Un semblant d’espoir en Corée du Nord ?

Encore dramatiquement marquée par le communisme, la Corée du Nord serait-elle en train de s’entrouvrir ?

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Statue communiste à Pyongyang (Crédits : Marcelo Druck, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

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Un semblant d’espoir en Corée du Nord ?

Publié le 15 septembre 2015
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Par Joséphine Staron

Un article de Trop Libre.

Statue communiste à Pyongyang (Crédits : Marcelo Druck, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.
Statue communiste à Pyongyang (Crédits : Marcelo Druck, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Que sait-on réellement de la situation économique de la Corée du Nord, l’une des dernières et des pires dictatures communiste sur la planète ? Il est impossible de se fier aux chiffres officiels affichés par Pyongyang sur la croissance, le PIB ou même le taux d’endettement du pays. Certains chiffres sont néanmoins connus, grâce à la Banque Mondiale et la Bank of Korea. Par exemple, en 2014 la croissance de la Corée du Nord avait été de +1%, pour la quatrième année d’affilée.

Certains indicateurs récents montrent une légère et timide ouverture du pays vers l’extérieur, ce qui pourrait être perçu comme un signe précurseur de l’affaiblissement de la politique économique communiste du régime.

Une économie héritée du communisme soviétique

Sous l’influence de l’URSS et avec l’aide de la Chine, son plus fidèle allié, la Corée du Nord avait fondé son économie sur la nationalisation, la collectivisation et la planification. Elle y est donc centralisée et dirigée par le parti unique de Corée, le Parti du Travail.

Par idéologie, les dirigeants successifs de la Corée du Nord ont fait de l’autonomie, de l’indépendance et de l’autosuffisance leurs mots d’ordre. En pratique, c’est un cuisant échec et la Corée du Nord est loin d’être autosuffisante. L’aide internationale a permis de sauver des millions de gens lors des famines et des catastrophes naturelles qui ont dévasté le pays à plusieurs reprises, la production et l’industrie locale étant insuffisantes pour pallier les effets dévastateurs de ces crises humanitaires.

Les liens commerciaux qu’entretient Pyongyang avec ses partenaires (Chine, Corée du Sud, Japon, Russie, pour ne citer que les principaux), malgré les sanctions occidentales, les boycotts et les embargos, permettent à son économie de se maintenir, et bien plus encore, permettent à une économie parallèle de se constituer, au bénéfice d’une petite frange de la population nord-coréenne.

L’économie parallèle : une ouverture vers l’économie capitaliste ?

Une série de réformes, même limitées, vaguement inspirées des réformes chinoises, a permis à une économie de marché de se constituer marginalement, notamment à Pyongyang où plusieurs marchés alimentaires, restaurants et magasins ont ouvert, faisant ainsi émerger une classe de consommateurs et de « Donju », les nouveaux riches de Corée du Nord qui représentent aujourd’hui 1% de la population. Le régime essaye également d’attirer des investisseurs étrangers en faisant de larges campagnes de publicité, en baissant les taxes et en proposant une main d’œuvre bon marché et qualifiée.

Pyongyang : vitrine de l’ouverture économique du régime

Avec la construction d’un nouvel aéroport près de la capitale, le régime semble vouloir attirer les touristes étrangers. Il a ainsi fait de la ville de Pyongyang la vitrine de son ouverture. Bien évidemment, une grande partie est mise en scène. La capitale est toujours le cache-misère du reste du pays qui souffre encore d’une extrême pauvreté. Les embouteillages, le style vestimentaire de plus en plus recherché, les hôtels, restaurants et boutiques, ont cependant de quoi impressionner le touriste étranger. Depuis plusieurs années, la ville de Pyongyang s’est extrêmement développée, montrant ainsi des signes visibles de l’économie de marché montante dans le pays.

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  • Je vois un avantage à l’ existence de la Corée du nord, on peut montrer comment fonctionne dans la réalité un pays anti capitaliste.

    • Les anticapitalistes (de manière plus générale, les socialistes) sont des gens qui ont une grande capacité à nier le réel. Tous les régimes anticapitalistes du 20 siècle (communisme, nazisme,…) ont été non seulement un échec mais ont commis de véritables massacres (dont des génocides). C’étaient tous des régimes totalitaires.
      Qu’il ait la Corée du Nord ou pas, cela ne changera rien aux certitudes des gauchistes et anticapitalistes. Ils diront que la Corée du Nord c’est pas le vrai communisme, pas le vrai anticapitalisme.
      Les socialistes essayent des solutions qui ont déja été mises en place autre part et qui ont tjs échoué, cela ne les empêche pas de vouloir ressayer.
      Argumenter contre ces gens est impossible, ils sont dans le domaine de la croyance, de la religion

  •  » Les embouteillages, le style vestimentaire de plus en plus recherché, les hôtels, restaurants et boutiques, ont cependant de quoi impressionner le touriste étranger. »

    Vous n’avez clairement pas mis les pieds a Pyongyang 🙂 J’en reviens le mois dernier et clairement, on est très loin d’avoir des embouteillages, les hôtels et restaurant n’impressionnent personnes. Il n’y a que deux hôtels qui peuvent accueillir des touristes. Ces deux hôtels sont vieillot et très spartiates.

    Pyongyang est peut-être une vitrine du régime, mais certainement pas de l’ouverture économique du pays qui reste cantonne essentiellement a une économie parallèle qui ne risque pas d’avoir pignon sur rue pour le moment.

  • MDR pour l’espoir, ce jour :

    « La Corée du Nord se dit prête à utiliser l’arme nucléaire contre les États-Unis »

    http://www.lefigaro.fr/international/2015/09/15/01003-20150915ARTFIG00153-la-coree-du-nord-se-dit-prete-a-utiliser-l-arme-nucleaire-contre-les-etats-unis.php

  • Elle peut aller se faire foutre la Corée du Nord, très sincèrement. La seule chose qui pourrait me donner une lueur d’espoir sur ce pays serait la tête de leurs dirigeants au bout d’une pique.

  • Le problème est plus complexe qui n’y parait: si le régime s’effondre, cela risquerait de déstabiliser la région. Parce que tous les gens vivant en Corée du Nord voudront la quitter (car ce pays étant très pauvre) pour aller dans les pays voisins plus riches comme la Corée du Sud.
    Une réunifiction entre Corée du Sud et Corée du Nord est impossible: cela détruirait toute l’économie de la Corée du Sud qui est un pays développé alors que la Corée du Nord est un pays les plus pauvres au monde.

    • Une réunification serait un défi, mais pas si démesuré si on compare à l’Allemagne. Le principal problème est la disparition de la génération où subsistaient des liens, et donc l’absence de motivations pour une telle réunification.

      • non, désolé, la réunification ne peut pas être comparé à l’Allemagne: la Corée du Nord s’est 25 millions d’hab contre 48 millions d’hab. Regardez un peu les territoires (ils sont plus au mois équivalents)
        alors qu’en Allemagne, il y avait bcp plus d’hab en RAF proportionnellement (même chose pour le territoire bcp plus grand en RAF).
        En plus, la RDA avait beau être très pauvre, elle était moins pauvre que la Corée du Nord

        • Et alors ? Cinquante ans de désunion (non voulue !) contre quatre mille ans d’histoire commune, ce n’est rien. Un jour ou l’autre, forcément, la Corée redeviendra unifiée. Il y aura bien sûr des conséquences, mais c’est le même peuple.
          Un pays n’est pas lié seulement par l’économie. Il existe quelque chose de plus fort.

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