Et si le marché du vaccin était libre ?

Il faut promouvoir toutes les initiatives qui peuvent nous rapprocher progressivement d’un libre marché du vaccin.

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Et si le marché du vaccin était libre ?

Publié le 18 août 2021
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Par Finn Andreen.

Anne Hidalgo a annoncé vouloir « débrider la vaccination » contre la Covid-19. Pourquoi ne pas aller plus loin et demander que le marché du vaccin soit complétement débridé, libéralisé ? Même si ce n’est pas réaliste compte tenu des circonstances politiques actuelles, il est important de comprendre à quel point le libre marché améliorerait le développement, la production, la vente et la distribution des vaccins.

Le libéral ne peut jamais décrire exactement les conséquences particulières sur le long terme d’une libéralisation. La nature même du libre marché – sa pluralité, sa décentralisation – rend pratiquement impossible ce genre de prédiction.

En revanche, il est possible de faire certaines constatations plus générales concernant un marché particulier, en se basant sur les principes de l’économie autrichienne.

Il s’agit de regarder comment l’offre et la demande seraient différentes si elles n’étaient pas artificiellement dopées ou bridées par les nombreuses interventions étatiques qui existent aujourd’hui. Il faut essayer de penser ce qui inciterait des acteurs privés à naturellement remplir les fonctions soi-disant irremplaçables de l’État. Dans le cas du marché du vaccin, il est possible d’identifier une multitude d’entraves étatiques.

Sans le corporatisme, c’est-à-dire l’étroite relation politique et financière qui existe entre les grands fabricants de vaccins et les États, il y aurait bien plus de producteurs potentiels.

Au lieu de voir retenus toujours les mêmes grands noms de producteurs – Pfizer, AstraZeneca – il serait possible dans un libre marché du vaccin, d’éviter les risques de corruption et de voir des entreprises plus modestes proposer des vaccins. En effet, elles n’auraient pas à dépenser des ressources afin d’établir des liens avec les institutions publiques superflues, si ce n’est néfastes, comme la HAS, le EMA, et la FDA.

La géopolitique est peut-être le domaine où les intérêts de l’État sont les plus éloignés de ceux des populations. Dans le domaine des vaccins, cela se traduit par une réduction sensible de l’offre. En effet, ce sont des considérations géopolitiques qui bloquent aujourd’hui l’accès aux vaccins russe et chinois de Covid-19.

Un bureaucrate européen s’est demandé encore récemment si le vaccin russe est un « vaccin sérieux » alors que celui-ci est considéré par le journal Le Lancet comme étant « sûr et efficace », et qu’il a déjà été choisi par 50 pays, principalement en dehors de l’Occident.

Combien de milliers de morts en moins et quel soulagement économique auraient pu connaitre les pays occidentaux s’ils avaient, avec l’Union européenne, fait abstraction de la géopolitique pour penser à l’intérêt des populations ?

L’offre de vaccins serait aussi très différente sans la possibilité de déposer des brevets. En effet, comme cela a été brillamment argumenté dans un influent essai, le droit de propriété intellectuelle permet d’accorder un privilège monopolistique à une entreprise et d’instaurer une taxe redistributive et injuste via des redevances.

De plus, ce système freine l’innovation et le développement du marché en question, réduisant donc l’offre. Une analyse récente de la London School of Economics arrive exactement à cette conclusion :

Une fois l’invention créée, le brevet génère en fait une rareté artificielle permettant de maintenir, gérer et même augmenter la valeur du vaccin ou du médicament.

Bref, la propriété intellectuelle n’a pas de place dans un marché libre car il n’est pas possible de posséder une idée.

La disponibilité de vaccins est aussi entravée car ce sont les autorités publiques qui gèrent les négociations directement avec les sociétés pharmaceutiques. La gestion calamiteuse de la vaccination contre la Covid-19 des autorités françaises entrera dans les annales.

L’inefficacité du secteur public n’est pas spécifique aux vaccins, elle l’est dans bien d’autres domaines et pour des raisons bien connues : lourdeurs bureaucratiques, manque d’intérêt personnel de la part du fonctionnaire, et difficulté d’évaluer le prix.

Ce dernier point est fondamental. Mettre un vaccin sur le marché nécessite la coopération harmonieuse, sur le long terme, de nombreuses professions : entrepreneurs, chefs d’entreprise, scientifiques, ouvriers et responsables logistiques.

Toute cette structure de production vaccinale ne peut être guidée de manière optimale que par le calcul économique à chaque facteur de production. Ce calcul est impossible sous un régime socialiste, comme l’a démontré Ludwig von Mises, c’est-à-dire quand l’État intervient dans le processus et empêche une formation naturelle des prix.

L’étatiste considère que la politique vaccinale est une question de santé publique : seule l’application généralisée et obligatoire de vaccins sous la houlette de l’État à une grande partie, si ce n’est à la totalité de la population peut garantir la protection nationale.

Cependant, il faut être prudent avec ce genre de conclusion. L’histoire de l’éradication des maladies infantiles au XXe siècle montre que non seulement les vaccins y ont joué un rôle moins important que le capitalisme, mais aussi que les préjudices causés par les vaccins peuvent parfois l’emporter sur leurs bienfaits.

Bien que les vaccins soient généralement essentiels pour limiter l’impact d’épidémies ou de pandémies, il faut éviter de les confier à des gouvernements souhaitant les appliquer sans discrimination.

L’étatiste pense qu’il n’est pas possible de libéraliser le marché du vaccin car le client n’a pas suffisamment d’intérêt à se faire vacciner, puisque c’est toujours à titre préventif. Il est vrai que beaucoup ressentent une certaine appréhension certainement due au fait que le principe même de la vaccination est de combattre le feu par le feu et que le risque zéro n’existe pas.

Dans un libre marché du vaccin, la demande viendrait évidemment d’individus soucieux de se protéger. Mais la véritable demande de vaccins viendrait surtout d’acteurs privés ayant un intérêt économique et juridique dans la prévention des maladies chez leurs clients.

Il s’agit typiquement des compagnies d’assurance, mais aussi par exemple des médecins généralistes, des hôpitaux et des écoles. Ces agents économiques ont un intérêt direct à ce que leurs clients ne soient pas contaminés. Ils exigeraient donc la vaccination lorsque celle-ci s’impose comme une des conditions d’accès à leurs services.

Plus généralement, dans un marché libre, c’est-à-dire en absence d’un État social monopoliste, le rôle des assureurs divers et variés deviendrait bien plus important que dans la société actuelle, afin de protéger contre les aléas de la vie.

Les éléments présentés ici permettent de tirer la conclusion que le marché du vaccin, comme tout le domaine de la santé d’ailleurs, est trop important pour rester sous le contrôle des autorités publiques. Il faut donc promouvoir toutes les initiatives qui peuvent nous rapprocher petit à petit à un libre marché du vaccin.

Un article publié initialement le 26 mars 2021.

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  • Et si le marché des armes devenait libre?

    • Oui, si les gouvernements n’étaient plus les plus grands clients, vous voulez dire?:)

      • Quel rapport?
        Les gouvernements ne sont pas les 1ers clients des armes de poing ou fusils dans les pays où l’accès aux armes est libre ou, tout du moins, facile.
        Aux USA, 70% des armes à feu en circulation sont détenues par de simples citoyens.

  • L’auteur se heurte ici, dans son entreprise, à l’obstacle insurmontable de l’impossibilité de comparer.

    En tant que libéral, je sais, jesens, d’une manière intuitive, qu’il a mille fois raison.

    Mais, lorsqu’il veut se poser (pas simplement pour le vaccin, il y a des milliards d’interactions) la question et y répondre:  » De quoi aurait l’air le secteur des soins de santé s’il n’avait pas été peu ou prou étatisé depuis environ 80 ans? »

    Il va alors en analyser tous les effets pervers, en se réfèrant, implicitement, à un comparatif (l’opposé de la perversité).

    Or, pour cela, il faudrait avoir, quelque part dans un laboratoire social, un marché libre de services de santé qui aurait fonctionné librement depuis 80 ans! et qui servirait de comparatif.

    Cela n’est évidement pas possible.

    Le résultat est que les étatistes peuvent toujours argumenter sur la « bouteille à moitié pleine », car le débat est privé de ses bases essentielles.

    Conclusion:
    La violence de l’état, aussitôt qu’elle interfère dans un processus économique, fait disparaître tous les comparatifs et rend, structurellement, impossible l’exercice de la démocratie, qui doit être basée sur la possibilité de choisir, c’est à dire de comparer.
    La violence de l’état est donc totalitaire dès sa naissance, et non après « un certain temps ». (comme le canon!)

    • Bonjour, je suis d’accord avec vous, mais cet excercice est important néanmoins, je pense, ne serait-ce que pour faire réfléchir de plus en plus de monde sur un autre mode d’organisation.
      Ensuite, il y a des exemples de système de santé (sans parler des vaccins spécifiquement) qui étaient libres ou du moins très peu restreintes par l’Etat. Je pense, par exemple, au Chili des années 90 ou les Etats Unis jusqu’au année 20. Il y a aussi beaucoup de système mixes comme le système francais, ce qui aussi permet de faire des comparaisons qui font mal aux étatistes…

      • mon commentaire en relevant la difficulté de votre tâche, était en fait un compliment pour les esprits éclairés comme le vôtre, qui suivent la devise de Wilhelm der Schweiger, point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer…

    • Votre commentaire est très vrai. Les français ne peuvent penser la santé qu’à travers la ‘sécu’. Ils imaginent que sans l’état il n’y aurait plus de soins.
      Alors que c’est le contraire. Si la santé était un marché libre, il y aurait une chute des prix, amélioration de la qualité et disparition de la pénurie, effets que l’on a pu constater après la libération du transport aérien et des télécoms.

  • « Bref, la propriété intellectuelle n’a pas de place dans un marché libre car il n’est pas possible de posséder une idée. »

    L’auteur fait un bien pratique amalgame entre idée et innovation technique ou technologique pour appuyer son discours. Il est évident qu’il est difficile d’être propriétaire d’une idée qui est une chose complétement immatérielle.
    Mais ce n’est pas le cas d’une innovation technique.

    Un brevet protège celui qui a découvert et su formaliser un procédé technique, une innovation…etc pour lui permettre d’en retirer une rémunération si ce brevet est utilisé par différents acteurs. C’est une rémunération du travail fourni. Argumentation classique des pro-brevets me direz-vous.
    Bcp d’anti-brevets ne voient que les restrictions d’utilisation « libre » qu’entraine un brevet. Mais s’il n’y avait pas de brevets, bcp de structures (entreprise, start up, découvreurs indépendants…etc) ne pourraient pas se financer et donc exister. Quelles en seraient les conséquences? Bcp plus d’innovations possibles (selon les anti-brevets) mais faites par qui? Moins d’innovations? Ou peut-être moins de diffusion des innovations…

    Car l’auteur oublie un détail qui montre sa méconnaissance du monde des brevets.
    Le brevet est également un formidable moyen de diffusion des avancées techniques! Car un brevet doit comporter tous les détails techniques de l’objet/procédé technique…etc qu’il est sensé protéger. Or le contenu d’un brevet est accessible à tous une fois déposé. Seule son utilisation tel quelle est interdite sauf à paiement de royalties.

    Cela offre à tout le monde (donc à la concurrence) une vision précise du travail en cours. Cela permet de réorienter rapidement le travail de R&D d’entreprises devant des découvertes faites par d’autres. Gage à elles d’utiliser ou d’étudier le procédé breveté pour en découvrir d’autres applications ou procédés proches non brevetés et commercialisables par leur soins.
    Toutes les entreprises avec R&D, start up, labos de recherche épluchent régulièrement les dépôts de brevets de par le monde dans leur domaine d’activité pour savoir ce qui se passe.
    L’auteur oublie également qu’entre le dépôt du brevet et son application commerciale finale, il se passe de très souvent de nombreuses années. Donc le délai de protection de l’innovation une fois commercialisée n’est pas si long que cela.

    Que se passerait-il en l’absence de brevet?
    Chaque labo, entreprise protégeraient efficacement les spécifications techniques de sa découverte jusqu’au jour de sa commercialisation et risqueraient même d’en conditionner l’utilisation par un contrat de confidentialité (pour les innovations majeures par ex).
    Conséquences: au lieu d’être connue, copiée, étudiée, améliorée…etc dès le dépôt du brevet, une découverte ne pourrait être étudiée qu’après sa commercialisation et nécessitera tout un travail d’analyse pour essayer d’en comprendre les secrets de fabrication! Ce qui nécessite du temps et des moyens retardant la diffusion de l’innovation par d’autres. D’autant plus que ceux qui auront dépensé de l’énergie pour maitriser l’innovation mise au point par d’autres, n’auront , à leur tour, aucun intérêt à en diffuser les spécifications…

    • Je connais vos arguments. Oui, il a un léger amalgame dans le texte, mais pour une question de breveté. Mais entre idée et invention, il n ‘y a qu’un petit pas en réalité. Je vous conseille de lire Kinsella, Against IP, qui est cité dans le texte, pour vous rendre compte des arguments qui sont sous-jacents dans l’article. Kinsella dit:

      “A patent actually only grants to the patentee the right to exclude (i.e., to prevent others from practicing the patented invention); it does not actually grant to the patentee the right to use the patented invention…IP rights, at least for patents and copyrights, may be considered rights in ideal objects. It is important to point out that ownership of an idea, or ideal object, effectively gives the IP owners a property right in every physical embodiment of that work or invention… A’s ownership of a patent gives him the right to prevent a third party from using or practicing the patented invention, even if the third party only uses his own property. In this way, A’s ownership of ideal rights gives him some degree of control—ownership—over the tangible property of innumerable others.”

      De ce point de vue théorique, un libéral ne peut accepter les principes de brevets, et la phrase de l’article reste valable donc.

      Maintenant pour la pratique : en réalité dans beaucoup de domaines, et celui la santé en particulier, il n’y a plus de grandes découvertes majeures uniques; celles qui sont radicalement différentes (type aspirine), où votre argument prendrait tout son sens. La plupart des innovations pour lesquelles les brevets sont déposés, concerne des toutes petites permutations de découvertes déjà existante. C’est ridicule parfois a lire!
      Donc ne pas avoir de brevets publiés, dans un monde sans droit de propriété intellectuelle peut avoir quelques désavantages, en effet, comme vous dites, mais pas dans la plupart des cas.

      Par contre les avantages de ne pas pouvoir déposer des brevets sont nombreux en terme de temps et ressources dépensés par l’argent des contribuable et aussi par les grandes entreprises elles-mêmes. Celle-ci souvent s’occupent plus de la protection de leur brevets et au « go to market » extremement couteux de leur produits, et de la vente en monopole de celui-ci, que de la recherche fondamentale. Ceci est bien le cas des « Big Pharma » qui n’innovent surout que parce qu’elle collaborent avec de petites sociétés innovantes, proche du monde universitaire, qui souvent sont rachetées en amont ou en aval. Exemple Covid-19 flagrant: Pfizer a utilisé l’aide de BioNtech pour son vaccin, et AstraZeneca l’aide de Oxford…

      Bref, de nombreuses études montrent le frein à l’innovation du systèmes de brevets plus généralement, même déjà au temps de James Watt, avec son brevet machine a vapeur de 1769.

      • « de nombreuses études montrent le frein à l’innovation du systèmes de brevets plus généralement, »
        Si vous l’entendez dans le sens où cela limite l’utilisation de ce qui est protégé par un brevet pour développer d’autres innovations, je suis tout à fait d’accord. 🙂
        Cependant, cette limitation peut être levée en achetant un droit d’utilisation de ce brevet. Sinon, que proposez-vous pour rémunérer celui à l’origine de l’innovation ?

        « De ce point de vue théorique, un libéral ne peut accepter les principes de brevets, »
        ?? Tiens donc. Et pourquoi donc ? Que faites-vous du respect du droit de propriété d’autrui ? N’est-ce pas un des fondements du libéralisme. A moins que vous ne parliez de « liberal » dans le sens US du terme… 🙂
        Votre libéralisme semble s’accommoder du droit de propriété tant que cela ne limite pas votre accès à certaines choses que vous semblez placer « au-dessus » des autres. Cela ressemble furieusement à ce fameux « bien commun » mis à toutes les sauces pour justifier tous les excès de collectivisation et de privation du droit de propriété.

        « Mais entre idée et invention, il n ‘y a qu’un petit pas en réalité. »
        ?!?! Non. C’est regrettable mais vous n’avez visiblement jamais creusé la question du processus rendant une technique, un objet, une invention ou innovation brevetable. Entre avoir une idée d’innovation et la rendre exploitable techniquement et surtout brevetable, le pas est souvent immense. De plus, le processus du brevet vous est visiblement étranger.

        Quant à S.Kinsella, il considére que le droit de propriété conféré par un brevet donne à un individu A un contrôle (considéré comme un droit de propriété indirect) sur les propriétés d’autres individus simplement parce qu’il empêche ces mêmes autres de profiter sans contrepartie du brevet… Mais c’est le cas de toute propriété ! Personne ne peut avoir la jouissance de la propriété d’un autre sans contrepartie.
        Ou alors il considère que certaines propriétés peuvent être violées mais pas d’autres. La définition à géométrie variable du droit de propriété en qqsorte…
        J’espère d’ailleurs qu’en accord avec ses discours contre le droit d’auteur et la propriété intellectuelle, S.Kinsella a renoncé aux droits d’auteur de ses nombreux ouvrages et qu’il accepte leur reproduction et diffusion sans demander aucune rémunération…

        « celui la santé en particulier, il n’y a plus de grandes découvertes majeures uniques; »
        Non. Pas du tout.
        Il y a régulièrement des découvertes majeures en santé. Elles ne font peut-être pas la une des médias.
        Exemples.
        En 1987, est apparu l’oméprazole qui a révolutionné la prise en charge des ulcères gastriques. 3-4 années plus tard un concurrent est apparu produit par un autre labo permettant de diminuer le prix et d’augmenter l’offre. Sachant qu’il faut 10-12 entre le dépôt de brevet et la commercialisation d’un nouveau médoc, c’est la consultation des caractéristiques du brevet qui a permis aux labos concurrents d’orienter leur recherche pour sortir rapidement une molécule proche.
        En 2005, est apparu une nouvelle génération d’antiviraux permettant de guérir l’hépatite C, chose impossible auparavant. Le premier (Sofosbuvir) a été suivi d’autres qq années plus tard. Comment cela a-t-il été possible en si peu de temps, d’après vous ?

        « La plupart des innovations pour lesquelles les brevets sont déposés, concerne des toutes petites permutations de découvertes déjà existantes. C’est ridicule parfois à lire! »
        Désolé mais votre mépris est inadapté.
        Vous mettez dans le même sac des opérations quasiment commerciales (il y en a bien sûr) et des modifications de molécules existantes qui permettent souvent d’améliorer certains effets positifs et/ou de gommer des effets indésirables. Modifications qui nécessitent néanmoins la plupart du temps de nouvelles études couteuses de validation. Si le labo devait voir son travail d’amélioration pillé par d’autres sans en tirer profit lui-même, pensez-vous qu’il le conduirait ?

        Quant à la suite, vous nous sortez toutes les antiennes gauchisantes sur le big pharma…
        Oui les firmes (et pas seulement le « big pharma ») dépensent de l’argent pour protéger leurs innovations. Et le brevet leur confère un argument juridique sur lequel s’appuyer pour se défendre des contrefacteurs et des voleurs. Cela limite au contraire leurs dépenses. Sinon, pourquoi en déposeraient-elles ?
        Si vous supprimez les brevets, croyez-vous que les sociétés ou « big pharma » se laisseront dépouiller sans rien faire ? Au contraire, n’ayant plus d’assise juridique pour défendre leur innovation, elles feront tout pour en protéger l’accès tant au niveau du bureau d’étude, des labos de R&D, sur les chaines de fabrication et même après commercialisation via des contrats d’utilisation et/ou une conception du produit rendant les choses plus difficiles à copier. Le surcout sera bien plus important. Et ce sont les clients qui paieront.

        « « Big Pharma » qui n’innovent surtout que parce qu’elles collaborent avec de petites sociétés innovantes, proche du monde universitaire, »
        Non, encore une fois. Ce sont les aprioris classiques des anti-pharmas.
        Un labo pharmaceutique aussi grand soit-il, ne peut mener des recherches sur tous les fronts ni explorer l’ensemble des domaines de la pharmacologie et des vaccins. Il fait des choix.
        Certains domaines plus à risque ou basés sur des technologies récentes mais encore en développement sont explorés par de petites structures plus souples basées sur du capital risque fondées par quelques chercheurs pointus dans un domaine donné ? C’était le cas de BioNtech initialement. Certaines de ces structures réussissent (BioNtech qui ressemble de plus a plus à un « Big Pharma » 🙂 ) ou se font racheter. D’autres échouent et disparaissent. Pour la plupart, le but est de se faire racheter d’ailleurs grâce… aux brevets qu’elles ont pu déposer suite à leurs recherches.
        Si ces petites firmes n’avaient pas de brevets, pourquoi les gros labos feraient-ils appel à elles ? Ils utiliseraient leurs découvertes sans les rémunérer. Mais dans ce cas ces petites structures ne pourraient pas exister pour la plupart et donc : moins d’innovations, moins de médocs donc moins de patients soignés… 🙂
        Même chose avec certaines universités. Une université comme Oxford dont le budget dépasse 3 milliards de Livres, vit essentiellement de dons, des droits d’entrées, de ses placements financiers et des partenariats avec l’industrie qui finance des projets de recherche. Le financement public est très minoritaire. C’est une entreprise de recherche et d’enseignement qui réalisent des contrats avec des industries. Et Oxford pose également des brevets qui lui permettent de se financer…

        Bref (désolé ce fut long), le discoursdes anti-brevets pour montrer tous les «bienfaits » de la suppression des brevets est rodé. Mais toutes ces belles démonstrations n’abordent jamais ou si peu les effets négatifs. Vous croyez que les entreprises innovantes vont se laisser piller leur travail sans réagir, que cela n’aura aucun cout et aucun retentissement économique et sur l’innovation…
        Il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas… 🙂

        • Je trouve passionnante la discussion entre pro-brevets et anti-brevets. Il y a des arguments solides des deux côtés.
          J’ai quand même tendance à pencher du côté des anti-brevets, car on a vu plus d’une fois deux personnes ayant eu la même idée (révolutionnaire) de façon tout à fait indépendante l’une de l’autre, et du fait des lois sur les brevets, l’une d’elles privée du droit d’utiliser le fruit de son idée.
          Sur les molécules pharmaceutiques : sans brevet, la « recette » n’étant pas divulguée, il semble difficile à un concurrent de la retrouver, non ? Un peu comme pour le Nutella, dont personne n’a réussi à trouver la recette exacte, à ce jour, tant et si bien que la marque Nutella continue de vendre ses pots de pâte à tartiner par millions 😉
          L’un des problèmes, je pense, dans la comparaison avantages/inconvénients des deux formules (brevets vs pas de brevets), est, comme dit plus haut par Vernunft pour les systèmes de santé, que l’on ne dispose pas vraiment de comparatif : on ne sait pas vraiment ce qu’aurait donné, sur le long terme, un système sans brevets – toutes choses égales par ailleurs, évidemment.
          L’homme est quand même un être qui ne cesse d’inventer et d’innover, depuis… toujours en fait, et bien avant l’existence des brevets. Sans brevets, il continuerait à chercher, et parfois à trouver. Que ce soit un adolescent dans sa cave ou un scientifique le soir après le boulot (en supposant que les services R&D aient été supprimés), ou l’agriculteur face à un problème concret – à ce sujet, je pense à cet article que j’avais lu sur les Amish dont un certain nombre d’inventions/découvertes ont été reprises par les plus grandes firmes : Ford, New Holland etc., ou à un plus modeste niveau à l’inventivité de mon père – , on aurait et on aura toujours des inventeurs. Sans brevets, nul doute que les inventeurs désireux de retrouver leurs billes, ou de faire fortune, s’arrangeraient pour protéger leur secret de fabrication, mais là cela relèverait de l’initiative individuelle et non de la patte de l’État. Et en cas de vol de la « recette » pourtant conservée en lieu sûr, il y a toujours les tribunaux. La différence avec le système avec brevets étant que la « recette » en question serait secrète.
          On me dira sans doute : oui mais les créations artistiques (musique notamment), les livres ? J’ai tendance à penser que la protection de la « propriété intellectuelle » comporte plus d’inconvénients que d’avantages.
          Ce qui est peut-être plus gênant, ce sont les créations génétiques, dans le domaine agricole. Pour la raison que dans un certain nombre de cas, comme c’est du vivant, elles se reproduisent avec la reproduction naturelle des animaux ou végétaux en question. (à la différence d’un pot de Nutella, qui ne se reproduit pas de lui-même).
          Débats passionnants, quoi qu’il en soit.

    • Je ne pense pas qu’ils parle des brevets de procédé mais plutôt d’idées, on peut déposer un peu tout et n’importe quoi aux USA sans avoir de réalisation pratique.

    • Tout à fait d’accord pour le brevet et c’est d’ailleurs pourquoi Coca Cola n’en a jamais déposé…

  • Je ne comprends même pas l’objet de l’article.
    Il n’y a pas plus privatisé que la production médicale.

    Seuls des acteurs privés développent et produisent des vaccins (l’Institut Pasteur a abandonné celui contre la COVID).

    Le secteur est sujet à de la concentration depuis des décennies, résultant aux entreprises « Big Pharma » d’aujourd’hui.

    Autrement dit, le secteur est tellement concentré qu’il n’y aura pas plus d’acteurs, et donc, pas plus de producteur de vaccins.

    Au mieux, un acteur peut développer et sous-traiter la production (Moderna). Le brevet protège son investissement (quand on investit des milliards dans une technologie, ce n’est pas pour qu’un producteur asiatique récupère les spécifications et produise des copies pour moins cher vu qu’il n’a pas à rentabiliser la R&D).
    Le brevet permet d’établir le business plan afin d’examiner la viabilité financière de l’investissement à plusieurs milliards.

    L’état intervient pour acheter des doses? Encore heureux. Si l’achat était strictement libre, seuls les riches pourraient s’offrir les doses, voire en acheter et les revendre plus cher.

    Vous voyez le problème de pénurie/prix des cartes graphiques informatiques depuis l’apparition des cryptomonnaies? Mêmes problématiques.

    Situation:
    -peu de fondeur capable de produire des puces GPU (car une usine, c’est des milliards d’investissements, à rentabiliser sur des années (vu qu’il s’agit de produire un produit grand public). A moins d’avoir un monopole (Intel, jusqu’au retour d’AMD) ou un gros carnet de commande (TSMC, sous-traitant semiconducteur pour nombre de multinationales), compliqué pour un nouvel acteur d’entrer dans la production.
    -de nombreux constructeurs produisent des modèles de cartes à partir de ces puces GPU, mais quand ya pas plus de puces, yen a pas plus
    -les mineurs de cryptomonnaies rachètent directement aux constructeurs ou aux premiers grossistes
    -conséquence : des miettes arrivent aux circuits de distribution grand public, faisant monter les prix au passage (les prix de vente sont toujours plusieurs centaines d’euros supérieurs aux prix officiels)
    -la variété des cryptomonnaies fait qu’aujourd’hui, même des pc portables avec des puces GPU d’entrées de gamme (nvidia 16xx) sont utilisé pour miner de la cryptomonnaie (avec cependant moins d’impact que pour les GPU de bureau)
    -A noter que la crise de la COVID a impacté les chaînes d’approvisionnement pour produire ces puces (et même au sens général, le marché des semi conducteurs)
    -à part pour de l’entrée de gamme, les revendeurs informatiques affichent rupture de stock quasiment partout, réservant les unités aux clients fortunés ou dans leur config complète (où ils font plus de marge)

    L’état n’intervient pas dans la production ou la distribution des GPUs. Le consommateur ne peut que soit attendre la disponibilité, soit pleurer sur les prix.

    L’interventionnisme sur les vaccins et non sur les GPU? Aux dernières nouvelles, ne pas avoir son GPU ne donne aucun risque de se retrouver en réanimation.
    Les vaccins représentent un enjeu de santé publique. La populace attends de l’état qu’il garantisse un accès à tous, et non qu’aux plus riches.

    A bon entendeur.

  • « Les éléments présentés ici permettent de tirer la conclusion que le marché du vaccin, comme tout le domaine de la santé d’ailleurs, est trop important pour rester sous le contrôle des autorités publiques. Il faut donc promouvoir toutes les initiatives qui peuvent nous rapprocher petit à petit à un libre marché du vaccin. »

    important pour qui? trop?

    je ne crois pas.. le marché doit être libre..parce que j’ai le droit de juger que c’est important ou non..

    tout argumentaire amenant à la « conclusion que « c’est important « ou « grave » pour la collectivité amène en general les gens à penser que la collectivité doit s’en mêler, justement.

  • Il n’y a pas de coercition économique, vous pouvez ne pas acheter, changer d’assureur, faire jouer la concurrence.
    Avec l’état, pas de concurrence, uniquement de la contrainte. Si le chef a décidé ‘quoi qu’il en coûte’, vous subissez et coulez avec tout le monde.
    PS un assureur devant un refus de se vacciner mettra une surprime, à moins que le risque soit trop important. Et les anti vax peuvent créer une mutuelle pour s’assurer sans vaccin.

  • Remplacez le mot « vaccin » par ce que vous voulez en fait dans cet article ça marche aussi.

  • Les commentaires sont fermés.

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Lors de l’Europan Liberty forum à Varsovie en mai 2022, la rédaction de Contrepoints a pu rencontrer des personnalités importantes du mouvement libéral européen telles que Nataliya Melnyk.

Nataliya Melnyk est Ukrainienne et directrice de la communication pour le Bendukidze Free Market Center, un groupe de réflexion ukrainien créé pour promouvoir la liberté, un État limité, une société ouverte et un marché libre, par l'analyse et le développement d'options politiques nouvelles et modernes, l'introduction de programmes éducatifs et l'eng... Poursuivre la lecture

Avec le pouvoir d’achat, l’écologie et l’immigration, un autre clivage entre les candidats aura été la mondialisation. Marine Le Pen a plaidé le souverainisme français, Emmanuel Macron le souverainisme européen. Mais les réalités de la mondialisation ne se limitent pas au choix du souverainisme. Elles sont en apparence très complexes, et je crois nécessaire de mettre de l’ordre dans les concepts et dans les faits.

Deux types de mondialisation

Je soutiens qu’il existe deux types de mondialisation : une mondialisation politique et une mo... Poursuivre la lecture

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Faut-il rembourser les traitements des malades de la Covid qui ont refusé de se faire vacciner ? Le directeur général de l’AP-HP Martin Hirsch s’interroge. Cette question a pourtant de quoi choquer même un provax convaincu. Parce qu’elle quitte le débat scientifique pour s’engouffrer dans celui de la moralisation des soins, jusque-là essentiellement nourri par les courants antichoix se demandant si les IVG devraient être à la charge du contribuable dès lors que des moyens contraceptifs auraient pu les éviter. Dans les deux cas de figure, la l... Poursuivre la lecture

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