Thaïlande : quand la junte, à court d’idées, pille celles du clan Shinawatra

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Thai soldiers credits Ak Rockefeller via Flickr ((CC BY-SA 2.0))

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Thaïlande : quand la junte, à court d’idées, pille celles du clan Shinawatra

Publié le 18 novembre 2015
- A +

Par Hugo Revon.

Thai soldiers credits Ak Rockefeller via Flickr ((CC BY-SA 2.0))
Thai soldiers credits Ak Rockefeller via Flickr ((CC BY-SA 2.0))

Depuis sa prise du pouvoir en mai 2014 suite à un énième coup d’État, la junte militaire mène une politique désastreuse en Thaïlande. Alors que la perspective d’un retour à la démocratie semble s’éloigner, le pays s’enlise dans la récession.

Au pays du sourire, seuls les professionnels de l’armement ont encore la banane. Réunis au salon « Defense & Security 2015 » début novembre à Bangkok, ces derniers pouvaient se réjouir de la présence dans la capitale thaïlandaise de 400 entreprises représentant 50 pays du monde entier, dont la France, l’Italie, le Royaume-Uni et les États-Unis. En Thaïlande, le budget de la Défense a presque triplé depuis 2005, au point de devenir le deuxième poste de dépenses nationales après l’éducation. Dans le même temps, les droits de l’Homme, eux, continuent d’être bafoués, et il apparaît difficile de ne pas y percevoir l’origine des difficultés économiques que rencontre le pays.

L’économie patine

Au pouvoir depuis 18 mois, le général Prayuth Chan-ocha a multiplié les atteintes contre la démocratie : opposition réduite au silence, attaques régulières contre la presse et, dernièrement, menaces de censure d’Internet. Et ce n’est pas prêt de s’arranger : la proposition d’une nouvelle constitution ‒ la 19e depuis 1932 ‒ a été tout bonnement rejetée début septembre par le Conseil national de réforme thaïlandais. Au moment où la Birmanie voisine, aux mains de l’armée depuis 1962, accède à la démocratie avec l’arrivée au pouvoir d’Aung San Suu Kyi par les urnes, les élections législatives en Thaïlande ont, elles, été une nouvelle fois repoussées. La prochaine date est fixée au mois de juin 2017, alors que l’intérim forcé ne devait initialement durer que jusqu’à fin 2014…

Après le putsch de mai 2014, les relations internationales du Royaume se sont considérablement dégradées. Partenaire commercial majeur, l’Union européenne a condamné le coup d’État – un peu mollement, certes – attendant un retour à la démocratie pour reprendre les affaires. Si la vente d’armes n’est semble-t-il pas concernée par cet embargo tacite, elle parait impuissante à redonner à elle seule des couleurs à une économie si ce n’est exsangue, du moins pâlichonne.

Résultat : depuis neuf mois consécutifs, la Thaïlande enregistre une baisse inquiétante de ses exportations, qui représentent plus de 60 % du PIB. Habitué à une croissance autour de 5 % jusqu’en 2013, le Tigre thaïlandais l’a vue dégringoler à 0,7 % en 2014 malgré une des industries les plus développées d’Asie du Sud-Est et un tourisme de masse (25 millions de touristes en 2014). En 2015, les prévisions de reprise économique ont été revues à la baisse : 2,5 % de croissance au lieu des 3,5 % initialement prévus par la Banque mondiale. Avec la chute du prix des matières premières et l’impact de l’attentat du 17 août à Bangkok sur le tourisme, la situation ne devrait pas s’améliorer de si tôt.

À court d’idées, la junte pille sans vergogne celles du régime démocratique qu’elle a renversé

Acculée, la junte militaire a fini par réagir. Quelques jours après l’attentat, elle a nommé Somkid Jatusripitak, un des principaux artisans de l’ancien gouvernement de Thaksin Shinawatra, au poste de vice-premier ministre en charge de l’Économie. Une de ses premières actions a été de débloquer plus d’1,2 milliard d’euros de subventions pour les riziculteurs et planteurs d’hévéas, alors que la junte récusait jusque-là la politique socio-économique de Thaksin.

Ce revirement stratégique, Prayuth Chan-ocha l’assume en admettant que la junte « ne pouvait pas abandonner les mesures » de l’ancien gouvernement, mais qu’elle veut « les rendre meilleures, plus rigoureuses et justes ». Des mots qui sonnent terriblement faux de la bouche d’un homme qui, à force de jouer à l’apprenti sorcier avec tout un pays, risque par son incompétence de précipiter ses 67 millions d’habitants vers un avenir peu souriant.

Voir les commentaires (6)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (6)
  • Cool, ils ajoutent les pires mesures populistes de l’ancien régime démocratique aux mesures abjectes qu’ils prennent en tant que dictature. Il est peu probable que la monarchie survive sur le long terme tellement elle s’est compromise avec cette dictature. Elle finira probablement comme la monarchie Grecque et Italienne.

  • et dire qu’il y a encore des gens qui vont en vacance dans cette dictature militaire , aussi pire que celle de la Corée du nord !

  • La Thailande n’a pas été colonisé, mais elle a été contrôlée par diverses puissances Européennes (Traité Franco-siamois de 1907). Leur Roi a perdu beaucoup de souveraineté pour en garder un peu.

    Et je ne comprends pas en quoi il déblatère sur la Thaïlande ? Les thaïlandais eux-mêmes se rendent compte que cela devient n’importe-quoi, notamment au niveau de l’économie, le Bahts ne cesse de perdre de la valeur, et ça ils le voient bien.

  • je vis en thaïlande je suis complètement abasourdi par cet article et certains commentaires à propos de la thaïlande : ce pays est extrêmement souriant, extrêmement accueillant, gai est sympathique pour un européen qui vient y passer ses vacances . Dire que cette dictature ressemble à celle de la corée du nord reviens à mettre sur pied d’égalité un camp de vacances du Club Med avec Auschewitz

  • par ailleurs le bath ne perd pas de la valeur en tout cas par rapport à l’euro. il y a 4 ans je changeais 1 euro contre 50 baths. Actuellement 1 euro vaut 38 bath. C’est le dollar qui s est un tout petit peu renforcé par rapport au bath…

  • Encore de la propagande atlantiste contre ce pays qui cherche à garder son indépendance.
    Les militaires assurent mais ce n’est pas eux qui contrôlent l’économie mondiale, ils sont forcés de donner des aides aux riziculteurs ruinés par les mesure de la sœur du milliardaire Thaksin qui est l’homme de main de George Soros et du groupe Carlyle. Mais les aides avec ce gouvernement qui fait la guerre à la corruption, va dans la poche des agriculteurs et n’est pas détourné par la mafia rouge comme cela c’était passé avec la sœur du pion US, il serait intéressant de voir si Thaksin et Soros ont spéculer sur le cours du riz après les mesures de la sœur qui fait que la Thaïlande n’est plus le 1er producteur de riz.
    Eux ils sont libres, nous ,nous sommes sous le contrôle de l’OTAN depuis Sarko et ont a de quoi avoir honte, on a soutenu les terroristes islamistes en Libye et en Syrie, nos gouvernement nous ont fait croire que nous combattions DAESH mais aujourd’hui toutes les preuves nous montre que les pays de l’OTAN n’ont pas combattu DAESH
    L’EI a vécu tranquille avec le soutient des turc (alliés des USA) à qui ils vendent le pétrole, ils ont reçu des tonnes d’armes de l’OTAN ce qui a été dénoncé par les irakiens et à qui il a été répondu que c’était des erreurs logistiques ! Ses islamistes adeptes des réseaux sociaux n’ont postés aucune photo de destruction en un an de soit-disant combat contre l’OTAN parce qu’il n’y en a pas eu, par contre en quelques jours de bombardement russe, ils ont fait part des déstructions sur les réseaux, aujourd’hui les inrocks nous disent comment nos grands amis d’Arabie saoudite (marionnette des USA) ont soutenu l’EI jusqu’en 2014, (ils les soutiennent encore) ce sont eux aussi qui financent en France les mosquée où sera enseigné leurs islam sunnite wahhabite modifié pour permettre de transformé un musulman modéré en candidat au djihad et tout cela avec le soutient d’Hollande ou Sarkozy qui sont aussi des marionnettes des USA, il faut sortir de L’OTAN comme la France résistante de De Gaulle l’avait fait.
    Au lieu de cela les journalistes ferment leur gueules et ne s’attaquent qu’aux pays, comme la Thaïlande, qui refusent de s’agenouiller devant les banquier US qui contrôlent une partie du monde.
    Aujourd’hui, les français ont subis un tout petit peu des souffrances que les Libyens et les Syriens ont subis à cause de la France, il est temps de se réveiller et de faire comme les russes, combattre le terrorisme islamiste ou tout du moins si c’est pas possible exiger l’arrêt des aident au terroristes, Al Nostra c’est Al Quaida, ils tuent des civiles innocents avec le soutient de Hollande et cela doit s’arrêter !

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Alain Cohen-Dumouchel.

La propriété privée n'est pas un concept intuitif ou évident puisqu'elle n'a jamais pu s'établir pendant 4000 ans. Ce n'est qu'avec les Lumières et les révolutions anglaises, puis françaises et européennes que la propriété devient un droit de l'Homme reconnu par le pouvoir et qui lui est opposable. La propriété est ici garantie par l'administration en dehors de toute éthique imposée. Elle devient privée c'est-à-dire que tous ceux, pouvoir compris, qui n'ont pas de droits de propriété sur un bien sont officie... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Ne jamais oublier Tienanmen

Par Frédéric Mas.

La mémoire de la répression sanglante des étudiants survenue place Tienanmen à Pékin le 4 juin 1989 s’efface doucement. Le pouvoir politique chinois autant que l’opinion publique occidentale semblent y travailler avec ardeur, autant par lâcheté que par intérêt.

L'image du "tank man" est la plus emblématique, mais celle-ci représente l’appétit du Parti communiste chinois pour le pouvoir.

Liberté en Chine: #Tienanmen #chine pic.twitter.com/t2xx2a5hy5

— Eric C. Busque (@dystoman)... Poursuivre la lecture

Par Sébastien Thiboumery.

Le Conference Board prédit une croissance du PIB américain de 5 % au quatrième trimestre 2021 et de 3,5 % en 2022. Et si ces prévisions étaient fausses et que les États-Unis sont déjà entrés en récession ?

Les États-Unis en passe d'entrer en récession ?

C’est l’avis de David Blanchflower, professeur d’économie (et ancien membre du comité de politique monétaire de la Bank of England de 2006 à 2009) qui a publié un papier de recherche sur la prévision des retournements économiques. L’étude démontre que de... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles