Comment je suis devenue française

Immigration : un témoignage qui bouscule les idées reçues.

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Comment je suis devenue française

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 26 octobre 2015
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Par Vesselina Garello

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À l’heure où la France se déchire sur la question de l’immigration, je ne peux m’empêcher de repenser au chemin que j’ai parcouru pour réussir à « m’intégrer ». C’est un mot un peu étrange, mais je crois que ce qu’il veut dire c’est tout simplement se sentir bien quelque part, et que ce sentiment soit partagé, à votre égard, par les gens qui vous entourent. Je pense donc que je me suis plutôt bien intégrée en France, puisque j’ai réussi à y faire des études, à trouver un travail que j’aime, à tisser des liens d’amitié, à fonder une famille ; bref, tout ce qui fait qu’on peut se sentir épanoui et s’attacher à un endroit géographique précis qui prend alors le statut tout particulier qui est celui de la patrie. La France est aujourd’hui sans nul doute ma patrie. Elle l’est d’autant plus que c’est un choix défendu au prix de beaucoup d’efforts et de sacrifices et non pas le simple hasard d’une naissance.

Je réfléchis à tout cela, d’abord parce que j’aimerais comprendre. Comprendre pourquoi cela avait fonctionné pour moi. Me rappeler si cela avait été difficile et si oui, pourquoi ?

J’y pense aussi par empathie envers les personnes qui sont en train de vivre la même chose aujourd’hui, mais qui n’auront peut-être pas la chance d’être aussi bien accueillies comme je l’ai été. La France aurait-elle tellement changé en l’espace de vingt ans ?

Pourquoi devient-on immigré ?

Tout commence par cette décision déchirante de quitter sa maison, ses parents, ses amis, pour partir vers l’inconnu. Quitter la Bulgarie, d’abord par curiosité ; je fais partie de cette génération qui vénérait l’Ouest tout en sachant qu’il lui était inaccessible, les États totalitaires ne se préoccupant pas d’empêcher les gens de rentrer dans le pays, mais plutôt de ne laisser personne s’en échapper.
Mais si je cherche à partir c’est surtout par déception, et la déception c’est un sentiment que je trouve intolérable du haut de mes vingt ans. La société bulgare des années post-communistes est très dure, très déshumanisée. Quarante-cinq ans de communisme, c’est-à-dire deux générations, peuvent gangrener le tissu social à un point inimaginable. Je me sens dégoûtée, désespérée, je ne vois aucun avenir, toutes les voies sont bouchées et le vide moral qui domine la Bulgarie à cette époque est effrayant. Au fil des années, partir devient un impératif, presque une obsession.

Le seul problème c’est que les Français ne veulent pas du tout de cette population bulgare qui ne cesse de se bousculer aux portes de leur ambassade. Les autres pays de l’Est sont traités de la même façon ; après la chute du mur, on craint une vague d’immigrés inédite et on resserre les contrôles de façon drastique. Le régime de visas est très strict et il faut montrer patte blanche, avoir un motif de séjour valable et prouver qu’on a sur son compte en banque suffisamment d’argent pour vivre. Je me rappelle qu’à l’époque c’était 10 000 francs, soit à peu près l’équivalent de quatre ans de salaire pour mes parents. Les candidats à l’expatriation montaient alors des combines et faisaient tourner l’argent qu’ils avaient réuni à plusieurs sur le compte de chacun d’entre eux afin de contourner cette règle.

Après plusieurs échecs, j’arrive à obtenir un visa et cinquante heures de voyage en bus plus tard, après une traversée éprouvante de la Serbie détruite par la guerre civile, je débarque en France.
On a été plus d’un million de Bulgares à quitter le pays à cette époque-là.

Le rêve à l’épreuve de la réalité

Je connaissais déjà un peu la France, pour y avoir séjourné en vacances. Dire que j’étais émerveillée par ce que j’y découvrais un peu à la va-vite au travers des parcours touristiques, serait bien trop faible pour décrire ce sentiment intense d’excitation et de beauté que j’éprouvais. Moi qui venais d’un pays qui avait méthodiquement détruit tout ce qui pouvait y exister de beau pour le remplacer par les horreurs architecturales et artistiques du communisme, je découvrais à travers la France, et pour la première fois de ma vie, ce que les humains pouvaient faire avec leurs mains et leur esprit. C’était une révélation. Je découvrais aussi une autre façon de vivre, une légèreté et bienveillance qui étaient très inhabituelles, voire inexistantes, dans les pays de l’Est.

Quand je suis donc descendue de ce bus place de la Madeleine à Paris après cinquante heures de voyage, j’avais le sentiment de planer dans un endroit enchanté, un conte de fée dans lequel j’avais atterri par erreur et duquel je pouvais être priée de sortir à tout moment. J’étais tourmentée par un sentiment d’illégitimité ; j’étais là, je souriais aux gens qui étaient gentils avec moi, mais j’avais un sentiment terrible de ne pas être à ma place.

L’enfer, c’est les autres

Les premiers mois en France sont assez durs. Se retrouver seule au milieu de personnes qui parlent une langue qu’on comprend à peine est une épreuve difficile, surtout pour quelqu’un qui vient d’un pays qui était très fermé au monde. Tout me fait peur, je me sens incapable de faire face à ces autres qui forment une communauté dont je me sens exclue. Je dois chercher du travail, mais je ne me sens pas à la hauteur, je perds tous mes moyens et j’essaye plusieurs choses avant de trouver un emploi dans la restauration où j’arrive à m’accrocher.

La déception est énorme. Je me rends compte que j’ai dégringolé tout en bas de l’échelle sociale et malgré le fait que j’avais fait des études, non reconnues en France à cette époque, et que j’avais un bon travail en Bulgarie, je dois tout recommencer. Depuis le début.

L’intégration, un état d’esprit

Je m’accroche malgré tout, retourner en Bulgarie n’est pas une option. Contrairement à beaucoup d’immigrés qui vivent en communauté entre eux, je fais le choix de côtoyer presque exclusivement des Français. Je fais beaucoup de progrès avec la langue et je commence à me sentir mieux. Le fait de reprendre confiance me fait un bien fou et je me sens un jour la force et l’envie de recommencer des études. Heureusement pour moi, la Bulgarie vient de passer des accords au niveau européen pour que les études universitaires soient reconnues. Je peux donc m’inscrire à la faculté d’économie et poursuivre avec un doctorat, généreusement financé par l’école doctorale.

Avec le recul, je me dis que j’ai eu beaucoup de chance. La chance de trouver des gens bien et des portes qui s’ouvraient sur mon chemin. La chance de ne pas avoir été confrontée, en tous cas pas souvent, au rejet. La chance d’avoir eu une chance.

Je me sens aujourd’hui française, pas seulement parce que j’ai eu un passeport sur lequel cela est écrit noir sur blanc. Ce passeport n’est que la confirmation formelle d’un état de fait et d’un état d’esprit qui lui sont antérieurs ; je me sens française. Bien sûr, j’ai gardé mon accent et mon prénom, ce qui fait qu’il arrive encore aujourd’hui que des gens me demandent : « Et c’est comment chez vous, en Bulgarie ? ». Je leur réponds simplement : « Mon chez-moi, c’est la France ».

La France a-t-elle changé ?

Si j’ai décidé aujourd’hui de partager ce récit très personnel, c’est parce que j’espère que la France qui m’a accueillie et que j’ai aimée puisse rester encore cette terre d’accueil pour les personnes qui fuient une réalité plus sévère que ce qu’elles peuvent supporter. Que les Français puissent garder leur bienveillance envers celui qui vient en ami, même s’il est différent, tant que cette différence n’est pas en désaccord flagrant avec leurs propres valeurs. Et que ce jugement soit fait en rapport avec les actes de chacun, et non pas selon des a a priori et des clichés.

En sont-ils moins capables actuellement qu’il y a quinze ou vingt ans ? Je ne le crois pas. Qu’est-ce qui a changé alors ?

La peur, un si mauvais conseiller

Il est bien connu que la peur rend les gens agressifs ou pour le moins, les met sur la défensive. Cette peur on la retrouve en France confirmée par maints sondages d’opinion. Les Français ont peur de la mondialisation ; pas tous heureusement, mais une proportion bien trop élevée ! Ils sont sceptiques sur leur avenir. Et comment ne le seraient-il pas ? On passe le temps à leur dire que la France a des finances publiques en piteux état, ce qui est vrai !, que le pays est incapable de se réformer ; c’est vrai aussi, même si le pays c’est eux. Ajoutons à cela que leur niveau de vie stagne aussi sûrement que leurs impôts augmentent. Les réfugiés de ces derniers jours ne s’y trompent pas d’ailleurs en contournant volontiers la France pour se rendre dans des pays plus enchanteurs ; des pays qui ressemblent plus à la France que je découvrais en 1996 qu’à la France d’aujourd’hui.

Alors comment sortir de cette peur qui nous pousse à nous recroqueviller sur nous mêmes, à nous fermer à l’autre ? Il y a bien sûr la méthode consistant à se répéter à longueur de journée que nous faisons ce que nous pouvons, mais que nous sommes victimes d’une conspiration venant de l’Europe, des États-Unis, des accords de libre-échange, des plombiers polonais, des réfugiés, de l’islam, de la mondialisation, du monde de la finance… la liste des coupables potentiels est infinie. S’enfermer dans ce rôle de victime à la merci des forces malveillantes est sans doute une stratégie non seulement illusoire et simpliste, mais tout simplement dangereuse.

Je crois, au contraire, qu’il faut retrouver le goût de la liberté. L’esprit qui m’animait lorsque je suis arrivée ici et qui m’a permis de trouver ma place. Le pouvoir de décider de son avenir : si je veux, je peux y arriver ! Cela suppose que l’on s’arrête d’attendre son salut des autres : d’un homme politique providentiel, d’une aide bienveillante de l’État. Faire ce que l’on doit faire ; faire de la solidarité, privée de préférence car elle sera plus sincère et plus efficace, une béquille en cas d’accident et non pas un mode de fonctionnement et de pensée.

Un peuple d’individus libres et responsables voit dans l’étranger un partenaire potentiel. Un peuple d’individus enchaînés et attendant de son maître son os quotidien craint que l’étranger vienne lui voler cet os. Alors c’est sans doute un peu banal comme constat et l’histoire n’a de cesse de nous le démontrer :  une société qui stigmatise à tel point l’étranger ne se dirige pas vers des lendemains qui chantent. Fermer la porte à double tour pour se cacher de la réalité n’est jamais la bonne solution. Ni la porte de sa maison, ni celle de son cœur.


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  • Même si e partage votre point de vue, il faut aussi admettre qu’être une jolie jeune femme facilite grandement les choses

    • il y avait peut-être plus fin, plus délicat comme 1er commentaire à faire pour cette dame.

      bravo Madame,

      toute mon admiration pour votre parcours, et pour votre article.

    • Bravo jesuisunhommelibre, vous êtes parvenu à éviter le commentaire raciste.
      Ne reste plus qu’à soigner votre sexisme !

      • Une réalité ne peut pas être taxée de racisme ou de sexisme. Cela dit, je trouve également dommage que le premier commentaire à ce joli texte soit celui-ci.

      • La règle concernant les propos racistes devrait s’appliquer aux fausses accusations de sexismes. Vos propos sont dégradants.

    • Peut être un peu déplacé, mais pas si idiot comme commentaire.
      Il est assez bien établi, par ex., qu’il est plus facile de trouver un emploi si on présente « bien ».
      C’est vrai pour les français , cela doit l’être aussi pour les étrangers.

      Un(e) employeur(se) choisira plus volontiers, à compétence égale, une pétillante demoiselle qu’un gros barbus qui fait la grimace ! Il en est probablement de même pour l’accueil.
      Le refus du sexisme ne doit pas censurer la réalité.

      • Mmmmh, entre une demoiselle qui fait la grimace et un gros barbu rayonnant, je choisis le barbu, même pour l’accueil.
        Ce n’est pas un pb de sexe, mais d’attitude.
        Je rayonne facilement, même si je ne suis pas barbu, et je vous certifie que je passe facilement partout.

      • Cela commence à bien faire : plusieurs commentaires ont été supprimés.

        Merci messieurs de cesser ces commentaires déplacés concernant l’auteur, sous peine de bannissement.

  • « Un peuple d’individus libres et responsables voit dans l’étranger un partenaire potentiel. Un peuple d’individus enchaînés et attendant de son maître son os quotidien craint que l’étranger vienne lui voler cet os. »

    Tout est là. Je croise quotidiennement des immigrés, leurs enfants. Ils sont de bonnes personnes, capables, travailleuses, respectueuses. Ils sont l’immense majorité.

    Et je croise plein de paumés, dont des français de souche.

    Les problèmes sont de deux ordres:
    – problèmes économiques de la population d’accueil qui n’a plus les moyens d’accueillir. Cela rejoint votre conclusion.

    – problèmes d’acceptation de l’autre. Et ici le soucis se pose surtout pour les enfants d’immigrés. Même si leurs parents ( ou grands parents ) ont eu la nationalité.

    Les immigrés pour certains se retrouvent entre eux dans des quartiers entiers. Les français de souche ( et ceux issus de la seconde génération ) fuient ces quartiers. Ajouter une dose de chômage, une école mediocrate, quelques lois ( genre Pasqua ) et vous avez le cocktail actuel.

    La plupart de ces gosses ne se sentent plus français. C’est l’échec de la bobo conscience. Ils ne trouvent pas d’identité, tiraillé entre une France qui vous soumet à 80% d’impôts, a de la ségrégation, et l’origine de leurs parents.
    Ils doivent faire un choix entre un pays qui ne les acceptent pas et les considère comme fils d’étranger et entre le pays de leur parents qui n’est plus chez eux.
    Résultat: ils sont étranger partout, apatrides.

    Voilà ce qu’a crée la france: une génération d’apatrides. Normal que cela pète et normal que beaucoup de français ne veulent plus de ça.

    Or si on ouvre les frontières aujourd’hui on aura la même chose de pire en pire. C’est avant tout ici qu’il faut changer quelque chose avant de proposer aux courageux de venir.

  • Beau parcours !

    Il est sûr que le débat ne saurait être entre les gens qui pensent que personne ne doit immigrer et ceux qui pensent que tout le monde peut immigrer. La question est celle du respect de la culture du pays d’accueil : je ne vois pas pourquoi une personne respectueuse de la culture et des gens du pays où elle immigre n’aurait pas le droit d’y rester. Mais il faut dégager les deux extrêmes opposés considérant que tout immigré est fondamentalement « méchant » ou que tout immigré est fondamentalement « gentil ».

    Il est dommage que cet aspect soit tout le temps occulté au profit d’un faux débat stérile, et je remercie l’auteur de montrer les choses sous un angle plus juste.

  • Chaque parcours d’intégration est différent, si celui-là est réussi, bravo. Si vous savez apprécier la beauté et que vous avez vu la France comme »un endroit enchanté, un conte de fée dans lequel j’avais atterri par erreur », c’est que vous êtes sensible à cette beauté (et heureusement car Paris c’est pas rien).

    Mais j’ai bien peur de constater que beaucoup d’immigrants n’ont pas votre sensibilité, pour eux la nationalité est simplement un bien de consommation comme un autre. On choisit la France, l’Allemagne, la Suède ou l’Angleterre comme on achète un nouveau lave-vaisselle : en fonction de critères purement matériels.

    Dans le même temps, il faudrait donner la parole à ceux sont déjà intégrés, des personnes déjà Française depuis des générations qui vivent au contact des populations plus ou moins fraichement immigrées, et qui n’ont pas d’autre choix que de quitter leur maison, leur rue, leur ville et parfois leur France, pour un ailleurs plus vivable. En général ce sont des couples avec des enfants qui ont peu de moyens et qui veulent tout simplement se préserver, sauver leurs enfants de la peur de la violence et des mœurs moyenâgeuses.

    On n’a pas encore donné de nom à cet exode, peut-être doit-on appeler cela les exilés « culturels », « civilisationnels », les « fuyards de banlieue » ?

  • finalement , tout n’est que question de volonté personnelle ; quand on veut , du fond du coeur , on arrive toujours à un résultat ; mais tout le monde ne veut pas , tout le monde n’a pas cette volonté qui pousse à réussir , et c’est là que le bat blesse ….trop nombreux sont ceux qui comptent sur les autres , ça finit toujours en eau de boudin…..

  • Si tous les migrants étaient comme vous…

  • Cet article est très bien écrit, Mme Garello a merveilleusement surmonté ses premières difficultés avec le français.

    Sur le fond, presque tout est dans le bref paragraphe « La France a-t-elle changé ? »

    Il s’agit en effet d’une expérience personnelle. Plus précisément, celle d’une personne seule, et d’une culture proche.

    Vous dîtes souhaiter que la France « puisse rester encore cette terre d’accueil pour les personnes qui fuient une réalité plus sévère que ce qu’elles peuvent supporter. Que les Français puissent garder leur bienveillance envers celui qui vient en ami, même s’il est différent ». Il y a beaucoup de chose là-dedans.

    Je ne crois pas que si un étranger, même très différent, venait en ami, cela poserait de problème à quiconque, excepté quelques marginaux peu fréquentables.

    Pour la question de l’immigration en général, encore faut-il donc venir en ami. Ensuite, qu’on le veuille ou non, chaque peuple à une identité, une culture, une histoire. Lorsqu’on est fier et serein, l’intégration des individus est facile, même avec une culture différente, mais c’est une question de nombre. Au-delà d’un certain nombre, d’une part l’intégration ne se fait pas, d’autre part, l’identité de la nation accueillante change trop vite, au risque qu’on ne la reconnaisse plus.

    Si les libertaires se vantent de ne porter aucun intérêt au maintien d’une culture, ou au rythme de son changement, peut-être devraient-ils s’inquiéter de l’avenir de leur doctrine fétiche.

    Vous précisez, avec raison, que pour garder sa bienveillance, si différence il y a, elle ne doit pas être « en désaccord flagrant » avec les valeurs de la société. Beaucoup croient que le libéralisme est tombé du ciel, si je puis dire, plus précisément sorti du cerveau de Locke et des Philosophes ayant découvert la Lumière. En fait, non, il provient à la fois de la civilisation gréco-romaine et du Christianisme (il serait alors quand même un peu tombé du ciel), mais aussi de conditions favorables, géographiques et démographiques (voir la thèse de John Powelson, dans Centuries of Economic Endeavors). D’autres continents n’ont pas connu ces facteurs, ce qui se traduit par des mœurs radicalement différents, et souvent opposés à l’éthos du libéralisme, qui là où il s’applique est un produit d’importation à la durée de vie précaire. La conception théologico-politique de l’Islam n’est pas si favorable à notre libéralisme laïc, ni les mœurs de l’Afrique sub-saharienne. Prêcher que les immigrants doivent respecter les lois de la République ne garantit rien. Il ne faut pas oublier que ce sont les majorités qui font les lois.

    Avis aux lecteurs trop rapides, ou qui voient rouge dès qu’on parle de différences de mœurs : il n’y a là rien de xénophobe ou de raciste. Dois-je préciser que je vis depuis 10 en Afrique, que j’aime, que ma famille est multi-nationale et multi ethnique ? On y trouve de la France, de l’Allemagne, de la Hongrie, du Burkina Faso. Il ne s’agit pas de races dans mon propos, mais d’individus par rapport au nombre, et de culture lorsque le nombre est en jeu.

    Pour terminer, je note cette phrase étrange sous la plume d’un économiste : « que ce jugement soit fait en rapport avec les actes de chacun, et non pas selon des a priori et des clichés. » Pourtant les préjugés ont du bon, outre qu’ils tiennent chaud, comme disait Edmund Burke. C’est tout simplement une question de coût d’information. Les ressources étant limitées, il est impossible de s’assurer de chaque individu, lorsqu’ils arrivent massivement. Le préjugé est un raccourci utile pour choisir une politique.

    • Complétement d’accord avec vous. Une nation est fondée sur une culture, des valeurs et une identité communes. Or, aujourd’hui, ce qu’on peut constater (et qui est dangereux) est une certaine perte d’identité en France, mais aussi dans le reste de l’Europe. Je ne pense pas que l’immigration soit la cause fondamentale de ce « mouvement »; ce serait plutôt l’oubli progressif de pans entiers de notre culture, de notre histoire. Est-ce du fait de la mondialisation culturelle? De l’américanisation de la société? De l’affermissement de l’individualisme?

      Peut-être un peu des trois, mais peut-être aussi à cause de l’idéologie soixante-huitarde (qui ne s’est pas limitée à la France) tendant à vouloir déconstruire les concepts de civilisation et de nation (le fameux « multiculturalisme » vient d’ailleurs de là).

  • La France et les français accueilleront toujours tres favorablement dans leur communauté les etrangers qui comme vous ,ont de suite souhaité s’integrer dans la communauté nationale
    Mais la France est une grande nation de culture grecque et latine et de racines judeo chretienne
    Sous peine de disparaitre ,elle ne peut plus accueillir des cultures niant son existence ,représentées par une religion melant le politique et le spirituel,asservissant les femmes ,et voulant imposer son modele par le sang et le sabre
    La Bulgarie partage nos valeurs et a eu à lutter contre l’empire Ottoman,

  • « Un peuple d’individus libres et responsables voit dans l’étranger un partenaire potentiel. »

    Encore faut-il que l’étranger le veuille et soit dans le même état d’esprit. Encore faut-il que cet étranger, partenaire potentiel, soit prêt à travailler et respecte la France. Etc. Malheureusement des contre exemples sont mis en lumière tous les jours.

    Par ailleurs, on parle aujourd’hui de « combat du combattant » pour devenir français: vaste blague. Dans les années 1920, le dossier était bien plus épais qu’aujourd’hui, il fallait exercer un métier utile à la France et fournir des attestations de moralités. Aujourd’hui, parler un français élémentaire n’est quasiment plus un critère: le nivellement se fait par le bas (c’est une tendance assez générale, on le voit avec la déliquescence du système scolaire actuel), ce qui engendre nombre de tensions. Et dans cette mesure, difficile de s’étonner du succès actuel d’un parti comme le FN.

  • Bravo. Très bel article. Blagadaria.
    Vous parlez d’exemple vrai, et cet exemple est admirable.

    J’ai fait un chemin assez largement inverse du vôtre.
    Je suis français, et suis parti il y a plus de 20 ans. Sans esprit de retour. Et n’ai jamais regretté ce choix. Je ne souhaite pas que mes enfants et bientôt mes petits enfants grandissent dans une URSS sans les valeurs morales de beaucoup des individus qui la peuplaient et où on parlerait français. Trop mince comme compensation.

    Je voyage beaucoup. Et ne cache pas ma francité.
    Cela suscite toujours la sympathie. Après tout, la France est un pays musulman exemplaire.

    Cela suscite aussi souvent des remarques d’envie et d’incompréhension : comment ne peut-on pas vouloir vivre dans un pays si riche et si généreux, où les allocations aux personnes sans travail dépassent ce qu’un travailleur touche souvent ailleurs ?
    Et c’est bien là que le bât blesse : notre pays attire plutôt ceux qui sont tentés par sa générosité que ceux qui cherchent à se développer dans un emploi qu’ils rendront gratifiant quel qu’il soit. Ajoutez-y une politique judiciaire suicidaire (comme elle ne punit pas les activités criminelles, elle attire forcément les criminels – une économiste distinguée comme vous l’êtes ne peut que conforter ce préjugé, et en constater la réalité). Ajoutez-y aussi un respect de l’entreprise privée ou individuelle que seul le discours officiel dans l’ex-URSS pouvait égaler – les gens étaient plus nuancés et surtout réalistes et pleins d’humour – croyez-vous que les plus entreprenants parmi les migrants vont choisir notre pays ?

    Le problème n’est bien sûr pas les migrants en tant que tels. C’est l’exemple que nous donnons et l’environnement que nous créons. La France est devenue la risée de la planète. Maintenant les étrangers éduqués et qui n’ont aucune envie d’émigrer compatissent devant tant d’infortune 🙂

    La « singularité française » a longtemps été enviée. A juste titre.
    Elle ne l’est plus, ou alors pas pour les bonnes raisons, ni avec les bonnes conséquences.

    En France combien de libéraux ?
    Comment un libéral peut-il continuer à vivre en France, et contribuer par ses prélèvements obligatoires (et ô combien !) à la pérennisation d’un système pourtant condamné et qu’il réprouve ? Parce qu’il va contribuer à le réformer de l’intérieur ? Caramba, sus aux moulins à vent !

    • « J’ai fait un chemin assez largement inverse du vôtre. »

      Oui !

      C’est l’un des aspects intéressants de cet article. Le problème de l’immigration n’est pas spécifiquement français. Et en plus, sur Contrepoints il peut intéresser pas mal de candidats au départ. Et c’est d’autant plus intéressant que les lecteurs de Contrepoints ne se sentent pas en général représentatifs de la mentalité française, revendiquent l’individualisme et cherchent à comprendre et à s’élever.

    • Exactement « JECRIS TON NOM »,
      Entrepreneur en France depuis l’âge de 20ans, c’est ici devenu intolérable et désespérant…
      La culture est remplacée par de l’art contemporain, l’école réduite à une industrie communiste de formation à l’application de process destructeurs discutables et inefficaces, les instititions réduites à une cours de récré pour les petits pouvoirs revanchards et les trafics d’influences, quant à la justice, Madame Taubira doit vraisemblablemenf en vouloir beaucoup aux français non indépendantistes!

  • L’agréable de cet article est aussi d’offrir un récit pour une fois positif !

    • Vesselina est jeune. Et elle est protégée par le statut de la fonction publique territoriale.
      (je l’espère pour elle)

      Elle a tellement investi pour devenir française !
      Combien d’années avant qu’elle ne regrette son pays natal ?

      Ses articles sont autant de plaidoyers pour une fonction publique vertueuse et efficace.
      C’est très vertueux. Mais pas en phase avec le réel.
      Voltaire avait tout bon. Il nous faut cultiver notre jardin. Et le garder contre les intrus, les armes à la main si nécessaire. Cela ne concerne bien sûr pas le voyageur de passage, respectueux et respecté, et auquel personne ne reconnaît de droits imprescriptibles et illimités dans la durée.

      Qui est John Galt ?

  • Bienvenue Vesselina ! J’espere que vous vous joindrez aux nombreux arrivants venus de l’est qui défendront notre pays plus vaillamment que nous autres , bâillonnés que nous sommes par une presse et un pouvoir qui nous étouffe . Vous seuls serez audibles et légitimes pour défendre nos valeurs communes car vous savez ce que vous êtes venue chercher chez nous et savez bien ce que jadis vous aviez fui . Je suis convaincu que le secours et le sursaut viendra de gens tels que vous.

  • Bel article, et les commentaires sont assez judicieux. L’esprit critique, voire acerbe, particulièrement cultivé en France, a tendance à noircir le tableau ; peu de personne s’estiment chanceuses de vivre dans notre beau pays. Les français, quelque soit leur origine, sont culpabilisés dans leur amour propre, devenu synonyme de haine de l’autre. Cet état d’esprit, ce culte de l’autocritique forcenée ruinant tout estime de soi et toute croyance éclairée en ses capacités, catalyse une ambiance maussade et défaitiste qui ne peut que compliquer l’intégration, de la différence autant que des changements. Commençons donc par retrouver notre fierté, la conscience de notre chance 🙂

    • Celui qui croit en ses capacités et se refuse à utiliser le système de protection sociale, que ce soit par vanité ou par dignité, n’a rien à faire en France. Les seuls options réalistes y sont des rôles de Don Quichotte ou d’esclave, dans des jeux de « face je gagne et pile tu perds ».

      On ne peut être libre que si l’on est protégé par le statut de la fonction publique.
      Libre de remettre en cause le statut de la fonction publique, par exemple.

      Que la vie est intéressante !

  • Chère Vesselina Garello,
    Vous confondez (comme tant d’autres) intégration et assimilation.
    Une cellule cancéreuse s’intègre très bien dans un organisme, pour le détruire à +/- long terme.
    Un aliment sain s’assimile à l’organisme: il lui devient semblable.

    Vous-même, vous vous êtes non pas intégrée mais assimilée. Et c’est tout à votre honneur.
    Mais faites attention aux mots: mal choisis, ils deviennent des virus.

    • @Daniel chaudron : Le virus, c’est plutôt votre discours antilibéral, aux relents zemmouriens, visant à faire croire que si des immigrés se contentent de s’intégrer, sans pour autant s’assimiler, cela provoquera la destruction du pays d’accueil.

      Vous vous permettez de dire à l’auteur de faire « attention aux mots », alors que vous êtes incapable de faire la différence entre la destruction d’un pays et son évolution.

      Ce qui DÉTRUIT un pays d’acceuil, c’est que des immigrés commettent des agressions, des vols, des viols, de la fraude. Mais contrairement à ce que les zemmouriens comme vous affirment, un pays n’est nullement DÉTRUIT si des immigrés s’intégrèrent sans pourtant s’assimiler, c’est-à-dire respectent les droits des français sans pourtant choisir un prénom français pour leur enfant, ou manger du Fromage de Roquefort, ou boire du vin de Bordeaux, ou chanter avec les larmes yeux la Marseillaise.

      • « votre discours antilibéral »…?
        « aux relents zemmouriens »…??
        « vous êtes incapable de faire la différence »…
        commando (!) confond invective et argumentation.

        • Allons, ne faites pas la mijaurée! Ayez au moins la décence d’assumer vos idées.

          A qui faites vous référence en parlant de « cellule cancéreuse »?

          Quid de la confusion entre invective et argumentation?

          La paille, la poutre, tout ça…

  • Tiens j’ai eu confirmation aujourd’hui d’un avocat fiscal qui a éénoormément de travail — la cause? Eh bien exil fiscal!… Elle est en région PACA : les étrangers riches s’en vont, ainsi que tous les chefs d’entreprise qui approchent la retraite et redoutent pour leur train de vie. C’est MASSIF me dit elle.

    Alors il nous faut beaucoup d’immigrés (entreprenants de préférence!) pour boucher le vide!!…

    • Les immigrants entreprenants vont au royaume uni
      Les gens normaux vont en Suède ou en Allemagne
      Viennent en France ceux qui parlent déjà français et ne veulent pas apprendre l’anglais, et ceux qui cherchent les allocs et la vie en communauté – la leur.
      Ça va forcément bien se passer.

  • J’ai vécu et travaillé à l’ambassade à l’époque où Mme Garello tentait, difficilement, d’y obtenir un visa. Je me rappelle les queues que je dépassais chaque matin pour entrer à l’ambassade, tous ces gens qui avaient patienter dans le froid (l’hiver – l’été bulgare est très chaud !), pour avoir le privilège de se faire recevoir comme un malpropre par un fonctionnaire désagréable ou un employé local désireux de monnayer sa position.
    J’avais honte !
    Je suis aujourd’hui de nouveau en poste en Bulgarie, toujours à l’ambassade.

    Et je lis dans la presse bulgare les commentaires dégueulasses que provoque la mort involontaire (balle perdue ?) d’un Afghan étant entré illégalement, avec une cinquantaine de ses concitoyens, en Bulgarie : nous, c’était normal de nous accueillir en Europe, nous sommes blancs, nous sommes chrétiens, bref nous sommes des humains. Mais ces Syriens ?

    Et je lis la joie mauvaise de mes compatriotes qui constatent que personne n’a plus envie de venir en France. Ah ben, tant mieux, qu’ils aillent voir chez les Boches si la vie y est meilleure ces Syriens.

    Que sont devenues la France et la Bulgarie, en 25 ans, pour être à ce point si peu confiantes en elles-mêmes ?

    Comment nier mieux le discours de cette conne de Marine Le Pen (pardon pour l’euphémisme, mais je me dois d’être poli) qu’en lui montrant que les « émigrés-méchants-terroristes-tueurs-de-chatons-voleurs-d’emplois » ne sont absolument pas intéressés par notre système social à la dérive, parce qu’ils recherchent une société qui croit en elle, une société qui est suffisamment forte pour savoir que l’on est plus intelligent à plusieurs, qu’on s’enrichit de l’apport des autres ?

    Une précision : ma femme est également née en Bulgarie…

    • Tchifto,

      Personne n’a plus envie de venir en France, parce que la France n’a plus rien à offrir de digne.
      Juste trois murs et demi et un semblant de toit, des allocs, et pas de boulot.

      C’est un bon concept pour quelqu’un qui appartient à une communauté organisée, qui organisera qu’il aura un boulot au noir, pour la communauté (légal ou pas, peu importe), et les allocs. Comme chez certaine minorité bulgare, sauf exceptions. Padamalgam, hein !

      Vous voulez donner un nom à la perte de confiance en soi; ne cherchez pas trop loin : socialisme. Un système où les individus n’existent plus sauf en tant qu’ayant droits d’un machin qui court à la faillite, parce que personne n’y croit plus (sauf pour en exiger sa part) et ne veut plus y contribuer.

      Les émigrés sont comme tout le monde : des individus rationnels, recherchant leur propre intérêt et celui de leur communauté, plutôt mal informés mais y travaillant. Si on leur offre un machin avec des allocs, pas de boulot décent, un droit imprescriptible à un statut de victime (de quoi ? – c’est une autre question), et un système judiciaire à mourir de rire (mieux vaut en rire), que croyez vous qu’il puisse arriver ? Les meilleurs vont voir ailleurs, et viennent surtout chez nous les naïfs et les criminels. Hourrah !

      Le problème, ce ne sont pas les immigrés. C’est la société décadente et ubuesque qui dit les accueillir.
      Le déni du réel est rarement porteur de bonnes choses.

      Cheers,

      Un français pour toujours, en France ou (plutôt) ailleurs.
      Et qui préfère en rire.

    • Quelle hargne dans le propos et quelle belle image est donnée de la culture française dont chacun sait qu’elle est un phare dans la tempête culturelle mondiale !

      En effet le vocabulaire est relevé : « dégueulasse, boche, conne » et relève vraiment le débat. Il est vrai qu’en ayant une telle image du pays des Lumières, ça donne envie. On y reconnaît le respect de l’autre, sans coup férir.

      J’avais cru comprendre que les ambassades et leurs représentants devaient plutôt représenter le pays en lui donnant une bonne image propice à favoriser, entre autres, son développement. Il y a quelque chose que j’ai dû rater…

      Affligeant ce genre de propos…

  • Ne faisons pas d’amalgames y compris pour les immigrés. C’est un fait que certains immigrés sont attirés par l’état providence, n’aiment pas la France et n’ont aucune intention de produire des richesses dont une part sera captée par l’état.Certains ont même une vision conquérante, espérant un jour nous soumettre aux règles de leur pays d’origine ou de leur religion. Un témoignage est intéressant mais il ne reflète pas la complexité et la diversité des situations.

    • Eh bien justement, regardez les faits : observez la destination des flux migratoires.
      Les migrants s’orientent massivement vers l’Allemagne et le R-U, pays qui ont du travail à offrir et non vers la France et son modèle social que, parait-il, le monde entier nous envie… sauf les migrants apparemment (à peine 1000 migrants ont souhaité venir en France !!!).

      Donc ne vous inquiétez pas pour votre Etat-providence franchouillard et xénophobe, les migrants n’en veulent pas !

      • Et les migrants avec un passeport européen ?
        Ne crachez pas dans la soupe, Raphaël.
        Elle n’est pas si mauvaise, pour qui sait compléter le menu.

  • Content de lire un récit qui ne soit pas trop sombre, contrairement à la plupart des articles (ce n’est pas un reproche évidemment car fait avec raison).
    Les gens qui partent de pas grand chose et qui montent mérite toujours de l’admiration.

  • Merci pour cet article, je suis moi même immigrée et comme vous et française aujourd’hui. Je suis arrivée, il y a de cela 15 ans. Je trouve que c’est la peur qui envahit les français. Une société qui croit en son avenir n’a pas forcément peur de l’étranger. Car elle doit voir en l’étranger sa capacité de créer de la valeur. Cette peur est mal orientée, les victimes se trouvent auprès des immigrés, des États-Unis et la mondialisation…Alors que nous devons nous battre pour un système plus égalitaire et de rendre notre économie plus compétitive. Je trouve que la France n’est pas égalitaire, un exemple sur la reconversion professionnelle, pour faire un CIF, tu dois déposer un dossier et un organisme acceptera de t’accorder ou pas le financement. Alors que l’on aurait pu opter pour une autre solution, tu finances la formation qui est adaptée, sur justificatif de réussite alors tu as une réduction d’impôts. On économise l’argent par la mise en place de ces différents organismes…mais pour cela, il faudrait que l’on accepte que le système va mal et que nous exigeons de l’état des actions. Mais comme l’humain a tendance à prendre des demi-solutions, que de prendre le temps d’y réfléchir en profondeur sur les vraies problématiques.

    Actuellement au Canada, à Toronto, j’ai rencontré des étudiants étrangers, mais la France ne fait plus rêver, c’est vraiment dommage que nous en soyons arrivés là. Alors que ce pays jadis faisait rêver…

  • Il est très gentil, cet article, mais il démontre que cette jeune femme a une sorte d’empathie générale pour les immigrés en général. Il serait pourtant tellement plus pertinent de regarder dans le détail, afin de comprendre que toutes les immigrations ne se valent pas. Mais bon, quand Madame sera confronté au problème, on en reparlera…

    • Cher Pinuche, Je suis outrée de voir que des gens comme vous savent encore perdre du temps pour mettre des commentaires sans intérêt et sans aucun doute haineux sous prétexte de liberté d’expression.
      Tout être humain peut, il me semble, avoir de l’Empathie pour tout le monde….
      Regarder dans le détail est exactement ce que vous ne faites pas.
      Pour ce qui est de mon histoire je suis de ceux qui sont les enfants des immigrés, née en France, j’ai été à l’ecole en France (d’où mes fautes) je travaille en france, je cotise, je paye mes impôts, je suis propriétaire et je suis même fonctionnaire ( niveau intégration je pense que je suis au top) et malgré tout ça, malgré toutes mes habitudes, mon histoire, mon envie, on me crache mon côté immigré au visage sous prétexte que je ne suis pas blonde aux yeux bleus et que mon prénom n’est pas judo chrétien.
      Comment voulez vous que des gens s’intègrent ? Je dois renier ma couleur de peau? Je dois faire quoi?
      Mon père est venu ici pour travailler, la main d’œuvre était très demandée et il est venu ici faire le travail que d’autres ne voulaient pas. Et maintenant moi sa fille, on me reproche d’être ici? Pourquoi? n’ai-je pas le droit que tout à chacun me voit comment une personne à part entière sous prétexte que je ne suis pas blanche?
      Arrêtons de stigmatiser ceux qui ne nous ressemblent pas dans un premier temps, ça permettrait à ceux comme moi qui ont envie d’avancer de le faire vraiment.
      Pas besoin de ne pas être français pour se sentir rejetée.

      • Panne2metro, je dois vous répondre en toute honnêteté : vous faites la même erreur que l’auteure, vous parlez des immigrés en général, comme si toutes les personnes issues de l’immigration se valaient en tant que telles. Il ne faut pas se sentit solidaire d’un immigré lorsque celui-ci vient se comporter en parasite opportuniste de la société française, sous prétexte que ce serait un pauvre immigré victime de l’intolérance de la méchante société d’accueil. Je vous répondrai que des cons il y en a partout, y compris chez les immigrés, et que je suis bien désolé que vous ayez eu à souffrir d’un manque de sympathie et d’ouverture de la part des personnes que vous avez eu à rencontrer. Et j’ajoute qu’au delà des personnes, toutes les immigrations ne se valent pas.

  • La différence que je vois est quand cette jeune femme a toujours eu la volonté de s’insérer dans la société française dont, indubitablement grâce à son niveau de culture et de conscience, tous deux élevés, elle percevait la valeur. Rien à voir avec ceux qui laissent derrière eux des conditions économiques difficiles mais qui n’ont de cesse de recréer ici les conditions sociales archaïques qui en sont notamment la cause, en profitant de toute l’aide financière et sociale que les français leur payent, mais sans respecter aucunement ni la France, ni les français qui les entretiennent, ni nos valeurs sauf à les détourner à leur profit, et sans la moindre intention de s’insérer.

    • Très bien résumé !
      La situation actuelle est doublement injuste pour les français naturalisés récemment et qui ont fait l’effort de s’intégrer et de respecter leur pays d’accueil.
      Quel dommage qu’ils soient si respectueux de leur pays d’accueil que pour ne pas s’insurger eux-aussi contre cette destruction programmée de sa culture et de ses institutions, et ce pillage en bande organisée !

      Il m’arrive parfois, de passage en France, et prenant par exemple un taxi, de bavarder avec un chauffeur visiblement très intégré et très partiellement assimilé, même si parfaitement francophone. Sur la politique en France, le seul réflexe est un immense éclat de rire décomplexé, suivi par des explications qui détaillent à la fois ce détournement que vous évoquez, parfaitement assumé, et un irrespect mérité pour des institutions qui s’auto-détruisent.

      Je ne blâme jamais ceux qui jouent avec, ou se jouent intelligemment de règles qu’ils n’ont pas créées, même si elles sont iniques. Nous n’avons en effet de vraies responsabilités qu’envers nos proches – l’universalité est une illusion socialiste, qu’il est tellement facile d’abuser. Et qui est abusée tous les jours, à commencer par ceux qui promeuvent ces illusions. La soupe est bonne !
      Essayez de faire payer l’ISF à un chauffeur de taxi, dont l’épargne, gérée intelligemment, n’a jamais vu le territoire français autrement que dans un carton à chaussures, et très temporairement.

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