Après l’Écosse, des surprises aux municipales en Espagne ?

Après le « no » écossais, les mouvements indépendantistes espagnols arriveront-ils à avoir une influence sur les élections municipales espagnoles ?

Par Jean Freysselinard.

Drapeau Espagne (Image libre de droits)Quatre ans après la déroute historique subie par la gauche lors des élections municipales et territoriales espagnoles, les partis indépendantistes pourraient bien créer la surprise. Les élections de 2011 avaient été le témoin d’une déroute historique pour le parti socialiste espagnol au pouvoir entre 2004 et 2011 avec une série de défaites qui resteront dans les annales de l’histoire politique espagnole :

  • En mai, lors des élections municipales et territoriales, la perte de bastions tels que Barcelone et Valence ou encore de 16 communautés autonomes sur les 17 en jeu,
  • Quelques mois plus tard, la perte au niveau national de la Chambre des députés et du Sénat où la droite avait conquis plus des deux tiers des sièges dans chacune des chambres.

Alors que les états-majors se préparent déjà aux élections de 2015, les résultats pourraient être plus qu’inattendus. Après quatre ans au pouvoir, Mariano Rajoy apparait affaibli par les scandales auquel il a dû faire face mais aussi victime de l’affaiblissement du bipartisme espagnol en proie à une crise de confiance durable dans les institutions et confronté à l’émergence d’un indépendantisme de plus en plus prégnant.

En 2011, l’Espagne a été confrontée au mouvement des indignés qui s’est pérennisé dans la vie politique par l’émergence de nouveaux partis tels que Podemos venant remettre en cause la quasi-hégémonie à gauche du parti socialiste espagnol. À droite en revanche, le parti populaire est loin de faire face aux mêmes risques de concurrence. L’Espagne reste ainsi très marquée par la période du franquisme et le principal parti d’extrême droite (la Phalange) n’a réalisé à ce jour que des scores confidentiels dans les quelques élections où elle est arrivée à se présenter.

Au-delà du score du parti socialiste espagnol qui peine encore, trois ans après, à trouver sa rédemption, l’inquiétude viendra donc surtout des partis indépendantistes qui ont le vent en poupe. Le projet de référendum d’indépendance de la Catalogne cristallise les passions depuis de nombreux mois et occupe une place centrale dans le débat politique espagnol entre partisans d’une Espagne unifiée, fédéralistes et indépendantistes.

Même si le « no » au référendum écossais pourrait ralentir le mouvement, la forte poussée enregistrée par ces derniers au cours des dernières élections locales (30% des voix par exemple en 2011 pour la seule CIU) pourrait faire des émules et renforcer les tendances décentralisatrices d’une Espagne où les mouvements catalans et basques bien connus ont été peu à peu rejoint par des partis régionalistes galicien, aragonais, andalou ou encore navarrais.


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