Un semblant d’espoir en Corée du Nord ?

Statue communiste à Pyongyang (Crédits : Marcelo Druck, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Encore dramatiquement marquée par le communisme, la Corée du Nord serait-elle en train de s’entrouvrir ?

Par Joséphine Staron

Un article de Trop Libre.

Statue communiste à Pyongyang (Crédits : Marcelo Druck, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.
Statue communiste à Pyongyang (Crédits : Marcelo Druck, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Que sait-on réellement de la situation économique de la Corée du Nord, l’une des dernières et des pires dictatures communiste sur la planète ? Il est impossible de se fier aux chiffres officiels affichés par Pyongyang sur la croissance, le PIB ou même le taux d’endettement du pays. Certains chiffres sont néanmoins connus, grâce à la Banque Mondiale et la Bank of Korea. Par exemple, en 2014 la croissance de la Corée du Nord avait été de +1%, pour la quatrième année d’affilée.

Certains indicateurs récents montrent une légère et timide ouverture du pays vers l’extérieur, ce qui pourrait être perçu comme un signe précurseur de l’affaiblissement de la politique économique communiste du régime.

Une économie héritée du communisme soviétique

Sous l’influence de l’URSS et avec l’aide de la Chine, son plus fidèle allié, la Corée du Nord avait fondé son économie sur la nationalisation, la collectivisation et la planification. Elle y est donc centralisée et dirigée par le parti unique de Corée, le Parti du Travail.

Par idéologie, les dirigeants successifs de la Corée du Nord ont fait de l’autonomie, de l’indépendance et de l’autosuffisance leurs mots d’ordre. En pratique, c’est un cuisant échec et la Corée du Nord est loin d’être autosuffisante. L’aide internationale a permis de sauver des millions de gens lors des famines et des catastrophes naturelles qui ont dévasté le pays à plusieurs reprises, la production et l’industrie locale étant insuffisantes pour pallier les effets dévastateurs de ces crises humanitaires.

Les liens commerciaux qu’entretient Pyongyang avec ses partenaires (Chine, Corée du Sud, Japon, Russie, pour ne citer que les principaux), malgré les sanctions occidentales, les boycotts et les embargos, permettent à son économie de se maintenir, et bien plus encore, permettent à une économie parallèle de se constituer, au bénéfice d’une petite frange de la population nord-coréenne.

L’économie parallèle : une ouverture vers l’économie capitaliste ?

Une série de réformes, même limitées, vaguement inspirées des réformes chinoises, a permis à une économie de marché de se constituer marginalement, notamment à Pyongyang où plusieurs marchés alimentaires, restaurants et magasins ont ouvert, faisant ainsi émerger une classe de consommateurs et de « Donju », les nouveaux riches de Corée du Nord qui représentent aujourd’hui 1% de la population. Le régime essaye également d’attirer des investisseurs étrangers en faisant de larges campagnes de publicité, en baissant les taxes et en proposant une main d’œuvre bon marché et qualifiée.

Pyongyang : vitrine de l’ouverture économique du régime

Avec la construction d’un nouvel aéroport près de la capitale, le régime semble vouloir attirer les touristes étrangers. Il a ainsi fait de la ville de Pyongyang la vitrine de son ouverture. Bien évidemment, une grande partie est mise en scène. La capitale est toujours le cache-misère du reste du pays qui souffre encore d’une extrême pauvreté. Les embouteillages, le style vestimentaire de plus en plus recherché, les hôtels, restaurants et boutiques, ont cependant de quoi impressionner le touriste étranger. Depuis plusieurs années, la ville de Pyongyang s’est extrêmement développée, montrant ainsi des signes visibles de l’économie de marché montante dans le pays.

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