COVID-19 : hydroxychloroquine ou rien

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« D’abord ne pas nuire » est le principe de base de la médecine. L’hydroxychloroquine ne nuit pas au malade atteint du COVID-19. Le point de vue du docteur Patrick de Casanove.

Par Patrick de Casanove.

Le 25 février 2020, le Professeur Didier Raoult annonçait avec enthousiasme l’existence d’un traitement efficace et peu cher contre le COVID-19. Il informait que les Chinois, chronologiquement les premières victimes du virus, avaient testé des molécules connues, bien tolérées.

Il en était ressorti que la chloroquine, d’abord in vitro comme cela avait été montré sur le SARS-coV, puis in vivo, était efficace sur les coronavirus. Les Chinois recommandaient donc ce traitement pour tous les cas cliniquement positifs. Le Pr Raoult lui-même a conduit une étude avec de l’hydroxychloroquine avec des résultats spectaculaires, malgré des critiques légitimes qui ont été faites.

Ces annonces ont déclenché une polémique virulente. Il est facile d’en retrouver tous les détails sur internet. L’État a choisi son camp.

L’État fait barrage à l’utilisation facile de l’hydroxychloroquine

L’État a pris le parti des opposants à l’utilisation, le plus tôt possible, de l’hydroxychloroquine chez les personnes infectées par le COVID-19. Olivier Véran, le ministre de la Santé, a décidé d’encadrer son usage.

Un mauvais signal avait déjà été envoyé avec le classement de l’hydroxychloroquine, le 13 février, sur la liste II des substances vénéneuses, en pleine épidémie du COVID-19. Ce classement, si tant est qu’il soit pertinent, aurait pu attendre que soit appréciée son action pendant l’épidémie. D’autant que l’instruction du dossier avait débuté en 2018.

Une raison « économique » ?

Attribuer au libéralisme (au marché…) le refus d’utiliser l’hydroxychloroquine le plus tôt possible, parce que cette philosophie privilégierait « l’économie » à la santé, au prétexte que cette molécule n’est pas chère et que cela ferait du tort aux laboratoires pharmaceutiques, est une aberration.

Le libéralisme défend la concurrence et le libre accès au marché. Mais ce n’est pas tout. Un système libéral repose sur trois droits naturels : « Personnalité, Liberté, Propriété, — voilà l’Homme », écrit Frédéric Bastiat dans La loi (1850). Aucun libéral ne portera tort aux droits naturels individuels. Ce qui veut dire qu’aucun libéral, sous peine de trahir son éthique et de ne plus être libéral, n’entravera l’utilisation de médicaments peu chers et bénéfiques. L’État oui.

Pour le cas qui nous concerne, nous aurions l’hydroxychloroquine, connue, immédiatement disponible, bien supportée, avec plus de 50 ans de recul, une expérience incomparable, une innocuité établie, des centaines de millions de personnes traitées, coûtant en France 4,17 euros la boîte de 30 comprimés, soit 2,50 euros le traitement de six jours, contre le produit X issu de la recherche moderne, pas de recul, beaucoup plus cher. Quel traitement croyez-vous que les médecins et les patients choisiraient si on leur laissait le libre choix ?

Si l’obstruction était économique, nous serions en plein scandale du capitalisme de connivence. Dans ce cas, les laboratoires effectuant de la recherche sur des molécules nouvelles, onéreuses, pour éviter que leurs produits ne soient mis à mal par la concurrence dans un marché libre, demanderaient à l’État de bloquer, ou au moins entraver, la mise à disposition du produit concurrent plus simple, mieux supporté et moins onéreux. Bien loin du libéralisme, nous serions en plein étatisme.

En France, c’est bien un pouvoir politique qui gêne la mise a disposition rapide d’hydroxychloroquine aux patients. Un comité dit « scientifique », qui conseille un gouvernement dépassé par les événements, a émis un avis déconnecté de la réalité, mais très pertinent si on le regarde avec l’éclairage du capitalisme d’État.

Du point de vue médical

Il est entendu qu’il existe très peu de thérapies curatives pour les pathologies virales. Les trithérapies mettent les porteurs du VIH en rémission complète. L’aciclovir et ses dérivés traitent les infections herpétiques. C’est à peu près tout. Pour les maladies virales comme la grippe la prise en charge est classiquement symptomatique. Il a longtemps été dit qu’il devait en être de même pour le COVID-19. Ces découvertes sur la chloroquine et l’hydroxychloroquine ont changé la donne.

Aujourd’hui, pour traiter immédiatement étiologiquement et non plus symptomatiquement, les personnes atteintes de COVID-19, il n’existe rien d’autre que ces molécules.

« D’abord ne pas nuire » est le principe de base de la médecine. L’hydroxychloroquine ne nuit pas au malade atteint du COVID-19.

Nous avons beaucoup d’expérience avec ce produit. Les contre-indications sont parfaitement connues et facilement accessibles au grand public.

Les interactions avec d’autres médicaments sont également connues et faciles à identifier avec un logiciel d’aide à la prescription, comme la BCB ou le Vidal. Un médecin soignant sait parfaitement gérer les indications, contre-indications, intolérances, effets secondaires, interactions des médicaments qu’il connaît.

Bien sûr on ne peut pas obliger les médecins qui ne veulent pas traiter le COVID-19 avec un traitement ne disposant pas de l’Autorisation de Mise sur le Marché.

Mais compte tenu de la situation, il n’y a aucune raison d’empêcher les médecins qui le souhaitent de traiter dès que possible avec l’hydroxychloroquine les malades qui l’acceptent.

Traiter tôt est toujours ce qui est recommandé en médecine. N’importe quel médecin le sait. Il en est de même avec le COVID-19. Le seul médicament qui a fait ses preuves doit être utilisé dès que possible.

Or le gouvernement français préconise le contraire : attendre d’avoir une « forme grave, hospitalière, sur décision collégiale des médecins et sous surveillance stricte » pour débuter le traitement par hydroxychloroquine. Ce qui exclut « toute prescription dans la population générale ou pour des formes non sévères ». Cela devient une habitude. Au début de l’épidémie le gouvernement avait aussi fait l’exact contraire de ce qui était nécessaire.

Quand une personne présente une forme grave, il est trop tard. Quand les patients entrent en réanimation, il est trop tard. Le souci principal à ce moment-là n’est pas de détruire le virus mais de sauver les malades par de la réanimation lourde. Ne pas les traiter dès le départ est une perte de chance pour eux. Le Professeur Perronne, infectiologue, s’indigne de cette décision.

Traiter dès le début de la maladie impliquerait de faire un dépistage massif. Des tests rapides existent. Or la France n’a pas de tests en quantité suffisante et les recommandations officielles ne le prévoient pas. Grâce à ce dépistage, les personnes atteintes seraient identifiées et traitées efficacement.

Cela dit, puisque ce dépistage de masse n’est pas envisageable dans notre système de pénurie, il n’y a pas grand risque à traiter sur syndrome clinique. Tous les médecins soignants savent le faire. Ils savent aussi que tout retard dans le traitement entraînera davantage de morts et que l’épidémie sera rendue plus meurtrière qu’elle n’aurait dû être.

Perdre un temps précieux

L’attitude du gouvernement fait perdre un temps précieux. Attendre les résultats de l’étude Discovery fait perdre un temps précieux. C’est encore une perte de chance pour les malades.

Quand, lors d’une étude sur l’efficacité d’une thérapie, les médecins se rendent compte rapidement de l’efficacité d’un traitement pour les malades qui en bénéficient, par rapport à ceux qui n’en bénéficient pas, l’étude est interrompue. Le traitement est immédiatement dispensé à tout le monde. Ne pas agir ainsi serait non seulement contraire à l’éthique médicale mais criminel.

Les effets très positifs de l’hydroxychloroquine dans le cadre de l’infection à COVID-19 sont connus. Débuter une étude en ne donnant qu’un traitement symptomatique à une partie des patients est contraire à l’éthique puisqu’on sait qu’il existe un traitement. « Pour mesurer l’efficacité des traitements, les patients seront répartis en différents groupes. L’un d’eux bénéficiera de soins standards, prodigués aujourd’hui. Les autres malades bénéficieront en plus de ces soins, de l’une des molécules en test. » Tout cela au risque de réinventer l’eau tiède.

Une étude où tous les patients auraient bénéficié de molécules à visée thérapeutique n’aurait pas été en opposition avec l’éthique médicale. L’objectif est dans ce cas de comparer les traitements entre eux. Si l’un d’eux se détache, l’étude est interrompue et tous les patients le reçoivent. Il aurait été possible de recommander de traiter rapidement les patients par hydroxychloroquine sans attendre les résultats.

Pour savoir quelle attitude adopter

Les bonnes questions à poser à tous ces membres du gouvernement et aux scientifiques qui les conseillent :

  • se feraient-ils tester, eux, ou un membre de leur famille en cas de suspicion d’infection au COVID-19 ?
  • prendraient-ils de l’hydroxychloroquine et en feraient-ils bénéficier un membre de leur famille en cas d’infection au COVID-19 ?

Pour en finir avec la cacophonie et les ratés de prise en charge

Les politiciens au pouvoir doivent constater leur incurie. Ils doivent passer la main aux médecins de terrain, spécialistes ou généralistes. Généralistes qu’ils ont envoyés au casse-pipe sans protection. Ils n’auront jamais les masques à temps, ni les tenues. Par respect pour leurs qualités professionnelle et leur abnégation, les hommes de l’État leur doivent bien ça.

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