Judy Shelton, la candidate hétérodoxe de Donald Trump pour la Fed

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Judy Shelton, la candidate hétérodoxe de Donald Trump pour la Fed

Publié le 13 février 2020
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Par Saranath Rimlinger.

Judy Shelton est auditionnée ce matin jeudi 13 février par le Sénat américain en vue d’une place de gouverneur à la Fed. Conseillère économique de Donald Trump, elle a une vision très hétérodoxe et louable en matière de politique monétaire. Cependant, elle se révèle être une femme de compromis et non de conviction.

Une vision hétérodoxe en matière de politique monétaire

Après la crise de 2008, suite à une politique de monnaie et crédit facile, elle remet en cause le rôle des banques centrales dont elle considère les manipulations sur les taux d’intérêts comparables au Gosplan soviétique : les banquiers centraux ne sont pas omniscients.

Elle défend le retour d’un étalon-or pour lier la création monétaire et de crédit à l’or pour en limiter son expansion. Elle supporte les cryptomonnaies, soulignant qu’une concurrence des monnaies pourrait aboutir à l’émergence d’une monnaie plus saine et plus forte en valeur.

Une femme de compromis et non de conviction

Cependant, après avoir critiqué la politique monétaire de taux bas menée par l’administration Obama (2009-2015), elle défend paradoxalement une politique monétaire plus accommodante contre sa normalisation (2015-2019) comme le souhaite Donald Trump et a perdu ses positions radicales sur l’inflation depuis sa nomination le 2 juillet 2019.

Elle a abandonné ses opinions libre-échangistes au profit de la guerre commerciale avec des tarifs douaniers contre la Chine ; et aussi pro-immigration relativement au Mexique.

Ensuite, elle souhaite une plus grande coordination entre la Fed et le gouvernement américain, critiquant ainsi toute possibilité d’indépendance de la banque centrale américaine. Une indépendance primordiale du politique (démagogique) qui limite la création monétaire comme le montrent les travaux des économistes Prescott et Kydland.

En conclusion, Mme Shelton souhaite peut-être une politique monétaire davantage confiée à Donald Trump qu’aux acteurs du marché, sacrifiant au passage ses positions libérales.

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  • Confier la monnaie au prince, comme si la monnaie était un facteur de souveraineté, est tout à fait orthodoxe. C’est même un grand classique des économistes cireurs de pompes du pouvoir justifiant péniblement l’abus de pouvoir étatique. Curieux dans ces conditions de qualifier cette personne d’hétérodoxe. Ou alors elle a été clonée par un exemplaire déficient. Ses dernières élucubrations sont pourtant limpides : tout ce qu’elle a pu dire avant, c’était bullshit.

    La monnaie et la dette sont les talons d’Achille de Trump. Baisser les impôts, c’est bien à condition de baisser les dépenses publiques également. S’il persiste dans sa politique sans la corriger, il sera surpris par l’effondrement économique soudain qu’il finira par provoquer.

    En 2019 (à la fin du troisième trimestre en glissement annuel), les USA ont créé 2450 milliards de dettes supplémentaires (dont 47% par le secteur public) pour seulement 430 milliards de PIB supplémentaire hors inflation (2,1% de croissance à partir de 20500 milliards). Le stock total de dettes représente largement plus de 200% du PIB, sans compter les dettes hors bilan (les promesses électorales). Il faut 5,7 dollars de dette pour ajouter 1 dollar de PIB. Autrement dit, chaque année de croissance doit se payer par 6 années de stagnation. Pratiquement le tiers des dépenses publiques américaines (30,2%) sont financées par la dette. Dans le même temps, la bourse est valorisée comme la plus chère… de toute l’histoire boursière du pays. Le niveau de risque et de défiance est tel que le marché interbancaire s’en trouve figé, la Fed devant injecter chaque jour des centaines de milliards de liquidité. En dehors de quelques cas marginaux, jamais un pays majeur n’était allé aussi loin, aussi haut, aussi massivement, dans la folie financière. Cette histoire ne peut pas bien se terminer.

    • Bonjour Cavaignac,
      Quelles marges de manœuvre Trump a-t-il en matière de dépenses, à votre avis ?
      J’ai été surpris, il y a quelques semaines, de constater l’importance des dépenses « sociales » dans le budget US, cf par exemple :
      https://en.wikipedia.org/wiki/United_States_federal_budget#/media/File:US_Federal_Budget_Comparison_2016_vs._2015.png

      Les Américains, trop habitués à l’État-providence, eux aussi ?

      Il est vrai que le taux d’emploi aux USA, sans être mauvais, n’est pas au niveau de pays comme la Suisse ou le Japon, si on en croit les chiffres de l’OCDE (71,7% contre 80,5 et 78,1%), et cela, alors que les statistiques du chômage n’ont jamais été aussi bonnes.

      • Si Trump persiste sur cette lancée sans corriger, il n’aura bientôt plus aucune marge de manœuvre. Bon, on va dire que son urgence est d’être réélu. Sans doute que l’objectif vaut quelques 1300 milliards de dettes supplémentaires.

        • Selon Guy Millière [si j’ai bien compris] le déficit provient aussi voire surtout du Congrès, qui a son mot à dire sur le budget. Congrès actuellement dominé par les Démocrates, mais dominé par les Républicains pour les 2 premiers exercices de Donald Trump. Et il semblerait que les Représentants Républicains soient eux aussi accros aux dépenses publiques…

          Je ne sais pas si Trump pourra réduire le déficit, mais à voir la structure du budget et l’importance des dépenses (mandatory) « sociales », j’ai l’impression que par la porte ou par la fenêtre, il faudra à moyen terme que les Américains travaillent davantage, donc que la libéralisation (dérégulation) de l’économie se poursuive, pour que le budget ait une chance de revenir à l’équilibre (objectif officiel de l’équipe Trump, soit dit en passant).
          Car en effet le déficit et surtout la dette, sont préoccupants.

          • Le niveau de dettes est important si ils comptent un jour les rembourser. Je ne suis pas sûr qu’il reste un seul pays ayant cette ambition.

  • Alan Greeenspan aussi avait des positions différentes avant d’être à la tête de la Fed. Pour être nommé à sa tête, et y rester, il faut appliquer la politique du président des USA.

  • En gros c’est une girouette…rien de nouveau sous le soleil.

  • Les commentaires sont fermés.

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