L’innovation est-elle positive ou négative pour la civilisation ?

Publié Par Philippe Silberzahn, le dans Entreprise et management

Par Philippe Silberzahn.

Dans une interview au journal Libération, le philosophe Bernard Stiegler déclare que l’accélération actuelle de l’innovation court-circuite tout ce qui contribue à l’élaboration de la civilisation. Il ajoute que la « disruption » (rupture, en français) constitue une barbarie « soft » incompatible avec la socialisation, pendant de la barbarie « hard » produite par Daech. On pourrait y voir là un entretien de plus d’un intellectuel français en déshérence, et passer son chemin, mais l’auteur est philosophe, ce qui en France équivaut à un passeport pour imposer sa pensée au monde, et directeur de l’institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou. Pas n’importe qui donc. Voyons cela de plus près.

En toute sincérité, je ne savais pas qu’il existait un Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou. Je doute que beaucoup de monde le sache, en fait. Mais passons. Donc nous vivons un mode de « disruptions » (bizarrement, Stiegler n’utilise pas le mot rupture). Selon lui, la fuite en avant technologique produit une perte de repères et une désespérance qu’il est impératif d’assumer afin de repenser l’élaboration des savoirs et la macroéconomie.

La destruction du lien social

Cette révolution serait en effet destructrice de lien social. C’est grave ! Le lien social est en effet une obsession française. C’est un concept indéfinissable. Un mot valise. Un truc forcément bien, puisqu’il y a social dedans, et qu’en France s’il y a « social » c’est bien, mais s’il y a « économique » ce n’est pas bien. Donc les ruptures en cours seraient destructrices de lien social ! Vieille antienne qui date au moins de la première révolution industrielle dans laquelle se sont retrouvés marxistes et conservateurs tous deux opposés au nouvel ordre libéral qui émergeait. Ce qu’ils voulaient dire par perte de lien social, c’était au fond que les bouleversements remettaient en cause les structures de contrôle social qui avaient été mises en œuvre par les castes dirigeantes. Dans « lien social », après tout, il y a lien.

Mais pleurer la perte du lien social due aux ruptures, c’est faire preuve d’une incompréhension profonde de ce que ces ruptures créent. Que ce soient les makers, les MOOCs (cours en ligne), BlaBlaCar ou AirBnB, les témoignages se multiplient pour montrer comment ces nouveaux outils de la disruption sont profondément sociaux. Je ne compte plus ceux qui me disent pouvoir rencontrer des personnes d’horizons très différents, et nouer avec elles des liens d’amitiés, voire plus, grâce à ces outils. J’avais même dans ma classe une responsable d’innovation d’une grande entreprise qui utilise désormais systématiquement BlaBlaCar pour s’ouvrir à des cultures différentes. Contrairement à ce que croient les penseurs en cave, qui n’ont probablement jamais utilisé l’un de ces services, c’est là que s’invente et se crée le monde de demain, et rien, absolument rien, ne laisse penser qu’il sera moins social que celui fantasmé d’un paradis social français.

Stiegler continue en affirmant qu’en raison de ces ruptures qui s’accélèrent, nous n’arriverions plus à élaborer des savoirs… Il faut avoir une certaine dose de cynisme, ou d’aveuglement, pour énoncer une telle contre-vérité alors qu’au contraire, jamais nous n’avons autant produit de savoir, jamais la machine à connaissance humaine n’avait autant produit. Nous sommes au cœur d’une nouvelle révolution industrielle, dont les possibilités extraordinaires se devinent chaque jour un peu plus, mais Stiegler conclut que nous n’arrivons plus à produire du savoir.

Barbares !

Stiegler fustige également Koudetat, l’incubateur parisien à la pointe de la pensée sur l’entrepreneuriat français qui se vante de représenter les barbares, entrepreneurs à l’assaut des dinosaures industriels actuels. Et de relier cette barbarie « soft » à celle, « hard » représentée par Daech. Rien de moins. Si Stiegler avait lu un peu plus de Grecs, il saurait que le mot « barbare » était utilisé par ces derniers pour désigner les peuples n’appartenant pas à leur civilisation, et qu’ils ne parvenaient pas à comprendre car ils suivaient des coutumes différentes.

Eh bien c’est effectivement ce que font les entrepreneurs, et le vocable de Koudetat est parfaitement adapté : les entrepreneurs « disruptent » les industries actuelles en inventant de nouvelles règles, de nouveaux modèles d’affaire, notamment parce que les règles actuelles, écrites par les acteurs en place, favorisent ces derniers. C’est donc le jeu même de l’innovation que de remettre ces règles en question. Cela n’a rien de nouveau, et Schumpeter l’avait remarqué il y a quasiment un siècle. Encore faut-il l’avoir lu.

À cette aune, rapprocher les barbares entrepreneurs et Daesh n’est qu’un amalgame aussi stupide qu’ignoble, en particulier après le énième attentat de Bagdad qui a fait 250 morts. Au-delà de l’effet rhétorique, c’est oublier que les entrepreneurs disrupteurs construisent avant de détruire, mais pour Stiegler, seule la destruction semble compter.

De là, selon lui, notre monde serait désespéré. Il faut avoir vécu sur Mars ces dernières années pour voir un monde désespéré par les ruptures en cours. Je rencontre tous les jours des jeunes déterminés à construire leur avenir, à leur façon, comme leurs aînés l’étaient avant eux. Qu’il y ait des gens désespérés, surtout en France, c’est indéniable, mais la source de ce désespoir se trouve non pas dans les entrepreneurs sources de disruption, mais dans la sclérose du vieux système social français pensé par Vichy et repris avec allégresse par le conseil de la résistance, totem absolu de la pensée intellectuelle française au nom duquel sera immolé jusqu’au dernier chômeur français. Face à cette sclérose, l’innovation offre bien un espoir de faire bouger les choses.

Détester le monde qui vient

S’il est important de réagir à ses propos, c’est que Bernard Stiegler se fait ainsi l’héritier d’une longue lignée d’intellectuels français qui ont fait profession de détester le monde qui vient. Cela on ne peut guère le lui reprocher, c’est son droit. Ce qu’on peut en revanche lui reprocher c’est que, comme ses illustres et moins illustres prédécesseurs, cette détestation procède avant tout d’un refus de comprendre ce monde.

C’est une attitude profondément conservatrice, voir réactionnaire pour employer un vocabulaire qui lui serait sûrement cher. Tocqueville, en son temps, avait eu le courage de vouloir comprendre un monde qu’il ne souhaitait pas. Mais c’est placer la barre bien haut, convenons-en. Au-delà, et cela on peut également le lui reprocher, Bernard Stiegler s’inscrit dans une longue tradition de pessimisme, héritier involontaire de Malthus, qui ne voit dans l’innovation que la destruction du monde actuel idéalisé.

Reconnaissons-le : il n’est pas en soi mauvais de vouloir préserver certaines choses. La Tour Eiffel est admirable, il faut la préserver. Le camembert est un trésor national. Il faut le préserver. La pêche à la ligne, sans doute également. La nation s’est même récemment levée pour défendre l’accent circonflexe !

On ne peut pas en dire autant de la lampe à huile, de Gaulle l’avait déjà dit en son temps, ni du modèle social que des thuriféraires comme Stiegler ne se lassent pas de défendre. La vision idéale qu’ils en ont ne correspond plus depuis longtemps à la réalité, faite de chômage massif et durable, mais peu importe: on est dans la phraséologie, entre soi.

Un tel refus traduit sans doute le désespoir de l’intellectuel face à un développement qu’il ne contrôle pas. Car au fond ce que détestent les intellectuels (enfin ceux qui se proclament tels), c’est que le monde de demain s’invente et se crée sans eux, que ceux qui l’inventent n’ont pas besoin eux. Cela fait des centaines d’années que c’est comme cela, que les Bernard Stiegler aujourd’hui comme avant en sont réduits à commenter une révolution à défaut de pouvoir la conduire. Comment ne pas dès lors la détester, et plus encore détester ceux qui, eux, la conduisent ?

Car loin de court-circuiter tout ce qui contribue à élaborer la civilisation, l’innovation de rupture est au contraire constitutive de cette civilisation. Elle est le reflet-même de la nature humaine, et c’est ce qui a fait ce que nous sommes, et la civilisation qui est la nôtre depuis au moins homo habilis il y a 2,7 millions d’années. Et bien sûr depuis 2,7 millions d’années des pré-Stiegleriens ne cessent de crier « Back to the trees ! Back to the trees ! » à cause de toutes ces inventions disruptives, destructrices de civilisations. Nous étions tellement mieux dans les arbres, paradis social où au moins, quand on crevait de faim, tout le mode crevait de faim. Ah oui le Moyen-Âge c’était convivial aussi.

La rhétorique Stieglerienne, loin de contribuer à sauver notre civilisation, à supposer que celle-ci soit en danger du fait de la disruption, est en fait profondément réactionnaire ; elle ignore volontairement l’énorme potentiel créatif et social de ces ruptures. Elle est aussi et surtout une insulte à ceux qui, entrepreneurs et innovateurs de tous poils, ne se résolvent pas à voir notre pays devenir un grand musée pour les Chinois récemment enrichis par une posture différente quant à l’avenir et qui ne pensent pas qu’il faille obtenir l’imprimatur d’un Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou pour que soit organisée une innovation officielle estampillée civilisatrice et sociale.

Alors oui, les barbares sont peut-être à l’œuvre pour détruire une civilisation idéalisée par Bernard Stiegler. D’ailleurs, Arnold Toynbee ne manquait pas de remarquer, à propos des civilisations qu’il avait étudiées – lui – en profondeur : « Nous ne déclinons pas parce que les barbares nous attaquent. Les barbares nous attaquent parce que nous déclinons. » Que Bernard Stiegler utilise les ressources du contribuable pour étudier pourquoi cette civilisation qu’il idéalise s’écroule, au lieu de s’inquiéter de celle que les entrepreneurs sont en train de créer sans lui, et peut-être même contre lui.

L’entretien de Bernard Stiegler au quotidien Libération peut être lu ici.

Sur le web

  1. L’auteur est en colère, il est très évidemment du bord adverse de Bernard Stiegler. Ce philosophe est un conservateur (au sens philosophique) de gauche tandis que l’auteur est un libéral progressiste; pas de doute cela fait des étincelles.

    Cependant la colère entraine des piques inutiles.
    Ainsi, non être philosophe en France n’équivaut à un passeport pour imposer sa pensée au monde, le philosophe expose ses idées et ne les impose pas et encore moins au monde. Il y a plein de philosophe de tous bords et de toutes écoles, cela annule une quelconque hégémonie. Je ne connaissais même pas ce Bernard Stiegler quant à me voir imposer ses idées …
    Oui les barbares étaient pour les grecques ceux qui parlaient autrement mais cela fut étendu aux peuples destructeurs et/ou dominateur (même *rome pour un temps) et donc oui pour le philosophe la technologie débridée est barbare car selon lui destructrice comme dans l’imaginaire historique les germains furent les destructeurs de l’empire Romain.

    Ensuite le lien social c’est simplement les interactions humaines dans une société, qui peuvent être économiques ou non économiques mais qui ont pour résultat de créer des « habitudes partagées », des « stabilités communes », de la civilisation en somme. C’est un des crédo des conservateurs de penser que la civilisation émerge des relations humaines sans objectif, sans vecteur préétabli. Le concept est valide MAIS le problème c’est que cette idée induit la nécessité de permanence or ce que le philosophe appelle disruption c’est une accélération technique qui empêche l’établissement de ces relations humaines génératrice de « habitudes communes ». Les relations humaines existent toujours bien sûr mais elles changent constamment du fait de la modification des techniques. Je le vois par exemple dans les grandes entreprises qui sont de nos jours toujours en mode adaptation/changement et où l’esprit d’entreprise à du mal à émerger. Il peut y avoir un esprit de bureau, d’atelier, de service mais d’entreprise c’est plus difficile et pourtant les entreprises désire être autre chose qu’un lieu d’échange neutre et aride travail/salaire où le salarié est un mercenaire près à partir pour le moindre avantage.

    De fait le débat n’est pas nouveau les conservateurs ont déjà vu la technique, l’industrie comme les ennemis du travail de la terre lent et « porteur de valeur » , la liberté de conscience vs la convergence religieuse intégratrice etc…

    En fait et là je rejoins l’analyse de l’auteur ce que les conservateurs de tout bord ne supportent pas c’est la destruction créatrice vue par Schumpeter or on n’en voit pas la fin.

    Néanmoins pour défendre ce Bernard Stiegler que je ne connaissais pas, il peut être intéressant de poser la question est ce que nous (l’occident) nous créons toujours de la civilisation ou juste des unités de production/consommation ?

    1. « est ce que nous (l’occident) nous créons toujours de la civilisation ou juste des unités de production/consommation ? »

      N’est-ce pas de toutes manières la création d’une civilisation, même si on aimerais d’autres choix ? Si l’on part du principe que l’innovation est le propre de l’homo Sapiens (ce qui lui aurait donné l’avantage sur ses « cousins » hominidés), et que la civilisation n’est que la résultante de l’efficacité, la théorisation des choix politiques devient bien futile (quelle que soit la pertinence de l’analyse sociétale). Je reconnais à la philosophie l’intérêt de répondre à des questions existentielles sur le sens de la vie. Mais quand elle prétend construire le monde sans même prendre en compte les réalités humaines, j’ai comme un doute sur son utilité et son influence à long terme.

      1. Ce que j’ai voulu dire c’est que la civilisation ce n’est pas que produire et consommer. Il y a l’art, les sciences, les techniques, les religions, les philosophies, la guerre (et oui); si nous nous limitons à être de producteur/consommateur créons nous de la civilisation ? Je ne réponds pas car c’est peut être un faux problème car nous ne sommes sans doute pas uniquement des unités de production/consommateur.

        Quant à votre second point sur l’utilité de la philosophie, prétend elle construire le monde ? le penser oui mais le construire non ! certains philosophes et leurs pensées nous plaisent plus ou moins (si tant est que nous nous intéressons à la philosophie) mais l’impact des philosophes sur le monde est à mon avis très surévalué; ils arrivent le plus souvent après la guerre, après les phénomènes.
        Ceci dit la philosophie est elle utile ? l’art est il utile, le sourire de la Joconde est il utile ? envoyer une sonde Junos sur Jupiter est il utile dans la vie de tout les jours et pourtant c’est notre grandeur.

      2. « Mais quand elle prétend construire le monde sans même prendre en compte les réalités humaines, j’ai comme un doute sur son utilité et son influence à long terme. »

        Au contraire Bernard Stiegler (que je ne conaissais pas) prend bien en compte les réalités humaines, il y a comme un contresens dans l’interprétation de l’auteur de cet article. Le philosophe cité dit juste que ça va trop vite pour être absorbé par notre société. Il ne remet pas en cause l’innovation en tant que telle :
        « Il ne s’agit ni de ralentir, ni de sortir de la société industrielle, ni d’arrêter la disruption, … »

        D’ailleurs je ne vois pas pourquoi il aurait tord, ça va effectivment très vite et la société n’arrive pas à absorber en conséquence. Mais notre société a préféré rendre les masses dociles au lieu de les rendre réactives. Encore un point de vue qui va dans le sens qu’une société qui souhaite contrôler ses citoyens et restreindre les libertés au lieu de les éduquer de manière convenable (esprit critique, responsabilité, etc) sera inévitablement confronté à des problèmes d’adaptabilité et de tensions.

        1. Je suis d’accord sur le début de votre commentaire, c’est effectivement la vitesse du phénomène de disruption que le phénomène lui même qui est mis en cause. D’ailleurs l’auteur se moque gentillement de Bernard Stiegler quand ce dernier utilise Disruption à la place de rupture alors que l’un ne recoupe pas l’autre. Des ruptures il y en a tout le temps dans tel ou tel champ de l’activité humaine, la disruption c’est quand les rupture s’enchaine sans cesse et trop vite sans que la société puisse les digérer.

          Par contre votre laïus sur « ’une société qui souhaite contrôler ses citoyens et restreindre les libertés au lieu de les éduquer de manière convenable » est à mon sens à coté de la plaque.
          Tout d’abord la société qui veut dominer ses citoyens c’est qui c’est quoi, l’état ? mais il ne faut pas se tromper de mot car la société c’est la somme des individus agissant. C’est idiot de dire que la somme des individus agissant veut dominer les individus…
          Et puis ce n’est pas un problème d’adaptation des individus, les ruptures technologiques les gens les digèrent fort bien, c’est d’ailleurs pour cela qu’elles s’enchainent. L’appétit de nouveauté qui facilite la vie comme toutes ces plateformes Uber, blablacar etc… sont utilisées. Ce que le philosophe dit c’est qu’avant cette accélération la société avait le temps de se recomposer, de digérer les changement technologique pour générer de la culture, de la civilisation. Aujourd’hui ce ne serait plus le cas, les individus seraient emportés par ces changement et n’auraient plus assez de relation entre eux pour créer cette culture, cette civilisation.

          1. Je suis également d’accord sur « la vitesse du phénomène » et c’est pour moi quelque chose qui nous plonge dans l’inconnu. Le fait d’étendre les interactions entre les individus, jusqu’à maintenant 7 milliards va forcément accélérer l’innovation technologique. Mais aussi l’évolution de la culture, de l’art, des idées saugrenues, etc …

            En fait le vrai problème est que les interactions augmentent avec le carré du nombre d’individu concernés. On peut donc s’attendre à voir apparaitre des phénomènes de saturation. Imaginez par exemple que le langage évolue tellement vite que vous ne comprenez plus la langue après une semaine d’isolement … Pour moi donc, si on veut s’inquiéter de quelque chose, ce n’est pas de la culture ou la civilisation (qui n’ont pas de raison de ne pas suivre le même emballement) mais des phénomènes de saturations inévitables, inconnus, et imprévisibles que cela va générer.

            1. Votre exemple du langage est très pertinent. Mais pour ce qui est de la saturation le problème est que si les individus en vieillissant « fatiguent » plus vite devant le changement par contre les générations les plus jeunes l’adorent. C’est comme si pour votre exemple les « vieux » fixaient leur langage et ne comprenaient de moins en moins les jeunes. On observe effectivement ce phénomène heureusement pas exacerbé, on comprend tout de même nos jeunes même si ils crée leurs propres idiomes.

              Le philosophe pense que la culture et la civilisation ne sont pas des productions qui s’emballent. Il faut du temps pour créer des habitudes et des croyances communes, de ce fait nous pourrions nous retrouver dans une civilisation mécaniquement, économiquement, scientifiquement puissante mais culturellement pauvre. C’est une thèse qui existe depuis longtemps et seul les historiens des siècles futurs pourront dire si ce sera le cas.

          2. « Par contre votre laïus sur, … »
            Oui, je suis aller un peu vite sur le coup.

            « c’est qui c’est quoi, l’état ? »
            Nos classes gouvernantes.

            « Et puis ce n’est pas un problème d’adaptation des individus, les ruptures technologiques les gens les digèrent fort bien »
            Dans ce sens ok, les gens y voient un intérêt économique et/ou social évident. Mais j’utilise le terme d’adaptabilité dans un sens plus général en relation à la capacité d’absorption de notre société à ce tout ce que ces évolutions technologiques peuvent amener.

            La relation vient donc qu’un individu éduqué, ayant du sens critique et ouvert aux nouvelles idées s’adaptera plus vite aux changements et saura plus facilement se remettre en question à la différence d’un individu qui n’a pas reçue l’éducation adéquat et que l’on veut surtout obéissant. Par extension une société composée d’individus éduqués dans ce sens saura mieux s’adapter à temps aux évolutions du monde. Une éducation de ce type sera donc utile pour absorber les « ruptures technologiques » et utile lors de délibérations entre individus dont parle Stiegler dans l’interview.

            Cela donnera donc des individus moins « dociles » et aptes à gober tout et n’importe quoi, mais profitera à l’ensemble d’un corp social en l’aidant à évoluer en phase avec le monde avec moins de problèmes qu’actuellement.

  2. Ceux qui créèrent des pierres polies, des outils en bronze, puis en fer, ont mis en place des unités de production souvent sur de grandes étendues ou surfaces…heureusement.

  3. Bien dit, j’ai bien ri avec le terme les penseurs en cave. l’innovation fait partie de notre civilisation. En fait, il faudrait revenir en arriere….les calèches!

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