Finlande, Suède et OTAN : l’ignorance des avantages de la neutralité

La Finlande et la Suède semblent croire qu’elles gagneront en sécurité en adhérant à l’OTAN. Mais en renonçant officiellement à leur neutralité, non seulement elles mettront en péril leur sécurité, mais elles perdront également de leur indépendance.

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Finlande, Suède et OTAN : l’ignorance des avantages de la neutralité

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 25 mai 2022
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Les décisions de la Finlande et de la Suède de solliciter leur adhésion à l’OTAN constituent une victoire majeure pour l’alliance militaire, mais une victoire bien plus douteuse pour ces deux pays. L’OTAN a grandement besoin d’un succès en ce moment, car ni la guerre économique contre la Russie ni le conflit en Ukraine ne semblent aller dans le sens de l’Occident. Reste à savoir si l’ajout officiel de deux autres pays nordiques constituerait un réel avantage militaire pour l’OTAN, mais au moins ce serait une victoire claire en termes de relations publiques.

Cependant, cette situation pourrait aussi devenir un désastre d’image pour l’Occident, si la Turquie maintient son refus de permettre à la Finlande et la Suède de devenir membres de l’organisation. Comme souvent ces dernières années, la Turquie ne s’aligne pas automatiquement sur l’Occident, mais choisit de suivre une voie à mi-chemin entre les États-Unis et la Russie. Néanmoins, compte tenu des annonces très publiques des candidatures finlandaise et suédoise par le QG de l’OTAN et ses membres, il semble possible que la Turquie puisse céder, si au moins une partie de ses demandes sont honorées. En tout cas, cet épisode a une fois de plus mis en lumière l’amateurisme et le manque de préparation des dirigeants politiques occidentaux.

Il n’est pas évident que la sécurité militaire de la Finlande et Suède soit renforcée en tant que membres de l’OTAN, au contraire.

Pour commencer, le célèbre Article 5 soi-disant protecteur de la Charte de l’OTAN n’est pas du tout une garantie ou une obligation d’assistance militaire des nations membre à la nation en ayant éventuellement besoin. Il énonce seulement :

« Chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective… assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité ».

Il serait insensé de penser que l’OTAN, et en particulier les États-Unis qui ne sont aucunement dignes de confiance, s’engageraient militairement si un conflit éclatait entre par exemple entre la Finlande et… la Russie.

Si en tant que membres de l’OTAN, la Finlande et la Suède limitaient les troupes et les infrastructures de l’OTAN sur leur territoire, à l’instar des pays baltes, la situation sécuritaire en Europe ne s’aggraverait probablement pas. Dans ce cas l’OTAN gagnerait peu stratégiquement de leur adhésion. C’est essentiellement ce que le président Poutine conclut dans ses premières remarques sur ce sujet. Cependant, il faut évidemment s’attendre à un renforcement militaire russe du District Militaire Ouest, ce que le ministre russe de la Défense Choïgou a en effet déjà confirmé.

Par ailleurs, si la Finlande et la Suède, en tant que membres de l’OTAN, devaient décider – ou être forcés d’accepter – des lanceurs de missiles de l’OTAN sur leur territoire, comme la Roumanie et la Pologne, une plus forte réaction russe serait inévitable. Si la Finlande acceptait d’accueillir une base militaire potentiellement offensive de l’OTAN en Laponie finlandaise, à moins de 200 km des bases navales et aériennes russes de Mourmansk, tout l’équilibre sécuritaire de l’Europe du Nord serait ébranlé. La Russie se sentirait alors, à juste titre, obligée de tenter de résoudre une telle menace imminente pour la sécurité.

Les gouvernements finlandais et suédois ont-ils réfléchi aux conséquences d’une adhésion à l’OTAN et comment cela pourrait avoir l’effet inverse de la sécurité accrue qu’ils recherchent ? Il faut rappeler que contrairement à ce qui est dit officiellement, l’OTAN n’est pas une alliance défensive, mais clairement un instrument de la politique étrangère américaine, comme cela a été évident à de nombreuses reprises, de l’attaque sur la Serbie à la destruction de la Libye.

 

Les avantages de la neutralité

Les dirigeants de la Finlande et de la Suède semblent avoir oublié, ou ignoré, l’avantage de la neutralité, en particulier pour les petites nations. Dans les relations internationales, c’est la position logique d’un État qui est relativement faible vis-à-vis ses États voisins. La neutralité en elle-même confère une protection.

Dans le passé, la Suède a clairement bénéficié de son statut de neutralité, ce qui lui a permis de rester à l’écart des deux guerres mondiales et de conserver des relations cordiales au-delà des blocs de la Guerre froide. Pour la Finlande, la neutralité était d’autant plus importante qu’elle a assuré son indépendance après la Seconde Guerre mondiale et a permis par la suite des relations pacifiques avec l’URSS. En outre, en tant que pays neutres, la Finlande et la Suède ont pu avoir une certaine influence sur les affaires internationales, par exemple en tant que pays médiateurs ou hôtes.

Mais maintenant, comme analyste politique Anatoly Lieven a écrit :

« En adhérant à l’OTAN, la Finlande rejette toute possibilité future de jouer un rôle de médiation entre la Russie et l’Occident, non seulement pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine, mais à un moment donné pour promouvoir une réconciliation plus large. »

D’un point de vue libéral, la neutralité serait également la position naturelle d’une société libre (pour l’essentiel), où l’État serait de taille et de portée fortement réduites. Un tel État, laissant une grande liberté économique et politique aux citoyens, n’aurait ni les ressources ni l’intérêt de projeter son pouvoir à l’étranger et de mener une politique étrangère agressive. Son rôle principal serait la défense de la propriété privée sur le territoire sous son contrôle, y compris contre les agresseurs étrangers, tout en évitant de prendre parti dans les conflits étrangers.

Dans ce contexte, il est pertinent de revenir sur l’article de Murray Rothbard de 1994, « Guerre Juste », dans lequel il nota que la neutralité était autrefois la base du droit international :

« Dans une théorie qui tentait de limiter la guerre, la neutralité était considérée non seulement comme justifiée, mais comme une vertu positive… Les États neutres avaient des « droits » qui étaient essentiellement respectés, puisque chaque pays en guerre savait qu’un jour, il serait lui aussi neutre. Un État belligérant ne peut interférer avec le transport d’un neutre vers un État ennemi ; les neutres peuvent expédier à un belligérant en toute impunité tous les biens sauf la « contrebande », qui est strictement définie comme des armes et des munitions, point. Les guerres étaient limitées à cette époque, et la neutralité était vantée. »

Cela implique, bien sûr, que dans cette conception classique du droit international, un État qui envoie des armes et des munitions à un belligérant, et qui participe à une guerre économique contre un autre État, ne peut pas être considéré comme neutre. En effet, c’est le cas aujourd’hui de la Finlande et de la Suède face à la Russie, ce qui n’est pas surprenant puisque bien avant leurs récentes candidatures à l’OTAN, elles n’étaient en réalité neutres qu’officiellement.

Aujourd’hui, la neutralité en relations internationales n’est plus vantée, bien au contraire. Comme continuait Rothbard : « Dans la corruption moderne du droit international qui prévaut depuis 1914, la neutralité a été traitée comme profondément immorale. » Les nations sont de plus en plus sous pression pour choisir leur camp dans les conflits, et même de contribuer à l’effort de guerre de l’un des belligérants. La neutralité est une position politique difficile, quand les gouvernements se sentent tentés – ou forcés – de se regrouper dans des « arrangements de sécurité collective », par exemple sous la forme de l’OTAN, et maintenant aussi de l’UE.

Cette pression est maintenant devenue évidente avec le conflit en Ukraine, car les États-Unis et l’UE ont ouvertement forcé et incité les pays du monde entier à se positionner contre la Russie, dans un conflit qui ne les concerne généralement pas. Alors que l’Autriche a résisté quelque peu à cette pression politique au moins en affirmant souhaiter rester officiellement neutre, la Finlande et la Suède ont cédé.

L’élite politique fortement pro-américaine de ces deux pays attendait depuis longtemps le moment politique de convertir une coopération déjà existante avec l’OTAN, en une adhésion à part entière. En ce sens, le brusque changement de l’opinion publique en faveur d’une adhésion complète, résultant des reportages occidentaux biaisés sur le conflit en Ukraine, a été une aubaine pour cette classe politique, qui en a rapidement profité. L’absence de débat public et de transparence autour de cette décision, et la vitesse à laquelle elle a été adoptée, est stupéfiante de la part de nations se considérant démocratiques.

Pis encore, les raisons réelles invoquées par les gouvernements finlandais et suédois pour demander en ce moment l’adhésion à l’OTAN ne sont pas aussi claires et précises que l’on pouvait s’attendre, compte tenu de l’importance de cette décision. Cela n’est peut-être pas surprenant, puisque rien n’indique qu’il y ait de menace russe à l’encontre ces deux pays nordiques.

La Finlande et la Suède semblent croire qu’elles gagneront en sécurité en adhérant à l’OTAN. Mais en renonçant officiellement à leur neutralité, non seulement elles mettront en péril leur sécurité, mais elles perdront également de leur indépendance. Ainsi, si les deux nations adhèrent finalement à l’OTAN, elles regretteront probablement cette décision à une date ultérieure. Elles auraient été bien mieux loties en suivant le principe fondamental du libéralisme en affaires internationales : la neutralité. C’est la position la plus susceptible d’apporter la paix dans le monde sur le long terme.

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  • « C’est la position (la neutralité) la plus susceptible d’apporter la paix dans le monde sur le long terme. »

    Sauf si on est envahi…

    • Quelle proportion de pays neutres envahis dans l’Histoire, par rapport aux pays ayant manifestement choisi un camp ?

      • Sans doute est-ce une bonne idée d’être neutre, comme la Suisse, quand tous les belligérants ont un intérêt à avoir un pays neutre à leur porte. Mais ça ne marche pas toujours, il semble que la Finlande en sache quelque chose, quand elle a été envahie en 1939, n’ayant rien demandé à personne. En tout cas, je ne me prononcerais pas à la place des Finlandais ou des Suédois, c’est à eux de décider, personne d’autre.

        • La neutralité doit être accompagnée d’une action économique qui rend très coûteuse l’invasion (ou la guerre) pour ceux qui la violeraient. Ca ne garantit rien, en effet, mais c’est la moins pire des solutions. Aujourd’hui, nous constatons les effets délétères sur notre économie d’avoir des dirigeants qui ont choisi le camp « Biden ». Les Finlandais et les Suédois doivent pouvoir décider, en effet, mais il convient d’éclairer mieux que ça n’a été fait chez nous les options qui s’offrent à eux.

          • Et rappelons quand même que l’Ukraine n’avait pas choisi la neutralité, et l’avait même plus ou moins explicitement refusée, quand elle a été envahie.

          • Bonne idée. Espérons que vous puissiez les éclairer…

      • je pense que vous pouvez poser la question à la Belgique, si je ne m’abuse elle a tenté d’être neutre en 1914 et en 1939. Mais elle ne possédait, malheureusement pour elle, ni les montagnes, ni la puissance financière de la Suisse…

        • En effet, c’est bien pour ça que la neutralité doit être accompagnée d’une action visant à renforcer le pouvoir économique, ou plus exactement la nuisance économique potentielle que subirait un envahisseur du fait de la disruption de l’économie de l’envahi.

        • La Belgique a tellement bien suivi sa politique de neutralité en 1939 que les pourparlers pour mettre en place une stratégie de défense avec la France ont connu un point d’arrêt avec les conséquences désastreuses qu’on a connues en 1940 : c’est plusieurs heures après l’attaque allemande que l’armée française s’est mise en route vers des positions belges qui n’étaient pas prêtes. Je ne parle même pas de la mise en place de troupes face à la frontière française pour ne pas provoquer Monsieur Hitler et montrer qu’on était aussi bêtes que disciplinés.

          Soyons pragmatiques, voire cyniques au même titre que par exemple l’intervenant qui déplore l’embargo mis par les Américains sur le Japon en réponse à leur « intervention spéciale » en Chine. Il valait mieux rester neutres et laisser les Chinois se faire massacrer. Soit. Zelensky et sa clique sont loin d’être des enfants de choeur, ils sont corrompus jusqu’au trognon et manipulés par les Etats-Unis mais il n’y a aucun risque pour qu’ils s’attaquent à qui que ce soit en dehors de l’Ukraine. Pour Poutine, c’est une autre musique, on pourrait le voir défiler à Tallinn, Riga, Vilnius ou encore plus loin et si on s’avise de riposter, dieu sait de quoi il est capable avec son arsenal nucléaire. L’aveuglement de ses supporters ou de ceux qui mettent en évidence des circonstances atténuantes me fait froid dans le dos.

          Et une fois débarrassés de Poutine, on pourra envisager la question U.S. dont les égarements politiques commencent à nous nuire vraiment. Mais par pitié, faisons les choses dans l’ordre plutôt que de rester neutres, compter les points en attendant que le crocodile nous dévore… en dernier comme nous l’espérons.

          -1
          • Si vous tenez tant à faire la guerre, allez la faire vous-même ! Que faites-vous encore sur ce forum ? Ou bien cherchez-vous la fortune ?
            Comme on fait la guerre avec le sang des autres, on fait fortune avec l’argent d’autrui. — André Suarès

            • Ne vous inquiétez pas, je ne vous demanderai pas d’aller verser votre précieux sang. De toute façon, vu votre manière de voir les choses, je n’attends pas grand chose de gens comme vous à part pleurer dans le vide après une liberté que vous n’aurez su ni rendre séduisante ni défendre. A propos, je serais curieux de savoir comment on met sur pied une économie dont la disruption nuirait à un envahisseur. Tout le monde ne peut pas être la Suisse, abritant les capitaux allemands et se mettant ainsi à l’abri.

              Si on peut discuter sur l’intérêt pour la Suède et la Finlande d’abandonner leur neutralité (l’OTAN ces dernières années tient plus du piège à c… pour offrir des débouchés à l’industrie de l’armement US que de l’alliance utile à notre défense), elle ne sert à rien face à un envahisseur déterminé.

              • Si vous ne demandez à personne de verser son sang, alors vous imaginez sans doute que la guerre s’éteindra toute seule ? « Une fois débarrassés de Poutine », dites-vous… Après avoir dénoncé que Zelensky ne vaudrait pas mieux, vous sous-entendez brusquement que la solution résiderait dans une victoire militaire sur la Russie, donc dans la poursuite du conflit. Je reconnais que ça m’a un peu énervé que vous ne preniez pas en considération des options comme cesser de livrer des armes aux belligérants ou utiliser tous les moyens de pression diplomatiques pour les forcer à la création d’une zone neutre. Si vous ne prônez pas la poursuite des hostilités, je vous prie de m’excuser et de mieux expliquer votre solution.
                Quant à la manière de se rendre indispensable économiquement, ça ne me paraît pas si compliqué que ça. La Russie (et d’autres) ont bien réussi à rendre notre économie suffisamment dépendante du bon fonctionnement ukrainien pour qu’elle explose au redémarrage pourtant prometteur après la crise sanitaire… Il n’y a pas que les banques à pouvoir se poser en intermédiaires incontournables, et il a foultitude de secteurs-clé envisageables.

                -1
        • En effet, mais n’oubliez pas que le Royaume-Uni s’est servi de la Belgique, meme en tant que pays neutre, comme prétexte pour entrer en guerre contre l’Empire Allemand en 1914 (voir Ralph Raico a cet égard). Donc cela pour dire que meme si alliee avec la France et l’Angleterre, cela ne l’aurait pas plus aidee.

      • La Belgique a vu sa neutralité violée par deux fois par l’Allemagne (1914 et 1940).
        En 1914, l’Allemagne a estimé que les ports des Pays-Bas neutres pouvaient leur être utiles et a abandonné le plan initial qui passait aussi par eux en prenant le risque de concentrer leur offensive sur un front étroit à hauteur de Liège, en 1940 il ne l’ont pas estimé utile.
        C’est un aspect non évoqué par l’article: quand un pays est le chemin le plus favorable pour que A agresse B, la neutralité ne protège de strictement rien.

        • Le bilan des morts et destructions ne conduit-il pas, pour le civil lambda, à définir l’ordre préférentiel comme collaboration>neutralité>opposition ?

        • 1. Quand un belligérant a décidé de piétiner ce qui se trouve sur son chemin, la neutralité n’est pas pire que les autres solutions non plus.
          2. La Suède et la Finlande, dont il est question dans l’article, ne sont sur le chemin de nulle part… Il s’agit donc exclusivement de préférer à la neutralité l’allégeance à l’un des belligérants.

    • On l’a bien vu avec Hitler, quand un dictateur veut faire la guerre, rien ne l’arrête. Ni la neutralité, ni les coalitions.
      Toujours est il qu’une politique de neutralité est plus à même de créer un climat apaisé. Faire des embargos, comme les USA envers le Japon en 1941, ne peut qu’inciter à l’escalade.
      La bonne politique est la neutralité et la non intervention dans le commerce, et une armée forte appuyée par une économie forte

      • Oui, c’est cela. Sachez qu’il semble plutot bien établi aujourd’hui que la Suede a de facto abandonné sa neutralité quand elle a abandonné son programme d’arme de dissuasion (la bombe atomique) dans les années 60 pour accepter de se laisser protéger par le bouclier nucléaire de l’Oncle Sam…

    • …qualifient de nazis…
      …c’est des gentils nazis…

    • En tant que neutre, il faut prendre des mesures pour assurer par avance que l’on ne soit pas envahi, ou peu probablement envahi. Cela veut dire diplomatie et defense. On n’est jamais juste « envahi » comme ca, sans qu’il y ait des des causes et des discussions, anterieurement.

  • L auteur vit dans un drole de monde. Deja je lui rappelle que la neutralite de la Finlande fut contrainte : l URSS l a envahi et le lui a imposé.
    Il parait donc logique que le pays se demande s il va pas de nouveau etre envahi par les russes (apres tout Poutine pourait dire que la Finlande a ete un territoire russe comme l ukraine et qu il ne fait que reprendre son du)
    Ensuite penser que les USA n interviendront pas en cas d attaque russe sur un membre de l OTAN est du delire. Ca ruinerait toute la credibilite des USA, non seulement en europe (apres tout un continent en declin) mais aussi en Asie (la c est plus genant. pensez a Taiwan par ex ou meme aux Vietnam qui se mefie des chinois)

    En ce qui concerne la turquie. Elle peut en theorie bloquer l adhesion. Mais je suis pret a parier que vu l etat de l economie turque, Erdogan se contentera d un gros cheque et de concession de facade sur le PKK

    Il est clair que le gros perdant de l attaque sur l Ukraine est la russie : non seulement son armee est ridiculisee et subie des pertes enormes, mais elle s est aliene pour des dizaines d annees ses voisins (ukraine, pays baltes, suede et finlande). Bravo Vladimir, tu as cree un fiasco XXL dont ton pays aura du mal a se relever

    • Avant de conclure il faut attendre la Fin du conflit et ses conséquences à long terme.

      Moi je parie sur l’inverse: la chute de l’occident, la dislocation de l’Europe et la montée en puissance de la Russie et de la chine.

      • Moi aussi. And I put my money where my mouth is.

      • L’occident n’est pas en bon état. Mais même s’il y a chute de l’occident, l’invasion de l’Ukraine n’est pas bonne pour la Russie. L’UE se sabordait toute seule tranquille, l’OTAN pourrissait lentement. Quel est le gain de l’invasion de l’Ukraine pour la Russie? Le prestige au mieux (pour les populations russes c’est très important).
        L’économie russe ne s’est pas développée en 30 ans, alors que les pays de l’est oui. La Russie va plus vers la vassalisation par la Chine. Et encore, si les gouvernements autoritaires ne montrent pas leurs limites…

        • Le gain pour la Russie, si l’on peut dire, est exactement le même que le gain pour l’Ukraine : le renforcement de la position de son dirigeant plus ou moins autocratique qui aurait sinon été accusé de laisser tomber ses partisans dans le Donbass.
          Quel est le gain pour l’Ukraine du refus de la neutralité et d’une solution négociée pour les régions russophones ? L’économie ukrainienne a perdu 30 ans de progrès en quelques mois.

        • Variation du PIB par habitant de 1990 à 2020 (en trente ans) en Russie et en République tchèque :
          – en Russie le PIB/hab passe de 3 485 $ à 11 786 $, soit une augmentation de 238 %
          – en République tchèque le PIB/hab passe de 11 626 $ à 18 983 $, soit une augmentation de 63 %.
          Certes la Russie est partie de plus bas, mais elle a accéléré très fort. Et maintenant direz-vous que c’est malgré Poutine… ou grâce à lui ?

  • Pour répondre globalement aux commentaires ici, il y a évidemment des cas ou la neutralité n’est pas une protection, comme l’Histoire le montre, mais toutes autres choses égales par ailleurs, l’Histoire montre aussi que la neutralité a souvent eu des bienfaits pour ceux qui l’ont pratiquée. Mais, comme indiqué dans l’article, la neutralité et l’indépendence qui va avec, doivent aussi pouvoir etre défendus si possible; si l’Etat doit avoir un role, c’est évidemment alors celui de protéger contre la violation de propriété interne mais également externe.

  • Sur le papier c’est en effet la neutralité est très attirante. Cependant dans la réalité il y a un passé. Et rien ne s’écrit sans le passé !
    Je ne sais même pas s’il existe dans la liste des pays neutres, un pays qui le soit purement par principe. A l’origine souvent il y a une neutralité forcée (Finlande, Suède, Suisse..). Dans les faits la Finlande et la Suède penchaient vers un non-alignement militaire et une remilitarisation est en cours depuis quelques temps.
    Peut-on réellement rester neutre, militairement sans doute mais pour le reste.

    -1
    • Vous voudriez donc dire qu’un pays est par nature et principe belliqueux, et que ça n’est que par la force qu’il peut être ramené à la neutralité ? Voilà un point de vue qui expliquerait le succès auprès de leur peuple des empereurs conquérants ! Bien triste nature…

  • chouette, ce site , qui accueille avec bienveillance la propagande russe, exerce la censure qui va bien, de mieux en mieu

    -3
    • Oui, j’ai cherché votre commentaire, il avait disparu.

      Plein de trolls poutinistes en effet sur ce site.
      Beurk.

      -2
    • Peut-être, si vous voulez faire de la propagande ukrainienne, serait-elle plus aisément publiée si vous proposiez un article regroupant vos réflexions et si vous abandonniez votre anonymat ?

      • Le troll poutiniste.

        -2
        • J’admire la profondeur de votre argumentation.
          Si vous voulez vous en tenir aux arguments d’autorité, il conviendrait, comme je le suggère, que vous abandonniez votre anonymat afin que chacun puisse comprendre pourquoi vous seriez une autorité en la matière. Mais si vous restez anonyme, que vous évitez soigneusement toute discussion courtoise et raisonnée, et que vous vous contentez de paraphraser le discours du gouvernement ukrainien, il me paraît légitime d’imaginer que c’est ce gouvernement qui vous paie pour le faire.

          -2
  • Excellent article. Je ne vois pas ce que gagnent la Suède et la FInlande. La seule explication est la connivence des élites occidentales entre-elles et les retours économiques attendus auprès de l’Oncle Sam. C’est la seule raison au vu de l’absence d’un véritable débat démocratique pour aboutir à cette décision. Maintenant que ces deux pays se sont déclarées ennemis de la Russie, il ne faut pas qu’ils s’attendent à un traitement de faveur de la Russie. Devenir un vassal d’un suzerain très éloigné et qui n’est intéressé que par la mer de Chine c’est très risqué.

  • Curieuse réflexion de la Suède et de la Finlande: ils pensent que c’est en transgressant la ligne rouge de l’adversaire potentiel dont ils ont peur qu’ils seront le mieux protégé ??????

  • En tant que suisse, j’aimerai apporter quelques éclaircissements quand a la position suisse vis a vis de l’Allemagne durant la seconde guerre mondiale. Premierement, en ces temps ou la guerre etait uniquement analogique, la Suisse etait « facile » a defendre au vu de sa geographie. Le Rin est une barriere efficace. La volonte de defense etait presente, la Suisse ayant nomme un chef des armees francophone des le debut des hostilites. Mais l’aspect le plus ignore est qu’Hitler n’avait pas l’intention de faire la guerre a des allemands. Les suisses sont principalement des allemands. Finalement, et on l’oublie les suisses etaient bien moins riches que les francais a cette epoque. Mes grands parents ont passe une bonne partie de leur vie comme travailleurs immigres en France et en Angleterre. La roue tourne et elle ne s’arrete jamais.

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