Hommage au beau sexe

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J’ai appris tant bien que mal tout ce que, nous les hommes, devons au sexe (encore) dit faible par une sorte de dérision phallocrate mal placée.

Par Philippe Robert.

femmes_usineAu fil de ma vie qui commence à prendre une distance à laquelle, en toute sincérité, je n’aurais jamais osé prétendre, j’ai appris tant bien que mal tout ce que, nous les hommes, devons au sexe (encore) dit faible par une sorte de dérision phallocrate mal placée.

Après bien des combats courageux menés à tous les niveaux de la société, les femmes ont donc presque acquis droit de cité et ainsi peuvent-elles enfin en remontrer aux hommes dans nombre de domaines qui, jusqu’alors, leur avaient été arbitrairement fermés.

À l’heure actuelle, les plus grandes conquêtes des femmes (après l’homme bien sûr) sont l’économie, où nous les voyons déployer des trésors d’intelligence, et la politique où, parfois, les plus en vue d’entre elles avancent leurs pions avec une mâle résolution !

Il m’apparaît donc que les femmes sont naturellement douées d’un esprit de finesse singulier qu’aucun homme, pour peu qu’il soit lui-même doué de raison, ne saurait revendiquer sans, dans le meilleur des cas, prendre le risque de passer pour un sot qui s’ignore.

J’ai ouï-dire, par différents canaux qui ont tous tendance à se confondre en une immense rumeur, que la France serait aujourd’hui au plus mal en raison de la honteuse capitulation en rase campagne de ses élites corrompues ainsi rendues incapables d’anticiper l’avenir.

Est-il donc si difficile de concevoir que les choses ne sont pas toujours destinées à rester en l’état et qu’une saine politique qui, d’ailleurs, devrait être la norme au service du peuple, exige de ne pas rester l’arme au pied pour, à terme, s’éviter le pire ? Une femme nous l’enseigne1 : « Ce qui était vrai en 1945 ne l’est plus en 2013 (…) Notre modèle social, nos services publics ne sont plus, depuis longtemps, au service des citoyens (…) Pour notre bien, d’autres gèrent notre vie à notre place. Mais ils la gèrent de telle façon que cela aboutit à des dettes colossales qui nous révoltent, et à des solutions médiocres qui nous angoissent. Résultat : un système prodigue, infinançable, avec plus de 100 milliards de déficit public annuel. »

Je doute sincèrement que nos gouvernants aient pris la peine de réfléchir sérieusement sur ce dernier point car, n’étant pas plus sots que d’autres, ils auraient alors pris conscience du caractère parodique des 50 milliards d’euros sur trois ans du pacte de responsabilité proposé aux Français.

Une autre femme prévient2 : « En cette deuxième décennie du XXIème siècle, toute l’Europe regarde la France (…) Avec la croissance molle qui deviendra la norme pour les années à venir, la France ne peut tenir ses engagements quant à la réduction du déficit, ni retrouver la compétitivité nécessaire pour augmenter la croissance, sans un effort supplémentaire considérable. C’est Manuel Valls qui le disait, courageusement, pendant la primaire socialiste : « L’effort à accomplir est aussi important que celui qui a été fait au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ». »

Qu’en reste-t-il ? Mais, surtout, n’allez pas croire que je sois béat devant toutes les femmes qui se donnent ainsi la peine d’apporter leur pierre blanche à l’édification d’une société plus harmonieuse ; car il en est aussi dont la démagogie militante galopante m’inspire une grande alarme… Car si Marine Le Pen possède sans coup férir les attributs d’une forte personnalité politique, je regrette profondément qu’elle les mette ainsi au service d’une mauvaise cause dont la France, déjà au plus bas, n’a aucun besoin. Mais, en 2017, c’est encore le peuple qui tranchera.

  1. Agnès Verdier-Molinié, 60 milliards d’économies ! Oui… mais tous les ans, Albin Michel, février 2013.
  2. Sophie Pedder, Le déni français – Les derniers enfants gâtés de l’Europe, JC Lattès, septembre 2012.