La crise sanitaire expose l’incompétence flagrante de l’État

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Les trois directions principales que les libéraux préconisent depuis longtemps sont : la déréglementation, la décentralisation, et la privatisation des fonctions de l’État.

Par Finn Andreen.

La pandémie a mis en exergue l’incompétence flagrante des autorités dans beaucoup de pays, et notamment du gouvernement français, dans la gestion de cette crise sanitaire.

Le pass sanitaire, de caractère autoritaire inédit en France, n’a pas de justification sanitaire étant donné la létalité bien inférieure du variant Delta par rapport à la première souche. Les conséquences de sa mise en œuvre n’ont pas été anticipées. Les non-vaccinés sont discriminés tandis que les vaccinés transmettent le virus.

Les centres de dépistage et les pharmacies sont déjà débordés par la demande de tests des non vaccinés et font face à de plus en plus d’agressions. Les restaurants et les cafés de France vont subir des coûts et un manque à gagner tout en étant obligés de scanner des QR codes sanitaires à longueur de journée.

Il est possible de mentionner aussi les scandales de l’année dernière concernant l’usage des masques, la pénurie chronique de lits en réanimation et le manque total de préparation des dirigeants politiques face à la pandémie.

Bref, les exemples abondent. Ce sont autant de preuves de l’incompétence inouïe de l’État dans ce genre de situation où il est justement supposé jouer son rôle implicitement promis à tous les contribuables.

Le désastre politique et social qu’est devenue cette crise sanitaire est dû principalement à son incompétence et celle des dirigeants politiques et des hauts fonctionnaires.

Cette incompétence que les Français subissent n’est évidemment pas nouvelle. Axel Oxenstierna, grand chancelier de Suède et protagoniste majeur de la guerre de 30 ans, confia à son fils : « Ne sais-tu pas, mon fils, avec quel peu de sagesse le monde est gouverné ? ».

Ce qui est nouveau aujourd’hui c’est la taille de l’État moderne qui décuple les conséquences de cette incompétence étatique sur toute la société.

Le libéralisme face à l’incompétence de l’État

Cette constatation signifie-t-elle que l’État essaie néanmoins, avec beaucoup de difficultés certes, de prendre en compte exclusivement l’intérêt du peuple, auquel il est moralement et économiquement redevable ? Absolument pas.

Typiquement, le libéralisme préconise une réduction des pouvoirs de l’État à cause du capitalisme de connivence et du favoritisme évidents existant entre État et intérêts privés, tels que les banques et les multinationales. Mais l’argument de limiter les fonctions de l’État à cause de son évidente incompétence est peut-être plus persuasif.

Cette incompétence, plus que la possible existence de conspirations, est une excellente arme politique pour le libéralisme, car elle sape bien plus vite la crédibilité qu’essaie toujours de maintenir l’État vis-à-vis de la société.

Parmi la population, les dirigeants politiques sont bien plus souvent accusés de corruption et de connivence, à tort ou à raison, que d’incompétence. Le politicien incompétent est généralement vu comme un niais inoffensif, moins susceptible de nuire à l’intérêt général que le politicien corrompu. La crise sanitaire montre que ce n’est pas la bonne conclusion.

Incompétence individuelle et incompétence d’État

L’incompétence individuelle est souvent due à des egos gonflés, ou ce que Friedrich von Hayek a nommé la « prétention de connaissance » du dirigeant politique par rapport à ce dont la société a besoin. Dans son fameux discours du Prix Nobel en économie en 1974, il a donné l’avertissement suivant à ceux qui souhaitent utiliser le pouvoir politique pour changer la société :

Agir sur la croyance que nous possédons les connaissances et le pouvoir qui nous permettent de façonner entièrement à notre gré les processus de la société, connaissances que nous ne possédons en fait pas, risque de nous faire beaucoup de mal.

Il ne faut donc pas s’étonner de l’incompétence d’une politique sanitaire disjonctée, mise en œuvre tant bien que mal par des personnes au sommet de l’État ayant cette prétention de connaissance et qui ne suivent pas ces sages conseils de Hayek.

Les étatistes qui aujourd’hui opposent le gouvernement et qui aussi sont témoins de cette incompétence, pensent souvent que ce problème peut être résolu si seulement les bonnes personnes étaient aux manettes.

Mais ce serait faire preuve d’un manque de jugement et d’un optimisme démesuré que d’attendre que des personnes humbles et raisonnables arrivent au pouvoir. Non seulement cela n’arrive que très rarement, comme le montre l’Histoire, mais même ces personnes risquent malgré elles de faire des choix dont les conséquences néfastes ne se voient pas toujours, comme l’a démontré Frédéric Bastiat.

Il faut ne donc pas se tromper de solution pour pallier cette incompétence. S’il est vrai qu’il y a des personnes incompétentes au sein de l’État, il ne faut pas tomber dans le piège de blâmer des personnes en particulier, qui d’ailleurs jouissent de l’immunité judiciaire.

Il faut se rappeler que c’est l’institution étatique elle-même qui est la cause fondamentale de l’incompétence des autorités. Souvent, les politiciens et les fonctionnaires ne réussissent pas car ils ne le peuvent pas. C’est la nature même de l’État qui l’empêche de fonctionner comme une entreprise privée : centralisé, en situation de monopole avec une organisation bureaucratique, une lourdeur administrative et un manque d’incitation au profit.

Cette incompétence de l’État est donc endémique mais elle est évidente quand celui-ci essaie de résoudre des crises aussi complexes et urgentes que la crise sanitaire.

La seule solution : déréglementation, décentralisation, privatisation

L’incompétence de l’État ne fait que confirmer que la proposition libérale de réduire dramatiquement ses fonctions est la bonne. Il s’agit de promouvoir toutes les initiatives politiques allant dans le sens d’une réduction de son pouvoir.

Plus concrètement, les trois directions principales que les libéraux préconisent depuis longtemps sont :

  • la déréglementation,
  • la décentralisation,
  • la privatisation des fonctions de l’État.

Le plus possible de secteurs économiques doivent être libérés de l’intervention de l’État (déréglementation), autant de décisions et d’initiatives politiques que possible doivent avoir lieu localement (décentralisation), et autant d’activités et de responsabilités que possible doivent être écartées du secteur public et soumis à la concurrence (privatisation).

Voilà la base d’un programme politique libéral qui fait tant défaut dans le paysage politique français. Peut-être que l’exposition au grand jour de l’incompétence de l’État pendant cette crise sanitaire aura la conséquence d’accélérer la mise un place d’un tel programme, dont les Français ont tant besoin.

Il est temps que les Français se libèrent de ce joug qui pèse sur leur vie dans pratiquement tous les domaines et qui affaiblit continuellement leur pays. Ils méritent plus que cette incompétence flagrante de l’État.

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