Mister Président… Trump (gosh !)

La réaction des démocrates face aux derniers attentats aux États-Unis risque d’accorder encore plus de crédit au discours de Donald Trump sur l’immigration.

Par Drieu Godefridi.

Donald Trump, futur président américain ?
By: Marc NozellCC BY 2.0

Bouffon, malhonnête, escroc, psychopathe, Narcisse, clown fascistoïde : tel était Donald Trump pour la plupart des médias européens — y compris britanniques — au lancement de sa campagne de candidature à la candidature républicaine, en juin 2015. Quinze mois plus tard, la plupart de ces médias vacillent à peine dans leurs certitudes et des sondages indiquent que la majorité des Européens voteraient pour Madame Clinton.

On en est pourtant à se demander comment la présidence des États-Unis pourrait échapper à Monsieur Trump. Certes, en politique tout va très vite, l’élection se joue par État et non au suffrage universel pur, et au contraire de ces commentateurs qui prédisent la débâcle de Trump depuis le premier jour, je ne jurerais pas du résultat final. Mais les tendances structurelles de cette campagne se dessinent nettement, et elles ne sont pas favorables au « script » de campagne de Madame Clinton. Lequel script la situe essentiellement, et logiquement, dans la continuation de la présidence Obama. Jugeons-en par la plus récente séquence d’événements : les attentats qui viennent d’être commis à New York, au New Jersey et dans le Minnesota (17 septembre 2016).

Trump contre l’asile et l’immigration

Depuis le début de sa campagne, Trump plaide pour l’instauration d’un « vetting » renforcé sur les candidats à l’asile et l’immigration, c’est-à-dire la possibilité d’écarter du sol américain, entre autres, ceux qui ont un passé criminel et ceux qui rêvent d’y faire couler le sang des « infidèles ». Les auteurs suspectés des attentats de NY et du Minnesota, qui ont été arrêtés, sont un Afghan et un Somalien, qui se revendiquent de l’islam radical.

Depuis le début de sa campagne, Trump milite ardemment pour le respect du deuxième amendement à la Constitution américaine, qui consacre le droit pour les citoyens américains de détenir une arme. Que Clinton s’apprête à nommer à la Cour suprême des juges opposés au deuxième amendement est un argument majeur de la campagne Trump. Il se trouve que le terroriste du centre commercial, au Minnesota, a été neutralisé par un homme en civil légalement porteur d’une arme à feu. Alors que les trois attentats du 17 septembre ont en commun de ne pas avoir été perpétrés avec des armes à feu. Un fait ne suffit pas à valider un argument, mais ce n’est pas du débat de fond qu’il s’agit ici, seulement de relever que ce bouquet de faits tombe à point nommé pour valider le script électoral de Trump, contre celui de Clinton.

La bombe qui a explosé à New York était une cocotte-minute remplie de « shrapnels », c’est-à-dire des morceaux de métal. Le procédé vise à tuer et blesser un maximum de civils. Après s’être rendu sur les lieux, et avoir littéralement — des photos en témoignent — déambulé parmi les schrapnels, le maire (démocrate) de New York de Blasio a pris la parole pour déclarer que la bombe était « intentionnelle » mais que rien n’indiquait qu’il s’agissait d’un acte « terroriste ». Une distinction aussitôt reprise par la plupart des médias américains et européens, bien qu’elle n’ait aucun sens.

Alors qu’il était établi que le Somalien du centre commercial au Minnesota faisait des références à Allah tandis qu’il lardait ses victimes de coups de couteau, demandant à au moins l’une d’entre elles si elle était musulmane, le chef démocrate de la police locale (de Saint-Cloud, ça ne s’invente pas) a déclaré que l’on ignorait les motivations du tueur et que l’on ne savait pas s’il s’agissait d’un acte terroriste. Une déclaration digne de l’inspecteur Clouseau de La Panthère rose, qui valide l’argument de Trump selon lequel les démocrates, et l’écrasante majorité des médias qui leur sont acquis, sont dans le déni de la réalité terroriste islamique.

Un événement ne fait pas une élection. Mais la présidence Trump est désormais une éventualité à laquelle nous devons nous préparer.