Le monde va mieux, cessons d’être pessimistes !

mappemonde credits D. Cappronnier (licence creative commons)

Le monde continue d’être plus propre, plus vert, plus sain et plus riche.

Par Daniel Hannan

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Pour le Nouvel An, j’avais rédigé un billet titré « 16 raisons de se réjouir de 2016 ». Parmi  ces raisons, certaines étaient de portée générale (la pauvreté baissera, le QI moyen augmentera) et d’autres concernaient des pronostics précis (les voitures sans conducteur passeront des laboratoires aux routes, la Grande-Bretagne votera la sortie de l’UE).

Je considère qu’entre 12 et 14 de mes prophéties se sont réalisées, selon le degré d’exactitude que vous leur accordez. Daesh n’a pas été vaincu, même si ma prévision que Mossoul tombe aux mains de l’armée irakienne cette année semble être différée de quelques semaines seulement. L’Inde n’est pas parvenue non plus à accéder au premier rang des puissances mondiales, même si, encore une fois, c’est sûrement une question de temps.

Mais les voitures sans conducteur roulent effectivement sur les routes de Californie et du Texas, avec l’Australie à suivre. L’économie mondiale a progressé, bien que la croissance soit légèrement inférieure à ce qui était prévu l’année dernière. La pauvreté extrême a poursuivi sa baisse.

Les bonnes nouvelles que nous refusons de voir

Nos écrans sont remplis des horreurs de l’Irak et du Yémen, mais nous oublions les conflits où la violence s’estompe : les guerres de la drogue au Mexique, la guerre civile colombienne, les insurrections en Birmanie, au Xinjiang, au nord-ouest du Pakistan et au Burundi, ou la guerre frontalière entre l’Érythrée et l’Éthiopie qui a fait plus de 70 000 morts. Même en Syrie, le nombre global de morts continue de baisser depuis son pic de 2014.

Pendant ce temps, le monde continue d’être plus propre, plus vert, plus sain et plus riche.

Alors, allons-nous tenir compte de ces nouvelles réjouissantes ? Eh bien non. Nous continuerons de croire, comme toutes les générations qui nous ont précédé, que la nôtre est une ère particulièrement troublée, violente, corrompue et sans âme.

Les livres qui prédisent des catastrophes (surchauffe planétaire, impact d’astéroïdes, superbactéries pharmacorésistantes, effondrement du système monétaire, imposition de la charia en Europe) continueront de se vendre. Peu d’éditeurs donneront de leur temps aux auteurs qui font valoir que, en général, les choses vont mieux — de façon irrégulière et erratique, certes, mais mieux tout de même.

Si vous vous rendez à l’église à Noël, on vous sermonnera depuis la chaire à avoir une pensée pour les sans-abri et la faim dans le monde, et à juste titre. Mais il y a peu de chance que vous entendiez un ecclésiastique admettre que les sans-abri et les affamés sont proportionnellement moins nombreux qu’à aucun moment de l’histoire. C’est la période de l’année où les autorités chrétiennes se doivent de prêcher la Bonne Nouvelle, mais elles s’efforcent, comme tout un chacun, de ne pas reconnaitre de miracles, dans les cieux comme sur terre.

L’optimisme, une victoire de l’intellect sur l’intuition

Pourquoi sommes-nous si ronchonneurs ? Parce que nous avons encore l’instinct des chasseurs-cueilleurs. Dans les savanes africaines du Pléistocène, le pessimisme était un mécanisme de survie. Nos ancêtres vivaient dans un monde de violences et de dangers constants : les étrangers étaient plus susceptibles d’être une menace qu’une opportunité. Les âmes confiantes et optimistes avaient moins de chance de survivre.

L’optimisme, à notre époque, représente une victoire de l’intellect sur l’intuition. Il est le reflet d’un monde riche, sécurisé et interconnecté fondé sur l’échange volontaire et la propriété privée, à l’opposé de la terreur hobbesienne fondée sur la tribu.

Voici donc de bonnes nouvelles : si vous acceptez, intellectuellement, ce qui se passe dans le monde, vous commencez à mesurer la chance extraordinaire que vous avez. Lorsque cela arrive, vos émotions vous rattrapent, et vous devenez vraiment plus joyeux. Sérieusement. Essayez.


Sur le web. Traduction : Raphaël Marfaux pour Contrepoints.