« La Chute Finale » de l’Occident de Olivier Piacentini

Le déclin de l’Occident est inextricablement lié aux nocives idées étatistes qui dominent les institutions occidentales depuis des décennies.

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« La Chute Finale » de l’Occident de Olivier Piacentini

Publié le 4 décembre 2022
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L’Occident semble avoir accéléré son déclin dans une espèce de folie autodestructrice rarement égalée.

Les sociétés occidentales subissent les conséquences de la scandaleuse gestion de la pandémie de covid de leurs dirigeants politiques et souffrent d’une inflation des prix, auto-infligée par leurs propres sanctions contre la Russie.

C’est dans ce contexte qu’il faut lire le dernier livre de Olivier Piacentini, La Chute Finale : l’Occident survivra t-il ?.

 

Ce déclin ne date pas d’hier

Comme l’explique avec beaucoup de verve M. Piacentini, ce déclin ne date pas d’hier.

L’auteur en fait une vaste et riche revue d’un point de vue non seulement économique mais également politique et culturel en évoquant l’influence socialement destructive du relativisme et du postmodernisme provenant des USA, par exemple sous forme des attitudes woke.

Qui parle de déclin parle d’abord de cimes déjà atteintes. M. Piacentini rappelle avec érudition les différents facteurs ayant permis la longue ascension de l’Occident, en rappelant l’influence des penseurs grecs, du christianisme, de la Renaissance, de l’État de droit, du libéralisme.

Cependant, pour ceux qui croient en l’universalité des valeurs libérales et plus particulièrement en les bienfaits d’une politique libérale et d’une économie de marché au niveau mondial, l’auteur insiste peut-être un peu trop sur « l’exception de l’Occident ». Une telle exceptionnalité empêcherait alors le libéralisme d’être répliqué ailleurs car elle serait alors endémique aux conditions occidentales. Au vu du développement économique de l’Asie, cette soi-disant exception occidentale doit être remise en question.

La position de l’auteur semble alors être davantage pro-occidentale que libérale, rappelant celle de Winston Churchill ou plus récemment celle de l’historien Niall Ferguson.

L’auteur évoque la « domination de l’Occident […] pendant si longtemps ». Mais il est possible de dire que l’Occident ne se distingue réellement du reste du monde qu’après les révolutions agraires et sanitaires du XVIIe siècle. En effet, la Chine représentait un quart de la richesse mondiale jusqu’au XVIIe siècle. D’ailleurs, la science politique chinoise actuelle considère que la Chine a une grande avance sur l’Europe car elle s’est unifiée 2000 ans avant cette dernière…

Une partie du déclin occidental est normale et inévitable. M. Piacentini devrait insister davantage sur ce point car il est relatif aux autres nations qui heureusement s’enrichissent aussi en profitant indirectement des avancées occidentales antérieures.

Il est aujourd’hui évident que l’Occident a même été surpassé dans plusieurs secteurs de pointe, ce qui encore une fois devrait relativiser cette idée d’exception.

 

Revoir le concept d’Occident

Mais qu’est-ce que l’Occident ?

L’auteur a presque une tendance à considérer l’Occident comme une extension de la France. Une grande partie du déclin décrit dans le livre concerne justement la France que M. Piacentini connaît bien. Il semble considérer l’Occident comme une seule entité homogène et le personnalise même avec des phrases telles que : « l’Occident a peur » (p. 46) ou « l’Occident sûr de lui » (p. 61).

Mais n’est-ce pas justement l’hétérogénéité et la pluralité de l’Occident une des raisons fondamentales de son succès initial ? En France, l’accent qui est mis sur l’universalité des Lumières est compréhensible mais parfois démesuré, comme Isaiah Berlin l’avait bien compris. Des historiens libéraux comme Ralph Raico et Donald Livingstone ont montré que justement le manque d’unité et la concurrence décentralisée des petites entités politiques étaient la clef pour leur développement économique et politique.

De plus, l’Occident actuel est aujourd’hui loin d’être uni : la Russie s’en éloigne, les membres de l’Union européenne sont en sérieux désaccord et les États-Unis semblent vouloir s’enrichir aux dépens des Européens. Aussi, les succès des pays de l’Europe du nord par rapport à ceux du sud (y compris la France) montrent que cette richesse historique et culturelle de l’Occident loué par Olivier Piacentini n’est pas seulement un atout pour un pays mais aussi un poids qui souvent empêche les réformes et l’innovation. L’Italie en est l’exemple phare.

 

L’État, toujours l’État

Le déclin de l’Occident est inextricablement lié aux nocives idées étatistes qui dominent les institutions occidentales depuis des décennies déjà (quoique moins fortement aux États-Unis), comme le souhaitait Gramsci. Cet étatisme s’exprime par un consentement généralisé à un État social qui prélève massivement (p. 91), mais aussi à un État stratège qui s’implique aujourd’hui dans tous les aspects majeurs de la société, de la santé a l’immigration en passant par le marché du travail.

Les libéraux estiment que ce développement a fait des ravages à tous les niveaux et impacte même la vitalité, au sens large, des sociétés occidentales. L’auteur reconnait et critique habilement ces symptômes au fil du livre mais néanmoins il affirme aussi, par exemple, que l’État crée « les conditions du développement et participe à l’amélioration des conditions de vie » (p. 33). Or, le déclin de plus en plus rapide de l’Occident est au contraire inversement corrélé à l’interventionnisme de plus en plus exacerbé des États, comme l’explique l’École autrichienne.

Comme pour beaucoup de livres publiés en France, La Chute Finale ne liste pas les auteurs cités et leurs œuvres, ni les mots clefs, comme dans les livres anglo-saxons. Il ne contient pas une seule référence ni même une table des matières. C’est dommage car M. Piacentini donne beaucoup d’informations à son lecteur sans que celui-ci puisse vérifier les sources. Une deuxième édition corrigeant ces défauts serait la bienvenue et permettrait de prolonger la vie de ce livre en laissant au lecteur la possibilité de s’y référer.

L’auteur fait donc une excellente description des maux économiques, politiques et culturels dont souffre l’Occident. Il termine en promettant des propositions pour résoudre ces graves difficultés dans un prochain ouvrage.

La Chute Finale est un livre d’un style peut-être un peu trop lyrique pour un thème aussi sérieux. Mais il fait partie des grandes contributions politiques contemporaines françaises décrivant un déclin de l’Occident qui n’a rien d’inévitable. Car ce déclin a surtout à voir avec des politiques publiques qui semblent être un mélange d’incompétence et d’idéologie de la part d’une petite classe dirigeante perturbant sérieusement le développement naturel des pays occidentaux depuis maintenant plusieurs décennies.

Olivier Piacentini, La chute finale : l’Occident survivra-t-il ?, Édition Godefroy, 2022, 248 pages.

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  • L’ennemi de la civilisation est la religion. La civilisation occidentale s’est développée parallèlement à la baisse de l’influence de la religion judéo-chrétienne. L’individu croit en lui dans le présent et veut s’enrichir pour vivre mieux et que ses enfants profitent de sa richesse créée. Comme pour une religion, une poignée d’individus s’accaparent le pouvoir par l’état et pour le conserver, formate via une éducation nationale obligatoire, les idées de soumission à cet état, créant ainsi des carcans à la liberté individuelle et ainsi à la créativité individuelle. Cela va expliquer effectivement la disparition de la civilisation occidentale.
    Mais quelle sera la relève ? Si aucun pays musulman n’a participé à ces avancées jusqu’à présent, c’est à cause de leur religion qui interdit la liberté. Même chose pour la religion indou qui parque les individus dans des castes. L’Afrique a malheureusement gardé, malgré que les colonisations l’ait combattu, le concept de tribut qui reste toujours en conflit les unes contre les autres : le pouvoir politique favorise toujours la tribut à laquelle ses dirigeants appartiennent.
    Les Chinois sont en train de renaitre car énormément aidée par l’Occident en matière d’investissement. Bien sûr l’état y est omniprésent, mais il libère des pans entiers de la société : on peut y faire fortune, posséder des biens, se déplacer librement, faire des affaires etc, etc. La seule chose tabou reste la critique du parti et la liberté de pensée politique. Avec le temps, le P. C. chinois continue à céder du leste et la Chine remplace ainsi l’Occident. Il adopte les méthodes occidentales : il investit énormément dans un secteur pour le rendre compétitif, puis le privatise (avec plus ou moins d’étique).

    -1
    • La civilisation occidentale ne s’est pas développée, elle a évolué.
      « Comme pour une religion, une poignée d’individus s’accaparent … » Le verbe doit s’accorder au sujet qui est « une poignée ». On écrit « une poignée s’accapare », ou, si vous préférez, « quelques individus s’accaparent ».
      Le religion majoritaire indienne est l’Hindouisme, ou religion hindoue, si vous voulez, avec un « h ».
      On écrit « tribu » sans « t » à la fin. Un « tribut » est un paiement forcé d’un État à un autre. Par extension, un dommage subi du fait de quelque chose (guerre, épidémie, par exemple).
      « Les Chinois sont en train de renaitre car énormément aidée par l’Occident »: il aurait fallu écrire « aidés » pour accorder à « les Chinois ». A moins que des mots n’aient sauté ?
      « Avec le temps, le P. C. chinois continue à céder du leste » Vous voulez dire qu’il renonce a proférer des plaisanteries à caractère sexuel ?

      • J’avais remarqué, sans me permettre de donner de leçons, les mêmes approximations linguistiques. Si je réagis, c’est parce que je ne suis pas d’accord avec vous sur la première que je considère comme acceptable:
        « une poignée d’individus s’accaparent »
        Le sujet n’est pas « une poignée » mais « une poignée d’individus ».
        Si on considère que ces individus forment une entité d’éléments indiscernables (comme une termitière ou un conclave) vous avez raison, l’accord se fait au singulier, mais si on considère en bon libéral que justement ces individus sont indépendants les uns des autres (doués de libre arbitre?) alors on l’exprime justement par un accord au pluriel.
        De même qu’on écrirait obligatoirement « une centaine d’individus s’accaparent ».

      • Je remercie l’éducation nationale qui m’a permis d’avoir le bac sans savoir écrire.

    • Bonjour M. JR, je suis d’accord avec vous dans le sens ou la religion, ou surtout l’église, depuis la loi 1901, peut former un contrepoids a l’Etat. Mais encore faut-il en effet qu’il y ait des croyants au sein de la population.

  • Le mot Occident ne veut plus rien dire !
    Il y a un peu plus d’un Siècle, Il englobait, au sens large, l’Amérique du nord, l’Europe, L’Eurasie et quelque morceaux épars. Il n’y a plus rien de commun entre le Wokisme, la théorie du genre aux USA et la France de La Lozère de la Creuse, … Il n’y a plus rien de commun entre L’âme slave et les illuminés démocrates américains, peu de chose en commun entre les Italiens, les espagnols, les portugais, les français, l’Europe du sud, et les allemands, les polonais, l’Europe du nord, c’est ainsi. Le droit des peuples a disposer d’eux-mêmes est le seul avenir pacifique de la planète. La Pseudo théorie universelle du Fric et de La Multiculturitude Heureuse, dans une espèce humaine ou l’existence d’individus male et femelle serait un fantasme. A peu de chance de nous amener la paix et le bonheur.

    • C’est plutôt le droit des individus à disposer d’eux-mêmes. Parce que « peuple » c’est déjà enfermer !
      Et puis l’occident c’est idée, pas une idée fixe sauf pour certains.

      • C’est justement tout le contraire. Un amas humains ou tous les individus sont disjoints, séparés, indépendants, sans liens entre eux ….
        Ce type d’amalgame, d’agrégat, ne constitue plus rien, ni peuple, ni société, ni nation, ni civilisation, ni culture et histoire commune.

  • Il faut lire le livre de Philippe Nemo, : « Qu’est-ce que l’Occident ? ». Une référence !

  • C’est justement tout le contraire. Un amas humains ou tous les individus sont disjoints, séparés, indépendants, sans liens entre eux ….
    Ce type d’amalgame, d’agrégat, ne constitue plus rien, ni peuple, ni société, ni nation, ni civilisation, ni culture et histoire commune.

  • La censure comme mode de communication, Fallait oser !

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