La tyrannie du pass sanitaire vise maintenant les jeunes

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Que les jeunes puissent transmettre le virus SARS-CoV-2 n’est sûrement pas une raison suffisante pour leur faire subir cette politique sanitaire draconienne.

Par Finn Andreen.

Depuis le début de cette pandémie, les enfants et les adolescents ont été victimes de la gestion étatique disjonctée et autoritaire de la crise sanitaire, alors qu’ils n’auraient jamais dû être concernés par une pandémie qui frappe essentiellement les personnes âgées.

Plus généralement, que dire de gouvernements qui exigent des sacrifices considérables de toute la société pour sauver – tant bien que mal, d’ailleurs – des personnes âgées et inactives aux dépens de personnes jeunes et actives, que ce soit des écoliers, des étudiants, des employés ou des chefs d’entreprise ? Est-ce cela le contrat social auquel la majorité de la population aurait souscrit ? On suppose que non, et cela rend les actions du gouvernement fondamentalement anti-démocratiques.

Pass sanitaire : des mesures intrusives et inutiles

Que les jeunes puissent transmettre le virus SARS-CoV-2 n’est sûrement pas une raison suffisante pour leur faire subir cette politique sanitaire draconienne, que ce soit les confinements, le port du masque obligatoire, ou l’angoisse générale amorcée dès mars 2020 par ces mots du Président : « Nous sommes en guerre ! ».

L’État français lui-même admet implicitement la choquante irresponsabilité du gouvernement, lorsqu’un de ses sites internet évoque les conséquences dramatiques de la politique sanitaire sur la jeunesse, impactant « leur santé psychologique, leurs apprentissages et leur niveau de vie ».

Dans ce contexte calamiteux, les jeunes seront-ils en plus bientôt dans l’obligation de présenter le pass sanitaire pour continuer à vivre comme avant ? Même si, pour le moment, celui-ci ne sera pas appliqué au collège, il semblerait, selon certaines sources, que pour les activités extrascolaires « le pass sanitaire sera bel et bien demandé aux plus de 12 ans à partir du 30 septembre prochain ».

Voici encore une mesure aberrante qui vise les jeunes.

Lorsque l’on sait que les vaccinés contaminent, que la vaccination des adolescents n’est pas justifiée d’un point de vue bénéfice/risque, et que les adolescents contaminés sont pratiquement toujours asymptomatiques, on peut se demander à quoi joue le gouvernement.

Il est tentant d’évoquer l’incomparable incompétence de l’État, même s’il est naturel de soupçonner d’autres raisons. Pour être clair : soit le gouvernement pense réellement que pour vaincre la pandémie il faut aussi (dans certains cas) exiger le pass sanitaire aux adolescents, ou bien le pass sanitaire est un instrument de plus de contrôle étatique de la population, allant bien au-delà de la pandémie elle-même. La vérité se trouve peut-être entre ces deux hypothèses, qui, en effet, ne s’excluent pas mutuellement.

Endoctrinement à l’étatisme

Quelle que soit la réponse à cette question, en tant que libéral, on ne peut que craindre l’impact de ses mesures anti-covid sur les adolescents.

Les jeunes ont peu de résistances à l’influence de l’État. En France comme ailleurs, l’endoctrinement scolaire commence tôt, avec l’apprentissage de l’étatisme, dans le but de former des citoyens d’une République avec des codes et des valeurs spécifiques. L’enseignement moral et civique de l’école et du collège s’articule autour de la devise de la Révolution française, mais en négligeant les fondements libéraux de celle-ci. Il s’agit de créer le réflexe étatiste chez l’élève, en suscitant une intuition, plus qu’une réflexion, autour de thèmes philosophiquement trop complexes pour son âge.

La conséquence de cet enseignement est de réduire la possibilité donnée aux Français d’adhérer aux principes libéraux en tant qu’adultes, l’objectif étant d’empêcher toute remise en question de l’État social, régulateur et redistributeur.

C’est pour cela que Bastiat considéra que : « Tous les monopoles sont détestables, mais le pire de tous, c’est le monopole de l’enseignement. » 

Comme pour tous les monopoles, l’absence de concurrence explique pourquoi l’éducation publique est bureaucratique, coûteuse pour le contribuable, peu moderne, et sans volonté ni possibilité d’adaptation aux besoins individuels des jeunes. Cela dit, ce monopole de l’enseignement a aussi tendance, pour cette même raison, de rendre l’endoctrinement à l’étatisme relativement maladroit et inefficace. L’espoir d’un éveil libéral reste donc toujours possible en France dans le futur.

Dans ce contexte, est-ce que cette batterie de mesures anti-covid visant les jeunes vont les rendre plus réceptifs aux messages étatistes ? Après tout, ils vivent maintenant de près le zèle d’un gouvernement qui, selon la version mensongère véhiculée par les autorités, est prêt à tout pour sauver la population d’un grave danger sanitaire. Ou bien au contraire, peut-être que ces mesures autoritaires pourraient faire germer en eux une graine libérale en les rendant conscients de l’enfer d’une bureaucratie étatique hors contrôle.

En effet, le libéral doit espérer que cette expérience directe de la tyrannie sanitaire de l’État français et son ingérence intolérable dans leur vie quotidienne apprendront aux jeunes à se méfier de l’État.

 

Le futur dira quelles seront les inévitables conséquences politiques de ces mesures intrusives qui visent les jeunes. Mais aujourd’hui il faut continuer à s’opposer fermement à cette politique sanitaire coercitive du gouvernement car les jeunes n’ont pas de voix politique et dépendent des adultes pour défendre leur liberté et la société dans laquelle ils vivront.

Modification le 07/09/2021 à 8h50: « la possibilité faite aux Français » remplacé par « la possibilité donnée aux Français ».

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