70 ans après le 8 mai 1945, en avons-nous tiré les leçons ?

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A-t-on réellement su tirer les leçons de Seconde Guerre Mondiale et tourner totalement la page, 70 ans après ?

Par le Parisien libéral.

De-gaulle-radioAujourd’hui, la France, et les alliés fêtent leur victoire du 8 mai 1945 sur l’Allemagne Nazie. Quand on y pense (et certains y ont pensé), cette phrase simple donne vraiment matière à réflexion.

D’une part, on ne saluera jamais assez la vista du Général de Gaulle qui a réussi à ramener la France dans le camp des nations alliées, alors que pendant quatre ans, le pays a formellement été dirigé par un régime dit de Révolution nationale, dont peu diront qu’il semblait être tellement opposé aux forces nationales socialistes allemandes. Rappelons que le Vichysme n’est pas tombé de nulle part, et qu’il ne s’est pas évanoui dans la nature après la Seconde Guerre Mondiale. Certes, le Vichysme était un régime d’inspiration dictatoriale (au sens actuel du terme), mais son background idéologique s’est bien ancré sur toute la réflexion anti libérale et anti démocrate que l’on a pu observer en France durant les années 30, à l’extrême droite (les ligues) aussi bien qu’à gauche et à l’extrême gauche. Les fonctionnaires du régime de Vichy étaient-ils seuls à afficher leur anglophobie et leur judéophobie ?

D’autre part, saluons la capacité qu’ont eu les anglo-américains d’accueillir les forces démocrates d’Europe occupée et de coaliser les combattants anti-nazis. On a tous en tête le séjour du Général de Gaulle à Londres, mais n’oublions pas, également, l’accueil que les Anglais ont su manifester pour les gouvernements en exil de pays tels que la Pologne, la Norvège, les Pays Bas, la Yougoslavie…

Enfin, et surtout, on peut vraiment se demander si le combat pour la liberté est terminé.

Rappelons que la Seconde Guerre Mondiale est née de l’antagonisme entre des pays expansionnistes et totalitaires (Allemagne nationale-socialiste, Empire du Japon et Union des Républiques Socialistes Soviétiques) et des démocraties libérales (monarchies et républiques) qui n’ont pas demandé à être envahies (Pologne, France, Benelux) ou à être attaquées (Royaume Uni). En effet, les pays totalitaires ont tous théorisé puis mis en pratique l’idée qu’il fallait que l’individu s’efface devant le collectif, et que ce collectif devait avoir accès à des ressources, terrestres notamment, situées dans d’autres pays, tout en pensant que le droit du plus fort devait primer sur la négociation bilatérale ou multi latérale.

Aujourd’hui, sommes-nous certains d’en avoir fini avec :

  • le non respect des droits des minorités ?
  • les revendications territoriales, y compris au sein de l’Europe ?
  • la tentation de bafouer les libertés civiles, au profit de « l’intérêt général » représenté par l’État ?
  • les dérives eugénistes et la volonté plus ou moins explicite de créer un homme nouveau ?
  • la collusion entre les hauts fonctionnaires et les grandes entreprises ?

Oui, le communisme stalinien et le nazisme ne se sont pas « contentés » de créer des camps de concentration et de massacrer en masse, comme à Oradour-sur-Glane pour les SS ou à Katyn pour les soviétiques. Les deux extrémismes ont aussi proposé un mode de régulation opposé au capitalisme libéral, et leurs idées se sont diffusées bien au-delà des frontières du IIIeme Reich ou de l’Union soviétique. Le non respect absolu de la vie humaine a été un des points des plus frappants de la Seconde Guerre mondiale et donc le plus rejeté par la suite, mais d’autres idées, elles, ont survécu.

Ainsi, en ce qui concerne le cas français, il serait sain que nous menions une réflexion sur l’héritage de Vichy, qu’il comprenne l’accouchement sous X, la fête du travail, la fête des mères, cantine d’entreprise, le salaire minimum, l’Ordre des médecins, le CNC, la carte nationale d’identité… Certaines de ces mesures ne sont pas uniquement gênantes car héritées de Vichy : elles expliquent aussi aujourd’hui, en 2014, certains des blocages qui paralysent le pays.

Là encore, l’après-guerre donne l’impression d’une refondation. Mais le fait est que de Gaulle a passé un pacte avec les communistes, pour éviter une guerre civile, et s’est appuyé sur l’administration, y compris passablement non dévichysée, pour éviter que l’AMGOT prenne le pouvoir en France, comme il l’a fait en Allemagne.

Ainsi, nous Français avons été trop indulgents avec les communistes qui nous ont légué des boulets comme les nationalisations ou la sécurité sociale. Nous avons aussi échoué à nous débarrasser des boulets étatistes légués par Vichy. Au vu de ces deux faits, on comprend aussi pourquoi l’extrême-gauche actuelle (le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon) et l’extrême-droite actuelle (le Front National de Marine le Pen) s’entendent aussi bien (idéologiquement parlant) et parviennent à séduire la gauche du PS (Eckert, Lienneman, Yann Galut…) ou la droite de l’UMP (Guaino, Wauquiez…).

70 ans après la fin de la deuxième guerre mondiale, le combat continue donc. Tant que le gouvernement actuel, socialiste, ne rejettera pas le programme du Conseil National de la Résistance, tant qu’il ne supprimera pas l’obligation d’avoir une carte d’identité sur soi, tant qu’il acceptera que l’on puisse faire l’apologie du communisme en France, tant qu’il ne réalisera pas l’incongruité à ce qu’il existe un ministère de la Jeunesse et des Sports, alors la Seconde Guerre Mondiale ne sera pas terminée.

Republication d’un article paru initialement le 8 mai 2014.


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