans de l’euthanasie (loi Veil,mariage pour tous,etc…)
-Comment par ailleurs ignorer la responsabilité du personnel soignant qui serait en charge de répondre à la demande de mort assistée ?
Comme par hasard, les partisans de l’euthanasie n’ont fait aucune confiance aux soignants quand ceux-ci, en nombre, ont manifesté leur désaccord avec ce texte.
La prochaine étape au Sénat laisse éventuellement espérer un sursaut de sagesse souhaitable de la part des autorités de l’Etat pour éviter une défaite de la fraternité en cas d’adoption définitive de ce texte, véritable procédure administrative qui se met en place, consacrant la toute puissance médicale.
« POUR MOURIR TAPER 1 »!!! , est le titre évocateur du livre de l’avocate Élise Rojas contre le suicide assisté…….à méditer !!!
vous avez des réponses dans les nombreux commentaires
Le raisonnement est particulièrement faible. Une fausse liberté ? Non, puisque la situation actuelle permet l’intervention de l’Etat dans le rapport entre l’individu et sa mort. L’Etat interdit de faire appel à autrui pour quitter ce monde. La nouvelle loi l’autorisera. Il s’agit donc bien d’un recul de l’interventionnisme étatique. C’est une évidence.
L’opposition des monothéismes dans ce domaine est une constante. Ils ont toujours, une fois installés, utilisé le pouvoir politique pour imposer leur philosophie à la société tout entière. Permettre aux non-croyants de ne plus être soumis aux diktats des monothéismes est également un progrès de la liberté.
Je suis libéral, mais mon libéralisme ne se résume pas à la dimension économique, ce qui est le cas chez la plupart des rédacteurs de Contrepoints. Mon libéralisme est global.
Il n’est pas certain que l’on puisse parler de « recul de l’intervention de l’État » de manière aussi évidente.
Il semble plutôt qu’il s’agisse d’un changement de forme : on passerait ainsi d’une interdiction générale à un encadrement très précis, avec des critères, des procédures et des contrôles. Dans ce sens, l’État n’interviendrait pas forcément moins, mais DIFFÉREMMENT, en accompagnant et en régulant des situations individuelles.
Par ailleurs, lier principalement l’opposition à l’euthanasie aux religions paraît réducteur. Le débat dépasse largement ce cadre et soulève des questions éthiques, médicales et sociales qui peuvent être abordées indépendamment de toute référence religieuse : le rôle du médecin, la protection des personnes vulnérables ou encore les effets à long terme d’une telle législation.
Il semble donc utile de recentrer la discussion sur ces enjeux de fond, afin d’en examiner sereinement les implications, au risque d’ouvrir une boîte de Pandore en envisageant l’avènement d’un contrat social reposant sur de nouvelles valeurs civilisationnelles.
Je repense à Vincent Humbert.
Je repense surtout à cette femme dont une maladie déformait tellement le visage que ses yeux s’exorbitaient et lui causaient des douleurs atroces que rien ne calmait.
Tous deux n’étant pas en fin de vie, hors de question de bénéficier des soins palliatifs permettant l’endormissement jusqu’à la mort, ou d’une quelconque autre aide à mourir discrète « en silence, dans l’intimité ».
Car il n’y a pas que des personnes en fin de vie qui peuvent avoir besoin d’en finir, ce qui est souvent été occulté lors des discussions sur ce sujet.
Pour eux, je suis contente que cette loi soit passée, qu’il soit désormais possible dans de telles situations de bénéficier d’un accompagnement à la mort autre que se tirer une balle ou se pendre (tout le monde n’a pas ce courage et… petite pensée à celui qui découvre le corps et qui sera traumatisé et certainement soupçonné de meurtre s’il n’a pas d’alibi) ou prendre une tonne de médicaments que tout le monde n’a pas à sa disposition.
Et puis préparer son départ comme l’avait fait cette dame (en Belgique) avec ses proches, beaucoup parler, se rendre accompagné dans le centre spécialisé, partir entouré en laissant ses proches apaisés, c’est tout de même mieux pour soi et pour eux. Finalement, c’est aussi une bonne définition de partir « dans la dignité ».
Ce que vous exprimez touche à une réalité incontestable : la souffrance extrême interroge profondément notre humanité. Mais précisément, elle exige sans doute autre chose qu’une réponse immédiate, aussi compréhensible soit-elle.
Parce que certaines vies deviennent insupportables à vivre,faudrait-il pour autant en conclure que la société devrait reconnaître et organiser la possibilité d’y mettre fin ?
Ce passage n’a rien d’évident car Il engage une certaine conception de l’homme, de la liberté et de la responsabilité collective.
Par ailleurs que devient la médecine lorsqu’elle franchit un tel seuil ?
-Est-elle encore ordonnée à soigner, soulager et accompagner, ou bien introduit-on en son sein une autre finalité, celle de donner la mort ?
Ce déplacement, même encadré, n’est pas neutre : il modifie en profondeur la relation de soin et la confiance qui la fonde.
« la souffrance extrême interroge profondément notre humanité. Mais précisément, elle exige sans doute autre chose qu’une réponse immédiate, aussi compréhensible soit-elle »
Quelle autre réponse ? Quelle réponse apportiez-vous à Vincent Humbert, tétraplégique, aveugle et muet à 20 ans ?? Mettez-vous ne serait-ce qu’une seule journée dans sa situation ?
Pourquoi supposez-vous une réponse immédiate ? Vous croyez vraiment que la personne qui prend la décision d’en finir le fait facilement et d’un claquement de doigts ? Des garde-fous, oui, du temps pour que la décision soit mûrie, oui, la reconnaissance de la liberté des soignants de refuser, oui, mais pas d’entraves.
Notre humanité est de ne pas imposer aux autres ce qu’on ne supporterait probablement pas soi-même. Juger et écrire de grandes belles phrases est toujours facile quand on n’est pas concerné.
La médecine, dans mes exemples, accompagne en effet le malade vers l’ultime et unique solution qui reste à ceux qui souffrent à un point que ni vous ni moi ne connaissons. « Lorsque certaines vies deviennent insupportables à vivre » évidemment que la société doit répondre à la demande des personnes concernées, la société c’est nous tous ensemble, rien d’autre, et parmi nous, nombreux sont ceux qui comprennent cette demande.
Peut-être sont-ils plus empathiques que ceux qui, à travers de grandes phrases, cherchent à faire croire qu’ils le sont.
Bonjour MIMOSAS,
Je vous remercie pour votre retour et précise que pour un sujet aussi grave il ne s’agit aucunement de présenter de simples sophismes agrémentés de « belles phrases » de vitrine ,mais d’apporter des arguments objectifs afin de progresser dans la réflexion.
J’ai accompagné hélas plusieurs de mes proches dans un bien triste contexte de soins palliatifs, et il ne saurait question pour moi d’aborder avec désinvolture cette question qui ,plus ou moins nous concernera tous, s’agissant d’une simple question de temps.
Votre propos exprime une indignation compréhensible face à des situations de souffrance extrême, et personne ne peut y rester insensible. Mais précisément, c’est parce que ces situations sont tragiques qu’elles exigent autre chose qu’une réponse dictée par la seule émotion ou par des cas particuliers, aussi bouleversants soient-ils.
Vous invoquez le cas particulièrement désespéré de Vincent Humbert.
Son histoire est en effet profondément marquante. Mais une société ne peut pas construire une norme générale à partir de situations limites sans s’exposer à des conséquences qui dépassent largement ces cas exceptionnels. Même si l’émotion qu’ils suscitent est légitime ; elle ne suffit pas à fonder une règle applicable à tous.
Vous contestez l’idée d’une réponse « immédiate ». Pourtant, la question n’est pas tant la rapidité de la décision individuelle que son irréversibilité. Même réfléchie, même encadrée, une telle décision s’inscrit toujours dans un contexte de vulnérabilité extrême : douleur, dépendance, sentiment d’être une charge, voire altération du jugement. Peut-on alors parler d’une » LIBERTÉ » pleinement intacte ? Rien n’est moins sûr.
Vous affirmez également que la médecine doit accompagner vers « l’ultime solution ». C’est précisément là que se situe un basculement majeur. La vocation de la médecine est de soigner, de soulager, d’accompagner, non de provoquer la mort.
Introduire une telle possibilité transforme profondément la relation de confiance entre le patient et le soignant, et modifie la nature même de l’acte médical.
Quant à « l’autre réponse », elle existe : elle réside dans le développement des soins palliatifs, dans la prise en charge effective de la douleur, dans l’accompagnement psychologique et humain, dans la lutte contre l’isolement et la perte de dignité ressentie. Autrement dit, dans tout ce qui vise à rendre la vie supportable jusqu’à son terme, sans faire de la mort une SOLUTION.
Enfin, affirmer que notre humanité consiste à ne pas imposer à autrui ce que nous ne supporterions pas nous-mêmes est une formule forte, mais incomplète car :
Légaliser l’aide à mourir, c’est aussi introduire, même implicitement, l’idée que certaines vies pourraient ne plus valoir d’être vécues,avec le risque d’ exercer une pression silencieuse sur les plus fragiles.(Exemples avérés de patients atteints de dépressions nerveuses pouvant être facilement manipulés par leur entourage pour de sordides raisons)
La prudence que vous critiquez n’est pas un refus de l’empathie. Elle peut au contraire en être une forme plus exigeante : celle qui refuse les réponses simples à des réalités complexes, et qui mesure les conséquences collectives d’un choix irréversible.
Par ailleurs,il n’aura échappé à personne que des sommes considérables (« véritable pognon de dingue », pour reprendre une expression moderne connue), sont utilisées dans bien d’autres circonstances……. loin d’être vitales !
Il semble donc peu cohérent que l’investissement pour le développement des unités de soins palliatifs ne soit pas considéré comme une cause nationale, à contrario du concept d’euthanasie changeant radicalement la donne compte tenu des situations individuelles les plus diverses.
La loi Cleys- Leonetti constitue à cet égard une référence majeure car elle a affirmé le droit de refuser l’obstination déraisonnable, reconnu le droit à une prise en charge de la douleur, renforcé l’accompagnement du malade et placé la dignité de la personne au cœur de la décision médicale.
Elle rappelle une exigence essentielle : face à la souffrance, notre première responsabilité collective n’est pas de considérer la mort comme une réponse, mais de faire en sorte que personne ne soit abandonné, isolé ou privé d’un accompagnement humain et médical digne.
La véritable humanité d’une société se mesure peut-être d’abord à sa capacité à entourer les plus fragiles, à soulager leurs souffrances et à leur témoigner, jusqu’au dernier instant, qu’une vie diminuée par la maladie ou la dépendance conserve toute sa valeur.
Pour conclure écrire ses directives anticipées permettant d’exprimer par avance sa volontés sur les soins et la fin de vie ne contredit en rien l’esprit de la loi Cleys-Leonetti dont l’originalité est d’avoir cherché un équilibre : ni acharnement thérapeutique, ni abandon du malade.
En France, moins de 18% des personnes ont rédigé leurs directives anticipées, selon une enquête récente. Cette situation montre qu’être sensibilisé sur la nécessité de rédiger ces documents ne va pas de soi,tant il est humain d’oublier pour les biens portants que leur vie est avant tout éphémère.
Bien à vous,
RÉMI
Bonjour REMI,
Je vous remercie pour cet échange très intéressant.
Je comprends tout à fait votre raisonnement qui est sauf erreur de ma part général et exclu de fait tous les cas particuliers. Or ils sont très nombreux.
Vous parlez de « prise en charge effective de la douleur » mais cela n’existe pas dans les faits. La douleur de la femme dont j’ai parlé n’était calmée par rien. Et que dire de la situation dramatique de Vincent Humbert ? Bien sûr que la 1ère réponse doit être psychologique, ne pas laisser seul etc. Sa mère avait réussi à développer un moyen de communiquer avec lui, ce qui était déjà en soi extraordinaire. Certains auraient repris espoir avec la sortie de l’isolement, auraient envisagé de rédiger un livre peut-être, ou divers projets. Et pour d’autres c’est inenvisageable, ce qui peut se comprendre à 20 ans…
Quand je critique les belles phrases, c’est parce que vous parlez de développer « tout ce qui vise à rendre la vie supportable jusqu’à son terme », mais comment quelqu’un d’extérieur peut-il juger ce qui est « supportable » ? Et de ce fait, vous retirez aux gens comme Vincent Humbert le droit de juger que leur vie est insupportable. Il avait parfaitement le droit de considérer que rien ne pouvait rendre supportable cette vie dans le noir et la dépendance totale pour des années et des années. Concrètement, comment lui rendre la vie supportable ? Bien sûr que tout a été tenté pour l’accompagner (enfin j’espère puisque dans la réalité mêmes les soins palliatifs ne sont pas développés partout et on sait parfaitement que nous manquons de soignants dans nombre de régions…). Le principe de réalité percute les belles intentions ; il va de soi que cette situation est inadmissible mais c’est la réalité.
Il est évident que les premières étapes sont d’accompagner la personne, de l’entourer, mais quand cela ne suffit pas ? Après moults garde-fous, le collectif doit s’effacer car la vie de chacun de nous n’appartient qu’à chacun de nous, pas à la collectivité. Ce n’est pas à la collectivité de juger à la place de celui qui vit si sa vie vaut la peine d’être vécue.
Bien sûr que cela risque d’entraîner une certaine pression sur certains d’entre nous, mais pour autant ceux qui font le choix de vivre ne doivent pas être responsables d’une obligation de vie pour ceux qui n’en veulent plus. C’est là où les garde-fous doivent être bien définis.
Vous évoquez le fait que la décision ne relève pas d’une liberté pleinement intacte puisque prise dans un contexte de vulnérabilité extrême… en même temps comment voulez-vous qu’il en soit autrement ? Une personne saine de corps et d’esprit n’envisage pas de mourir à l’instant T et ne se projette pas volontairement ; pour autant posez la question autour de vous : si vous vous retrouviez dans la situation de Vincent Humbert ou en totale dépendance avec cerveau dégradé, voudriez-vous l’acharnement thérapeutique ? 90% des gens vont refuser l’acharnement. Ils sont pourtant parfaitement libres de leur réponse. Alors pourquoi discréditer la parole de celui qui l’affirme lorsqu’il est dans la situation dramatique ?
Enfin vous citez le fait que 18% seulement des gens ont rédigé des directives anticipées (il serait intéressant de vérifier si ma théorie de 90% des gens qui souhaiteraient alors en finir est confirmée) ; ne pas oublier qu’à l’hôpital, lorsque vous êtes encore conscient et sain, le corps médical vous demande vos directives.
Cordialement
P.S. : N’ayant pas vérifié correctement mon texte ,veuillez m’excuser pour cette phrase lourde comprenant la répétition du mot « QUESTION » :
» et il ne saurait question pour moi d’aborder avec désinvolture cette question qui ,plus ou moins nous concernera tous, s’agissant d’une simple question de temps.
Il s’agissait de lire tout simplement :
« et il ne saurait question pour moi d’aborder avec désinvolture ce type de problème «
Je me demande si les auteurs de cet article qui préconisent ou revendiquent les soins palliatifs pour tous, ont vraiment été confrontés au protocole de ces soins. J’ai malheureusement plusieurs proches en fin de vie qui ont du subir (et le mot n’est pas trop fort !) ces soins et je peux vous assurer que c’est intenable pour la famille.
On laisse « crever à petit feu » pendant des jours voir des semaines le malade selon sa résistance avec des doses de morphine tout en diminuant (ou supprimant) son alimentation et en l’empéchant de boire, et ce jusqu’à ce que le corps et le coeur lâchent. A aucun moment, on ne sait quel est l’état de conscience du malade, et les médecins se veulent rassurant en prétextant que ce dernier n’est plus lucide. Qu’en savent-ils vraiment ? C’est tout simplement insupportabble de voir un proche agoniser pendant des jours ou des semaines.
Si c’est cela pour vous « mourir dans la dignité », alors je préfère nettement pouvoir choisir le moment de ma mort plutôt que de souffrir, faire souffrir les proches au lieu « de crever comme une bête » (et encore même aux animaux on n’inflige pas ce traitement !).
La liberté individuelle commence par le droit de chacun à choisir sa façon de mourir dans la dignité, tant qu’il est lucide et dans le cas d’une issue fatale irrémédiable.
Merci pour cet article qui expose parfaitement le sujet. J’en retiens surtout ce passage qui décrit l’impuissance publique dans son incommensurable vacuité :
« Ce « droit à mourir » est déjà contestable comme droit-créance, un droit sur les autres et aux frais des autres : les frais et honoraires de l’opération sont d’ailleurs pris en charge par la Sécu. Le problème n’est pas bien sûr le coût de ces interventions, mais les méfaits de l’Etat providence qui étend sa toile en distribuant des droits alors qu’il n’a déjà plus les moyens de satisfaire à ses engagements comme celui par exemple d’offrir à tous la possibilité de bénéficier de soins palliatifs. »
Mon épouse atteinte d’un affreux cancer a eu la possibilité de mourir très bien accompagnée dans le cadre légal actuel avec des soins palliatifs car nous avons eu la « chance » d’avoir eu accès à un centre exemplaire qui nous a accompagnés tant médicalement qu’humainement et psychologiquement.
Cela ne devrait pas être une « chance ».
Si on pouvait fermer toutes les ARS, réduire le staff administratif des hôpitaux, réduire ce monstre pourri qu’est l’administration de notre « état providence », on pourrait sans doute faire bénéficier le plus grand nombre d’une telle fin, digne et humaine.
Et par pitié, stopper l’inflation des « droits à » développés par des imbéciles impuissants et prétentieux qui n’ont pour ambition que de donner leur nom a encore une nouvelle loi !
Merci pour cet article !
Et que l’accès à des soins palliatifs dignes de ce nom, avec un accompagnement humain à la hauteur d’une civilisation développée ne soit pas une « chance » !!!
Je partage votre point de vue sur le fond, sans avoir à solliciter les religions qui ne sont que des constructions intellectuelles fragiles… Par contre, comme je l’ai indiqué par mail à Philippe JUVIN, soyez proactif et proposez les conditions d’une fin de vie digne. Les progrès médicaux ont altéré la fin de vie naturelle de l’Homme en permettant de prolonger considérablement la vie. C’est une belle chose mais, par cet acte, il modifie les lois naturelles et donc, parallélisme des formes, il faut permettre de corriger les dérives d’une telle poursuite de la vie dans des conditions qui ne seraient plus dignes aux yeux de ceux qui en bénéficient.
Il y a beaucoup d’autres sujets à débattre. celui de l’euthanasie est trop complexe.
Sachez que cela se pratique déjà. soit à l’etranger, et parfois dans les hôpitaux ou des médecins bravent l’interdit, en accord avec les proches . Ces médecins sont des héros , ils font passer l’humain avant la loi.