Les questions au gouvernement que vous n’aurez pas cette après-midi

Manuel Valls en août 2013 (Crédits : Claude Truong-Ngoc, licence CC-BY-SA 3.0), via Wikimedia.

Les #QAG qu’on ne risque pas d’entendre cette après-midi à l’@AssembleeNat

Par le Parisien libéral.

Manuel Valls en août 2013 (Crédits : Claude Truong-Ngoc, licence Creative Commons)

Vous le savez, malgré tout ce qu’on peut dire, et malgré la dérive anti-démocratique mais ultra républicaine du gouvernement Valls, la France reste quand même un pays démocratique, attaché à la séparation des pouvoirs.

Dans ce système, les trois pouvoirs s’articulent selon une mécanique bien précise : le corps législatif, élu par les citoyens, vote le budget et les lois, et contrôle l’action du gouvernement. Ce dernier exécute, c’est-à-dire dispose de l’administration, pour mettre en œuvre sa politique, tandis que le judiciaire fait appliquer les lois.

Simplement, dans la réalité, c’est un peu plus complexe. Le législatif a parfois du mal à contrôler l’action du gouvernement. Alors voyons les questions au gouvernement que nous ne risquons pas d’entendre à l’Assemblée nationale cette après-midi :

« Question pour Manuel Valls, Premier ministre : la députée anciennement socialiste Sylvie Andrieux, condamnée en première instance et en appel à une lourde peine de prison pour avoir détourné 700 000 euros dans le cadre du clientélisme instauré par le PS marseillais, est toujours membre de l’Assemblée nationale. Allez-vous demander à Madame Andrieux de démissionner, dans le respect de sa liberté de choix, comme vous aviez dit que Thomas Thévenoud n’avait pas à siéger au sein du Palais Bourbon ? »

« Question pour Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères : pourriez-vous expliquer en quoi consiste l’accord de cogestion de l’Île de Tromelin signé avec Madagascar ? Est-ce le début du retrait de la France ? »

« Question pour Christiane Taubira, ministre de la Justice : il ne reste que deux jours à la France si elle souhaite faire appel contre la décision de la Cour européenne des droits de l’homme obligeant à transcrire l’état civil des enfants nés de mère porteuse à l’étranger. Allez-vous faire appel, comme le demandent dix députés socialistes opposés à la GPA, ou bien allez-vous admettre que puisque la France est un des 28 États membres de l’UE, elle doit suivre les lois européennes et reconnaître de facto que la GPA n’est pas illégale ? »

« Question pour Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense : quelle est la légitimité de la France à aller faire la police en Irak ou en Syrie, alors qu’elle ne contrôle pas le territoire de la commune d’Halluin, près de la frontière belge ? »

« Question pour François Rebsamen, ministre du Travail : pouvez-vous expliquer pourquoi vous excluez les départements et territoires d’outre-mer dans vos calculs du chiffre du chômage ? »

« Question pour Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur : vous nous dites que la lutte contre le terrorisme est une priorité absolue, et l’on apprend, à l’occasion de l’arrestation ratée de trois personnes soupçonnées de terrorisme, que des dysfonctionnements au sein de la police ont perturbé l’opération. Quelles conséquences en tirez-vous sur le plan personnel ? »

« Question pour Alain Vidaliès, secrétaire d’État aux Transports : Air France KLM est une entreprise privée, cotée en bourse, dirigée par un management nommé par les actionnaires, dont la République française n’est qu’une petite partie prenante. Est-il acceptable que les pouvoirs publics, par la voix d’un secrétaire d’État, annoncent ce qui relève normalement du management de l’entreprise, à savoir l’arrêt du projet Transavia Europe ? Le droit de propriété et la liberté d’entreprendre existent-elles encore en France ? »

Force est de constater que, comme toujours, les QAG éviteront sans doute les questions qui fâchent. Cela risquerait d’énerver Manuel Valls.


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